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immédiatement la ponte, bien que certains harengs bouvards présentent déjà ce facies particulier ; l’aspect du museau noir, effilé et amaigri devient extrêmement frappant si le hareng a subi une dessication relative. Or, c'est ce qui arrive quand les pêcheurs de Boulogne commencent à s'éloigner notablement du port vers l'aval, c’est-à-dire en janvier, après le plus fort de la ponte.
L'observation précédente peut être généralisée ; les pêcheurs, les marayeurs reconnaissent assez bien l’origine du poisson à mesure qu’on le débarque sur les quais, mais leur diagnostic est établi seulement sur des caractères superficiels ou momentanés, sur la fraîcheur plus ou moins grande du hareng, sur son état sexuel (proportion des harengs pleins et des harengs guais) sur son état général (maigreur plus ou moins accusée) sur quelques préjugés plus ou moins fondés, et surtout sur la connaissance des fonds où se pratique la pêche dans des circonstances et à une époque déterminées.
Malgré maintes tentatives nous ne sommes pas arrivé à isoler des races distinctes dans la série des individus que nous avons étudiés.
On sait qu'à défaut de toute présomption, le mélange de deux races peut être décelé fréquemment par l'examen des tableaux statistiques qui représentent la variation des divers caractères. Nous allons donc examiner et discuter les courbes correspondant aux variations de Di, Vi, Ai. Les tableaux I. IL. INT. donnent ces courbes brutes en traits pleins.
Nous avons pris pour abcisses les valeurs progressivement croissantes des indices et pour ordonnées la fréquence de chaque valeur. Nous y avons superposé en ponctué des courbes corrigées obtenues en remplaçant chaque ordonnée par la valeur moyenne de l’ordonnée elle-même et des deux ordonnées contigües. Ces courbes corrigées qui ont la même physionomie sont plus simples et plus lisibles que les courbes brutes car elles en éliminent dans une certaine mesure les écarts accidentels, et elles sont tout aussi rigoureuses.
La courbe corrigée relative à Di est assez régulière et présente un seul maximum : il correspond à la valeur Di= 2,19 ce qui est la moyenne générale de l'indice comme on l’a vu plus haut. On y peut voir en outre, que les variations sont assez étendues en chaque sens et assez fréquentes; de plus les variations par excès et par défauts ont également probables; enfin l'amplitude de la courbe montre que la valeur de Di caractérise assez mal un groupe de harengs, à moins que le groupe ne soit très nombreux. La courbe brute est plus accidentée, mais il n’y a pas lieu de s’en étonner et l’on ne peut espérer une régularité plus grande. Dans la figure I bis nous avons superposé la même courbe et la courbe correspondante établie pour la race des harengs d'automne des environs de Kiel. II s’agit là d'une des races les plus certaines,
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