‹ Contribution à l'étude clinique de la grippe – grippe à déterminations méningéesChapitre 32 sur 36 · AC D · texte numérisé non relu

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t'mètres cubes n’est pas toxique. M. Jarron penseque dans la grippe les diverses sécrétions sont plus toxiques qu'à l'état normal.

Les crachats contiennent également des produits solubles très toxiques pour le lapia, étendus de leur volume d’eau, triturés pendant 10 minutes, puis stérilisés et filtrés ils tuent en injection intra-veineuse à la dose de 14 centimètres cubes pour 1 kilogramme.

Les crachats étendus de leur volume d'eau et stérilisés par la chaleur ne sont plus toxiques à la dose de 41 centimètres cubes par kilogramme.

Les crachats provenant de malades atteints de bronchite où d’emphysème ne sont pas toxiques à la dose de 21 centimètres cubes par kilogramme.

Les urines sont pour lui également plus toxiques que les urines normales ; il suffit en moyenne de 30 centimètres cubes pour tuer 1 kilogrammedelapin, chiffre bien inférieur à 50 centimètres cubes environ pour les urines normales.

Le pouvoir toxique des urines des grippés, déterminé par la méthode de M. Bouchard, lui a fourni comme moyenne 0,520, chiffre plus élevé que celui qui corres-pond aux urines normales et qui avoisine 0,465.

M. Jaïron est d'avis que la sécrétion bronchique élimine une quantité considérable de toxines ; que les urines profuses et la diarrhée qui se montrent souvent dans la grippe contribuent également pour une large part, à éliminer le poison de l’organisme.

Il conclut alors de toutes ces expériences que la grippe est une intoxication causée par les produits solubles du diplobacille qu’il a isolé, et qui, dit-il, a été décrit dans les travaux lyonnais.

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M. le D'Bonnelière dans sathèse intitulée : Dela grippe à délerminations multiples, qu’il vient tout récemment de soutenir à Paris sous la présidence de M. le professeur Laboulbèneciteaussiune observation prise dans le servicedu D' Gingeot dans laquelle il relève deux points intéressants mis en lumière par notre maître le professeur Teissier, nous voulons parler de la courbe thermique et de l’examen bactériologique; la température du malade avait présenté une dépression brusque le troisième jour de la maladie, puis s’était accompagnée d’une rechute après la défervescence.

D'autre part, un peu d'urine, de sang, furent séparément diluëés dans un bouillon stérilisé; avec ce bouillon des ensemencements en stries furent pratiqués sur des tubes inclinés de gélose enduite d’une mince couche de sang, placée dans une étuve à 37 degrés ; deux jours après les tubes de l’urine donnèrent de petites cultures transparentes en forme arrondie, très visibles à la loupe dans leurs détails ; le tube du sang n’avait rien donné ; une parcelle de ces colonies portée sous le microscope et colorée par la fuchsine de Zühl montrait de très petits bacilles tantôt étalés, tantôt groupés par deux; le Graam les colorait.

Nous basant sur tous ces faits positifs, nous ne pensons pas qu’on puisse discuter encore sur l’existence d’une infection microbienne grippale ; les troubles nerveux, cérébraux ou méningitiques semblent donc être une manifestation de l’infection qui agit sur les vaisseaux de l’encéphale en provoquant de l’anémie ou dela congestion.

Le D'Belons dans sa thèse inaugurale, sur l’action exer cée par les maladies infectieuses sur le système nerveux, a traité cette question ‘avec une grande compétence; il ré-

ET sulte de cette étude que, quel que soit l'élément pathogene, qu'il agisse directement ou par l’intermédiaire de toxines où produits de sécrétion, sa dissémination dans l'organisme par la voie sanguine ou par les lymphatiques rend suffisamment compte de la possibilité des localisations sur le système nerveux. L'agent infectieux arrive aussi facilement dans les centres par les voies lymphatiques que par les voies sanguines ; il n’y a qu’une différence de rapidité dans son transport, et le courant sanguin l’entraîne plus vite et le dissémine beaucoup plus ; dans la moelle ou le cerveau les voies lymphatiques ou voies lentes entourent les vaisseaux et les tubes nerveux; elles sont en communication par l'intermédiaire des gaines lymphatiques périvasculaires avec les espaces sous-arachnoïdiens et sousduraux. Des circonstances pathologiquss antérieures peu-vent en laissant un Zocus minoris resistentiæ préparer la localisation du nouvel agent infectieux ; mais étant données les voies de transport des microbes dans l’écononomie, on s'explique la multitude des points qui peuvent être atteints, la diffusion des lésions et par suite la marche bizarre et la coexistence curieuse de divers symptômes.

Mais quels phénomènes va susciter dans l’organisme le microbe qui trouve un milieu favorable à son évolution ? Il se produira une réaction organique, cette dernière se manifestera sous la forme de phénomènes inflammatoires.

Le microbe peut susciter encore une réaction chimique dans les humeurs qui peut donner lieu à des ptomaïnes toxiques. Les phénomènes inflammatoires se manifesteront d'abord par de la congestion ; cette congestion sera telle que dans les capillaires les parois pourront se rom-

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pre en certains points et donner lieu à des hémorragies : en d’autres points une exsudation abondante de cellules lymphatiques peut se produire dans les gaines périvasculaires et alors on peut craindre une rupture de ces gaines, ce qui amène une infiltration des cellules lymphatiques entre les tubes nerveux. Tout peut s’arrêter là, l’organisme réagit contre le microbe et après quelques troubles fonctionnels, tout rentre dans l’ordre; c’est ce que nous devons supposer être arrivé dans les observations de nos grippés à accidents méningitiques se terminant presque toujours par la guérison.

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