II
O(dilL)... 31,95
Les propriétés de l’acide rufigummique, analogues à celles des
acides rufigallique et rufimorique, préparés dans les mêmes conditions avec les tannins correspondants, rapprochent déjà l’acide gummique du tannin.
Acide cérabique. — Sous ce nom l’auteur désigne la partie organique de la gomme de Cerisier soluble
Cet acide, qui peut être rapproché de l’acide gummique, donne comme lui par saccharification au moyen de l’acide sulfurique étendu, de la galactose et de l’arabinose. Il s’en distingue en ce que, traité en solution très épaisse par l’acide sulfurique concentré, il ne donne pas de matière insoluble, tandis que, dans les mêmes conditions, l’acide gummique donne de l’acide métagummique insoluble.
Acide ruficârabique. — Par un procédé entièrement analogue à celui suivi pour l’acide gummique, M. Garros a préparé un acide ruficérabique correspondant à l’acide rufigummique. Cette subtance se présente sous forme de petits cristaux très nets, de couleur rouge brun, insolubles dans l’eau, assez solubles dans l’alcool et l’éther. Les autres propriétés sont analogues à celles de l’acide rufigummique.
Sa composition centésimale est la suivante :
O (diflf.). 32,96
Les propriétés de l’acide ruficérabique permettent également de rapprocher l’acide cérabique des tannins.
Tannin de la Cérasine.— Cérasine artificielle.
On sait que la cérasine est la partie insoluble de la gomme de Cerisier. M. Garros établit la présence du tannin dans la Cérasine. En effet, si l’on traite la Cérasine par du sulfate ferroso-ferrique on obtient la coloration verte caractéristique des tannins verts.
Ce tannin est la cause de l’insolubilité de la cérasine. En effet, si l’on prend une solution de gomme de cerisier soluble et qu’on la mélange aux divers tannins, acides cacboutannique, gallo tannique, etc., on coagule la solution gommeuse, et le produit précipité offre toutes les propriétés de la Cérasine. M. Garros a donc ainsi obtenu la Cérasine artificielle.
Le tannin de la Cérasine ou acide cérabitannique peut être extrait par l’action de l’éther sur de la poudre fine de Cérasine {soit en opérant par déplacement, soit au moyen de l’éther bouillant).
La solution éthérée, distillée pour recueillir l’éther, abandonne de fines aiguilles cristallines, fondant vers 120°, solubles dans 90-100 p. d’eau froide, solubles dans l’eau bouillante, l’alcool, l’alcool métliylique, l’éther. L’acide cérabilannique possède une saveur astringente et une faible réaction acide. Par distillation sèche il donne de la pyrocatéchine ; la potasse fondante le transforme en phloroglucine.
Sa composition en centièmes est la suivante :
0(di(f.). 35 42
Le tannin de la Cérasine proviendrait de la gomme de Cerisier soluble.
Dualité constitutive de l'acide gummique et de l'acide Cérabique. — Partant de ces diverses expériences et notamment de l'action de l’acide sulfurique dilué sur les acides gummique et cérabique, M. Garros admet que ces acides sont composés chacun de deux principes dilîérents qui seraient combinés ensemble. Cette hypothèse permettrait d’expliquer les différences de pouvoir rotatoire que l’on rencontre dans les divers échantillons d’une gomme de même provenance.
Des sucres dérivant des matières gommeuses.
On sait que, si l’on traite du sucre de lait par les acides minéraux étendus, on le dédouble en deux sucres isomères d’après la formule :
C12 IP» 0“ -f IP O = C“ O® + C« IP* 0«.
L’un de ces sucres est la galactose ; l’autre a été caractérisé dernièrement par MM. Tollens et Kent qui l’ont reconnu être de la glucose.
M. Bourquelot étudiant do nouveau ce dédoublement a donné le mode de préparation suivant de la galactose :
On fait un mélange de :
Sucre de lait. 100 gr.
Acide sulfurique. 9 —
Eau distillée. q. s. pour faire 600 cent.
On remplit de ce mélange des bouteilles que l’on ferme exactement et on porte à 105" pendant une heure dans un bain de chlorure de calcium.
Au bout de ce temps, le liquide est abandonné au refroidissement, neutralisé par du carbonate de baryte, filtré et évaporé en consistance convenable. Au bout de quelques jours, le sirop obtenu se prend en masse cristalline.
Les cristaux lavés à l’alcool, puis essorés à la trompe à deux reprises différentes, donnent de la galactose pure.
Appliquant le même procédé à la gomme arabique, M. Bourquelot a réussi à préparer de l’arabinose à l’état de pureté.
Ce sucre est isomérique de lagalactose.il ne lui est pas identique quoiqu’on aient cru certains chimistes. En effet, leur point de fusion est différent ainsi que leur pouvoir rotatoire. Ce pouvoir qui est de H- 80® pour la galactose, est de-f-97“ pour l’arabinose. Les rendements ne sont pas les mêmes (20 0/0 de la matière traitée pour la galactose, 10 0/0 seulement pour l’arabinose). La forme cristalline est également différente (M. Bourquelot).
En outre, M. Kiliani, reprenant les expériences de Scheibler, Soxhlet et Fudakowski, a établi la non identité de ces glucoses en «e fondant sur l’action à chaud de l’acide azotique et la production d’acide mucique. Il a observé, en outre, que, pour une même gomme, si on opère la saccharification au 6. M.,on obtient de l’arabinose tandis qu’on a de la galactose si on opère à l’ébullition.
M. Bauer a fait des expériences analogues sur la gomme de pêcher et la gomme de prunier. Voici les résultats qu’il a obtenus :
1“ Gomme de Pécher.-- Prenant 15 gr. de gomme de pêcher contenant 88,7 0/0 de substance sèche, M. Bauer les chauffe pendant 4- heures avec 60 c. d’acide sulfurique à 5 0/0. La liqueur neutralisée par de la craie lavée fut évaporée en consistance sirupeuse, traitée par l’alcool, filtrée et évaporée dans le vide. L’introduction de quelques cristaux de dextrose, galactose et arabinose y détermina la formation d’un magma cristallin envahissant peu à peu le sirop. Ce magma, séché sur une plaque d’argile, cristallisé dans l’alcool méthylique et désséché dans te vide, s’est montré au microscope constitué par des faisceaux de cristaux répandus dans une masse amorphe. Examinée au polarimètre, une solution de celte matière, présentant un poids spécifique de l,03t à-j- 5“ C, a donné dans le tube de 20 cm. une déviation de -|- 42“ ce qui représente par rapport à la raie (a) D, une déviation de -+- 76“2. Ce nombre diffère d’une quantité inappréciable de celui donné par d’autres ouvrages pour la galactose de l’Agar-Agar.
La solution ne présente pas de birotation. En outre, la partie sé-
parée par l’eau de la gomme brute (87,4 O/O) dévie légèrement à gauche, réduit légèrement la liqueur de Fehling et ne présente aucune force adhésive pour le papier. Partant de ces résultats, M. Bauer admet, dans la gomme de pêcher, la présence d’un hydrate de carbone, la galactine.
2» Gomme de Prunier.— Opérant d’une manière analogue à celle qu’il avait employée pour la gomme de pêcher, M. Bauer chauffa pendant 4 heures 50 gr. de gomme de prunier séchée à l’air, avec 200 c. d’une solution d’acide sulfurique à 5 0/0. Ce produit saturé par du carbonate de potasse, fdlré,évaporé à consistance sirupeuse, est traité par de l’alcool absolu.
Après distillation de l’alcool, le sirop est additionné de cristaux d’arabinose, dextrose et galactose. Au bout 4’un temps assez long, il est entré en cristallisation. Le magma essoré sur une plaque poreuse donne des cristaux blancs qui sont purifiés par redissolution dans l’alcool bouillant et évaporation dans le vide sur l’acide sulfurique.
Ce sucre examiné au microscope se montre constitué comme celui qui a été préparé avec de la gomme de pêcher.
Son pouvoir rotatoire est de •+• 78" 07 pour la raie («) D.
M. Bauer admet donc aussi, par suite de ces résultats, la présence de la galactine dans la gomme de prunier,tandis que jusqu’ici on n’a pu trouver que de l’Arabinc dans la gomme de cerisier. (Sachsse).
Enfin nous avons vu, en étudiant l’action des acides sur les gommes, que l’action des acides étendus sur la gomme adragante et la gomme de Bassora, transformait ces gommes en sucre infermentescible, (Guérin et Simonnin), que M. Giraud range dans la catégorie des galactoses et que M. Bauer croit analogue à l’Arabinose.
En résumé, l’action des acides étendus sur les différentes gommes les transforme en matières sucrées douées de pouvoir rotatoire, réduisant la liqueur de Fehling, et toutes peuvent se ranger dans le groupe des galactoses.
La nature du sucre ainsi obtenu peut même servir dans certains cas à caractériser la gomme à laquelle on a affaire. M. Bauer avait proposé une sorte de classification des gommes et des matières amylacées, en se basant sur les produits que ces substances donnent par inversion :
. I. Substances donnant de la dextrose; Amidon, lichénine, cellulose.