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Houdard a relevé dans ses observations 9 cas de rétention de liquide à jeun (de quelques centimètres cubes à 1 litre) 5 fois il a retrouvé des aliments de la veille, 4 fois l’estomac était vide. La rétention, quand elleexiste, est due, soit à un ulcère duodénopylorique, soit à une extension de processus uleératif duodénal à la région duodéno-pylorique, soit à un spasme passager survenant au moment des fortes exacerbations douloureuses, pour M. Mathieu. Une cause d'erreur, signalée par ce même auteur dans la thèse de son élève Caillé, est aussi à éviter : il est fréquent de ne pas trouver de liquide dans l’estomac d’un ma . lade à jeun depuis la veille, quand l'examen est pratiqué à 8 heures du matin par exemple, et d’en déceler à 11 heures ; sous l’influence de la faim, il y a alors hypersécrétion; c’est là un phénomène physiologique qu'il ne faut pas interpréter comme traduisant un spasme pylorique.
Le liquide retiré à jeun est de composition variable, mais le plus souvent il existe de l’Lypersécrétion avec hyperacidité. Cette hyperacidité est chlorhydrique (acide chlorhydrique libre et combiné) rarement lactique, acétique ou butyrique, due alors aux fermentations acides (A. Robin).
b) Après repas d’épreuve. — Souvent iln'y a rien d’anormal ; d’autres fois l’acidité totale est augmentée, aux dépens de l’acide chlorhydrique. Plus rarement c’est la quantité même de suc sécrété qui est accrue, sans modification du pourcentage de ses divers éléments. [l s’agit alors d’ulcus duodénopylorique, plutôt que d’ulcus duodénal vraï.
C’est, maloré tout, hyperchlorhydrie sans hypersécrétion continue que l’on trouverait le plus souvent.
«Recurrente severe hyperchlorhydria is duodenal ulcer » (Moynihan).
Mais en dernière analyse les contradichons dans les résultats sont si fréquentes, même chez le même malade au cours de la même maladie, que le chimisme gastrique peut être considère comme un moyen accessoire de diagnostic.
20 Chimisme duodénal. — On à cherché à aller plus loin, dans l’analyse des phénomènes chimiques de la digestion, et l’on s’est proposé, ces dernières années, d’étudier directement le fonctionnement du duodénum.
Boas, le premier en 1890, avait essayé le reflux par massage du liquide duodénal dans l’estomac, et l'aspiration de ce liquide par un tube de lavage. Boldireff a montré expérimentalement qu'un repas d'épreuve à l'huile déterminait un reflux de suc pancréatique dans l’estomac, d’où on pouvait l’extraire à la sonde, Volhard (1907) a appliqué à la clinique cette découverte et étudié de cette façon le chimisme duodénal dans les affections du duodénum Henmetter, Kuhne, tentèrent de pomper directement dans le duodénum. Ces méthodes étaient d’abord d’une application très difficile, et de plus très sujettes à caution.
Einhorn, nous l’avons vu plus haut, eut l’idée de pousser un cathéter jusque dans le duodénum. Il ne songea d’abord qu’à faire imprégner le fil tenant
l'olive du sang suintant de l’ulcération duodénale, mais bientôt 1l perfectionna sa méthode, et l’appliqua à l’étude du chimisme duodénal, Son instrument comprend : une sonde composée d’une capsule de métal perforée, grosse comme une petite olive, et fixée à l'extrémité d’un tube de caoutchouc, de 1 mètre de long et de 8 millimètres de circonférence, portant des marques à la hauteur de 40, 56, 70 centimètres, pour indiquer si la sonde est au niveau du cardia, à l’entrée du pylore, ou dans le duodénum. Quand la division 70 du tube affleure les arcades dentaires, l’olive est considérée comme étant dans le duodénum ; alors toutes les demi-heures, au moyen d’une seringue, on aspire par le tube le contenu de la capsule, et l’on fait l ana— lyse du DU duodénal.
. On s’assure de la pénétration de l’olive métallique dans le duodénum :
Par l’épreuve du lait (on fait mgurgiter au malade du lait; celui-ci tombe dans l’estomac; on fait de l’aspiration, et le lait ne revient pas par la sonde; donç l'extrémité de la sonde n’est pas dans l'estomac);
Par la radioscopie ;
Par l’examen chimique du liquide retiré, dont la composition chimique est celle du liquide duodénal, et non du liquide gastrique.
Cette méthode, outre ses causes d'erreurs, et surtout à cause de sa grande difficulté d'application, de l’avis de la plupart de ceux qui l'ont expérimentée, ne fournit aucun signe quant à l’étude des troubles sécrétoires du duodénum, et ne rendrait de services appréciables que pour celle de la fonction pancréatique.
, J. M. Li
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Elle ne serait donc intéressante que dans les cas bien rares où l’on soupçonne un ulcère duodénal siégeant au-dessus de l’ampoule de Vater.
VI. Examen coprologique. — Nous avons dit plus haut la fréquence des hémorragies occultes dans l’uleus en général, dans l’uleus du duodénum en particulier. Aussi sera-t-il toujours du plus haut intérêt de rechercher la présence du sang dans les selles.
Nous n'avons pas à décrire 1c1 les procédés de Meyer, nide Weber, qui sont connus de tous, pas plus à discuter leur valeur. Nous nous contenterons de dire que la réaction de Weber nous parait de beaucoup la meilleure; l’hémorragie est certamme lorsque cette réaction faite convenablement, en dehors de toute cause d'erreur, a été trouvée plusieurs fois positive.
L'examen chimique ow microscopique des fèces ne peut renseigner, en dehors de la recherche du sang, que sur les troubles possibles de la digestion des graisses (non-digestion des graisses et particulièrement absence de dédoublement) (R. Gaultier).
L’epreuve des noyaux de Schmidt, la recherche du pouvoir amylolytique des sucs Intestimaux (Stovel et Binet) n’auront pour but que l’étude des fonctions biliaires et pancréatiques.
Les résultats de ces diverses méthodes seront très concluants quand un ulcère duodénal, siégeant en aval de ampoule de Vater, sera devenu sténosant, et troublera l’excrétion normale des sucs pancréatiques et biliaires ; mais, dans tous les autres cas, ils
Et — auront bien moins d'intérêt, et leurs résultats seront très discutables.
Il existe bien, semble-t-il, un certain degré d’insuffisance biliare et pancréatique dans l’uleus duodénal, même s’il siège au-dessus de l’ampoule de Vater. Ce phénomène est dû vraisemblablement à la liaison intime, entre le fonctionnement de la muqueuse duodénale et celui du foie ou du pancréas ; en tout cas, les recherches coprologiques effectuées à cet égard dans l’ulcère du duodénum n’ont pu, jusqu’à ce jour, fournir de bien précieux renseignements ; elles n’ont pas permis non plus d'établir si l’ulcus, comme pensaient certains auteurs (Ricard et Pauchet), était la conséquence et la complication d’une insuffisance pancréatique préexistante.
Nous n’obtenons done, en somme, par examen coprologique des ulcus duodénaux, que des renseignements de minime importance, abstraction faite de la recherche des hémorragies occultes.
VII. Examen des urines. — Il en est de même de l'examen chimique des urines. Baisoiu signale l'augmentation de la densité urinaire, mais il n’y a naturellement là rien de caraétéristique. Le trouble biliaire et le catarrhe intestinal peuvent se traduire par la présence de l’indican, de l’uroboline, par l'excès d'urée dans les urines ; les troubles pancréatiques, par la réaction de Cammidge. |
Nous ne pouvons attendre que bien peu de l’analyse des urimes.
VIII. Modification du sang. — Friedmann signale la polyglobulie comme un phénomène constant au cours de l’ulcus duodénal persistant même après l'intervention. Cette polyglobulie que l’on ne retrouverait pas dans l’ulcère gastrique, la lithiase biaire, aurait pour cet auteur une grosse valeur au point de vue du diagnostic.