‹ Contribution à l'étude chimique & botanique des gommesChapitre 14 sur 18 · différ · texte numérisé non relu

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Il s’en suit que la formule de l’ozazone est :

C‘» H« Az» O*

Ce qui peut s’écrire :

C6 H‘* 06 + (C6 H" Az*)» - 2 H* 0.

Ce qui est la formule générale de constitution des ozazones en partant d’un sucre en C®.

Composition du sucre générateur. — Si nous rapprochons l’un de l’autre les deux résultats d’analyse : 1“ du sel de chaux ; 2“ de l’ozazone, nous voyons qu’ils se complètent mutuellement pour assigner au sucre générateur la formule (C« H» 0®) n.

Si de plus nous remarquons que les ozazones se forment toujours avec Az® dans leur molécule, nous concluerons forcément, d’après la formule trouvée pour l’ozazone de notre sucre, que l’exposant n est égal à 1. La formule du sucre est donc C® II‘* 0®.

Oxydation. — Pour opérer cette oxydation, nous avons traité le sucre par le brome en solution aqueuse, en suivant le procédé classique :

On fait dissoudre 1 p. de sucre dans 7 p. d’eau et on ajoute 1 p, de brome. On agite fréquemment. Au bout de 24 heures environ, le brome est dissout. On prolonge encore le contact pendant environ 48 heures, après quoi on chasse par un courant d’air chaud l’excès de brome qui n’a pas agi. On élimine ensuite le reste du brome par l’hydrogène sulfuré. Il se produit de l’acide bromhydrique et un dépôt de soufre. On filtre. On fait ensuite digérer le liquide filtré avec la quantité strictement nécessaire d’oxyde d’iirgent; il se forme du bromure d’argent insoluble et le sel soluble d’argent correspondant à l’acide cherché. On filtre et on traite par l’hydrogène sulfuré qui précipite l’argent, laissant l’acide à l’état de liberté. 11 ne reste plus qu’à concentrer la liqueur pour la faire cristalliser.

Nous avons obtenu de la sorte une petite quantité d’un acide énergique, rougissant fortement le tournesol et se combinant aux bases avec facilité.

Nous sommes également arrivé à obtenir quelques-uns de ces cristaux à l’état de pureté, Ils sont incolores et appartiennent au système du prisme droit à base losange. Malheureusement la quantité que nous avons recueillie a été trop faible pour qu’il soit possible d’en faire l’analyse.

Hydrogénation. — Pour hydrogéner notre sucre, nous avons employé l’amalgame de sodium. Le sucre, dissout dans l’eau, est additionné d’amalgame de sodium jusqu’à ce que la liqueur ne précipite plus le réactif cupro-potassique. On a soin de maintenir la liqueur légèrement acide par additions répétées d’eau acidulée sulfurique. Lorsque l’hydrogénation est terminée, on évapore à pellicule et on ajoute un excès d’alcool à 90“ qui précipite le sulfate de soude formé.

Le produit obtenu, qui est vraisemblablement l’alcool correspondant au sucre employé, est insipide et ne réduit plus la liqueur de Fehling. Nous n’avons pas encore réussi à l’obtenir à l’état de pureté.

Fonction chimique. - L’action de l’eau bromée à froid va nous donner un renseignement précieux pour la détermination de cette fonction.

En effet l’oxydation ménagée par l’intermédiaire de cet agent ne donne un acide qu’avec les sucres aldéhydiques.

Avec les sucres kétoniques au contraire, l’attaque par l’eau bromée froide est extrêmement lente. En outre, par l’emploi d’oxydants plus énergiques le sucre se détruit en donnant des produits plus pauvres en carbone (Kiliani).

L’action à froid de l’eau bromée nous ayant donné très rapide- ,ment un acide énergique, nous sommes en droit de conclure que notre sucre possède une fonction aldéhydique.

Remarque importante. — Nous avons vu plus haut que notre sucre,qui jouissait de propriétés réductrices énergiques, ne possédait pas de pouvoir rotatoire. Ce fait ne peut exister pour les hexoses qui ont une formule de constitution asymétrique et par conséquent doivent être douées du pouvoir rotatoire.

Pour qu’une telle absence de pouvoir rotatoire puisse se constater, il faut que le sucre soit lui-même composé de deux isomères racémiqiies, cas assez fréquent dans les sucres déjà étudiés.

Ces racémiques peuvent être séparés ou tout au moins mis en évidence par l’action des ferments ou des moisissures qui s’attaquent de préférence à l’un des isomères et fait apparaître le pouvoir rotatoire.

Nous avons constaté ce fait en faisant agir sur notre sucre le Pénicillium glaucum.

Donc notre sucre n’est optiquement inactif que parcequ’il est composé lui-même de deux isomères racémiques.

Conclusion.

En résumé, nous nous trouvons en présence d’une hexose aldose préparée en partant de la gomme adragante.

Cette substance, outre les propriétés générales des sucres aldéhydiques en C®, se distingue par son extrême solubilité dans l’alcool absolu et par le point de fusion relativement bas de son ozazone (142-145). Elle se combine aux terres en donnant des sels, parmi lesquels nous avons étudié spécialement le sel de cbaux, que nous avons obtenu à l’état cristallisé. Ce sel se forme avec 6 H® ü de cristallisation.

En outre, notre sucre est dépourvu du pouvoir rotatoire, mais ce pouvoir se manifeste si l’on fait agir le Pénicillium glaucum sur une solution de la matière. Ces deux faits nous ont montré que le sucre était lui-même formé de deux racémiques.

Rappi’ochons ces propriétés de celles des hexoses aldoses connues jusqu’ici. Sur les 16 théoriques, 11 sont déjà connues. De ces 11, les unes ont un pouvoir rotatoire et par conséquent peuvent être éliminées. D’autre part,ces sucres, et les autres, qui sont formés de deux racémiques, se distinguent de celui que nous avons préparé soit par leur insolubilité dans l'alcool absolu, soit par le point de fusion plus élevé de leur ozazone.

Notre sucre possède donc des propriétés essentielles différentes de celles des sucres de même classe déjà connus.

Nous pouvons donc supposer que nous avons affaire à une espèce chimique nouvelle.

Cependant il serait peut-être imprudent de l’affirmer d’une manière absolue. Dans la question si délicate des sucres, il convient, en effet, de ne pas être trop vite affirmatif. Nous le serons d’autant moins qu’il nous manque, pour une élude complète et par suite définitive, celle des dérivés d’oxydation et d’hydrogénation do notre sucre. Nous n’avons pu la faire, n’ayant obtenu que des quantités

trop faibles de cos produits purs. Cette étude apporterait un appoint important à celle de notre sucre, et des preuves nouvelles pour sa distinction possible des sucres similaires déjà étudiés.

Relations des Gommes et des Composés pectiqiies.

M. Mangin a publié récemment une série de recherches sur les composés pecliques que l’on rencontre dans les végétaux. Nous les résumerons en Insistant sur les points qui rapprochent les gommes et les composés pectiques.

Les composés pectiques se rencontrent dans la plupart des végétaux, mais sous des formes très différentes ; les uns sont des corps à réaction neutre {pectose, pecline], les autres ont une réaction acide {acides peclique et mélapeclique). Ces deux séries se rattachent l'une à l’autre, car l’on peut par action de la chaleur, des acides ou des alcalis, obtenir toute ta série des composés intermédiaires entre la pectose et l’acide métapectique.

La peclose n’a pu être isolée jusqu’ici à l’état de pureté. Elle est en effet intimement liée à la cellulose, et, dès qu’on essaie de l’enlever, l’action des réactifs suffit pour la transformer en pectine ouen acide pectique.

La pectine se gonfle et se dissout dans l’eau en donnant un liquide visqueux, fdtrant difficilement et se prenant en gelée par le refroidissement. Elle se trouve dans les fruits mûrs (Frémy)et dans un grand nombre de mucilages (M. Mangin). Elle ne précipite pas par l’acétate neutre de plomb, mais précipite en flocons blancs par le sous-acétate. Portée à l’ébullition pendant quelques heures,elle se transforme en un isomère, la parapecline, que l’acétate neutre de plomb précipite. La parapectine à son tour traitée à l’ébullition par les acides étendus se transtorme en mélapecline précipitable par le chlorure de baryum.

L’acide peclique est insoluble dans l’eau, l’alcool, les acides. 11 forme avec les alcalis des pectates solubles, et avec les terres des sels insolubles parmi lesquels le peclate de chaux est le plus répandu. Il est insoluble dans les sels alcalins (carbonates de potasse et de soude, stannates, phosphates alcalins), dans les sels ammoniacaux à acide organique (oxalate, tartrate, citrate, etc). Les solutions dans les carbonates alcalins et les savons sont mucilagineuses

et filtrent difficilement. Au contraire, l’oxalale d’ammoniaque produit une solution fluide filtrant avec facilité.

L’acide métapectique a une réaction franchement acide. Il est entièrement soluble dans l'eau et forme des sels solubles avec toutes les bases, notamment la chaux et la baryte qui précipitent l’acide pectique.

Un excès d’alcali colore en jaune les mélapectactes, surtout si l’on opère à chaud.

L’acide métapectique et ses combinaisons sont très répandues dans les tissus vivants. Cet acide prend naissance dans l’action des alcalis en excès sur la pectine ou l’acide ,pectique à la température de l’ébullition.

Sous l’influence de l’acide sulfurique, il se dédouble en un sucre dextrogyre cristallisé en prismes et identique à l’arabinose, et en un acide organique encore mal connu (Scheibler).

L’acide métapectique est donc un glucoside.

La composition chimique des composés pectiques est mal définie.

M. Frémy les range dans un groupe spécial différent des composés cellulosiques et de l’amidon.

Scheibler et Reichardt les considèrent comme des hydrates de carbone et se rallient à l’opinion exprimée par Schmidt pour les substances gommeuses.

M. Mangin fait remarquer que,cependant, les composés pectiques présentent des réactions les éloignant des hydrates de carbone. C’est ainsi que l’acide aïotique étendu les transforme à chaud en acide mucique, tandis que les hydrates de carbone sont transformés en acide oxalique. De plus, ils sont insolubles dans le réactif de Schweitzer et ne se colorent pas en bleu par l’iode ou par l'iode et les acides ou les chlorures métalliques en solution concentrée. On peut donc ainsi, à l’aide de ces réactifs, distinguer les divers états de la cellulose, amidon ou dextrine des composés pectiques.

Les relations entre les composés pectiques et les gommes ont été signalées depuis longtemps pourcertainsmucilageselcertainesgommes.

Nous avons vu plus haut que Guérin Varry admet dans les gommes la présence des principes immédiats suivants : Arabine, Cérasine, Bassorine, auxquels on peut ajouter la galacline ou gélose dont les affinités avec les gommes proprement dites sont mal connues bien que M. Reichardt ait constaté la présence de la pararabine dans la gelée d’Agar-Agar.

De plus, nous avons vu que l’action de l’acide sulfurique sur l’acide arabique avait pour effet de le transformer en un sucre cristallisable.

M. Scheibler, s’appuyant sur cette propriété, a identifié l’acide métapectique renfermé dans les mélasses de betterave avec l’acide arabique de la gomme des acacias et de la partie soluble de la gomme nosiras.

M. Reicbardt a retiré en outre des racines de betterave et de carotte, une substance qui lui paraît isomérique de l’arabine et qu’il a nommée pararabine.

M. Mangin a constaté que cette substance rappelait exactement la pectine. On sait du reste d’après les observations de Vauquelin, de Frémy, de Habscb et de Wiessner que les composés pectiques sont particulièrement abondants dans ces racines.

Quant à la cérasine, formée, nous l’avons vu par l’union à des bases alcalino-terreuses de l’acide métagummique, elle peut également se rattacher aux composés pectiques. L’acide métagummique existerait dans les raves (M. Scheibler), et correspondrait probablement à l’une des formes mal connues des composés pectiques qui se rencontrent dans les tissus ; cette opinion s’appuie sur la facilité avec laquelle la métarabine se transforme sous l’action des acides en arablne, que l’on a montrée identique à l’acide métapectique.

La Dimorine se rencontre non seulement dans la gomme adragante et les gommes similaires, mais encore dans les mucilages de lin et de psyllium. D’après M. Giraud, une longue macération dans l’eau au B. M. transforme la gomme adragante insoluble, en une matière soluble analogue à la pectine, car sous l’action des alcalis cette matière se change en acide pectique insoluble. M.Giraud pense f que la gomme adragante contient plus de la moitié de son poids « d’un principe pectique insoluble dans l’eau, qui lui paraît iden- « tique à celui que M. Frémy a désigné sous le nom de peelose. x>

On voit donc que les relations entre les gommes et les matières pectiques sont assez étroites. Elles ont conduit M. Mangin à supposer que la formation des gommes est due, non pas à une désorganisation de la membrane cellulosique, mais à une modification de la pectose qui se rencontre originairement dans les tissus où elle est unie à la cellulose. Cette pectose déjà entrevue par Mulder et Harting est en quelque sorte la matrice des tissus inucilagineux que l’on rencontre dans les végétaux. Ce serait sa production exagérée qui provoquerait la formation des masses gommeuses ou mucilagineuses qui se forment dans l’intérieur des tissus et finissent par s’écouler au dehors.

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