‹ Contribution à l'étude anatopathologique des épithéliomas adamantinsChapitre 14 sur 26 · JE · texte numérisé non relu

JE

€) ÉTAT DE LA MUQUEUSE GINGIVO-BUCCALE ET DES DENTS VOISINES. — Pour compléter l'étude de cette tumeur, il nous reste à examiner l’état de la muqueuse gingivo-buccale et celui des dents qui y sont encore implantées. Cette étude nous fournira quelques données pour discuter plus tard la pathogénie du néoplasme. .

La muqueuse paraît altérée dans certains points, notamment au niveau des grosses molaires qui sont tombées, sauf la deuxième. Là, elle est soulevée par la tumeur, présente un aspect verruqueux et deux petites ulcérations. Nulle part, elle n’adhère réellement au tissu pathologique sous-jacent dont elle se laisse facilement détacher.

Nous avons pratiqué en ces points de nombreuses coupes, elles nous ont montré les détails suivants,

L'épithélium gingival est très épaissi, surtout au niveau des dépressions de la muqueuse. Les papilles sont plus développées qu’à l’état normal et les prolongements épithéliaux interpapillaires sont aussi plus considérables. L'épithélium a partout conservé le type malpighien normal.

Il existe entre la muqueuse et la tumeur sous-jacente une bande de tissu lamelleux assez large.

Au niveau des ulcérations, le revêtement épithélial a disparu dans une petite étendue et le derme de la muqueuse est fortement infiltré de cellules embryonnaires. Sur les bords de ces ulcérations, l’exagération de longueur des papilles et des bourgeons interpapillaires s’accuse, l’épithélium prolifère et envoie dans la profondeur des prolongements grèles et longs. Ces boyaux épithéliaux, d’ailleurs peu nombreux, sont formés de deux ou trois rangées de cellules polyédriques. Ils arrivent presqu’au contact des cordons épithéliaux de la tumeur, mais ne paraissent, dans aucun point, s’anastomoser avec eux.

Il n’y a donc là, en définitive, qu’un état papillomateux de

la muqueuse irritée secondairement.

CHIBRET ,

Nous avons enfin pratiqué des coupes en série sur deux des dents implantées dans notre tumeur, la deuxième grosse molaire et la deuxième prémolaire. Ces dents sont très altérées et atteintes de gingivite expulsive. Nous ne décrirons pas les lésions de cette affection, lésions si bien étudiées par Malassez (1).

Ces dents sont séparées de la tumeur par une mince couche de tissu formée par le ligament alvéolo-dentaire et par quelques lamelles osseuses.

Dans les parties profondes du ligament alvéolo-dentaire, qui n'ont pas été atteintes par le processus destructif de la gingivite expulsive, les débris épithéliaux paradentaires existent avec leurs caractères accoutumés. Ils semblent peut-être un peu plus volumineux qu'à l’état normal.

Nous avons recherché avec soin s'il n'existait pas à la surface de la tumeur quelque ganglion lymphatique que nous aurions pu examiner; nous n’en avons pas trouvé. Il n'est d’ailleurs pas fait mention de l’état de ces organes dans l'observalion clinique que nous avons reproduite.

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