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Heath (4) parle également de sarcomes kystiques de la mâchoire inférieure à propos de la maladie kystique de la même région. D’après lui, on constate dans ces deux ordres de tumeurs des néoformations glandulaires qui auraient pour origine les glandes des gencives. Mais on sait, depuis les travaux de Malassez, qu’il n'y a pas de glandes dans les gencives. Les prétendues glandes tartariques de Serres (2) ne sont autre chose que le groupe superficiel ou gingival des débris épithéliaux paradentaires.
Busch (3) décrit des épithéliomas kyStiques qui sont probablement des néoformations de même espèce. Ils présentent quelques petits kystes et entre les travées osseuses, on voit des masses et des traînées épithéliales. Busch fait remarquer judicieusement que ces tumeurs n’ont pas dû prendre naissance dans les parties molles externes, mais en plein tissu osseux, sans que la muqueuse recouvrante soit même atteinte. [l pense que leur point de départ doit être une invagination accidentelle du feuillet externe.
Nous avons déjà dit que cette théorie ne nous paraissait pas pe ble, pour la majorité des cas au moins.
Les cas publiés par Kolackzek (4), Falkson (5), Buchtemann (6) et
Eve (7) se rapprochent beaucoup plus des kystes multilobulaires que des tumeurs adamantines solides. | Ils est remarquable que ni Kolacksek, ni Buchtemann n’ont saisi la ressemblance qui existe entre les productions épithéliales décrites par eux.et les productions adamantines. Pour ces auteurs, les cellules épithéliales de leurs néoformations se rapprochent du type des glandes muqueuses fætales et non du type adamantin.
(1) Hearx, Case of cystic disease of the lower jaws: Brit. med. Journ., 1876.
(2) SERRES, Essai sur l'anatomie et la physiologie des dents. Paris, 1817, p. 28.
(3) Buscx, Mittheilungen ueber einige Geschwülste. Berlin. Klin. Woch., 96 mars 1877, p. 178.
(4) Kozackzek, Ein cystiches adenom des Voirie Arch. fur Klin. Chir., 1877, t. XXI, p. 442.
(5) FazxsoN, Zur Kenntniss der Kiefercysten, Arch. fur path. ue et Phys., 41879, t. LXXVI, p. 504.
(6) DUCATI Cystom des Unterkiefers, Arch. fur Klin. Cie. 1881, (HS Q LE
- (7) Eve, Cystic tumours of the jaws, Brit. journ. of. dent. sc., 1888, p. 197.
L'NONTERe
Pour Eve, les productions épithéliales de ces kystes tendent parfois à reproduire le type adamantin, ce qu'il explique par les tendances formatives naturelles de l’épithélium gingival (d’où proviennent selon lui ces tumeurs), mais elles n'arrivent jamais à le reproduire complètement et ne différent que peu dès épithéliomas ordinaires.
Seul Falkson, qui venait d'étudier le développement des dents, a bien saisi le type franchement adamantin de la plupart de ces néoformations épithéliales. Aussi admet-il que lé cas qu'il rapporte a dû avoir pour point de départ un organe de l'émail.
Gette hypothèse est également adoptée par Trzebicky (4), qui, quelques années plus tard publie un cas de tumeur kystique du maxillaire inférieur, très analogue, sous tous les rapports, au cas de Falkson.
On soupçonne donc à peine la vraie nature de ces néoformations lorsque paraît le mémoire de Malassez (2), où cet auteur montre la nature adamantine de la plupart des tumeurs épithéliales du maxillaire et conclut à leur origine paradentaire, en s'appuyant sur toute. une série de faits normaux ou pathologiques, dont beaucoup ont passé imaperçus jusque là.
C’est dans ce mémoire que nous trouvons la première description complète d’une tumeur épithéliale solide à type adamantin.
Il s’agit d’une tumeur intra-osseuse du maxillaire inférieur, du volume d’une mandarine et d'aspect fibreux, développée chez un enfant de onze ans.
A l’examen miscroscopique, cette tumeur est en majeure partie constituée par de volumineux faisceaux de tissu fibreux s’entrecroisant en tous sens, au milieu desquels se trouvent des productions épithéliales de trois ordres.
1° Des cordons et des masses épithéliales pleines. Les cordons sont en général assez larges pour renfermer plusieurs rangées de cellules polyédriques volumineuses, présentant parfois des filaments d'union très nets à la manière des cellules malpighiennes. Quelques cordons sont très minces, fusiformes et il serait difficile d’en déterminer la na- . Lure si on ne les avait pas vus se continuer avec les précédents.
(y Trzesioky, Zeitschrift für Heilkunde, 1885. (2) MALASSEZ, Arch. de Phys., 1885.
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Les masses épithéliales pleines, situées à côté de ces cordons ou en continuité avec eux, sont en général assez volumineuses et faciles à reconnaître, leurs cellules composantes étant habituellement malpighiennes. |
2 D'autres cordons et masses épithéliales sont en majeure partie formés de cellules étoilées, écartées les unes des autres et à type adamantin. Les espaces intercellulaires s’agrandissent plus en certains points que dans d’autres et forment ainsi des sortes de vacuoles. Ces productions épithéliales sont par place en continuité parfaite avec les précédentes.
3° On trouve encore dans cette tumeur de véritables petites cavités kystiques. Ces cavités très irrégulières sont lapissées par un revêtement épithélial d'épaisseur et de constitution variable formé, tantôt de cellules polyédriques, tantôt de cellules malpighiennes ou adamantines. Ce tissu épithélial plus épais au niveau des enfoncements de la paroi kystique, se continue fréquemment avec un des amas épithéliaux précédemment décrits. |
Malassez fait remarquer que ces productions épithéliales, malgré les différences qui les séparent, sont des termes divers d’une même série morphologique. La continuité de tissu, les formes intermédiaires que l’on trouve entre elles, le prouvent à l’évidence. Au bas de l'échelle, sont les cellules polyédriques sans type spécial, puis viennent les cellules malpighiennes et les cellules adamantines. Quant aux kystes, ils viennent en dernier lieu, qu’ils soient produits par une exagération du processus vacuolaire ou par une tendance de lépithélium néoformé à prendre sa disposition typique de revêtement.
Passant à la recherche de l’origine première de ces productions épithéliales, Malassez rejette, pour les raisons que nous avons déjà exposées, au sujet de notre cas, l’origine aux dépens de follicules dentaires tout formés, ou en voie de développement et l’origine aux dépens de l’épithélium gingival.
Il conclut donc à l’origine paradentaire de sa tumeur.
Ce fait présente avec le nôtre de grandes analogies, mais ici la différenciation de l’épithélium néoformé n’est pas aussi prononcée. L'épithélium adamantin n’est représenté dans cette tumeur que par les cel- lules étoilées analogues aux cellules de la pulpe de l'émail, on n’y voit
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point les formes cylindriques des vraies cellules adamantines. Cet épithélium revêt aussi fréquemment l'aspect d’un épithélium malpighien, épithélium moins différencié que l’épithélium adamantin. La présence de cet variété d’épithélium n’implique nullement d’ailleurs, comme nous l’avons dit, l’origine gingivale de cette tumeur, puisque les cellules de la plupart des débris épithéliaux paradentaires superficiels présentent le type malpighien.
Un an après le mémoire de Malassez, Allgayer (A) publie deux observations de tumeurs épithéliales intra-osseuses du maxillaire inférieur.
Le premier de ces faits concerne une femme de 42 ans, atteinte d'une énorme tumeur du maxillaire inférieur droit. A la coupe, ce néoplasme est constitué par un tissu ferme, d'aspect fibreux, criblé d’un assez grand nombre de kystes du volume d’un haricot. Certaines parties de la tumeur ont la structure d’un épithélioma malpighien avec globes cornés ; dans d’autres points, existent des formations épithéliales à type adamantin, amas cellulaires présentant à leur périphérie de hautes cellules cylindriques, à leur centre des cellules étoilées.
La deuxième observation est celle d'une tumeur développée chez un
enfant de 9 ans et présentant tous les caractères macroscopiques d'un fibrome vrai. Le microscope y décèle pourtant des travées de cellules cylindriques à type adamantin. Malheureusement la pièce est altérée et l'analyse histologique ne peut être poussée plus loin. . Allgayer après avoir analysé les cas de Busch, Fallkson, etc., et le travail de Malassez conclut à l’origine paradentaire de ces deux tumeurs. La première est, en somme, une néoformation à fype mixte adamantin et malpighien et paraît être une forme de transition entre . les tumeurs. épithéliales solides et les kystes multiloculaires des maxillaires ; la seconde nous semble plus comparable à notre cas. 1 Albarran (2) décrit en 1887, dans un mémoire intitulé « Note sur l'épithélioma adamantin du sinus maxillaire », deux cas de tumeurs épithéliales développées dans le maxillaire supérieur et ayant envahi secondairement la cavité du sinus maxillaire.
(1) ALLGAYER, Epithelialgeschwulste des Unterkiefers. Beitrage zur klinis-
chen Chirurgie, Tubingen, 1886, Band II, p. 427. . (2) ALBARRAN, Société de Biologie, 1887, p. 618.
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Le premier de ces néoplasmes est un FT multiloculaire dont l’épi- =thélium présente manifestement le type adamantin dans la plus grande partie de son étendue ; le type malpighien dans quelques points seulement. ET 2
Albarran le croit d’origine paradentaire, car il ne peut provenir ni de l’épithélium gingival dont il est fort éloigné, ni de l’épithélium cilié du sinus maxillaire ou caliciforme de ses glandes.
Le second cas est plus intéressant pour nous. Il s’agit d'un homme de 63 ans, porteur depuis une trentaine d'années d’un petit kyste au niveau de la deuxième molaire supérieure gauche. Cette tumeur a toujours récidivé malgré plusieurs ponctions et une extirpation assez large. Finalement elle a atteint le volume d'une mandarine et nécessité la résection du maxillaire supérieur.
A la coupe, la tumeur est partout solide et ne présente que deux petits kystes du volume d’une noisette.
Au microscope, on trouve au sein d’un stroma habituellement fibreux, quelquefois embryonnaire ou myxomateux, de nombreuses productions épithéliales.
1° Des masses cornées en forme de globes ou de cordons ramifiés.
2° Des cordons et des masses bordés de cellules cylindriques et renfermant à leur centre des cellules pavimenteuses ou adamantines.
30 Des kystes, pour la plupart mieroscopiques, tapissés tantôt par de l’épithélium malpighien, tantôt par de lépithélium étoilé d'aspect adamantin. Ces cellules étoilées s’aplatissent du côté de la cavité kystique et sont en rapport vers la surface externe avec des éléments épithéliaux se rapprochant de la forme cylindrique.
« Toutes ces parties épithéliales, cordons, kystes, globes épidermiques, répondent, dit Albarran, aux transformations connues des débris épithéliaux paradentaires. On peut suivre dans cette pièce, en partant . du débris paradentaire, la double évolution, branches communes d’un © même tronc, qui conduit à la formation de kystes et à la production de masses épithéliales pleines. L'origine paradentaire de cette tumeur est donc évidente et au point de vue clinique, elle s’est formée aux dépens d’un kyste dentaire. Cette deuxième observation, n’est qu’un cas plus
avancé de la première ».
CHIBRET