NÉPHRITE PAR
Néphrite infectieuse pro-
Infection secondaire. | prement dite.
Néphrite suppurée.
NÉPHRITES INFECTIEUSES TOXIQUES
On peut diviser les maladies infectieuses en deux grandes classes suivant que l'agent pathogène reste toujours localisé au foyer d'élection ou qu'il se généralise à d’autres organes par l'intermédiaire des voies sanguines et lÿmphatiques.
Le bacille de Klebs strictement limité dans son déve=
loppement à la portion de muduelise ares de ‘ fausse membrane est un type de l'infection locale (Roux et Yersin), tandis que le pneumocoque avec ses déterminations possibles sur les séreuses et sur les organes,
représente le type de l'infection généralisée. Cependant la néphrite est aussi constante et certainement plus grave - dans la diphtérie que dans la pneumonie. Pour lexpliquer, on ne peut plus incriminer Paction directe du
bacille de Klebs sur le glomérule ou sur lépithélium, puisqu’à aucun moment le courant sanguin n'amène agent pathogène au contact des éléments anatomiques du rein. Les recherches de Roux et Versin n’autorisent aucun doute à cet égard. Par contre, ces auteurs ont mis en évidence un poison qui existe dans les cultures du bacille de Klebs. Par des inoculations sous-cutanées à des cobayes et à des lapins de ce poison, privé d’organismes vivants, ils ont obtenu tout le tableau symptômatique de la maladie infectieuse elle-même, moins la fausse membrane ; et suivant la quantité du poison injecté et l’âge des cultures qui avaient servi à te préparer, ils ont pu produire les différentes formes cliniques de la maladie : hypertoxique, suraiguë et aiguë. Or dans toutes leurs expériences, le poison diphtéritique a agi sur le rein; dans les lésions observées à l’autopsie, « c’étaient constamment, disent MM. Roux et Yersin, les reins et les capsules surrénales qui semblaient le plus atteints ; parfois l’urine était sanglante ». La démonstration est complète : la néphrite de la diphtérie est une néphrite infectieuse toxique, et non une néphrite infectieuse au sens qu'y attachaient primitivement Bouchard et Kannenberg. | \
. Parcillement la néphrite ou chélére semble rentrer
également dans le groupe des néphrites infectieuses toxiques. Maïs la démonstration est loin d’être faite avec autant de rigueur que pour celle de la diphtérie. Deux faits semblent cependant plaider en faveur de cette in- terprétation : c’est d’une part Faffirmation catégorique de Koch, pour lequel le bacille virgule reste toujours cantonné dans l'intestin, et ne se généralise à aucun moment de linfection, et d’autre part les expériences du professeur Bouchard. Cet observateur a pu démontrer en effet l'existence dans lurine des cholériques d’un poison spécial auquel il faut attribuer la plupart des symptômes de la maladie elle-même : cyanose, réfrigération, troubles respiratoires, hoquet, diarrhée ainsi que l’albuminurie. Analysant les phénomènes d’intoxication qui suivent l’injection intra veineuse d’urine de cholérique : « Palbuminurie, dit M. Bouchard, rare et insignifiante avec Îles urines normales, est ici constante, toujours notable, intense, persistante pendant toute la durée de la maladie expérimentale ».
Le produit de secrétion du bacille tuberculeux contient également une substance toxique avec laquelle MM. Arloing et Grancher ont pu provoquer des néphrites expérimentales. Nous avons également produit chez le
lapin une néphrite aïguë diffuse par l'injection successive de plusieurs doses de lymphe de Koch. Les lésions rénales que nous avons constatées rappellent celles de l’empoisonnement par la cantharide. Nous devons ajouter cependañt que la tuberculine de Koch, d’après William Hunter et Waston Cheyne ne devrait pas ses propriétés à un seul principe, mais à quatre substances différentes qu’ils ont essayé d'isoler. Deux contiennent des produits nocifs pyrétogènes, les deux
autres possèdent une action cicatrisante qui ne s’accompagne ni de malaise général, ni de fièvre intense. Il est
probable que la lésion rénale est plus spécialement pro-
voquée par les deux premiers extraits.
Tels sont à l’heure actuelle les résultats les plus saillants, les moins discutables qui résument la part des poisons microbiens dans la pathogénie des lésions rénales. Comme on le voit, cette étude n’a été encore tentée
que dans un petit nombre de maladies infectieuses,
mais il est probable cependant que dans bon nombre d’autres maladies où la néphrite semble être sous la dépendance directe des microbes eux-mêmes, l’altération des épitheliums des tubuli est due également pour une part, plus large peut-être qu’on ne croit, au contact de leurs produits toxiques. Dans ces cas d’ailleurs, le rein -par sa fonction même n’est pas seulement exposé à subir l'influence des produits toxiques élaborés par les microbes qui s’y fixent, il est encore chargé d'éliminer les poisons microbiens qui se fabriquent dans l’organisme tout entier, poisons éminemment diffusibles que le courant sanguin lui apporte aussi longtemps que subsiste l’infection : c’est là une condition particulière qui explique la fréquence et létendue des lésions rénales dans la plupart des maladies infectieuses.
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