RON ES
Malgré les objections présentées par Magitot (1), objections qui portent plus sur le titre un peu équivoque du mémoire d’Albarran que sur le fond même de sa description, il nous semble que les conclusions de ce dernier auteur sont tout à fait rationnelles.
Ces deux faits sont intéressants, d’abord parce qu'ils forment à eux deux une petite série, montrant la parenté étroite de tumeurs si différentes en apparence et aussi parce que ce sont là deux exemples nouveaux de la variété de formes épithéliales malpighiennes ou adamantines que l’on trouve dans ces productions. |
Audry (2) de Lyon à également présenté à la Société de Biologie un « épithélioma oligo-kystique du maxillaire inférieur ». Cette tumeur s’est développée au niveau de l’angle de la mâchoire chez un homme de 44 ans et a débuté il y a dix-huit ans par un kyste. Son volume est celui d’une orange, elle est formée par deux kystes intra-osseux irréguliers et par quelques autres plus petits.
L'examen histologique, vérifié par Malassez, montre « une néoformation épithéliale de type adamantin devenue kystique par suite de l'agrandissement et de la fusion des espaces compris entre les cellules étoilées et vraisemblablement d’origine paradentaire ».
Ce cas nous semble comparable aux deux premières observations d’Allgayer et d’Albarran, c’est une forme de transition entre les kystes multiloculaires et les tumeurs adamantines solides.
Nasse (3) en 1890 décrit sous le nom de cystome central paradentaire du maxillaire une tumeur du volume du poing occupant le maxillaire inférieur gauche et développée chez une femme de 44 ans.
Ce néoplasme est partout entouré d’une coque osseuse et s’est nettement développé dans le centre du maxillaire. Sa consistance est variable, plutôt molle et la surface de section a une apparence glandulaire. La masse principale de la tumeur est solide, mais présente néanmoins de petits kystes en assez grand nombre. La muqueuse gingivo-buccale paraît partout saine.
(1) Macrror, Sur les prétendus kystes du sinus maxillaire, Soc. de Biologie, novembre 1887. x (2) Aupry, Epithélioma oligo-kystique du maxillaire inférieur, Soc. de Biolo-
ge, 1888, p. 424.
(3) NassE, Cystome central paradentaire du maxillaire, Centralblatt für Chi. rurgie, 1890, n° 93. |:
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L'examen microscopique montre que cette tumeur est de nature épithéliale. « Les néoformations épithéliales présentent, au point de vue de leur forme et de leur disposition, une ressemblance frappante avec les éléments de l’organe de l'émail d’une dent en voie de développement » Ce type adamantin de l'épithélium est surtout net dans les parties molles de la tumeur.
Les kystes sont formés, suivant Nasse, par « le ramollissement et la liquéfaction des bourgeons épithéliaux d’abord solides » mais ne présentent pourtant pas d’épithélium de revêtement (?)
L'auteur, après cette description, cite les travaux de Malassez sur les débris épithéliaux paradentaires. Il pense que l’origine des tumeurs épithéliales centrales du maxillaire ne peut s'expliquer que par la prolifération de ces débris.
L'observation de Nasse est done un cas bien net d’épithélioma adamantin, comparable au nôtre. L'absence de revêtement épithélial au niveau des kystes ne nous semble explicable que par une faute de technique, car cet épithélium n’est quelquefois représenté que par une ou deux couches de cellules plates qui se détachent très facilement. Remarquons enfin une fois de plus, l’intégrité constatée de la muqueuse gingivo-buccale.
La même année, Derujunsky (1) publie la relation très détaillée d’une tumeur épithéliale du maxillaire à type adamantin ; ce néoplasme a débuté, il y a quatre ans, chez une femme âgée actuellement de 25 ans. La malade a été opérée déjà 1 y a deux ans. La tumeur avait alors le volume d’une noix ; elle atteint maintenant celui d’un œuf et son ablation nécessite la résection du maxillaire inférieur gauche. Elle siège au miveau de l’angle de la mâchoire et fait saillie au niveau de la bouche ; la muqueuse gingivale est ulcérée. Les ganglions de la partie gauche du cou sont engorgés.
La tumeur est nettement intra-osseuse. Derujunsky pense que son point de départ doit être Palvéole de la troisième molaire qui est seule tombée, les autres molaires étant saines. La consistance du néoplasme est dense. Sur la surface d’une coupe, on voit un grand nombre de petites cavités kystiques.
(1) DeruJunsky. Ueber einen épithelialen tumor im Unterkiefer (Epithelioma adamantimun, Wiener Klin. Woschen., 1890, nes 40-41).