I. — ANEMIES SECONDAIRES
La symptomatologie des anémies secondaires n’a rien de particulièrement remarquable et s’intrique avec la symptomatologie de la maladie causale.
Parmi les signes cliniques, la pâleur frappe avant tout, et c’est l'examen hématologique qui révèle lexistence d’une hypoglobulie de gravité moyenne (entre 2 et 3.000.000). La valeur globulaire est sensiblement normale (observation N° 12, anémie au cours d’une cardiopathie), légèrement augmentée (observation N° 10, Néo de la vésicule et du côlon ascendant), ou successivement augmentée, puis diminuée (observation N° 11, Néo du pylore). Il existe de l’anisocytose et de la poïkilocytose, mais dans aucun cas nous n'avons constaté de mégalocytose ni de mégalobastose. Dans les 2 observations qui se rapportent à des néos, la leucocytose est importante (12.200, 19.400, 26.400) avec polynucléose. Les myélogrammes sont normaux; il n’y a pas de mégaloblastose.
II — ANEMIES PRIMITIVES.
1° ANÉMIES CRYPTOGÉNIQUES.
L'observation N° 8 se rapporte à un cas d’anémie hyperchrome de gravité moyenne sans troubles di-
PR Te
gestifs importants. Il n’y a ni anisocytose, ni poiïkilocytose.
Le myélogramme montre une réaction normoblas-
granulocytes tique avec diminution du rapport
érythroblastes Nous n’avons pu déceler aucune étiologie, l’opothérapie hépatique et gastrique n’a amené qu’une amélioration relative; il n’y a pas eu de crise réticulocytaire.
La malade est morte au cours d’un ictus apoplectique.
2° MALADIE DE BIERMER.
Observations N° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9.
Début : Il est très insidieux, mais la maladie évolue rapidement vers sa phase d'état, c’est seulement à ce moment que nos malades entrent à l’infirmrie dans un état clinique grave. L’interrogatoire a permis de fixer à 4 ou 6 mois environ le commencement des accidents.
Nos malades jusque là bien portants, ont présenté des troubles gastriques :
— anoxerie d’abord élective pour les viandes et les graisses, plus ou moins rapidement totale.
— Nausées ou même vomissements alimentaires et muqueux.
__ Diarrhée ou alternatives de diarrhées et constipation.
Il s'y est vite ajouté une anesthénie croissante et un
amaigrissement rapide.
LFP
Tous ces phénomènes se sont préciptés au cours des semaines qui précèdent l’admission.
La surveillance médicale de ces veillards (administrés à l’hospice) est, il est vrai, plus ou moins difficile; à premier abord on est tenté d’invoquer une aortite, une athéromatose, une néphrite azotechnique ou même une cachexie sénile. Ceci explique que la phase initiale puisse échapper au diagnostic; il n’est pas moins certain que l’anémie pernicieuse du vieillard, d’abord latente, évolue rapidement et que le malade est vu à une phase avancée.
Erar : Les symptômes sont ceux de la maladie de de BIERMER; nous nous contenterons d’insister sur les particuliarités imputables à l’âge.
La pâleur s'accompagne fééquemment d’une teinte ictérique avec sub-ictère des conjonctives, ce qui a pu être l’origine d’erreurs de diagnostic.
L'aspect bouffi de la face est constant, l’existence d’æœdème malléolaire est de règle.
Il nous faut relever l’importance de l’amaigrissesement, et sa rapidité. Ce symptôme se retrouve dans touies les observations (15 kg. en 6 mois dans plusieurs Cas):
Certaines de nos malades se sonf présentées dans un état vraiment cachectique, et cela donne une note particulière à la maladie de Biermer du vieillard.
Certains auteurs, (CAIN et Mile BARNAUD) insistent sur la fréquence des troubles trophiques. Nous n’avons trouvé que dans un seul cas (observation N° 1) des taches pigmentaires, de la friabilité des ongles et
chute de cheveux.