‹ Contribution à l'étude clinique de l'ulcus duodénalChapitre 23 sur 46 · FORMES CLINIQUES · texte numérisé non relu

FORMES CLINIQUES

Nous avons exposé successivement tous les symptômes, tant physiques que fonctionnels et généraux, prêtés par les auteurs à l’uleus duodénal ; nous avons étudié les images radioscopiques le plus fréquemment observées, mais nous n’avons pas distingué jusqu à présent ce qui revient, dans cette énumération, aux deux formes d’ulcères duodénaux que nous savons exister : l’ulcère vrai de Bucquoy et l’ulcère duodénopylorique ou juxtapylorique du versant duodénal.

En manière de synthèse, 1l nous faut donc décrire schématiquement ces deux grands types cliniques et de leur forme de transition de façon que leur opposition, si elle existe, soit apparente. Puis nous parlerons des formes anormales et des formes compliquées.

Il est bien entendu que ces descriptions restent, pour la clarté du sujet, un peu schématiques ; elles ont surtout pour but de marquer les étapes cliniques des types différents d’ulcus.

I. L'ulcère vrai du duodénum, type Bucquoy (non compliqué.) — Il s’agit le plus souvent d’un

SA dE homme de trente à cinquante ans, alcoolique, gros mangeur. Il a depuis longtemps des digestions lentes, mais ne s’est pas soigné pour cela, C’est par la suite, en fouillant son passé, qu’on arrive à mettre en rehef ce symptôme.

D’autres fois le malade n’a eu auparavant aucun trouble digestif ; 1l vient consulter parce que depuis peu 1l souffre d’une douleur très pénible, véritable brùlure, accompagnée de crampes survenant à horairefixe, apparaissant cinq ou six heures après le repas de midi ou du soir, siégeant sous le foie, s’irradiant dans le flanc droit, même dans le bras, calmée par lingurgitation d’un liquide quelconque, d’un aliment ou de bicarbo-' nate de soude, se terminant par des éructations acides mais ne le faisant jamais vomir.

La douleur passée, le sujet dit ne plus rien ressentir, en particuher il n’a aucun trouble digestif ; il mangerait s’il ne craignait de faire redoubler ses douleurs ; il n’a pas d'hématémèse ; un méloœna unique ou répété a parfois ouvert la scène clinique, suivi bientôt des autres signes fonctionnels ci-dessus décrits. Enfin, il n’est amaigri que depuis le début de sa maladie, parce qu'il a beaucoup réduit son alimentation. Il a pu quelque temps continuer à exercer sa profession, mais rapidement, du fait des douleurs et surtout des hémorragies, il a été parfois obligé de s’aliter.

ixamine-t-on ce malade, on est frappé de la résistance de la partie supérieure du grand droit. Toute la zone est sensible, mais on arrive à découvrir un point plus particulièrement douloureux, fixe, en dessous de la vésicule biliaire. 11 n’y a pas de clapo-

MR es tage gastrique le matin au réveil; par le cathétérisme à jeun on ne retire aucun résidu de l'estomac. Le repas d’épreuve n’indique rien, ou montre qu’il existe un très léger degré d'hyperchlorhydrie; la constipation est de règle; dans les selles, la réaction de Weber est positive.

Sous l'écran radioscopique, l’estomac est petit, sans modification de ses contours ; il se vide plus rapidement que d'ordinaire, les mouvements péristaltiques sont nets ; au bout d’un certain temps, des bouchées traversent le pylore, s'arrêtent un court instant dans le duodénum, qu’elles dessinent, et d’où vite elles sont chassées. Le duodénum étant ainsi repéré, si l’on palpe le malade sous l'écran, ou si on lui dit d’indiquer où il souffre, 1l indique lui-même un point à la droite du sphincter, semblant siéger sur le trajet duodénal. est le siège probable de l’ulcération ; des examens répétés montreront la constance de localisation de ce point douloureux. Mais l'estomac qui semblait se vider très rapidement contiendra, six heures après l'examen, une petite masse opaque qui ne disparaitra que sept à huit heures après la prise du repas bismuthé.

Le sujet n’a pas de température: aucune modification dans ses urines ; son état général, malgré les apparences de santé du début, est atteint. La pâleur et l’amaigrissement sont de règle.

Au bout de quinze jours, trois semaines, les douleurs les mélænas vont cesser. La crise paroxystique sera terminée. On permet au malade de remanger; comme il n’a aucun trouble digestif, il absorbe quantité

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