CHAPITRE Il
VARIATIONS ET MIGRATIONS DES GLUCIDES AU COURS DE LA VÉGÉTATION ANNUELLE DU «G. SILVATICUM » L.
Je me suis efforcée de suivre, au cours de l’évolution annuelle de la plante, les variations de trois sortes de glucides :
10 Les oses (sucres réducteurs initiaux ); 20 Les sucres hydrolysables par l’invertine ; 30 Les matières amylacées.
Ainsi que je l’ai signalé au début de ce travail, les organes de réserve du G. silvaticum sont constitués par un rhizome épais et ramifié, pourvu de racines adventives bien développées.
Au début du printemps, les bourgeons expectants formés en été sur le rhizome se développent et donnent des tiges feuillées dont l’accroissement se poursuit très rapidement. La floraison a lieu de la fin de mai au début de juin et la fructification au commencement de juillet. En août, parfois même fin juillet, l'appareil aérien entre dans une phase de déclin. Les tiges
Et, re
feuillées prennent une teinte automnale et se dessèchent. On voit alors apparaître de jeunes rameaux aériens, généralement peu nombreux et peu développés, qui prolongent la végétation herbacée jusqu’à la fin de septembre. A cette époque commence la période de vie souterraine de la plante.
On peut donc diviser le cycle végétatif du G. silvaticum en quatre périodes :
1° Constitution rapide de l'appareil aérien : avrilmai ;
2° Période d’activité assimilatrice : juin-juillet ;
32 Déclin de la végétation aérienne : août-septembre ;
4° Période de vie uniquement souterraine : octobre à mars.
Afin qu'aucune phase importante de la végétation ne passe inaperçue, j'ai analysé les organes hypogés périodiquement, d’avril 1933 à mai 1934 ; les échantillons ont tous été récoltés à Gerbépal (Vosges).
Le Geranium silvaticum étant très riche en composés tanniques, et ceux-ci pouvant retarder les actions fermentaires, comme l’ont montré Em. BourqueLor et M! Ficarexaozz (6), j'ai précipité ces substances par le sous-acétate de plomb. Après élimination de l’excès de plomb par un courant lent et prolongé d'hydrogène sulfuré, le liquide a été filtré et concentré dans le vide à une température inférieure à 40°. L’acide acétique a été éliminé en prolongeant la distillation et en additionnant la solution extractive, à plusieurs reprises, de petites quantités d’alcool. Le résidu a été finalement repris par une quantité d’eau th ymolée telle que 1 cm’ de
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liquide corresponde à 1 gr. d’organe frais. J’ai appliqué cette technique à toute la série de mes essais biochimiques.
Mais, malgré la défécation préalable, j'ai obtenu des solutions colorées ne pouvant être examinées directement au polarimètre. J’ai donc dû ajouter à tous les liquides 0 gr. 50 de noir animal pour 100 cm’, et agiter le tout jusqu’à décoloration.
Les résultats de mes essais ont été consignés dans les tableaux suivants, que j’ai fait partir d’avril, époque de la reprise de la végétation aérienne du G. silvaticum.