‹ Contribution À L'Étude Clinique De L'Ostéosarcome De L'HumérusChapitre 8 sur 22 · RIRE · texte numérisé non relu

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bras et finissant au contraire plus rapidement du côté du creux sus-claviculaire. On a cherché à établir un rapport entre cette dilatation des veines et la malignité du sarcome, mais d'après les observations, il semble que si ces dilatations veineuses ne sont pas exclusivement observées sur les sarcomes relativement malins comme les sarcomes périostiques et centraux à cellules fusiformes et rondes, néanmoins elles semblent plus fréquentes que sur les sarcomes bénins, comme les tumeurs à myéloplaxes.

C'est à cette ectasie vasculaire tant veineuse qu’artérielle, qu'est due l'hyperthermie locale, qu'il est fréquent de constater dans l'ostéosarcome et qui lui donne parfois l'aspect d'une tumeur’ inflammatoire. Cette élévation thermique, surtout appréciable avec des instruments peut être assez forte pour être perceptible au simple toucher.

Tels sont les signes physiques de la tumeur arrivée a un développement marqué. L'exploration de la tumeur est un peu douloureuse, particulièrement en certains points. Pour l’'ostéosarcome de lhumérus le point douloureux est ordinairement sar le côté interne au niveau du passage des vaisseaux et nerfs du bras. Cette douleur tient peut-être à la compression que l’on exerce sur les nerfs plus où moins engloocs dans la tumeur.

Les mouvements spontanés sont douloureux et le malade se sert difficilement de son bras. Les mouvements provoqués sont conservés. Plus limités assurément que s'il s'agissait d'un membre indemne de toute

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lésion, ils ont encore une certaine étendue qui suffit pour indiquer que les surfaces articulaires ont peu ou pas souffert. Ce signe a une grande valeur, surtout si on songe qu'il estaccompagné d’une douleur moindre que s'il s'agissait d'une arthrite.

Les muscles peuvent être amaigris, le deltoïde surtout est étalé, aplati, atrophié. La circulation du membre peut être compromise, et l'on observe de l'œdème de la main qui monte progressivement, mais il est tardif. Les nerfs soulevés par la tumeur sont comprimés, de là des douleurs s'irradiant sur leur trajet dans toute l'étendue du membre. Ces symptômes sont ceux d’une tumeur qui refoule les parties voisines, mais ne les envahit qu'après un temps relativement long. | |

Quand le sarcome s'est développé sur la partie moyenne de l'humérus, le début est le même. La tumeur paraît et elle offre alors la sensation d'une tuméfaction allongée occupant soit une partie de la circonférence, soit la circonférence entière de l'humérus. KElle présente une dureté profonde, élastique, ressemblant : quelquefois, mais-rarement. à celle de la périostite qui est plus uniforme. A la palpation, la tumeur est irrégulère, et malgré l'habitude qu'on peut avoir de ce genre d'exploration. on établira toujours difficilement où s'arrête le mal et quelle est la proportion qu'il convient d’assigner aux lésions des parties molles.

Les points ramollis sont ici plus rares ; enfin, à un moment donné, des lobes se détachant de la masse

en

viendront s'épanouir entre les muscles plus superficiels et plus accessibles.

__ Pendant toute cette deuxième période d'évolution de l'ostéosarcome de l'humérus, l'état général du malade est souvent très satisfaisant et il est même curieux de voir parfois de très volumineuses tumeurs avec un état général excellent. Cependant on peut voir parfois se développer ce que Verneuil a décrit sous le nom de fièvre des néoplasmes. Cette fièvre peut naître et durer sous l'influence de néoplasmes simples en apparence et n'offrant aucun des caractères de l'inflammation ni des complications éloignées ou générales capables d'élever la température. Elle se manifeste par des petits frissons et des exacerbations surtout vespérales. Elle est supprimée par l'ablation de la tumeur. Nous en avons vu dernièrement un exemple des plus nets pour un volumineux sarcome du fémur enlevé par le docteur Ricard.

3° Période de cachexie et généralisation.

La tumeur qui a pour ainsi dire évolué à froid pendant cette seconde période en présentant des arrêts puis des reprises dans son accroissement, soit spontanément soit sous l'influence d'un traumastisme, qui, dans d’autres cas s’est acrue lentement et progressivement, change à ce moment d'aspect. Les veines sous-

cutanées s’élargissent, des bosselures beaucoup plus proéminentes se forment qui menacent de rompre la peau. Celle-ci, de mobile qu'elle était à la surface du

sarcome lui devient adhérente ; au lieu de présenter sa consistance, sa souplesse normale elle devient comme épaissie, lardacée en prenant une teinte subinflammatoire. En certains points elle s’amincit, devient bleu violacée, une eschare paraît à laquelle succède une ulcération, et cette ulcération donne issue à une sérosité sanguinolente qui excorie les bords de l’ulcère,

.et à des bourgeons sarcomateux qui végètent à l'ex-

térieur.

Quand le sarcome est ulcéré il en résulte un état général fébrile qui est sous la dépendance des phénomènes de décomposition putride qui s'effectuent soit à la surface soit à l'intérieur de la tumeur.

En raison de l'accroissement et de l'extension de la tumeur, de la fièvre, la santé du malade périclite et il maigrit, Son teint devient terreux et la cachexie s’établit. Souvent à ce moment on constate les signes d'une propagation éloignée aux viscères. C’est fréquemment le poumon qui est atteint et l'on observe des hémoptysies, l’expectoration gelce de groseilles, de la dyspnée, des foyers d'hépatisation aux bases généralement.

Le sarcome peut se généraliser à d’autres viscères, le cerveau, le cœur, le foie, la râte, le testicule. Le système osseux est parfois atteint et en particulier la colonne vertébrale.

La terminaison est variable suivant les cas. La face pâlit et prend une teinte subictérique, l'appétit dispa-

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rait, la diarrhée s'installe permanente ; la fièvre est plus ou moins vive et le malade meurt dans un véritable état septicémique résultant de la décomposition putride des Hquides contenus dans des poches kystiques. La mort peut être hâtée par une complication telle qu'une hémorrhagie foudroyante, par une ulcération ou bien une complication intercurrente comme une broncho-pneumonie.

Nous avons laissé de côté à dessein l'état des ganglions lymphatiques. Il est rare que ces ganglions soient atteints dans l'ostéosarcome de l'humérus. A la période de cachexie, en raison des ulcérations, ils sont toujours atteints, tuméfiés chroniquement, mais il s'agit de ganglions d'infection. Cependant certains sarcomes à cellules rondes infectent précocement le système ganglionnaire.

Nous avons vu, chemin faisant, les complications, l'ouverture à la peau, les hémorrhagies, citons à côté les fractures spontanées qui peuvent se produire à deux périodes de la maladie, soit tout à fait au début dans le cas de sarcome central, et dans ce cas la fracture spontanée est le premier accident qui mette sur la voie du diagnostic, soit à la période terminale dans le cas de gros sarcome ayant absolument remplacé l’humérus dont il n'existe plusquelacoque ou des ves-

tiges.

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