HISTORIQUE
L'historique des néphrites infectieuses quoique ne remontant qu'à une date peu éloignée nécessite cependant certaines divisions.
Nous diviserons cet historique en quatre périodes :
La première s’étend jusqu’en 1880, époque à laquelle la notion des néphrites infectieuses est définitivement acceptée ; nous rappellerons brièvement les noms des premiers auteurs qui, imbus des nouvelles théories de l'infection, se sont attachés à constater, avec plus ou moins de succès, les agents parasitaires dans les coupes du rein.
La deuxième se rapporte aux recherches qui ‘ont permis en 1880 à Kannenberg et au Professeur Bouchard d'établir l'existence des néphrites infectieuses.
La troisième est consacrée à de nombreux travaux d’expérimentation.
Dans la quatrième, postérieure à 1880, surgissent de différents côtés des recherches bactériologiques très
importantes, concernant chaque néphrite infectieuse en particulier.
KE. Historique jusqu’en 1880. — En 1868 Fischer de Breslau fut le premier qui détermina expérimentalement une néphrite septique par linjection intra veineuse d’hémite de soude. Il rapprocha cette lésion de celle qui survient chez l'homme à la suite des anthrax et des phlegmons diffus. Dans les deux cas, on a affaire à une néphrite parenchymateuse diffuse : les microbes remplissent les vaisseaux et déterminent par places des embolies microbiennes qui se terminent par des hémorrhagies ou des abcès.
Hueter et Tommasi (1) en 1868 trouvaient dans les urines de malades ayant succombé à la diphtérie le microccus qu'ils croyaient spécifique de cette maladie.
Recklinghausen () le premier arriva à reconnaître les microbes dans les tissus grâce à leur grande résistance aux acides et aux alcalis.
En 1870. Waldeyer et Klebs(3) trouvent le microsporon septicum dans les abcès des reins consécutifs à la pyohémie.
D'un autre côté Klebs (4) trouva également des microbes allongés dans les reins de malades atteints de lésions des voies urinaires : il décrivit sa pyélonéphrite mycosique.
(1) Hugrer et Tommasi. Centralblalt 4868 Lehrbuch der path. Anat. T. I p. 387,
(2)3 RexrinGnausen. Micrococcen colonien in metast Herden pays. med. ges. T. Il, Würsburg.
(3) Warpeyer et KLEBS. Path. Anat. der Wundinfection Krankeiïten. Virchows’arch. 40.
(4) Kcers. Handbuch der Path. analom. p. 255.
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Plus tard Oertel (1), Letzerich (2) chacun de leur côté appellent l'attention sur des organismes en forme de microcoques ou de bâtonnets qu’ils signalent dans des coupes de reins. Eberth (3) les retrouve dans les infarctus rénaux d’une endocardite ulcéreuse. En 1875 une nouvelle méthode de coloration permit à Weigert de constater l'existence d’amas de bactéries rondes dans les vaisseaux des reins dans quelques cas de variole. En
1878, Markwald (4) a fait dans le service de Leyden
une série d'expériences sur le lapin, ayant pour but de provoquer des néphrites septiques par lPinjection intra veineuse de liquides putrides renfermant des bactéries. L’urine devenait fertement albumineuse et renfermait des cylindres contenant des bactéries. Pour ces expérimentateurs, la lésion rénale était due uniquement au passage des micro-organismes à travers le role |
Litten (5) dans un mémoire sur les maladies septiques rappelle que dans ces maladies les microcoques se dispersent dans le rein sous forme de traïnées jaunâtres qui siègent surtout dans la substance médullaire et correspondent soit aux vaisseaux droits, soit à des faisceaux de tubes de pyramide. Dans une observation de Litten, l’agglomération des bacilles dans les tubes urinifères a été assez considérable pour amener un arrêt complet de la secrétion urinaire.
(1) OERTEL. Ziemmsen's handbuch.T. [l; arch. fnr. experiment. Path. T. II.
(2) Lerzericu. Ueber diphteritis. Berlin. Hirhsswald. 72.
(3) EBERTH. Virchow's Arch, 1873 T. LVII.
(4) MarkwaLD. Analom. Beitrage fur Lehre von den Pocken. Breslau 1873.
(5) Lirten. Mycotische Nierenerkrankung. Zeitschr. fur Klir Med. T. I, p. 452.
rare, ire
Dans la suite un certain nombre d’observateurs, poursuivant les mêmes recherches ne sont pas toujours arrivés aux mêmes conclusions que Letzerich, Oertel, Litten, etc. (
En 1880, Brault (1) après plusieurs examens de néphrite diphtéritique trouve que la seule altération constante est l’infiltration protéique.
Quelque temps après, Furbringer (2) et Friedlander (3) mettant en œuvre la technique de Weigert n’ont-pu arriver à colorer le moindre microbe dansles reins de dix enfants morts de diphtérie infectieuse, pas plus dans les vaisseaux que dans l’intérieur des canaux excréteurs de l’urine. |
Par contre, Gaucher (4) a rencontré dans les cellules épithéliales des tubuli des sujets morts de la même maladie des granulations brillantes qui présentaient les caractères des schyzomicètes.
Mais ni les expériences de Fischer, Klebs, Markwald et Litten, ni les quelques constatations de microbes dans les coupes de reins ne suffisaient pour attester a nature infectieuse de certaines néphrites. Les injections de liquides putrides déterminent bien des lésions rénales caractérisées par de l’albuminurie avec présence dans l'urine de cylindres farcis de bactéries; mais comme le rappellent avec raison MM. Lecorché et Talamon (5), il est difficile de faire la part de la lésion provoquée par le microbe lui-même, et de celle qui est
(4) BrauLT. Journal de l'anatomie. 1880, p. 678. (2) FuRBRINGER. Vürchow’s Archiv. 0. L. XXXXI. 1853. (3) FRIEDLANDER. Forstschrilte der Medicin. 1883, n° 3. (4) Gaucxer. Gazette médicale de Paris. 1881, p. 94. (8) LecoRGHÉ et TALAMON. Traité de l'albuminurie et du mal de Bright. Paris, 1888, p. 123.
sous la dépendance des substances irritantes diverses qui lui servent de véhicule. Les seules expériences qui peuvent avoir une valeur réelle consistent en effet à injecter des liquides de constitution chimique bien définie contenant telle ou telle espèce microbienne bien déterminée et en culture absolument pure.
D'autre part la constatation de micro-organismes dans les reins ne peut également éclairer la pathogénie des néphrites infectieuses que si elle est faite immédiatement après la mort; car étant donné la rapidité avec laquelle se développent les germes de la putréfaction, il est souvent difficile, même si l’examen est fait quelques heures après la mort, de les distinguer de ceux qui ont déterminé l'infection première.
XI. Kannenberg ét Bouchard. — Cependant à peu près à ce même temps en 1880 apparaissent deux mémoires importants qui, appuyés tous deux sur de nombreuses observations cliniques, établissent la nature parasitaire, microbienne de la néphrite qui accompagne la plupart des maladies fébriles : les travaux de Kannenberg (1) et Bouchard (2) concluent à l’existence des néphrites infectieuses.
Kannenberg après avoir constaté que l’urine de certains sujets sains pouvait contenir des micro-organismes, affirme :
10 « Que dans toutes les maladies fébriles ces microorganismes augmentent de nombre »;
20 « Qu'ils se trouvent particulièrement nombreux
(4) KanNeNBERG. Ueber Nephritis bei acuten Infectionskrankheiten. Zeitschrift für Klin, Medicin. 1880. Bd. 1. p. 506.
. (2) BoucHaRD. Bull. Société clinique. Paris, 1880. Transactions du Cons de Londres, 1881, p. 346. Revue de médecine, 1881, p. 671.
dans les maladies infectieuses qui se compliquent de néphrite. ». z Il a pu faire des recherches sur la scarlatine, la rougeole, l’érysipèle, la pneumonie, la fièvre intermittente, la diphtérie, le typhus abdominal et exanthématique, la fièvre récurrentequ’il a étudiée plus particulièrement: « à chaque accès, dit-il, les microbes passaient dans l'urine, et cela d’autant plus abondamment que la température s'élevait plus haut et que les spirilles se trou- vaient en plus grande quantité dans le sang. Aussitôt après la crise, leur nombre se réduisait à quelques individus isolés, pour augmenter à nouveau dès le début de accès suivant. »
D’une façon générale pour Kannenberg, dans tous les cas où les maladies infectieuses s’accompagnent de néphrite, les microbes se trouvaient plus nombreux dans l'urine, et l’évolution de la néphrite était directement subordonnée à leur présence en plus ou moins grand nombre dans le liquide. Dans les cas de néphrites compliquant la fièvre récurrente qu’il a observés, l’urine albumineuse renfermait de nombreux cylindres hyalins et épithéliaux, des globules rouges, des cellules Iymphatiques, des mono et diplocoques ainsi que des streptocoques et des bactéries. Ces éléments figurés disparaissaient un ou deux jours après la terminaison de la crise. Dans l'intervalle qui séparait deux accès, l’urine, plus claire, plus abondante, ne contenait ni albumine, ni cylindres, ni microbes. Mais MM. Lecorché et Talamon (1) font remarquer avec raison que ce qui diminue incontestablement la valeur des observations de Kan-
(4) LEcORCHÉ et TALAMON, loco citato, p.226.
A0 —= nenberg au point de vue de la pathogénie de la néphrite infectieuse telle qu’il l'entend, c’est que le microbe qu'il trouvait dans l’urine ne présentait pas la même morphologie, si spéciale d’ailleurs, que celui qui existait dans le sang. Tandis que dans le sang il pouvait constater à chaque accès l’existence de la spirille d'Obermeier, les microbes qui se trouvaient dans l'urine se présentaient le plus souvent sous la forme de microcoques ou de bâtonnets. Dans un seul cas où la néphrite était d’ailleurs compliquée d’hématurie, Kannenberg a retrouvé la spirille dans l'urine.
En outre, un des grands caractères qu’il assigne aux néphrites des maladies infectieuses, « c’est de disparaitre complètement à la chute de la température ». Par conséquent pour lui, l’élimination rénale, tout en étant la cause immédiate d’une néphrite le plus souvent légère, « desquamative » comme il l'appelle, est une véritable crise salutaire qui débarrasse l’organisme d’un certain nombre des germes qui ont produit l’infection.
La néphrite infectieuse ébauchée par Kannenberg fut définitivement établie par la communication du Professeur Bouchard au congrès de Londres en 1880. Cette communication appuyée sur plus de 70 observations, tendait à prouver que les néphrites des maladies infectieuses sont dues non seulement à l’arrêt et à la multiplication des microbes dans le rein à la suite de la généralisation des agents infectieux par la lymphe et le sang mais également à leur élimination par l'urine. Partant les lésions qu'ils déterminent ne sont pas toujours uniquement liées à l’ischémie et à la congestion collatérale qui accompagnent loblitération des vaisseaux par
des embolies infectieuses : souvent aussi pour le Professeur Bouchard, le traumatisme cellulaire qui accompagne l’effraction des microbes des vaisseaux sanguins et lymphatiques dans les voies urinaires entre pour une large part dans la production de ces néphrites. Dans ces conditions, la constatation de ces microbes pathogènes dans l’urine en même temps que lalbuminurie et les cylindres devenait un des bons signes de la néphrite
infectieuse. Cette recherche, M. le Professeur Bouchard
Va poursuivie dans un grand nombre de maladies infectieuses et plus particulièrement dans la fièvre typhoïde. Bien avant qu'Eberth et Gaffky aient déterminé les caractères morphologiques et biologiques du bacille typhique, M. Bouchard semble lavoir retrouvé dans l'urine des typhiques qui contenait de l’albumine et des
cylindres. Souvent aussi, mais d’une façon moins ‘cons-
tante, le sang contenait des micro-organismes identiques à ceux qui existaient dans l'urine. Enfin sur 9 cas de néphrites dothénientriques suivis d’autopsie, il a réussi 9 fois également à les mettre en évidence sur les coupes du rein, et à surprendre leur passage à travers les
glomérules et les cellules des tubes contournés. Cette :
triple constatation du même bacille à ses trois étapes successives dans le sang, dans le rein et dans l’urine établissait, d’une façon évidente. pour M. Bouchard, la relation étroite de cause à effet qui existait entre l’élimination microbienne et la lésion rénale.
II. Æxpérimentation.— Les recherches cliniques de Kannenberg et Bouchard n’ont pas tardé dail-
leurs à être vérifiées avec plus ou moins de rigueur, il est vrai, par plusieurs expérimentateurs. .
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Déjà Cohnheim {1) en injectant des schyzomicètes et leurs spores dans le sang les avait vus apparaître dans les urines. Noé
En 1879, Marix (2) étudiant plus spécialement après Popoff (3) les éffets consécutifs à l'injection intra veineuse de levüre de bière arrive à conclure que l’élimination des spores delevüre se fait surtout par lintestin et provoque l’explosion d’une fièvre septique adynamique grave qui n’est pas sans une certaine analogie avec le typhus abdominal : accessoirement le passage de spores dans l’urine peut déterminer l’albuminurie.
En 1881, Grawitz (4) à la suite d’injections de différentes espèces de moisissures dans la jugulaire de chiens et de lapins, trouve à l’autopsie des foyers emboliques de parasites dans tous les organes indistinctement, mais cependant toujours plus étendus et en plus ne nombre dans les reins.
Capitan (3) en 1883 provoque également une albuminurie chez le chien et le lapin par l'injection intraveineuse de spores de levûre de bière : il constate que l'apparition de l’albuminurie et des spores dans l'urine se fait simultanément ; que la quantité d’albumine est . toujours dans un rapport constant avec le nombre de spores qu’on trouve dans les préparations, isolées et associées aux cylindres ; qu’aussi longtemps que le sang et l’urine contiennent des spores l’albuminurie persiste
(1) CoHNHEIM. Allgemeine Pathologie, 1877.
(2) Marix. Thèse de Paris 1879, z
(3) Porork. Zeils. Klin. Med. 1872-43
M) GRawrrz. Ueber die Schimmel Vegetationenin thcerischen organismus et Virchow’s Archiv. Bd. 81.
(5) Capiran. Recherches exp. ct cliniques sur les albuminuries transitoires. Thèse de Paris 1883.
LAS (dans un cas elle a duré un mois chez un chien); enfin qu’en dernier lieu, l’albuminurie disparaît progressivement et cesse complètement dès qu'on ne trouve plus les spores ni dans le sang, ni dans l'urine. Les expériences de Capitan , si intéressantes qu’elles soient, manquent Cependant d’un élément de démonstration important. Les examens microscopiques ne suffisent qu’à la condition d’être contrôlés par les cultures.
La démonstration expérimentale de la néphrite infec- tieuse a été mieux établie par Charrin (1) Cet expérimentateur à démontré, avec pièces à appui, à la Société de Biologie (2), qu’un même microbe, le bacille pyocyaniqe, agissant toujours sur le même animal, le lapin, pouvait déterminer dans le même organe le rein, les . lésions les plus disparates : lésions épithéliales, lésions interstitielles, lésions diffuses, lésions localisées autour d’infarctus, lésions inflammatoires, voire même des lésions de dégénérescence amyloïde. Pour Charrin, la diversité de ces désordres anatomo-pathologiques au cours de l'infection expérimentale peut servir à expliquer les nombreuses divergences des auteurs dans leurs descriptions des néphrites survenant au cours des maladies infectieuses chez l’homme, et en particulier dans la scarlatine. Par l’injection intra veineuse d’une culture virulente de bacilles du pus bleu, Charrin a provoqué Valbuminurie au bout de 24 heures : à ce moment, l'examen du sang et celui de lurine lui ont permis de reconnaître le mîcrobe pathogène ; les cultures ensemencées avec quelques gouttes de ces deux liquides mont
- (1) CHARRIN. La maladie pyocyanique. Steinheil. (2) CHarrin. Variétés des lésions rénales dans une même maladie. Societé biologiqne, séance du 2 juin 1888.
RS ee pas tardé à présenter la teinte bleue caractéristique de la pyocyanine. Ensuite, sacrifiant l’animal, il a également obtenu des cultures colorées en ensemençant des parcelles du parenchyme rénal. Les lésions épithéliales diffuses qu'il a trouvées à l’examen microscopique, et l’'albuminurie par laquelle elles se manifestaient étaient bien sous la dépendance de la généralisation et de l’élimination des agents infectieux. En outre, la néphrite déterminée par l’inoculation était directement proportionnelle à la quantité de culture injectée : lanimal injecté avec 1 cc. présentait une albuminurie légère et de courte durée ; chez celui qui avait reçu 4 cc. Palbuminurie était beaucoup plus considérable ; elle était énorme chez le lapin injecté avec 8 cc. Poussant plus loin l'analyse, Charrin a cherché à déterminer si le microbe agit directement par lui-même ou indirectement par le produit soluble qu’il sécrète. A cet effet, il administre pendant trois semaines à intervalles de deux à trois jours des doses de 15 à 20 cc. de culture stérilisée au filtre de porcelaine : dans ces conditions seulement, il arrive à provoquer l'apparition de lalbumine dans les urines. Ainsi il faut des doses excessives de culture privée de parasites, et injectées à différentes reprises, pour produire sur le rein les mêmes lésions que linjection de quelques centimètres cubes de culture virulente. Aussi Charrin conclut-il que la néphrite, dans Pinfection pyocyanique est engendrée directement par le microbe lui-même et non pas par son produit de secrétion. Pour Charrin comme pour son maître le professeur Bouchard, le microbe agit sur les cellules épithéliales par son passage des voies sanguines et lymphatiques dans l’intérieur des voies urinaires. L’élimination des
7 1 microbes par l'urine détermine dans les épithéliums des tubuli des traumatismes cellulaires multiples qui suffisent à expliquer pour uñe grande part au moins la pathogénie de la néphrite, Mais à côté des lésions causées par le passage des bactéries, Charrin ne méconnait nullement les lésions mécaniques d’un autre ordre qui peuvent se produire à la suite de l’oblitération des vais- Seaux par des amas de microbes. Les infarctus du rein dit-il, sont chose relativement fréquente dans la maladie pyocyanique.
Cependant MM. Lecorchéet Talamon (1) formulent une réserve à la démonstration expérimentale de la: néphrite infectieuse telle que Charrin la présentée « La démonstration de Charrin ne nous laisse indécis « que sur un point : comment se produisent les lésions « épithéliales? Est-ce l'élimination microbienne, le passage des bactéries à travers les épithéliums qui altère la constitution de la cellule à la manière des substances . toxiques excretées par le rein? On bien est-ce indirectementent en s’accumulant dans les capillaireset les vaisseauxglomérulaires, en les thrombosantque les microbes amènent la dégénérescence. secondaire ou la nécrose des cellules rénales? » —
La détermination du point où se fait le passage des microbes des vaisseaux dans les canaux urinaires est en effet un point qu'il serait important de fixer. Les microbes filtrent-ils avec la partie liquide de Purine au niveau du glomérule ou bien sont-ils éliminés par lPépithélium d’Heidenhain au même titre que les parties solides de lPurine? (C’est une question
(1) Leconcué Er TALAMON — loco cilalo. 126.
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qu'on ne saurait résoudre à priori et qui démandé une vérification expérimentale.
De son côté, Koch (1), en 1878 dans les deux maladies expérimentales qu’il à créées sur la souris et sur le lapin par l'injection de quelques gouttes de sang putréfié, était arrivé à des résultats entièrement opposés à ceux de Charrin sur la maladie pyocyamique. Dans aucune de ses expériences il ne parvint à découvrir les microbes spécifiques de ces deux septicémies dans le tissu conjonctif du rein ni dans les tubes urinifères. Le rem comme tous les organes des animaux ayant succombé à ces deux maladies était farci de micro-organismes, mais ils étaient toujours contenus dans Pintérieur des vaisseaux et ne paraissaient avoir aucune tendance à s’éliminer par le rein. Dans un cas de septicémie expé-
rimentale du lapin observé par Koch, « les vaisseaux des glomérules étaient tout particulièrement le siège des bactéries : elles tapissaient la surface interne des capillaires glomérulaires et les remplissaient presque complètement par places : le tissu conjonctif qui entoure le glomérule était normal; à aucun endroit les bactéries n'avaient penétré dans les tubuli rénaux ». Toujours est-il que l’affirmation de Koch perd de son autorité parce qu’il ne dit pas avoir recherché les bacilles dans Purine: les bactéries au fur et à rnesure de leur entrée dans les canaux urinifères ont pu être entrainées par le courant du liquide secreté.
D'ailleurs ces faits négatifs de Koch ne peuvent fournir la moindre conclusion contre la pathogénie des
(4) Kocu. Unters uber die Étiologie der Wundinfectionkrankheiten. Leipsig 1878. ;
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néphrites infectieuses. Les septicémies expérimentales de la souris et du lapin sont des infections suraiguës à évolution fatale à brève échéance par le développement excessif des micro-organismes pathogènes dans le sang, avant qu'ils aient eu le temps de provoquer des lésions cellulaires appréciables par nos méthodes d’investigation. Et à ce propos on peut rappeler que le . même microbe déterminant une maladie spécifique bien caractérisée comme la bactéridie charbonneuse, peut produire, suivant l'animal inoculé, ou suivant la : virulence de la culture, tantôt une infection suraiguë à la suite de laquelle on trouve les vaisseaux du rein, au même litre que ceux de autres organes, farcis de bactéries sans que les cellules sécrétantes présentent la moindre altération ; et tantôt au contraire une infection de plus longue durée qui ne tarde pas à s'accompagner de lésions rénales évidentes se traduisant par de l’albuminurie et de l’hématurie. Dans les deux cas d’ailleurs lurine contient les microbes pathogènes dont on ne peut toujours constater la présence par de simples examens microscopiques. Par contre, par l’ensemmencement de quelques gouttes d'urine de cobayes inoculés de charbon, MM. Straus et Chamberland (1) ont pu démontrer l’élimination microbienne alors que examen histologique des reins ne leur a pas fait découvrir la moindre altération des cellules sécrétantes.
M. le professeur Cornil (2) a étudié avec Berlioz l'empoisonnement provoqué par l’inoculation de quelques gouttes de macération de jéquirity sur le lapin et
(4) Srraus et CHAMBERLAND. Arch. de Physiologie, 1883. (2) Corniz et Berzioz. Exp. sur l'empoisonnement par les bacilles du jequirity, arch. de Physiologie, 1883, pt411.
et
sur la grenouille. L'injection de 2 à 8cc, de cette macération dans la veine de l'oreille d’un lapin amène la mort de l'animal au bout de 5 à 6 heures sans qu’à l’autopsie on puisse retrouver les micro-organismes ni dans le sang ni dans le organes. Mais des examens successifs, faits immédiatement après linjection, des selles et des urines ont prouvé que l'élimination par les intestins et par les reins commence déjà au bout de la première heure. Une heure et demie après, l’examen de l'urine fait découvrir une grande quantité de bacilles, de 40 à 50 dans le champ du microscope. L’élimination des microbes par l'urine arrive au maximum trois heures environ après linjection, puis décroit graduellement pour cesser à peu près complètement au moment de la mort, c’est-à-dire 5 à 6 heures après l'injection : à ce moment là on trouve très difficilement des bacilles dans le sang du cœur et dans le sang du rein. Or l'examen des reins fait par dl. le professeur Cornil dans ces différentes expériences lui a montré que les capillaires de la substance corticale et ceux du glomérule pouvaient contenir de grandes quantités de bacilles sans qu'il ait pu constater ni coagulation fibrineuse ni arrêt de la circulation. Il a toujours trouvé les cellules des tubes contournés et des tubes droits dans un parfait état d'intégrité; la lumière des tubes droits n'était jamais obstruée par des cylindres, mais par contre souvent « on peut s'assurer, dit-il, que les bacilles siègent dans la lumière : il faut, pour faire sûrement cette constatation, observer une section transversale d’un tube qui soit bien nette et complète, car on pourrait, si on n’y faisait pas une grande attention, prendre le contenu d’un vaisseau pour celui d’un tube urinifère. »
“nr Italie, Maffuci et Trambusti (1) recherchant
expérimentalement lélimination des bacilles du charbon et dela fièvre typhoïde par l'urine l'intestin et la bile, arrivent à conclure que les bacilles pathogènes peuvent * s'éliminer par les glandes secrétantes, sans que les Éépithéliums et les capillaires présentent nécessairement des lésions. :
Mais en 1886, dans un mémoire sur le sort des micro-organismes injectés dans le sang des animaux à sang chaud, Wissokowitsch (2) arrive à une conclusion tout opposée : dans la plupart de ses expériences qui ont porté sur un grand nombre d'espèces microbiennes, la culture de Purine restait stérile quels que fussent les microbes injectés, alors que celle du sang
était encore féconde. Par exception, l'urine des animaux : charbonneux contenait des bacilles : mais dans ce cas il y avait des lésions hémorrhagiques. Il en était de même pour les animaux auxquels il avait injecté le streptocoque pyogène et le staphylocoque doré : quand ces organismes se retrouvaient exceptionnellement dans l'urine, les reins montraient des infarctus et des foyers nécrosiques. D'où cette conclusion qu'une élimination physiologique des microbes par les reins ne s’observe paset que la présence des microbes pathogènes dans Purine est toujours liée à des localisations morbides sur Pappareil uropoëïtique. À coup sûr la conclusion de Wissokowitsch est par trop absolue : elle est en contradiction formelle avec les résultats acquis de différents côtés par de nombreux expérimentateurs.
(4) Marrucr ét TRAMBUSTI. Revista Internazionale, anno 1886: (2) WissorowrirscH. — Koch’d und Pfluger's Zeitschrift für Hyg. 1886, Bd I, p- 45. $ =
rs 0e
MM. les professeurs Cornil et Straus. ont démontré. comme nous l’avons rappelé, que les bacilles du jequirity et ceux du charbon pouvaient passer de la circulation générale dans les tubes urinifères et s’éliminer avec l’urine sans que cette élimination s’accompagnât fatalement de lésions évidentes du parenchyme rénal. Finkler et Prior ont fait une constatation semblable avec les microbes du choléra nostras et du choléra asiatique; Krause et Passet avec le staphylococcus pyogène albus; Fraenkel et Simmunds avec I€ bacille typhique. Le plus souvent, il est vrai, la présence des microbes dans le rein détermine des lésions soit mécaniques, soit inflammatoires; mais en dépit des expériences de Wissokowitsch, il n’en reste pas moins établi que certains microbes pathogènes peuvent filtrer dans le rein d’une facon pour ainsi dire physiologique, et nous voulons dire par là, sans produire la moindre lésion. D’ailleurs Wissokowitsch généralisant sa conclusion n’admet en aucune façon le passage des bactéries à travers les membranes vivantes intactes. Pour que le micro-organisme puisse les traverser, il faut, selon lui, de toute nécessité, que l’épithélium ou les tissus offrent une solution de continuité, une lésion qui précède leffraction du microbe. Cependant, des recherches répétées ont prouvé que le passage des microbes à travers le placenta, les glandes salivaires, mammaires,lacrymales et sudoripares, ainsi qu’à travers les membranes intestinales, pouvait ne s'accompagner d'aucune altération des éléments anatomiques. Tout récemment encore Lubarsch (1) a repris l'étude si
(1) LuBarscH. Virchow’s archiv. vol. CXXIV, p. 47.
a tte
controversée du passage des bactéries pathogènes à travers le placenta, (Straus et Chamberland, Wolf Malvoz, Birsch-Hirschfeld, G. Simon Rosenbach, Baumgarten). Par l’examen du sang, des cultures, et surtout par de nombreuses coupes en série, jusqu'à 1000 sur le même embryon, il arrive à conclure que le placenta n’est pas plus un obstacle infranchissable pour la bactéridie charbonneuse, que ne l’est, par
exemple, le poumon pour lequel lesexpériences de Bu ch-
ner ont démontré que les bactéridies avaient la faculté de pénétrer dans les capillaires à travers l’épithélium.
Lubarsch à pu également constater deux fois sur trois
expériences le passage de pneumocoques. D'ailleurs, la migration des globules blancs et des globules rouges à travers la membrane des capillaires étant à l'heure actuelle, après les travaux deCohnheim{1}, Striker (2) et Ranvier (5), une des données physiologiques les moins discutées, comment refuser la même propriété
aux microbes, c’est-à-dire, à des cellules vivantes égale-
ment tout comme les globules sanguins et de bien moindre dimension en général ? Au surplus, les leucocytes eux-mêmes englobant les microbes pathogènes ainsi que l’a démontré Metchnikoff, se chargent, dans certains cas, de leur faire traverser les membranes et leurs couches épithéliales sans porter atteinte à leur intécrité. Il est vrai que dans ces circonstances, la vitalité des microbes est le plus souvent diminuée, que parfois même elle disparaît complètement. Cependant Met-
4) Connaem. Ueber Entzündungu.Eiterung. Arch. de Virchow. "TXL. 1867, p. 1.
(@) Srrixer. Studien ueb. den Bau und das Leben der Capill. Bluts-efasse, Gomptes rendus de l'Acad. des Scien. de Vienne, T. 7. — Centralblall 86, p. 339. é
(3) Ranvier. Technique d'histologte, p. 460
po chnikoff a fourni la preuve directe sous le microscope que les bacilles qui ont pénétré dans les phagocytes peuvent continuer à se développer après que les cellules ont cessé de vivre. (1)
En 1887, Schweitzer (2) étudiant le passage des bactéries à travers les reins par linoculation du bacille vert du pus d’ozène à des lapins et à des chats, est amené à conclure que les micro-organismes traversent les reins intacts, mais qu’ils passent en plus grande quantité dans l'urine dès qu’un certain nombre de glomérules se sont altérés.
Les résultats si différents des expérimentateurs n’ont pas déterminé d’une façon précise la part qui revient aux microbes dans la pathogénie -des néphrites des maladies infectieuses. La thèse d’agrégation de Gaucher (1886) résume excellement l’état de la question. Tout en apportant plusieurs faits personnels, 1l y rappelle surtout les expériences et les recherches cliniques de son maître, le professeur Bouchard. Dès cette époque, : Gaucher ne met pas en doute la nature infectieuse du tétanos et de la néphrite qui l'accompagne. Il y établit également que les abcès qui viennent se greffer sur la néphrite dothiénentérique sont dus à des infections secondaires, et nullement au microbe pathogène lui-même. Cherchant à expliquer le mécanisme des lésions rénales causées par les microbes, il fait la part
(1) La communication de M. Galippe à la Société de Biologie (nov. 91), confirme cette manière de voir; et telle est également l'opinion de M. Duclaux . qui tout dernièremeut analysant le travail de Brunner, sur l'élimination des microbes par la sueur : (Annales de l’Institut Pasteur, déc. 91, page 798) écrit textuellement « En somme le passage possible de certains microbes à travers certains lissus sains n’est pas contestable. » :
(2) Scuweïtzer. Archiv. für Pathol. Anat. und Phys. Band CX. Heft. 2.
RS er
des conditions mécaniques, traumatisme cellulaire, embolies, thromboses, et de l’action toxique de leurs pro-
-duits de secrétion qui agiraient sur le rein comme la
cantharidine.
IV. Historique des néphrites infectieuses en particulier depuis 1880. — Parallèlement aux recherches expérimentales dont nous avons rappelé les plus importantes, et sous l'impulsion de la communication du professeur Bouchard au Congrès de Londres, l'examen bactériologique de Purine et celui des reins fut poursuivi par quelques SHÉRLIEUE dans un certain nombre de maladies.
Erysipèle et fièvre puerpérale. — Le Professeur Cornil (1) dans plusieurs observations d’érysipèle constata pendant la vie le passage dans les urines albumineuses de microbes en chaînettes semblables à ceux qu’on trouve dans les lésions cutanées de l’érysipèle. Dans un cas suivi d’autopsie, il retrouva les mêmes micro-organismes dans les reins. Denucé (2) dans sa thèse signale également l'existence de chainettes dans l’urine et dans les reins. Par contre, Berlioz (3) dans 5 observations dérysipèle où 1l fit des examens et des cultures d’urine, prétend n'avoir retrouvé dans aucun cas l’organisme pathogène, le streptococcus erysipelatus, identique d’ailleurs au streptocoque de Rosenbach (Widal). Cependant, si on analyse ces cinq observations, on découvre que 3 fois les cultures faites avec quelques gouttes d’urine ont été fertiles et ont donné des colonies uni-
{4) CorniL. Journal des connaissances médicales, 21 mai 1885. (2) Dexucé. Thèse de Bordeaux. 1885. —
(3) BErLI0Z. Thèse de Paris 1888.
Quement formées de microcoques et de diplocoques. S'appuyant exclusivement sur la morphologie, Berlioz a considéré ces germes comme essentiellement différents de la chaînette érysipélateuse. Mais on sait aujourd’hui depuis le travail de Widal (1) que le point double et le point simple ne sont pas toujours des organismes différents de la chaînette. « L’examen plus complet des faits, facilité par les nouvelles méthodes de culturé lui a prouvé que dans plusieurs cas il s'agissait des mêmes organismes dont le groupement seul avait varié.» . Sur 13. observations d'infection puerpérale suivies d’autopsies, Widal a trouvé 7 fois les streptocoques dans les coupes des reins qui présentaient tous des lésions de
néphrite diffuse.
Eclampsie. — Doleris et Poney (2) les premiers en 1885 trouvent des streptocoques dans l'urine et le sang des éclamptiques albuminuriques : ils observent la marche croissante et décroissante de la néphrite microbienne et de infection sanguine parallèlement aux accidents convulsifs. — L'année suivante Jürgens (3) découvre dans le foie et le poumon des éclamptiques des bacilles courts légèrement recourbés. —E. Blanc (4) en 1887, retrouve dans le sang des éclamptiques albuminuriques, des streptocoques qui s’éliminaient égale- : De ee He, ment par l’urine. De plus il isola des cultures obtenues par l’ensemencement de cette urine un bacille fin, très mobile, dont l’inoculation à des lapins et à des chiens détermina de l’albuminurie et des convulsions. —
(1) Wipaz. Thèse de Paris 1889.
2) Dozeris et, PONEY. — Société de Biologie. Juillet 85 et fév. 86.
( (3) JürGENS. — Berlin. Klin. Wochens. 1886.
(4) E. Banc. — Archives de Biologie. Mai et Avril 1889. Lyon médical,sep. 90.
DOS Boufs (1) dans son excellent travail rapporte un ‘cas où il a pu retrouver les bacilles de Jürgens dans les foyers hémorragiques du foie — Audain et Papillon (2) ont également publié un cas analogue.
Fièvre typhoïde. — FEa recherche de l'organisme pathogène dans les urines des malades atteints de fièvre typhoïde a abouti à des résultats très contradictoires. Hueppe (3) dans seize cas où il fait l'examen bactériologique des urines de typhiques retrouve une seule fois l'agent pathogène avec tous les caractères de forme et de culture que lui assignent Eberth et Gaffky; de leur côté, Seitz (4), Chantemesse et Widal (5), Ribbert (6), Berlioz (7), ne le découvrent pas ou le découvrent rarement. Berlioz même, dans quatre observations de fièvre typhoïde sur quatorze, arrive à constater dans l’urine par la culture, l’existence, non plus du bacille d’Eberth, mais de staphylocoques pyogènes. Mais plus récemment, Neumann (8) réunissant les différents cas qu'il avait analvsés et étudiés successivement à plusieurs reprises, dit avoir trouvé le bacille d'Eberth dans les urines dans onze cas sur quarante-huit. Pour lui, les foyers bacillaires rénaux qui détèrminent d’une façon très inconstante l'émission de bacilles par l’urine se forment à la même époque (1) G. BOUFFE. — Thèse de Paris, 91.
(2) AuDaiN et PAPILLON. — Sociélé anatomique, 19 juin 91. - (3) Hurppe. Cité par Seitz.
(4) Serrz. Bactériolog. Studien uber typhus ætiologie. Munchen. Finsterlin ss CHANTEMESSE et WipaL. Archives de Physiologie, 1887x (6) RiBBERT. Deutsch. Med. Vochenschrift. No 806, 807, (7) BERLI0Z. Loco citato. :
(8) NEUMANN, Berlin Klin- Wochen. 1888-7-8-9.
Berlin Klin. (Wochen.) Ueber typhus bacillen inurin18février 1890, n° 6. Do? 5
— 56 — que les taches rosées lenticulaires et sont d'autant plus nombreux que celles-ci sont plus abondantes ». En revanche, pour lui, la présence de bacille d'Eberth dans l'urine n’est nullement liée à l’albuminurie, et sa valeur pronostique est nulle.
Dans les vingt cas suivis d’autopsie où la recherche des bacilles a été tentée dans les coupes, Seitz (1) est parvenu à les colorer constamment dans la rate, dixsept fois dans les ganglions mésentériques, trois fois dans le foie, jamais dans le rein. Chantemesse et Widal (2), dans les douze cas qu'ils ont soigneusement analysés, ne signalent pas leur présence dans les reins mais ils rappellent avec raison que les microcoques pyogènes, nombreux même dans le tube digestif de l’homme sain, peuvent être absorbés par les capillaires et les lymphatiques au niveau des ulcérations intestinales et déterminer une infection secondaire des reins en y produisant du pus et des abcès que Rayer avait déjà constatés.
Pneumonie. — La recherche du bacille Talamon- Frankel dans les urines contenant ou non de l’albumine à rarement donné un résultat positifà Neumann, Seitz, Ribbert (5), Berlioz et Caussade (3). Cependant Netter (4) signale à plusieurs reprises dans l’urine d'animaux inoculés lexistence de pneumocoques parfaitement vivants et capables de se reproduire par la culture. Par contre sa présence dans les reins a été affirmée
(4) SETzZ. Loco cilato.
(2) CHANTEMESSE et WipaL. Loco citato.
(3) CAUSsADE. Thèse. Paris. 1890
(4) NerrEn. Com. Société anatomique, 1886.
(à) RIBBERT. loco citalo.
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par Neuwerk (1), Bozzolo (2), Netter (3), Forket et Bizzozero,Ribbert et Caussade.(4) Mais ces derniers auteurs ne mettent pas toutes les lésions rénales qui surviennent au cours de la pneumonie sur le compte de linfection pneumococcique. Tout comme dans la fièvre typhoïde, ils signalent la possibilité d'infections secondaires, ayant retrouvé dans quelques cas des staphylocoques dans les glomérules et les abcès miliaires déveveloppés dans la substance rénale. En 1889, Koch (5), dans une observation de néphrite pneumonique, trouve le streptocoque comme agent de l’infection secondaire.
Grippe. — La desquamation de la muqueuse des voies respiratoires facilite les infections secondaires dans la grippe. (Bouchard, Leyden, Netter, Prior, Weichselbaum, Vaillard et Vincent, Ribbert, Babes, Chantemesse et Widal.) Mais les infections secondaires de cette maladie semblent se localiser moins volontiers sur les reins que sur les autres organes. Dans un seul cas, Leyden a pu constater l'existence d’une “glomérulo-néphrite.
Fièvres éruptives. — Dans les néphrites consécutives aux fièvres cruptives dont les microbes pathogènes ne
(1) NeuwERKk. Com. au 3° congrès de Médec. intern. de Berlin, 1884.
(2) BozzoLo. Centralblatt fur. lin Med., 1885.
(3) NerrTer. Com. Sociélé anatomique, 1886. — Arch. de médecine, 1887.
(4) Notre travail était déjà terminé quand nous avons eu connaissances des recherches de E. Faulhaber. — Ueber das Vorkommen von Bactérien in den Nieren bei akuten Infektionskrankheïten. — (Beiträge zür pathologischen Ana. tomie und zùr allgemeinen Pathologie). Ces recherches ont porté sur 53 cas de maladies infectieuses. Dans les 25 cas de néphrite pneumonique et dans les 4 cas de néphrite typhiqne étudiés par Faulhaber, l’auteur a contamment retrouvé les organismes pathogènes dans le rein, tantôt par l'examen microscopique, tantôt par les cultures, souvent aussi par les deux procédés à la fois.
(5) Kocx, Mittheil. am dem K. Gesundk, t. 1, p. 1.
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‘sont pas encore connus, rougeole, variole et surtout “scarlatine, les auteurs signalent souvent dans les reins la présence de staphylocoques et de streptocoques. ‘(Litten (1), Juhel-Renoy (2, Crooke (8), Klein (4), Jamieson et Edington (5), Lenhartz (6), Frankel et Freudenberg (7), Babos (8), Marie Raskin (9)). La recherche des microbes dans les urines n’a pas été reprise depuis le travail de M. Bouchard. Cependant Gaucher, dans un cas de néphrite consécutive à une scarlatine maligne, a trouvé des TRSPOCOQUES dans le sang et dans l'urine.
ÉTAT INFECTIEUX DIVERS. — Pyohémie. — Dans les états infectieux divers, tels que les endocardites ulcéreuses, les ictères infectieux, l’ostéomyélite, les pseudorhumatismesinfectieux,la fièvre jaune, l'examen bactériologique de lurine etdes reins a fait reconnaître des organismes identiques à ceux qu’on a trouvés dans le sang. (Eberth (10), Klebs (11), Girode (12), Philippovitz (413, Weichselbaum (14), Litten (15), Kraske (16),
(1) LiTTEN. Charite annalen, 1881.
(2) Junez RENOY. Anurie scarlatineuse précoce. Arch. gén. de Méd., avril 1886 (3) GRooKE. The lancet, 1883.
(4) KLEIN. Proc. of the scarl. fever. XLXX,
(5) JamrsoN et EniNGToN, British med. Journ., 87 et 89.
(6) LeNnarTz. Yahrbuch für Kinderheilkunde B. d. XXVII, Heft 3, n°4, p. 299. (7( FRANKEL et FREUDENBERG. Centr. für Klin med., 1885.
BaBes. Progrès médical, 1886, n° 8,
5) 6) 7( ) (9) Marie RASKIN, 1888. Wraisch, n°° 37 et 44.
- a ) EBErTH. Virchow's archiv., 1873, t. LVII.
(11) KLeBs. Archiv, für exp. Path., t. LVII.
(12) GiIRODE. Quelques faits d'ictère infectieux. 4rch. de Méd., février 1891. (13) Pæxippovitrz. Wiener med. Blätt, 1885, 18 mai et 4 juin.
(14) WEICASELBAUM. Wien: med. Presse, 1884. (15) LirtEn. Cité dans journ. com. medi, 28 mai 1885. (16) KRASKkE. Fortschritte der medecin, 1% avril 4884.
Re ou ete . = Becker.f{), Netter (2), Rosenbach (3), Lannelon- * gueet Achard (4), Babes (5) Alvarez (6). : O2 Mais dans un grand = >mbre de cas de ce genre, les lésions rénales ne se bornent pas aux lésions communes LÉO des néphrites infectieuses. Le transport des germes par PAU. le courant sanguin détermine dans le rein comme dans de es la plupart des organes des ilots inflammatoires et des. infarctus qui se terminent par des abcès miliaires ou - métastiques. Les agents qu'on a signalés le plus fréqgemment comme cause immédiate de ces accidents pyo- hémiques sont le streptocoque dans la puerpéralité, (P asteur, Doléris, Orth, Baumgarten, Widal); le = Sa __ staphylocoque doré dans Postéomyélite, le furonclé, re: Vanthrax, etc. ; parfois un bacille saprogène (Babès). Etes . MM. Lannelongue et Achard(7) dans un mémoire > Es. - paru dans les annales de l’Institut Pasteur ont étudié Eee expérimentalement sur le lapin les abcès rénaux consécutifs aux injections intraveineuses de culture de staphylocoques et de streptocoques. Il résulte de leurs recher- . ches comparatives que Îes lésions rénales obtenues avec ne Re les deux sortes de microbes diffèrent en ce que celles ; des streptocoques ne présentent ni la même fréquence ni la même intensité que celle des staphylocoques. re | - D’ailleurs la suppuration dans les reins comme dans | : les autres organes n’est pas toujours causée par les micro-organismes vulgaires pyogènes. Il est établi à
(4) BECKER. Deutsche med. Vocersezihft Forsichrilte der med., 1885. (2) Nerter. loco citalo.
(3) ROSENBACH, Micr oorganismen bei den wundinnfect. der Munchen. Mune chen, 1884.
(4) LANNELONGUE et ACHARD. Ann. Institut, Pasteur, avril 1891. (5) BaBes. C. et B. Bactéris, t. 2, 155.
£ (6) ALvAREZ. Cité.
(7) LANNELONGUE el ACHARD. loco citato.
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l’heure actuelle que les microbes les plus hautement différenciés, les plus spécifiques comme le pneumocoque, le bacille de Koch, le bacille d’Eberth peuvent la provoquer directement par eux-mêmes. Cette faculté pyogène nouvelle qui vient s'ajouter aux qualités spécifiques de ces microbes semble cependant correspondre à une diminution de leur virulence (Chantemesse).
Quoi qu'il en soit, il va sans dire que dans tous ces cas, les germes pathogènes se retrouvent dans l’urine en grande abondance à la faveur des désordres anatomiques causés par la formation du pus.
Diphtérie. — Quant à la néphrite de la diphtérie, on peut affirmer aujourd’hui qu’elle n’est pas due à l’action directe du bacille de Klebs sur l’épithélium rénal, . depuis que Roux et Yersin (1) nous ont appris que l'agent pathogène n'existe que dans les fausses membranes et qu’il est toujours absent des organes et du sang des sujets qui ont succombé à l’infection. Cette notion récente explique parfaitement les insuccès nombreux de Brault, Furbringer, Weigert, Fischl, qui ne sont pas arrivés à colorer des microbes dans de nombreuses coupes de reins atteints de néphrites diphtéritiques. Dans ces conditions la néphrite qui survient fréquemment au cours de l'infection diphtéritique doit être rapportée à l’action du poison soluble secrété par le bacille de Klebs, poison qui a été également isolé et fortbien étudié par Roux et Yersin. D'ailleurs le streptôcoque, les staphylocoques pyogènes et le pneumocoque si souvent associés dans les fausses membranes
(1) Roux et YERSIN. Annales de l’Institut Pasteur. 1888.
SAPG EU aux bacilles deKlebs, (Loffler, Oertel, Gaucher, Babès, Würtz, Bourges et Raskin,) peuvent également par eux-mêmes provoquer des infections rénales secondaires.
Choléra. — Tout comme le bacille de Klebs qui ne provoque qu'une infection localisée aux surfaces recouvertes de fausses membranes, le bacille virgule, agent - pathogène du choléra, ne semble pas se généraliser : Koch affirme qu'il ne franchit jamais les couches intestinales. Dans ses nombreuses recherches, il ne l’a jamais retrouvé ni dans le sang, ni dans le rein, ni dans les urines. Cependant les lésions du rein dans l'infection cholérique viennent immédiatement après les lésions intestinales comme fréquence et comme étendue. Elles ont été bien décrites daus un mémoire fait en commun - par MM. Straus, Nocard, Roux et Thuillier (1).
Par contre Doyen (2) dans plusieurs coupes de reins provenant d’autopsies faites très peu de temps après la mort, a reconnu diverses espèces de bactéries dans les vaisseaux sanguins : microcoques, .bâtonnets, et peutêtre à son dire quelques bacilles virgules.
INFECTIONS CHRONIQUES. — Tuberculose. — Mais le cadre des néphrites infectieuses ne peut rester limité aux lésions anatomiques plus ou moins étendues mais toujours de même ordre que provoquent dans le rein les maladies infectieuses aiguës. Les infections à évolution plus lente comme la tuberculose, la lèpre, la morve, dont les agents pathogènes sont bien caractérisés à
{4) Archives dé Physiologie. 1884.
@) Doyen. Thèse de Paris. 1885.
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l'heure actuelle déterminent également dans le parenchyme rénal des altérations qu'on ne saurait distraire du groupe des néphrites infectieuses. É
La tuberculose rénale a été étudié au point de vue de la localisation des bacilles de Koch par Futterer (1), Cornil et Babes (2), Baumgarten (3), Durand- Fardel (4), Hauser (5), Banti (6), Philippowitz (7) Coffin (8) dans sa thèse insiste sur une forme spéciale de néphrite qui existe chez les tuberculeux en dehors des formes connues : tubercules de Laennec, granulations miliaires, cavernes tuberculeuses et qu’il rattache à l’action directe du bacille sur les épitheliums des tubuli.Baum garten et Koch ont en effet constaté chez le lapin, Durand - Fardel chez l’homme, des bacilles en grand nombre soit dans les capillaires des glomérules, soit dans la lumière des tubes urinifères sans arriver à découvrir dans les coupes la moindre lésion de nature tuberculeuse. Par contre chez Fhomme, l’examen bactériologique de l'urine n’a donné des résultats positifs que dans un très petit nombre d'observations.
D'autre part, MM. Cornil (9) et Quinquaud (10) dès leurs premiers eesais de traitement par les injections de la tuberculine de Koch ont signalé avec insis-
(4) FUITERER. Virchow's archiv, t. C, liv. IT, 1885. (2) CorniL et BABES. Les bactéries, t. Il, p. 430.
(3) BAUMGARTEN. Zeichrift fur klin. Méd. Bd. 9, p.93. 152. et p. 245 à 276. — Bd. 10 p. 24 à 59. DS E
(4) DURAND-FARDEL. Thèse de Paris, 1886.
(5) HAUSER. Deutsch. arch. fur Klin. Méd B. LX. Heft, t. 3- 4, p. 261, 1887.
(6) Banni.
(7) Parippowirz. Wiener med. Blätlter 1885, 18 mai et 4 juin,
-(8) CorriN. Thèse de Paris, 1890.
(9) Corn. Leçon faite à l'hôpital Laennec. Médecine moderne,, 1890 no 50, p;, 133.
10) Quixquaur. Comm. orale.
| — 63 — ‘ tance la possibilité d’nne complication rénale se traduisant par lémission d'urine albumineuse, quelquefois même sanglante, contenant des cylindres. Ces réserves ne tardaient pas à recevoir bientôt une vérification expérimentale de la part d’Arloing qui arrivait à produire des néphrites toxiques sur le cobaye par l’injec- - tion sous-cutanée de la Iymphe de Koch. Tout récemment au Congrès de la tuberculose, le professeur Gran cher (1) dit textuellement « que le virus tuberculeux atténué, employé comme, vaccin contient vraisemblablement une substance vaccinale et une substance toxique : - celle-ci serait la cause des néphrites et des paraplégies Si fréquentes chez nos animaux ».
Souvent aussi les microbes nombreux qui végètent = dans les bronches des tu berculeux, le proteus, l’aureus, le tetragenus, différentes espèces de streptocoques et de saprogènes (Babès) peuvent provoquer des infections rénales secondaires dont les lésions se surajoutent à celles qui sont sous la dépendance directe du bacille de Koch et de ses produits de secrétion.
Lèpre. — Les infections rénales secondaires sont également fréquentes dans la lèpre surtout dans les formes qui saccompagnent de nombreux foyers de suppuration. Beaven Rake (2) dans sa statistique des affections rénales observées par lui à Pasile de la Trinitad, dit avoir rencontré surtout les formes chroniques du mal de Bright, le gros rein blanc, et plus
souvent le rein contracté. Il a eu rarement l’occasion
(4) GRANCHER. Congrès de la tuberculose, méd. moderne 1891, n° 31, p. 573. (2) BEAVEN Rake. Uber Nierenaffectionnen bei ne ete: Monatshefté fur
prakt Dermatologie B d. VII 1889 n° 12:
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de trouver le bacille de Hausen dans les coupes du rein. Babès (1) cependant l’a coloré dans l’endothelium tuméfié des capillaires du glomérule; plus rarement il l'a retrouvé dans l'urine. Par contre dans trois autopsies de lépreux, il a pu retirer du rein et des autres organes, le pneumocoque, le staphylocoque doré ainsi que le pseudo bacille diphtéritique comme agents d’infection secondaire.
Morve. — Enfin pour la morve, Philippowitz (2) a pu non seulement retrouver dans lurine lagent pathogène découvert par Bouchard, Charrin et Capitan, mais il a réussi encore à reproduire la maladie par l’inoculation à des cobayes de l’urined’une femme qui avait succombé à cette affection. L’urine des cobayes morveux contenait également les bacilles spécifiques.
Rageet syphilis. — Les déterminations rénales provoquées par la rage et la syphilis, toutes deux maladies virulentes au premier chef, élargiront selon toute vraisemblance le domaine des néphrites infectieuses dès qu'on sera parvenu à reconnaître et à isoler leurs microbes pathogènes. Récemment, MM. Lecorché et Talamon (3) ont publié une observation très intéressante de néphrite aiguë survenue à la période d'infection de la syphilis. « Panalogie des symptômes, disent-ils, permet de croire à l’analogie du processus pathogénique et des lésions anatomiques. De même que pour les néphrites post scarlatineuses ou post pneumoniques,
(1) BaBés. COoRNIL Er BaBxs. Les bactéries T II. p. 503. (2) Prizæpowirz. Loco citato.
(3) TALAMON Syphilis Brighlique précoce. Méd. moderne. 40 sept. 91.
ps ee
on peut supposer une localisation rénale du poison ou
du microbe encore inconnu de la syphilis. »
Néphrite bactérienne primitive. — Dans les nombreuses maladies que nous venons de passer en revue, infection rénale survient à titre de complication d’une infection générale; elle est directement provoquée, tantôt par l'agent pathogène de l’infection primitive, tantôt par des microbes non spécifiques qui se dévelop-
pent à la suite et à la faveur de linfection première.
Mais quelques observations de plus en plus nombreuses tendraient à établir l'existence d’une infection rénale primitive, l'agent pathogène se localisant d'emblée et primitivement sur le rein en produisant une néphrite parenchymateuse très grave à marche rapide et à évolution fatale. Dans tous ces cas, la quantité très considérable de micro-organismes qui remplissent tous les vaisseaux du rein au point d’en obstruer la lumière est un caractère anatomique commun qui cliniquement s’est manifesté par de Panurie.
La première observation de ce genre est due à Bamberger. Après lui Aufrecht (1) et Litten (2) ont publié quatre cas de néphrite suraiguë se terminant par des symptômes urémiques au bout de cinquante heures au plus tard. L’urine, en très petite quantité, contenait des flots d’albumine et un grand nombre de cylindres
composés de microcoques. À l’autopsie les reins présen-
taient les lésions macroscopiques du gros rein blanc : volumineux, de consistance moindre qu’à l’état normal, ils étaient de plus très fortement congestionnés.
(4) AUFRECHT. Pathol. Mittheil. I. 1881.
(2) LiTTEN. Zeitschrift, Klin. Mad. IN.
Le 66 =
L'examen microscopique révéla des lésions dégénératives des épitheliumsen même tempsqu'uneinfiltration du tissu conjonctif interstitiel. Mais le trait anatomique commun à tous ces cas était, comme nous l'avons rappelé, Pextrême abondance des micro-organismes qui remplissaient les vaisseaux de tout calibre ainsi que les conduits urinifères aussi bien dans la substance corticale que dans la substance médullaire. D'après Litten, dans la substance corticale, les glomérules présentaient les aspects les plus divers suivant le degré de compression qu'ils avaient subie de la part des masses bactériennes agglomérées dans lintérieur de la capsule; dans les tubes droits confinant à la région de la papille les amas de microbes n'étaient pas libres dans les canalicules, mais enveloppés dans une substance gélatineuse qui revêtait la forme de cylindres.Ziemacki, Letzerith, Babès ont eu l’occasion d’observer des cas analogues. Aussi, appuyant à la fois sur l’évolution clinique identique, fatale à très courte échéance au milieu de symptômes urémiques, et sur l’extrême abondance des bactéries dans les reins, alors que les autres organes n’en contenaient pas, Cornil et Bab ès considèrent ces déterminations rénales comme des infections rénales . primitives. Dans ces néphrites bactériennes primitives, comme ils les appellent, les agents pathogènes se localisent et se développent d'emblée et plus spécialement sur le rein, tout comme le pneumocoque sur le poumon dans la pneumonie, ou le bacille d'Eberth sur l’intestin dans la dothiénentérie. Mais la constatation isolée des microbes dans les coupes du rein, quelque valeur qu’elle puisse avoir, ne saurait entraîner le conviction. Evidemment il manque à tous ces faits le contrôle des cultures
HAN TESs
et des inoculations. Théoriquement l’identité des lésions
plaide bien en faveur de l’idendité de nature, cependant
le néphrite bactérienne primitive ne sera définitivement
ù établie que quand des observations plus complètes au point de vue bactériologique auront précisé le caractères de forme et de végétation des agents qui Pauront provo-
quée. |
De cet exposé si incomplet qu’il soit, il ressort que - l'accord est loin d’être établi au sujet de la pathogénie et pour quelques auteurs au sujet de l'existence même des néphrites infectieuses. Les résultats de l’expérimentation ne semblent pas moins contradictoires que ceux fournis par l’observation des maladies infectieuses humaines. Cependant si au lieu de chercher une conclusion unique, identique pour toutes les infections, si au lieu de généraliser à toutes Les espèces microbiennes les résultats acquis pour telle ou telle espèce en particulier, on cherche à les classer et à les résumer, nous pouvons conclure : 3