‹ Contribution à l'étude biochimique du Geranium silvaticum LChapitre 26 sur 33 · MODE OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MODE OPÉRATOIRE

1° Épuisement des organes végétaux.

Les organes, fraîchement récoltés, sont divisés qrossièrement à l’aide d’un couteau à lame inoxydable. On en pèse 10 grammes dans un flacon à tare de forme cylindrique, bouchant à l’émeri. On recouvre immédiatement la substance avec de l’eau distillée bouillie, contenant 1 gr. 50 à 2 gr. pour 1.000 d’acide sulfurique. On ajoute quelques gouttes de toluène et on laisse en contact, en vase clos, pendant vingt-quatre heures (ou quarante-huit heures s’il s’agit d'organes lignifiés ).

A ce moment, on décante la solution acide et on verse les organes dans un mortier de verre ; on les triture énergiquement avec quatre fois leur poids de sable lavé, calciné et tamisé (tamis n° 9). Le produit pulvérulent est alors introduit dans une allonge en verre de 250 centimètres cubes de capacité, dont la partie tubulaire est munie d’un ajutage en caoutchouc obturé avec une pince à vis. Après avoir tassé légèrement la masse et recouvert la surface d’une rondelle de papier, on procède à une lixiviation lente (19 gouttes à la minute), d’abord au moyen du liquide

ayant servi à l’imbibition préalable, ensuite avec de l’eau acidulée.

Lorsque l’on a obtenu environ 100 centimètres cubes de soluté, on continue la lixiviation avec de l’eau distillée bouillie et neutre, afin d’éliminer l’acide contenu dans le marc, et on réunit les deux colatures. Au total, on emploie, approximativement, 150 parties de dissolvant pour 10 parties d’organes.

La percolation à froid ne permettant d’extraire que 65 à 70 °/, des tanins en présence, il est nécessaire de procéder, consécutivement, à un épuisement à

chaud.

A cet effet, on ajuste l’allonge sur un entonnoir à

filtration chaude de 1 litre 500 de capacité, dont on maintient la température au voisinage de 809, et on procède à la lixiviation avec de l’eau bouillante. L'écoulement, d’abord très lent, doit ensuite être réglé à la cadence de 10 gouttes par minute, et on continue l'épuisement jusqu’à ce que la colature ne donne plus, à froid, qu’une coloration insignifiante avec l’alun de fer. Ce résultat exige généralement 250 centimètres cubes d’eau bouillante.

Les liquides extractifs obtenus à froid et à chaud sont réunis (1). Leur volume doit, autant que possible, ne pas excéder 400 centimètres cubes, ce qui correspond à 40 parties de colature pour une partie de substance à épuiser. Tandis que la lixiviation à froid fournit toujours des solutés limpides, l’épuisement à chaud donne des liqueurs plus ou moins troubles, surtout lorsque les organes sont riches en amidon. Il est donc nécessaire

(4) Dans le cas d'organes végétaux riches en amidon, il convient d'effectuer le mélange des deux liquides extractifs au moment même de la centrifugation, afin d'éviter toute perte de tanin.

mA

de clarifier le mélange. Cette clarification ne doit pas être effectuée par filtration, en raison de la perte de tanin qui peut en résulter, mais par centrifugation.

2 Précipitation à l’état de tannate de zinc.

La précipitation du tanin par l’acétate de zinc est effectuée à froid (procédé Carpeni, modifié par SISLEY ).

Réactif à l’acétate de zinc ammoniacal.

Afin d'éviter le brunissement et l’insolubilisation du tannate, que l’on observe lorsque la précipitation a lieu en milieu fortement ammoniacal, le réactif de CARPENI est remplacé par une solution répondant à la formule

suivante :

Acétate de zinc cristallisé. . . . . . 40 grammes Ammoniaque pure à 22 B.(d.—0,925) 80 centimètres cubes Faudisüllée "gré" 4 NO NS pour REF ire

Ce réactif doit être conservé en flacons de petite capacité, bouchés à l’émeri.

Limite de concentration des solutions tanniques.

Les conditions expérimentales adoptées pour le titrage par oxydation chromique exigent que la prise d’essai renferme moins de 50 milligrammes de tanin. C’est entre 40 et 20 milligrammes que l’on obtient le maximum de précision ; c’est pourquoi, bien qu’il soit possible d'opérer sur des quantités moindres, il convient que les solutions extractives renferment sensiblement

0 gr. 20 à 0 gr. 40 °/, de tanin.

Pour apprécier approximativement la proportion de composés tanniques contenus dans la prise d’essai, on introduit dans une éprouvette graduée de 25 centimètres cubes et de 11 millimètres de diamètre, 10 centimètres cubes du liquide à titrer et 10 centimètres cubes de réactif à l’acétate de zine. On agite et on abandonne au repos pendant deux heures. Les conditions optüma se trouvent réalisées lorsque le précipité rassemblé au fond de l’éprouvette occupe un volume de 8 à 11 centimètres cubes.

En se quidant sur cet essai, il est facile d'amener, par dilution, les solutions trop riches en tanin à une teneur convenable.

Lorsque le précipité n’occupe qu’un volume de 5 à 6 centimètres cubes, ce qui correspond sensiblement à 0 gr. 10 - 0 gr. 15 °/, de composés tanniques, il convient d’effectuer, dans les conditions décrites ci-dessous, deux précipitations successives, portant chacune sur 40 centimètres cubes de soluté. Le précipité global est alors lavé à l’eau ammoniacale et oxydé dans les conditions habituelles. |

Enfin, quand le volume du précipité indique une dilution vraiment trop considérable, il est nécessaire de concentrer la solution extractive en la distillant dans le vide à une température inférieure à 400.

Conditions de la précipitation.

Dans un tube à centrifugation en verre Pyrex de 25 à 30 centimètres cubes de capacité (6 centimètres de hauteur et 3 centimètres de diamètre), on introduit 10 centimètres cubes de la solution tannique. On ajoute

10 centimètres cubes de réactif zincique, on mélange à l’aide d’un petit agitateur en verre et, immédiatement, on centrifuge pendant deux ou trois minutes. On décante soigneusement la liqueur surnageante, puis on ajoute 90 centimètres cubes d’eau ammoniacale à 5 °/, (5 grammes d’ammoniaque pure pour 100 grammes d’eau distillée). On met le précipité en suspension, au moyen de l’agitateur, et on renouvelle la centrifugation. On élimine l’eau ammoniacale par décantation et on lave l'extérieur du tube avec un peu d’eau distillée. Le précipité de tannate de zinc est alors soumis à l’oxydation chromique.

3° Oxydation du tannate de zinc par le mélange chromique.

En 1920, H. Corpesaro (9) a imaginé une méthode de dosage des composés organiques basée sur leur oxydation par le mélange chromique, méthode qu'il perfectionna en 1928 (10).

Le procédé consiste à oxyder la substance à doser à une température voisine de 140°, dans un mélange contenant, en volume, 50 °/, d’acide sulfurique pur et un excès de bichromate de potassium. L’excès d’acide chrorique, non réduit pendant l’opération, est déterminé au moyén d’une solution décinormale de sulfate de fer et d’ammonium, én utilisant le ferricyanure de potassium comme indicateur externe.

Réactifs.

Les réactifs employés sont les suivants :

1° Solution normale de bichromate de potassium renfermant, par litre, 49 gr. 03 de Cr°O'K? cristallisé et

Page 1