‹ Contribution à l'étude clinique de l'aspergillose pulmonaire primitiveChapitre 10 sur 22 · LOUE · texte numérisé non relu

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le nombre des conidies contenues dans l’émulsion à injecter. |

Recherche dans les lésions. — On peut démontrer rapidement l’existence du parasite dans une lésion en écrasant un fragment d’organe et en traitant la pulpe ainsi obtenue par une solution de potasse à 20 pour 109 pendant quelques minutes. Ce procédé ne peut cependant fournir de belles préparations.

Pour réaliser des préparations pouvant donner dis renseignements précieux, il est nécessaire de fixer, de durcir les organes et de les découper en coupes microtomiques. On soumet ensuite les coupes à la coloration. Les méthodes de Weigert et de Gram donnent des résultats variab'es, la décoloration affectant souvent le champignon lui-même. On peut éviter cette dernière coloration en surco'orant par le violet.

Recherche dans les crachats. — On trouve dans les expectorations un feutrage plus ou moins serré de filaments mycéliens. Si on a exécuté une préparation en vue de la recherche du bacille tuberculeux, les filaments mycéliens sont colorés par le bleu de méthylène. Pour mettre ces débris de mycélium en évidence d’une façon plus nette, il est de beaucoup préférable de les colorer par la méthode de Gram ou de les traiter tout simplement par la thionine phéniquée ou par la solution aqueuse de safranine.

Si l’on constate lPabsence de bacilles de Koch et la présence de filaments mycéliens, il est nécessaire

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et indispensable de prouver que le mycélium trouvé est bien celui de l’aspergillus fumigatus.

Il faut recourir aux cultures. A cet effet on prélève aussi soigneusement que possible, de petites parcelles au centre des crachats verdâtres du malade et on les ensemence dans des matras de 250 grammes de capacité renfermant environ 125 grammes de liquide de Raulin stérilisé. On dépose ces matras à l'étuve à + 37 degrés et on constate qu’au bout de trois à dix jours. il se forme à la surface un tapis velouté blanchâtre. qui, vingt heures après se couvre de spores verdâtres, prenant une couleur noir de fumée, au bout de quelques jours. On vérifie les caractères botaniques du champignon isolé. S’il n’est pas en culture pure, on l'isole à l’état de pureté par les méthodes ordinaires. De plus, on s'assure que tous les caractères botaniques, culturaux, biologiques et le pouvoir pathogène correspondent bien à l’'asperoillus fu-

migatus.

Les mycoses et les toxines mycosiques. — L. Gauthier. dans une thèse très instructive, nous apprend que l’aspergillus fumigatus produit dans divers milieux de culture, une substance toxique. Les effets de ce poison portent sur les centres nerveux et se traduisent plus ou moins rapidement selon le mode d’inoculation, par des symptômes convulsifs, télaniques et paralytiques entraînant la mort en quelques heures ou disparaissant sans laisser de traces suivant les doses injectées. Parmi les espèces animales sen-

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sibles à cette toxine, se trouvent le lapin et le chien, très sensibles; le cobaye qui l’est moins; le chat, la souris, le rat b'anc dont la réceptivité est inférieure à celle du cobaye.

Le chien et le chat présentent cette intéressante particularité. d'être naturellement immunisés contre les spores de l’aspergillus fumigatus et d’être n‘anmoins sensibles au poison produit par ce champignon. Le' pigeon qui est extrêmement sensible aux spores, offre au contraire une résistance au poison.

La formation de ce poison Gans les cultures exige, pour être abondante, la réunion à ces milieux d’un aliment azoté, surtout du type des peptones et d’un hydrate de carbone consommé activement par la plante (glucose, saccharose, maltose, dextrine). Il faut en outre que la réaction soit neutre où alcaline.

La chaleur ne paraît détruire cetie substance toxique qu'après un contact de trente minutes à la température de + 120 degrés. Toutefois le chauffage prolongé à des températures plus basses, l’altère et atténue notablement son activité. Il va même jusqu'à la détruire à la température de + 90 degrés quand le temps de chaufle atteint ou dépasse quarantecinq minutes.

Ce poison, comme les diastases ou les toxines proprement dites. ne peut être précipité du liquide par l'alcool ou être entraîné par un précipi:é de phosphate de chaux. Il dyalise assez aisément.

Ces propriétés semblent éloigner le poison de l'as-

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l'aide de ce poison

ETIOLOGIE

L'homme paraît peu sensible à l’aspergillose. Etant donnés en effet les endroits multiples où on peut troüver l’aspergiilus fumigatus, les ca'ses variées susceptibles d’infecter l’homme, le pouvoir pathogène de ce champignon à l'égard de certains individus, on pourrait s'attendre à une fréquence beaucoup plus grande de cette mycose. Il est vrai que les observations se font de jour en jour plus nombreuses et que cette rareté de cas observés provient peut-être uniquement de la connaissance récente des caractères cliniques de cette affection, et de l’impossibilité dans laquelle se trouve bien souvent le médecin de faire les examens de laboratoire indispensables.

La plupart des cas’ observés jusqu'à cette époque, ne se rencontrent guère que chez les individus appelés par leur métier à manipuler des graines: les gaveurs de pigeons et les peigneurs de cheveux.

Les gaveurs de pigeons emplissent leur bouche d'un mélange de graines de millet et de vesce, qu'ils poussent dans le bec maintenu ouvert des pigeons; chaque gaveur arrive à gaver de telle manière jusqu'à 4.000 et 6.000 pigeons par jour; il peut ainsi

se contaminer, soit au contact d’un pigeon atteint de chancre aspergillaire du plancher buccal, soit plus probablement au contact de graines couvertes de spores. 1 se passe chez eux quelquechose d’analogue à ce que l’on rencontre chez les animaux qui contractent la maladie par l’ingestion des aliments mélangés de spores: celles-ci s’échappent et tombent dans le larynx et la trachée.

Les peigneurs de cheveux, pour les démêler et les dégraisser, les recouvrent de farine de seigle,

laquelle répand’ des poussières si abondantes que

l'air des ateliers de peignage est presque irréspirable; Rénon y a déce!é la présence de spores d’aspergillus fumigatus. L’aspergillose a été aussi observée chez une trieuse de graines (Rénon et Devillers) et chez une servante de ferme qui avait l'habitude de mâcher des graines {Solmersitz).

Il est possible que l'infection aspergillaire atteigne aussi les personnes qui ne sont pas en rapport d’une manière aussi immédiate avec les graines et les farines. Rénon a pu démontrer la présence de spores d’aspergillus fumigatus à l’état saprophytique dans la salive et le mucus nasal de plusieurs individus sains, pris au hasard.

Dans le cas observé par Macaigne et Nico et le nôtre. l'infection aspergillaire a atteint des sujets que leur métier ne forçait pas à manipuler des graines ou des farines. Ceci explique la possibilité de l'infection par l'air.

Les spores suivent la voie naturelle de toutes les

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infections bronchitiques et ptülmonaires. Elles passent du larynx dans la trachéé, puis dans les bronches ét finissent par arriver dans l’alvéole, après avoir travérsé lés petites bronches,

SYMPTOMATOLOGIE

L'aspergi lus fumiga'us peut envahir chez l’homme différents organes. On connaît en effet des cas de mycose aspergillaire de l’oreiile, de la cornée, du rein et de la peau. Mais de ioutes les manifestations pathologiques du champignon, la plus fréquente et la plus intéressante est certainement celle qui atteint lés bronches et le poumon.

Dans certains cas, l’aspergillose pulmonaire n’est qu'une infection secondaire, greffée sur des lésions antérieures de tuberculose. de cancer, d’infarctus, etc. C’est généralement une infection terminale annonçant la mort à bref dé'ai. Ces cas n’ont pas d’histoire clinique la plupart n'ayant été reconnus qu'à l’autopsie.

Il s’agit là de l’aspergillose pulmonaire secondaire, qui est de beaucoup la plus fréquente, mais qui par son étiologie, son évolution clinique et le pronostic qu'elle compôrte est beaucoup moins in'éressante que la forme d’aspergillos: pu monaire primiive que nous “allons seule décrire.

L’aspergillose pulmonaire primitive paraît être beaucoup plus rare que l’aspergillose secondaire, En effet, en dehors des cas se manifestant n°ttemént sur

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