‹ Contribution à l'étude anatopathologique des épithéliomas adamantinsChapitre 8 sur 26 · D. — ANALYSE HISTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

D. — ANALYSE HISTOLOGIQUE

Une étude plus approfondie de ces productions cellulaires,

si dissemblables en apparence, va nous montrer les liens étroits qui les unissent les unes aux autres, ainsi que leur analogie avec les productions épithéliales de dentition du fœtus. :

a) Amas CELLULAIRES. — Les plus simples de ces amas sont formés, avons-nous dit, par des cellules d’épithélium polyé- - drique sans caractères bien déterminés ; ils sont tantôt arrondis en forme de masses pleines, tantôt allongés en forme de cordons simples ou ramifiés.

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Les cellules qui les composent sont polyédriques ou plus rarement arrondies, quelquefois très irrégulières avec un gros noyau sphérique. Certaines présentent des sortes de piquants leur donnant un aspect étoilé, qui les rapproche des cellules de la pulpe de l'émail. C’est dans les masses pleines que ces cellules sont le plus polymorphes, si bien que dans quelques points, ces masses cellulaires, disposées dans un tissu fibreux assez dense et pauvre en vaisseaux, rappellent l'aspect du carcinome ; l'interprétation exacte de ces points isolés serait presqu’impossible.

Dans les cordons, qu'ils soient isolés ou en continuité avec les masses précédentes, les cellules offrent une tendance très nette à s'implanter régulièrement sur la coque conjonctive qui les entoure. Elles prennent même par places la forme de l’épithélium cubique ou cylindrique. L’extrémité libre de ces cordons est presque toujours renflée en massue et les cellules y sont très régulièrement disposées.

Lorsque ces cordons sont coupés transversalement, l'aspect de la coupe rappelle celui de certains adénomes, des adénomes du sein par exemple. Ainsi, sur une même préparation, on croirait avoir sous les yeux tantôt la coupe d’un carcinome, tantôt celle d’un adénome. .

Le type de ces productions épithéliales rappelle, en somme, celui que Malassez (1) a décrit dans les débris épithéliaux paradentaires et aussi celui qu’on peut observer dans la lame épithéliale du fœtus.

Ces faits ont une certaine importance, On comprend que dans certaines tumeurs à type adamantin, la différenciation des productions épithéliales ne soit pas allée plus loin que dans ces masses ci et que par une analyse minutieuse on puisse pourtant arriver à soupçonner leur origine véritable (2).

(1) MALASSEZ, Arch. de phys., t. I, 1885.

(2) Voir plus loin la première observation de Kruse.

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On peut trouver toutes les formes de passage entre les amas cellulaires que nous venons de décrire et les suivants, dans lesquels l’épithélium a subi une différenciation plus élevée:

Ces amas se présentent toujours sous forme de cordons irréguliers. En général, ces cordons sont assez allongés et s’anastomosent de manière à former des arborisations élégantes revêtant, tantôt une forme étoilée, tantôt une forme dendritique ou en zigzag défiant toute description. On est frappé, quand on examine, à un faible grossissement ces productions épithéliales de leur ressemblance avec celles qui existent dans la mâchoire des fœtus, vers le 5° et le 6° mois, entre la muqueuse gingivale et les follicules dentaires. Ces productions résultent vraisemblablement des cordons des organes adamantins et de leurs bourgeons, ainsi que d’une partie de la lame épithéliale dissociés par le tissu environnant en voie de développement.

Cette analogie dans la forme se retrouve également dans la structure histologique.

Ces cordons sont en majeure partie formés de cellules cylindriques assez hautes possédant un gros noyau allongé. Elles s'implantent perpendiculairement sur le tissu conjonctif ambiant, de la façon la plus régulière.

Les plus grèles de ces travées cellulaires ne contiennent qu'une seule rangée de cellules ; les plus volumineuses sont formées par deux rangées cellulaires, laissant souvent entre elles une sorte de canalicule qui paraît avoir plutôt la signification d’un espace intercellulaire que d’une lumière glandulaire. L’extrémité renflée de ces bourgeons ne présente pas en effet de cavité apparente, elle est remplie par des cellules rondes ou polyédriques. Parfois ces cellules centrales occupent toute la longueur du cordon et prennent une forme étoi-

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