Richardière, Union médicale, 7 décembre
Observation de J&ANSELME (1): pigmentation du bord libre
de la gencive.
— de FERRANNINI: petites taches brunes sur la muqueuse buccale.
— de GouGgr (2; : trois taches ardoisées typiques sur le bord de la langue de part et d'autre de la pointe.
— de Goucegr (3) : cirrhose pigmentaire qui avait été prise jusqu’à la fin pour une maladie d’'Addison, précisément parce que le malade présentait des plaques pismentaires très foncées sur la muqueuse des joues.
— de M. LaBBé et Birn (4): « A la face interne des joues, on voit des petites taches noirâtres de la dimension d'une lentille: il y en a également à la face interne des lèvres, au niveau des commissures labiales, sur la face inférieure droite de la langue, et même sur le bord libre de la paupière inférieure. »
(Remarquons que la pigmentation présentele plus souvent, une coloration brunâtre plutôt que grise ce qui constitue une différence avec la pigmentation des saturnins).
La plupart des cas cités précédemment ont eu le contrôle de lautopsie ou étaient eliniquement indiscutables (Gouget).M. Gouget élimine les cas douteux : ceux de Murri probablement imputabie à une phtiriase invéléréc et terminé d’ailleurs par la guérison et de Schultze (cirrhose alcoolique avec &« mélanoplakie » très étendue de la muqueuse buccale, mais
sans pigmentalion cutanée).
ds Jeanselme, Société médicale des hôpitaux, 5 février et 23 avril 1897. \ 2. Gouget, Leçons de clinique médicale. Paris, 1911. Masson. 3. Ibid.
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De ces constatations, un double enseignement se dégage :
1° La pigmentation buccale ne constitue pas un élément de diagnostic entre la maladie d'Addison et le diabète bronzé ;
2° La pigmentation buccale ne doit aucunement nous surprendre dans le diabète bronzé, puisque tant d'orgares se montrent chargés de pigment à l’autopsie des malades atteints de cirrhose pigmentaire. Dans son Traité des maladies du foie écrit en collaboration avec M. Chiray, le professeur agrégé Castaigne reproduit de très belles figures qui montrent l'infiltration du pigment ocre dans le foie, dans îe myocarde,dans les parois interalvéolaires des poumons, dans les glandes sudoripares, dans les leucocytes, dans l’épithélium rénal, etc. La muqueuse buccale doit être
ajoutée à cette série.
A côté du diabète bronzé, on a signalé la pigmentation des muqueuses, au cours d’affections hépaliques qui ne réalisaient pas le type de la cirrhose pigmentaire. Déjà, MM. Gilbert et Lerebouilet (1),
1. Gilbert et Lereboullet, Les Mélanodermies d'origine biliaire Soc. médicale des hôpitaux, 2 mai 1902, p. 383).
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dans une étude fort complète sur les mélanodermies : :
d’origine biliaire, citent une observation de mélanodermie avec pigmentation des muqueuses chez une femme de soixante-sept ans, alleinte de cholémie manifeste ; mais étant donné la-phtiriase présentée par cette malade, nous avons reporté cette observation au chapitre de la mélanodermie phtiriasique (V. p. 59).
Mais c'est surtout une observation de MM. Ch. Gandy et F.-X. Gouraud (2) que nous avons en vue en parlant de ces mélanodermies d’origine biliaire. Dans ce cas, il s’agit d'un homme de vingt-huit ans, dont on trouvera plus loin l'observation résumée et qui présentait upe telle pigmentation que l’on crut, tout d’abord, à une maladie d’Addison. La pigmentation est à la fois cutanée et muqueuse : série de taches brunâtres sur la face cutanée des lèvres et petite tache ardoisée assez pâle sur la face muqueuse de la lèvre inférieure, en avant de la commissure gauche. La muqueuse de la cavité buccale ne présente pas d'autre trace de pigmentation. Or, ce malade est nettement un hépatique : depuis six ans, il a eu des poussées d'ictère et de subictère avec tuméfaction du foie; la première de ces poussées a été un épisode franc, douloureux, avec rétention
biliaire complète; crises splénalgiques violentes ;