CHAPITRE IV
Néphrites infectieuses — Division
NÉPHRITES INFECTIEUSES TOXIQUES
à La notion capitale qui se dégage à la fois des résultats de l’expérience et de ceux de l’observation des malades, c’sst que la néphrite qui survient au cours des infections n’est pas toujours de même nature et ne comporte pas dans tous les cas une pathogénie identique. Personne né conteste plus, à l'heure actuelle, que l’albuminurie des maladies infectieuses, si légère et si transitoire qu'elle soit, ne doive être attribuée à une lésion réelle du parenchyme rénal et non à une simple modi- fication de la crase sanguine. Dans quelques cas, il est vrai, Valbumine qui transsude au niveau du glomérule est plus ou moins mélangée à des matières albuminoïdes différentes de la serine et de la seroglobuline (peptone et hémialbumose dans la pneumonie et le rhumatisme), mais le plus souvent on a affaire uniquement à l’albu- = mine d’origine hématique. Les modifications que la fièvre peut faire subir au sang : diminution des chlorures (Heller), augmentation de l’urée et de l'acide urique (Senator), élévation de la température sanguine (Senator), etc., etc., peuvent bien favoriser les conditions qui permettent le passage de l’albumine dans les urines,
res , ë SAS te) mais ne peuvent en aucune façon le déterminer par
elles-mêmes. Cest là une distinction capitale sur laquelle insistent Lecorchéet Talamon. — Ces auteurs, dans
leur étude très détaillée des conditions multiples, physi-
ques et chimiques de l’albuminurie, arrivent à conclure en dernière analyse que laltération de la membrane
filtrante est la cause intime, immédiate du passage de
lalbumine dans l'urine. D'ailleurs, si on à pu constester
l’altération rénale qui provoque l’albuminurie légère, essentiellement transitoire, bénigne, du début de toutes les affections fébriles, il n’en est plus de même pour
l’albuminurie qui s’installe dans certains cas plus tardivement, parfois au cours de la convalescence : celle-là plus abondante, plus tenace, plus grave, a été rattachée depuis longtemps à sa véritable cause, à une lésion profonde du parenchyme rénal. FE
Mais si l’existence d’une néphrite diffuse dans la plupart des affections, qui rentraient naguère dansle groupe des phlegmasies et des pyréxies, est admise à la suite de nombreux faits d'observation qui l’ont affirmée de plus en plus, par contre sa pathogénie est loin d’être entièrement élucidée. Ce qui prête surtout à la discussion, c’est la part qui revient à l’agent infectieux luimême. La néphrite existe, mais est-elle toujours infectieuse, au sens que Kannenberg et Bouchard attachaient à cette dénomination”? ou en d’autres termes, est-elle directement sous la dépendance de la localisation des parasites dans les reins et de leur élimination par urine? Tels étaient jusqu’à ces derniers temps les seuls éléments du problème. Mais d’une part, les recherches sur quelques poisons microbiens permettent d’affirmer qu'un certain nombre de néphrites infectieuses
AS ges doivent rentrer dans le groupe des néphrites toxiques, et d'autre part la constatation des microbes dans les coupes du rein, plus rarement dans les urines, a mis en lumière le rôle important des infections secondaires dans la pathogénie de certaines néphrites, plus spécialement dans celles qui surviennent tardivement au déclin des fièvres (scarlatine, fièvre typhoïde). On peut donc diviser les néphrites des maladies infectieuses, en néphrites par infections primitives, les unes toxiques, les autres infectieuses au premier chef et peut-être également toxiques, et en néphrites par infections secondai- res, se grefflant indifféremment sur les deux espèces précédentes, et se terminant quelquefois par la suppu- ‘ration : c’est ce que résume le tableau ci-dessous :
| Néphrite infectieuse toxi- ? CESR que.
Infection primitive. : RU :
Se Néphrite infectieuse proprement dite.