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relève pourtant la migration relative de l'anus vers la tête, phènomène bien connu pour toute la période de croissance du hareng jusqu'à l’état adulte.
Incidemment, ce tableau permet de répéter une observation déjà faite plus haut. Si l’on groupe d'une façon quelconque l'ensemble des harengs étudiés, sans tenir compte des valeurs particulières d’un indice, on retrouve dans chaque groupe, comme valeur moyenne de l'indice, la valeur moyenne générale trouvée pour l'ensemble. Ce résultat, conforme d’ailleurs à la loi des grands nombres, permet d'affirmer l'extrême probabilité de la valeur moyenne générale trouvée pour l’ensemble.
L'anomalie des courbes ne résulte pas davantage de l’époque de la pêche, puisque nous avons montré au début que les harengs pêchés en novembredécembre (lot A) avaient les mêmes indices que les harengs pêchés de janvier à mars (lot B) Si maintenant nous examinons les divers lots partiels en les groupant par origine, nous aurons :
Pour 113 harengs pris devant Calais et Boulogne et qui appartiennent incontestablement au même banc.
113 Harengs! Di = 2,186 Vi = 2,048 Ai = 1,500 gi
Pour 179 harengs pris dans les parages de la Hève et d’Antifer au cours de la pêche dite de la Plata.
(179 Harengs] Di = 2,171 Vi = 2,048 Ai = 1,496 Enfin pour un ensemble de lots provenant des parages de Cherbourg [77 Harengs] Di = 2,198 Vi = 2,044 A1 — 41,900
Nous avons écarté de cette statistique des lots pêchés ça et là dans l'intervalle des fonds habituels, ou pêchés sur les fonds principaux en dehors des époques habituelles. Aucun des trois lots retenus ne se distingue de l'ensemble et n'apparaît comme une variété justifiant les accidents des courbes ; et l'indice Vi notamment conserve pour tous trois la valeur moyenne que nous avions calculée pour l’ensemble. L’anomalie des courbes ne décèle donc pas un mélange de races. Elle provient selon toute apparence du mélange des harengs pleins et des harengs vides, l'évacuation des produits sexuels modifiant sensiblement la distance de l'anus au museau et surtout la distance des nageoires ventrales au museau: nous ne sommes pas encore en mesure d'apporter des chiffres précis à l'appui de cette interprétation, mais nous le ferons sans doute dans une note ultérieure.
Dans la discussion qui précède, nous avons laissé de côté les caractères
anatomiques ou ceux que fournit la mensuration de la tête; toutes les courbes relatives à ces caractères militent en faveur d’une race unique et il suffit d'y jeter un coup d'œil pour reconnaître la parfaite homogénéité de l’ensemble. On y voit que les variations sont peu considérables, qu’elles se font indifféremment par excès et par défaut à partir du maximum, et que celui-ci correspond bien à la moyenne des valeurs de l'indice: cette valeur moyenne de l'indice est donc exactement représentative de la race et pourra servir à Caractériser celle-ci sous réserve des observations que nous avons faites précédemment au sujet des erreurs systématiques.
En résumé, la grande pêche industrielle pratiquée dans la Manche pendant l'automne et l'hiver porte sur une race unique, homogène, parfaitement définie.