QUE
qu'au contact des cellules périphériques cylindriques, ou disparaissant lout à fait.
Entre les cordons épithéliaux formés de cellules cylindriques que avons précédemment décrits et ces dernières formations épithéliales, toutes les transitions existent. On voit souvent en effet l’extrémité renflée en massue d’un de ces cordons renfermer un petit noyau central de cellules aplaties ou étoilées, de même qu'on voit souvent partir d’un de nos pelils organes adamantins des bourgeons épithéliaux à type cylindrique formant des arborisations multiples. On les voit, plus rarement, ilest vrai, se continuer avec un cordon ou une masse pleine d’épithélium polyédrique, ce qui confirme la nature adamantine de cet épithélium encore peu différencié et corrobore l'interprétation que nous en avons donnée.
Les kystes de la tumeur se relient également aux productions épithéliales précédentes.
Sur des coupes, la paroi de ces kystes est formée le plus souvent, par une, deux ou trois couches de cellules lamelleuses. Ces cellules se colorent mal et présentent quelquefois des vacuoles.
Sur des dissociations, on voit mieux encore leur forme aplatie : elles possèdent un noyau central entouré de fines granulations protoplasmiques, le reste du protoplasma est clair et présente des crêtes d'empreintes. Ces éléments ressemblent beaucoup aux cellules pavimenteuses de l’épithélium buccal.
Beaucoup de ces éléments paraissent avoir subi la dégénérescence granulo-graisseuse et les réactifs colorants ne décèlent plus leur noyau. ee)
Sur quelques points, ces cellules deviennent plus hautes et prennent insensiblement une forme cubique. Fait plus caractéristique, on les voit souvent à leur face profonde reposer sur des cellules franchement cylindriques ou se continuer
SET se
avec de petits bourgeons d’épithélium prismatique disposé radiairement et analogues aux cordons épithéliaux précédemment décrits.
Ces kystes doivent donc provenir d’amas épithéliaux pleins. Comment se fait la transformation ? Il est assez difficile de l’expliquer dans notre cas, étant donné l’absence de petits kystes formant transition entre les masses épithéliales pleines et les grands kystes.
On peut penser que ces derniers se forment aux dépens des masses adamantines étoilées, dans lesquelles les cellules centrales subissent quelquefois la dégénérescence granulo-graisseuse. Peut-être aussi les hémorrhagies que nous avons signalées dans certains de ces amas ne sont pas étrangères à leur transformation kystique.
En tout cas, on n’observe pas nettement dans notre tumeur cette dégénérescence vacuolaire des cellules adamantines qui prélude, d’après plusieurs observateurs (1), à la transformation kystique des masses épithéliales pleines.
b} Tissu consoNcTIF. FORMATIONS DE TISSU CEMENTO-DENTINAIRE er n’émai. — Nous ne reviendrons pas sur la description rapide faite au début de cette étude du tissu conjonctif dense qui compose le stroma de la tumeur.
. Nous désirons seulement insister ici sur certaines modifications importantes de ce tissu autour des amas épithéliaux qui reproduisent la structure de l’organe de l'émail.
Dans ces amas, la couche externe des cellules cylindriques prend par places, avons-nous dit, l’aspect des cellules de l'émail. En ces points, le tissu conjonctif sur lequel reposent ces cellules se modifie aussi. Premier fait digne de remarque, ce tissu conjonctif se colore mal par le picrocarminate et
prend à peine une teinte jaunâtre alors que le tissu voisin se
(1) MALASSEZ, loc. cit.
OP
colore en rose vif. Les cellules conjonctives deviennent un peu plus volumineuses et un peu plus ramifiées.
. Le tissu connectif prend, en somme, au voisinage des cellules de l'émail, l'aspect d’un tissu muqueux rappelant beaucoup celui du bulbe dentaire, au moment où il se développe et où le chapeau de. dentine de la dent future n’a pas encore fait son apparition. È
Cette première modification conjonctive est constante dans tous les points où les cellules cylindriques ont pris l'aspect des cellules de l’épithélium interne de l’organe adamantin. Elle se produit même, dans quelques cas, avant que les modifications cellulaires ne soient très accusées.
Le processus ne s'arrête pas toujours là. Souvent, les fibrilles de ce tissu muqueux se disposent suivant une orientation régulière, perpendiculaire à la ligne d'implantation des cellules de l'émail. Autour des autres amas épithéliaux, au contraire, les fibrilles conjonctives sont disposées concentriquement en fines lames parallèles, comme cela a lieu dans la majorité des kystes et des adénomes. Le long de ces sortes de travées directrices, apparaît une substance amorphe spé-
Ciale qui se colore par le picro-carminate en rose pâle. Cette
substance forme le long de ces travées de petites traînées ré-
gulières, se réunissant bientôt au voisinage des cellules de l'émail pour former à la partie basale de ces cellules un soubassement continu.
Cette figure ressemble-d'une manière frappante à l’image que donne la coupe du follicule dentaire, au moment où se développe dans le bulbe le chapeau de dentine. Il y a cepen-
” dant quelques différences entre les deux processus.
A la base de cette formation denlinaire pathologique, en effet, les cellulés conjonctives sont légèrement augmentées de volume, leurs ramifications sont plus visibles, mais on n’a pas ici une ligne continue de grosses cellules semblables aux
Li OO
odontoblastes des productions dentinaires physiologiques.
Aussi le Lissu qui en résulte n’esl-il pas absolument analogue à de la dentine. Ce fait se voit bien dans les points où il s’est développé et a formé autour de la masse épithéliale adamantine une bordure plus ou moins régulière, entourant d’une coque presque complète. ,
Cetle coque présente au premier abord plus de ressemblance avec du tissu osseux qu'avec du tissu dentinaire. On pourrait mal l’interpréter si l’on n'avait pas observé les forma tions précédentes qui se relient nettement sur certains points à celles-ci.
Ce tissu se rapproche bien du tissu osseux par la présence de cellules renfermées dans des lacunes ramifiées et analogues aux ostéoblastes. Mais ces cellules sont plus volumineuses que les ostéoblastes normaux, plus rares aussi. On voit souvent une large bande de tissu ne renfermer aucun élément cellulaire. On n’y aperçoit enfin aucun orifice vasculaire.
En outre, on y distingue un grand nombre de fins canalicules quelquefois simples, le plus souvent ramifiés qui le traversent dans toutes les directions. Ces canalicules ont les plus grandes analogies avec les canalicules dentinaires, mais en diffèrent par l’irrégularité de leur orientation.
À la base de ce tissu, existent des cellules jeunes en grand nombre, tassées les unes contre les autres et montrant qu'il est en voie de développement.
Ce tissu, par ses caractères, se rapproche en un mot, du cément et de la dentine. Il est absolument identique à celui que Malassez a observé depuis longtemps déjà dans certaines affections dentaires et auquel il a donné le nom de tissu cémento-dentinaire. Dans la plupart des cas de périodontite, dans certaines formes de carie, on trouve à la surface des dents malades des pertes de substance, comblées par un tissu