GE. AP
Très bon résultat.
OBsERvATION IX (Due à l’obligeance de M. le professeur L. Tixier).
Ulcère duodéno-pylorique. — Forme hémorragique. — Adhérences au foie. — Gastro-entéro-anastomose postérieure.
P... Jean, dix-neuf ans, entre à l’'Hôtel-Dieu le 13 janvier 1913. Il vient à l’hôpital pour des vomissements de sang. Son père et sa mère sont bien portants. Deux frères et une sœur également en bonne santé.
Aucun antécédent pathologique. Il raconte cependant qu'à l’âge de sept ans il eut pendant deux ou trois jours du sang rouge dans ses selles, sans autre symptôme.
Il y a trois ans, sans aucun prodrome, le malade a brusquement une hématémèse. Deux heures après le repas, vomissement alimentaire avec stries sanguines. Les vomissements se succèdent fréquemment pendant deux jours, avec toujours du sang mêlé aux aliments. Période de dixneuf mois sans aucun symptôme stomacal. Puis, en mars 1911, nouvelle hématémèse sans aucun autre symptôme. Mais elle est plus abondante que les premières, dure quatre jours et nécessite un séjour de vingt jours au lit. En août de la même année, le malade remarqua du mélæna pendant deux jours.
Fin décembre 1911. — Nouvelles hématémèses.
Fin mars 1912. — Mélæna pendant deux jours.
Fin novembre. — Nouvel épisode : vomissements de
sang, mélæna, séjour d’une dizaine de jours au lit. Nouveau mélæna quelques jours après.
A l'entrée : malade pâle, amaigri, légère décoloration des muqueuses. Apyrexie.
La langue est saburrale. L'appétit est plutôt augmenté. Le malade a une véritable fringale deux heures après les repas. Aucune douleur stomacale. Pas de coliques, diarrhée constante. Trois à quatre selles par jour. Pas de clapotage. Rien à la palpation de l’abdomen. Pas de points douloureux.
Le thorax est en baril. Inspiration humée aux deux sommets. Pas de bruits surajoutés.
Pouls régulier. Bruits lointains, assourdis et mal frappés.
Appareil génito-urinaire : rien à signaler.
19 janvier 1913. — Le malade a des selles noires comme de la suie (mélæna). De plus, il a eu, pendant l'après-midi et la nuit de ce jour, une forte hématémèse, rendant environ un litre de liquide rouge lie de vin. On met le malade au repos absolu : diète complète et glace sur le ventre.
22 janvier. — Laparotomie sus-ombilicale. On découvre un ulcère fibreux à reflets nacrés, développé dans la région duodéno-pylorique et établissant une coalescence complète entre l'intestin et la face inférieure du parenchyme hépatique. Il s’agit donc d’un ulcère à évolution rapide dont la perforation imminente a, été empêchée par une heureuse adhérence au foie. ;
Gastro-entéro-anastomose postérieure.
1 février. — Depuis l'opération, le malade allait très bien, il reprenait des forces, ne souffrait plus, ne vomissait plus. Mais, dans la nuit du 31 janvier au 1°° février, il fut agité, et, dans la matinée, vers 8 heures, il vomit un demilitre d'un liquide rouge noirâtre, nettement hématique, ne renfermant pas de caillots.
2 février. — Malade emmené par sa famille.
OBsERVATION X (résumée)
(Mathieu, Soc. méd. Hôpit. de Paris, 2 déc. 1910).
Ulcère vrai du duodénum {forme hémorragique).
P... A., âgée de soixante-sept ans, entre à l'hôpital Saint-Antoine le 8 janvier 1908.
Depuis six ans, elle accuse des brûlures épigastriques qui surviennent un quart d'heure après le repas, de la pesanteur, du ballonnement du ventre et quelquefois des nausées.
En 1906, douleurs dans la région du foie. On diagnostique congestion du foie.
3 décembre 1907. — Douleur très vive retentissant dans le dos. Elle vomit à trois reprises un liquide brülant. P yrosis.
8 décembre. — Surviennent deux hématémèses noires, renfermant des caillots de sang. Les jours suivants, selles
noires. Intolérance pour les aliments. Douleurs exagérées par l’ingestion du lait, non calmées par les alcalins.
Les hématémèses et le mélæna continuent sans qu'aucun des moyens thérapeutiques employés puissent les arrêter. Douleur à la palpation au creux épigastrique se propageant à droite vers la région pylorique.
Mort le 18 janvier.
AUTOPSIE. — Estomac peu dilaté. Pylore fermé. Son orifice admet à peine une sonde cannelée. Aspect cicatriciel de l’orifice pylorique : à 15 millimètres environ du bourrelet pylorique, vaste ulcère calleux à peu près circulaire de 4 centimètres de diamètre environ, à bords saillants, adhérent au pancréas, dont on reconnaît les lobules dans le fond de la perte de substance. Une branche artérielle ouverte montre l’origine des hémorragies qui ont amené la
mort. :
A l’examen histologique. — Lésion de l’ulcère calleux. OBsERVATION XI (Due à l’obligeance de M. Delore).
Ulcère ancien de la première portion du duodénum. — Douleur à droite. — Pas de mélæna, ni d'hématémèse. — Radioscopie normale. — G. E. À, P. — Exclusion du pylore. — Guérison.
D... Joannyÿ, cinquante-cinq ans, entre le 11 mai 1914 à l’Hôtel-Dieu, parce qu'il souffre de l'estomac. On ne trouve rien dans ses antécédents héréditaires. Il a fait son service militaire; marié, il est père de cinq enfants. Pas d'éthylisme.
L’affection remonte à quatre ou cinq ans et a débuté par de vagues douleurs gastriques que le malade qualifie de coliques.
Les digestions sont devenues de plus en plus laborieuses, si bien qu'il redoute de s'alimenter. C'est surtout deux ou
trois heures après le repas qu'il souffre, mais ses douleurs n'ont rien de caractéristique ; pas d'irradiations lombaires ; elles ne sont pas calmées par l’ingestion des aliments. Elles siègent à droite de la ligne médiane. Ni hématémèse, ni mélæna. Le malade dit que son estomac lui semble dilaté et qu'il entend souvent des gargouillements, Le malade mangerait et aurait appétit s’il ne souffrait pas : les aliments ne le dégoûtent pas, pas plus la viande que les matières grasses.
A l'examen. — On ne sent rien au niveau de la région épigastrique : la palpation est douloureuse à droite de la ligne médiane.
Pas de tension intermittente, pas de péristaltisme. Il y a du clapotage.
La radioscopie ne montre rien d’anormal. Rien aux autres appareils.
Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine.
Intervention. — On trouve une cicatrice d'uleus de la première portion du duodénum. Exclusion du pylore.
Gastro-entéro-anastomose postériere au bouton.
25 mai. — Le malade rendait son bouton.
10 Juin. — Il sortait complètement guéri de l'hôpital.
OgsEervaTION XII (M. A. Cade, in Rev. internat. de Méd. ef de Chirurgie, n° 9, 10 Mal 1912).
Ulcère duodéno-pylorique (syndrome de Reichmann atténué). — G. E. A. P. — Guérison.
X..., homme de vingt-sept ans, entré il y a deux mois salle Saint-Augustin.
Rien d’intéressant dans ses antécédents héréditaires.
Réformé pour son acuité visuelle ; ilne mentionne comme affections antérieures que la scarlatine, quelques bronchites, mais jamais d’hémoptysies.
En 1907, le malade commença à éprouver des douleurs gastriques survenant deux ou trois heures après les repas, soulagées par les vomissements qui se répétaient deux ou trois fois dans la journée, pendant des périodes d’une dizaine de jours, qui cessaient complètement pendant un mois ou deux.
En 1909, ces crises, qui étaient depuis presque oubliées, réapparurent et durèrent six mois.
En 1911, à la suite d'un refroidissement, dit le malade, elles se renouvelèrent. Depuis lors, il n’a cessé de souffrir tous les jours, accusant du pyrosis, des régurgitations, des vomissements, survenant surtout entre 9 heures du soir et minuit. Il perdit 10 kilogrammes.
À l'examen. — Malade amaigri, pâle. ee gastrique descendant assez bas, anormalement persistant, loin de la période digestive.
À la palpation, point douloureux épigastrique banal. Pas de péristaltisme.
Au sommet du poumon droit, sonorité diminuée et vibrations légèrement exagérées.
Cathétérisme à jeun : 10 centimètres cubes d’un liquide acide (acidité totale : 2 pour 1.000; HCI: 1,4 pour 1.000. Donc ébauche d’hypersécrétion continue.
Repas d'Ewald : après lui, on retire un liquide ne contenant aucun débris alimentaire de la veille.
A l'analyse, on constate que l'acidité totate est de 2,73 pour 1.000 et celle en HCI de 2,29, alors que normalement la première ne dépasse pas 2,5 pour 1.000 et la seconde 2 pour 1.000.
Donc hyperchlorhydrie.
Weber positif.
Radioscopie. — Dilatation anormale de l'estomac avec aspect biloculaire, sans sténose médiogastrique.
Séro-diagnostic tuberculeux : positif au 1/5.
Intradermo-réaction : négative.
Intervention (M. Bérard). — Ulcère juxtapylorique sur
la première portion du duodénum, avec périduodénite importante. Gastro-JéjJunostomie.
Guérison.
OBsERvVATION XIII
(Pue à l’obligeance de M. le Dr Villard).
Ulcère de la première portion du duodénum, duodéno-pylorique, — Crises douloureuses avec irradiations à droite. — Radioscopie. — Estomac hypertonique. — Mélæna (?). — G. E, A. P. — Exclusion du pylore.
D... Théophile, quarante ans, entre le 2 juin 1914 à l’'Hôtel-Dieu. Il vient à l'hôpital parce qu'il souffre de l’estomac. Jamais d’excès éthyliques.
Les premiers troubles apparurent il y a dix ans sous forme de brülure siégeant dans la région épigastrique ; cette sensation douloureuse apparaissait deux à trois heures après les deux principaux repas de la journée, à 3 heures de l'après-midi et à 10 heures du soir. À ce moment-là, si le malade mangeait un peu, la douleur se calmait.
En même temps, 1l ressentait des brûlures œsophagiennes et des régurgitations acides.
L’appétit était bien conservé; cependant le malade aurait maigri de quelques kilogrammes.
Peu à peu ces symptômes allèrent en s’exagérant, mais la marche de la maladie était coupée de rémissions de plusieurs mois pendant lesquels la douleur disparaissait et le malade se croyait guéri.
Il y à deux mois, il eut deux vomissements abondants survenus la nuit, sur lesquels il ne peut donner aucun renseignement.
Depuis deux mois, il a remarqué que ses selles étaient parfois couleur de suie, son attention ayant été attirée de ce côté par un médecin.
Enfin, la douleur, depuis ces derniers mois, est devenue
MO
presque constante avec des paroxysmes quelques heures après les repas. Il indique comme siège de cette douleur la région de l'épigastre et indique le dos, la réqion hépatique et l'épaule droite comme siège des irradiations.
A signaler qu'il aurait eu des coliques hépatiques il y a un an.
A l'examen. — Malade au teint assez coloré, langue rosée, appétit bon. Constipation.
A la palpation de l’abdomen, on ne sent aucune tumeur, simplement un peu de défense de la paroi. On réveille une douleur à la pression à égale distance entre l'ombilic et l’appendice xyphoïde. Un peu de sensibilité également au niveau du point vésiculaire.
Un peu de péristaltisme gastrique. Léger clapotage.
Weber négatif.
Radioscopie. — Estomac descendant un peu au-dessous de l’ombilic. Les contractions sont extrêmement énergiques, déprimant profondément la grande courbure et paraissant à peu près limitées à l’antre pylorique. A ce niveau, pendant les contractions, l'estomac affecte la forme d'un conduit extrêmement étroit et changeant incessamment de forme.
Le pylore est en place et n'est pas attiré sous le foie.
13 juin 1914. — Intervention.
On constate l’existence d’une cicatrice étoilée du volume d'un pois siégeant sur la face inférieure du duodénum, à 1 centimètre en dehors de la veine pylorique.
Exclusion du pylore.
Gastro-entéro-anastomose transmésocolique au bouton.
21 juin. — Le malade est pris de coliques et de douleurs abdominales. À 14 heures, après quelques crachats sanglants, vomissement de 1 litre environ de sang noir.
27 juin, — Amélioration.
OBSERVATION XIV (due à l’obligeance de M. le Dr Delore.)
Ulcère invétéré douloureux de la première portion du duodénum ayant causé une tentative de suicide. — Périduodénite et périgastrite. — Pas d’hémorragies Pas de vomissements. — G.E.A.P.
GC... Antoine, soixante-neuf ans, vient, le 29 avril 1914, à l'infirmerie de porte de l’'Hôtel-Dieu sans renseignements, après s'être tiré deux coups de revolver dans la région temporale droite. On constate en effet qu’à ce niveau existent deux petits orifices noirâtres, orifices présumés de l'entrée des balles. Une de ces dernières a dû certainement sortir par : l'œil droit, car celui-ci n'est plus qu'une masse tuméfiée et noirâtre percée en son centre. On en extrait des caillots. On ne trouve pas l’orifice de sortie de la deuxième balle.
Le malade à tenté de se suicider à la suite de douleurs gastriques survenant par crises paroxystiques intolérables et irradiées qui le font souffrir depuis longtemps et pour lesquelles 1l a en vain consulté plusieurs docteurs.
On ne trouve pas de signes de tabes. Artères dures, roulant sous le doigt, faisant songer au niveau de l'abdomen, à de l’aortite abdominale.
Dans la région épigastrique, point induré, douloureux, pouvant faire croire à un ulcère. Le malade n’a jamais d'hémorragies ni de vomissements.
5 mai. — La famille vient préciser les renseignements ci-dessus. Le malade souffre depuis trente ans par périodes intermittentes. On l'a soigné pour une affection gastrique et hépatique.
Les douleurs ont augmenté depuis le mois de juillet 1913 et depuis lors il a des vomissements aqueux et glaireux.
D'autre part, d’après les ordonnances médicales communiquées, il semble qu'il ait saigné à plusieurs reprises.
6 mai 1914. — Intervention.
Anesthésie rachidienne (7 centigrammes de novocaine et adrénaline) parfaite.
Laparotomie sus-ombilicale. Pylore entouré de périgastrite et enfoui dans la profondeur. On trouve un ulcère du duodénum situé à 2 centimètres environ au delà du pylore. Cet ulcère est placé au milieu de la face antérieure du duodénum et, par sa rétraction, a attiré les bords supérieur et inférieur, de telle sorte que chacun de ces bords forme une petite encoche. L'ulcère a un aspect de cicatrice blanchâtre.
Gastro-entéro-anastomose postérieure transmésocolique.
Suture à trois plans, catgut double zéro.