OBSERVATION XV
(Due à l’obligeance de M. le D’ Villard).
Ulcère vrai invétéré du duodénum douloureux. — Pas d’hématémèse ni de mélæna. — Weber plusieurs fois positif. — Périduodénite. — G. E. A. P. — Exclusion du pylore.
F... Laurent, trente-six ans, entre à l'hôpital le 15 juin 1914 pour des troubles gastriques:
Il avait une bonne santé jusqu’à il y a deux ans. Il faisait un métier pénible. Depuis cette époque, 1l ressentit tous les mois des douleurs dans le creux de l'estomac, apparaissant sous forme de crampes deux heures après les repas.
Ces crises augmentèrent de fréquence et d'intensité et persistent à l'heure actuelle de la façon suivante : le malade ressent deux heures après le repas de midi de vives douleurs dans la région épigastrique, qui s’irradient dans les hypocondres et vers la colonne. La cerise douloureuse dure quelques heures, parfois se prolonge une partie de la nuit; il est obligé de rester plié-en deux avec des cataplasmes chauds sur l'abdomen. Puis elle cesse assez brusquement et pendant huit jours le malade ne ressentira absolument
io) — rien jusqu'à ce qu'une nouvelle crise se produise. Pendant ce temps, il mange de bon appetit.
Pendant les périodes douloureuses, vomissements abondants, surtout aqueux, qui ne soulagent pas le malade.
Alternatives de diarrhée et de constipation, Pas d'hématémèse. Jamais de mélaæna.
Il aurait maigri de 8 à 10 kilogrammes.
A l'examen. — Malade au teint décoloré ; la langue est un peu chargée. La paroi abdominale est souple ; on ne voit pas de péristaltisme ; on ne sent pas de tension intermittente de l'épigastre. Il existe un point douloureux au-dessous de l’appendice xyphoïde sur la ligne médiane.
Pas de point vésiculaire.
Les selles sont très foncées, très noires.
Weber positif à l'entrée.
Réflexes normaux. Pas de signes de tabes.
22 juin 1914. — Weber positif.
27 Juin. — Intervention. On trouve un gros ulcère avec adhérences nombreuses et infiltration œdémateuse de la première portion du duodénum.
Exclusion du pylore.
Gastro-entéro-anastomose transmésocolique au bouton.
OBsERvATION XVI
(MM. Delore, Fayol et Verrier, Soc. nat. de Méd. de Lyon, 8 juin 1914).
Périgastrite postérieure due à un ulcère du versant pyloro-duodénal — Douleur. — G. E. A. P. Guérison.
D... Marie, trente ans. Entrée le 16 mai 1914. La maladie actuelle remonte à six mois ; les symptômes subjectifs consistent uniquement en une douleur très supportable, survenant par intermittence, siégeant le plus souvent dans le dos. Il n’y a jamais eu de vomissements, jamais de mélænas. jamais d’hématémèses ; l’état général est bon.
TM 10
L'examen de l'abdomen révèle un estomac un peu dilaté. La palpation attentive permet de sentir une légère tension de la paroi abdominale au niveau de la ligne médiane.
La radioscopie montre un estomac abaissé et un rétrécissement médiogastrique. Les contractions péristaltiques sont très violentes. Sept heures après, le bismuth est presque en totalité dans le côlon, mais une petite ombre semi-lunaire occupe. le fond de l'estomac qui ainsi n'est pas vidé malgré ses violentes contractions.
Intervention, 22 mai 1914.— On reconnaît à la laparotomie que l’estomac est un peu agrandi, sa musculature un peu épaissie, qu'il est un peu plus vasculaire qu’à l’état normal, sur le versant duodénal du pylore ; la paroi est blanchâtre et donne l'impression qu'il y a un ulcère à ce niveau. Quand on effondre le mésocôlon, on remarque des cicatrices blanchâtres reliant l’arrière-cavité avec la petite courbure ; il y a, à ce niveau, de l'inflammation et des brides qui, partant du pylore, remontent le long de la petite courbure.
G. E. A. P. à la suture.
. Le malade quitte le service le 12 juin.
OBsERvATION XVII
(Due à l’obligeance de M. le Dr Delore.)
Ulcère douloureux du duodénum avec périduodénite et péripylorite,
adhérant au pancréas. — Vomissements de une heure à quatre heures, après les repas. — Péristaltisme gastrique. —G.E.A.P. — Broncho-pneumonie, — Guérison.
J. Anselme, cinquante-neuf ans. Entre le 16 mai 1914, à l’'Hôtel-Dieu, pour une intolérance gastrique absolue,
Le début de l'affection semble remonter à deux ans environ. Pendant longtemps, les seuls symptômes observés étaient quelques vomissements survenant tous les quinze jours ou tous les mois, sans douleurs, sans digestions laborieuses. |
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Ce n'est que depuis trois mois que s'est installée de l'intolérance de l'estomac pour toute alimentation solide ou liquide. Depuis dix jours, aucun aliment n'a pu être supporté. Les vomissements, jamais teintés de sang, apparaissent tantôt une heure, tantôt (le plus souvent) trois à quatre heures après l'ingestion. Ils sont précédés de douleurs assez vives nettement localisées à l’épigastre, ne s’irradiant pas.
Le malade était un gros mangeur et un grand buveur (4 litres de vin par jour).
Constitution robuste. Aurait maigri de 45 kilogrammes depuis deux ans.
Toutefois, son état général paraît bon.
17 mai. — On voit dans la région de l'épigastre une voussure dessinant bien l'estomac avec ses deux courbures. A jeun et surtout après l’ingestion des aliments, des ondes péristaltiques sont nettement visibles,
Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine.
Intervention, 18 mai 1914. — On trouve sur la première portion du duodénum, fixé au pancréas, un petit ulcère qu'il est impossible d’'extérioriser, entouré de traînées blanchâtres qui vont jusque sur la portion pylorique de l’estomac, soit en avant, soit en arrière.
Gastro-entéro-anastomose postérieure, transmésocolique. Suture au catgut zéro et double zéro.
20 mai. — Arythmie et signes de broncho-pneumonie.
2 juin. — Le malade quitte l'hôpital complètement guéri.
OgservaTion XVIII
(MM. Bérard et Bussy, Soc. nat. de Méd. de Lyon, 28 juin 1909).
Ulcère cicatriciel du duodénum (duodéno-pylorique). — Gastroentéro-anastomose. — Guérison.