‹ Contribution à l'étude clinique de l'aspergillose pulmonaire primitiveChapitre 9 sur 22 · BACTERIOLOGIE ET ETUDE EXPERIMENTALE · texte numérisé non relu

BACTERIOLOGIE ET ETUDE EXPERIMENTALE

Etude morphologique. — Bien que, pour beaucoup d’aspergillus pathogènes, on ne connaisse à l’heure actuelle que la reproduction par conidies, on classe ces champignons dans l’ordre des ascomycètes, famille des Périsporiacées, car du Bary a pu observer dans quelques cas la reproduction sexuée par ascospores.

Le genre aspergillus est essentiellement constitué à l’état adulte par un mycélium plus ou moins fourni, qui donne des rameaux stériles, rameaux cloisonnés et incolores, et des rameaux fructifères dressés, incolores ou légèrement colorés: ces derniers supportent des spores qui prennent une couleur variab'e suivant les divers milieux sur lesquels elles sont ensemencées. Ces spores, petites de 3 à 4 x de diamètre sont rondes, circulaires. comp'ètement lisses. El'es reposent sur le réceptacle ou tête sporifère qui n'est qu'une partie du mycélium dressée et renflée en massue à son sommet, composé d’une seule cellule végétale non divisée.

Le mycélium est formé d'hyphes alternes, courts, un peu dilatés à leurs extrémités.

Parmi les différentes espèces d’aspergillus patho-

gènes. la plus importante est l’aspergillus fumigatus: elle est caractérisée par la teinte verdâtre ou brunâtre de ses cultures, par l’aspect des têtes sporifères dont la moitié supérieure seule porte des chapelets de conidies, enfin par son pouvoir pathogène vis-à-vis des animaux de laboratoire.

Cultures. — Les caractères de culture des aspergillus ont été bien étudiés ep 1923 par Sartory. Le milieu qui convient le mieux à ces organismes est le liquide de Raulin. Le moût de bière, le moût de raisin blanc, la solution de maltose peptonée de Sabouraud, le lait, l'urine humaine stérilisée à froid et acide peuvent être employés.

Pour obtenir des cultures pures, il convient d’examiner le milieu à partir d’une spore unique, ce que l’on peut réaliser. Pour suivre le développement des aspergillacées, il faut recourir aux cultures en cellules. /

Préparations microscopiques. — Quand on part d'une telle culture, il suffit de remplacer la goutte de solution nutritive par une goutielette d'acide acétique qui fixe les éléments; on monte ensuite dans la glycérine après coloration.

Quand les éléments de la préparation sont empruntés à une culture en masse, il convient de recourir à la méthode de Crookshank : on dépose une goutte de glycérine sur un porte-objets et une goutte d’alcool sur un couvre-objets. On introduit les fragments du

champignon dans lalcool, on renverse le couvreobjets sur la {goutte de glycérine et on porte le tout sur une flamme jusqu'à l'apparition de bulles d'air; la coloration peut se faire avec la fuschine phéniquée de Ziehl très étendue d’eau, une solution hydroalcoolique très diluée de bleu de méthylène ou de violet de gentiane, une solution aqueuse peu concentrée de safranine ou d’éosine à 1 pour 100 et la solution de thionine phéniquée suivant la formule de Nicolle.

Habitat. — Les spores d'aspergillus fumigalus comme l'ont démontré Rénon, Lucet, Gaucher et Sergent, vivent à l’état saprophytique dans la nature, particulièrement à la surface de graines (blé, avoine, seigle, orge, millet, vesce. mais, etc..….), sur les fourrages secs, sur les feuilles mortes et même dans les couches superficielles de la terre; on les trouve rarement dans les poussières atmosphériques. D'après Lucet, l’asperqülus fumigalus se développerait sur les plantes en pied, au mois de juillet; les étés chauds sont particulièrement favorables à la pullulation de ce champignon.

De cette distribution très vaste, résulte une grande variété dans les causes qui peuvent infecter l’homme. Jusqu'à présent néanmoins, c’est surtout par les graines et les farines que la contagion s’est produite,

Pouvoir pathogène. -— Pour déterminer le pouvoir pathogène des aspergillus, il faut avoir recours

Ju VEUT:

EN Ps FOR

à l’expérimentation en tenant compte bien entendu que tous les animaux de laboratoire ne sont pas également réceptifs. Tous les aspergillus ne sont pas pathogènes. Leur nocivité est en relation aveé le diamètre des spores et la température de germination.

Les conditions spéciales du régime hygrométrique des voies respiratoires üht une influence marquée sûr là germination des spores. Lésage à en effet démontré dans ue série d'expériences que lés spores dé Chämpignons, fixées Sur l4 paroi intérné de là trachée où des bronches, gérmeñt moins rapidement dué dans , l'air saturé de vapeur d’eau à là Même température ou peut-êlre même, ne germent pas du tout dans quel-

til

respiratoires ést défavorable à célle germination ou péut le dévenir.

L'air qui circule dans les voies respiratoires n’est jamais complètement saturé de vapeur d’eau à sa température dans quelque région qu’on le considère.

L’aspergillose peut être provoquée :

1° Par inhalation de spores d’aspergillus, de m'anière à provoquer leur pénétration dans l'appareil respiratoire. Les résultats sont inconstants;

20 Par ingestion : généralement les oiseaux s'infectent de cette façon; pour des mammifères, le résultat est aléatoire;

30 Par inoculation: cest le procédé de choix (injection intra-péritonéale). Lapins, cobayes., pigeons sont très réceptifs. Il est indispensable de compter

Page 1