‹ Contribution à l'étude clinique des encéphalites de la coqueluche: à propos d'une observationChapitre 9 sur 40 · FORME A PREDOMINANCE CONVULSIVE · texte numérisé non relu

FORME A PREDOMINANCE CONVULSIVE

Typiquement, les convulsions traduisant une encéphalite surviennent très brutalement, souvent à la suite d’une quinte violente.

Dans presque tous les cas rapportés, elles sont généralisées, subintrantes et s’accompagnent d’une forte hyperthermie avec somnolence profonde ou méme coma véritable.

A ces symptômes essentiels peuvent s'ajouter une quantité d’autres troubles neurologiques variant avec la localisation des lésions. Tantôt on trouve une dé-

Die

viation conjuguée de la tête et des yeux, tantôt de l’aphasie, des mouvements choréo-athétosiques, des troubles paralytiques variables, des modifications pupillaires.

Très souvent on observe une association quelconque de ces différents symptômes. On comprend donc que les tableaux réalisés varient en pratique avec chaque cas.

La somnolence paraît toutefois être le signe avantcoureur le plus fréquent.

Dans quelques observations que nous avons rassemblées, les malades présentaient les signes de la série méningée, vomissements ou constipation. Le liquide céphalo-rachidien, dans quelques cas rares, montre quelques lymphocytes ou une légère albuminose, mais, et c’est là un point capital, il n’y a jamais pratiquement de modifications importantes.

Il nous paraît à propos de rappeler ici que la crise convulsive constitue très souvent à elle seule la manifestation essentielle et parfois unique de l'atteinte cérébrale, bien qu’il soit impossible d’attribuer aux encéphalites toutes les convulsions survenant au cours de la coqueluche.

L’aspect clinique le plus typique des encéphalites est donc représenté par un syndrome convulsif avec hyperthermie auquel se surajoute parfois un état comateux.

L'évolution en est très variable.

Parfois rapidement fatale en un jour ou deux, ou même quelques heures.

Sur les 24 cas de GRENET et MOURRUT, 21 se terminent par la mort. Ils insistent sur la gravité des convulsions de la coqueluche, gravité en rapport selon eux avec l'influence nosocomiale, le développement en milieu hospitalier, et surtout dûe au fait que presque toujours il s’agit de coqueluches compliquées.

UN

Dans d’autres cas, l’évolution se fait vers la guérison avec ou sans séquelles.

Les cas d’encéphalite coquelucheuse rapportés par J. Comgy en 1907 sont 4 cas suivis de guérison.

Les séquelles sont parfois redoutables.

L’hémiplégie est fréquente mais régresse généralement par la suite, permettant la marche.

D’autres paralysies oculaires ou auditives, plus rares, sont le plus souvent définitives.

A côté de ces séquelles motrices, on peut encore voir des séquelles psychiques ou sensorielles variables selon la localisation et l’intensité de l’encéphalite : arriération mentale, imbécillité, idiotie, athétose.

Une des observations les plus caractéristiques à ce point de vue, est une de celles rapportées par J. Com- By en 1907. On la trouve résumée plus loin. Précisons seulement ici qu’il s’agit d’un enfant de 3 ans demeuré définitivement idiot à la suite d’une encéphalite coquelucheuse.

Nous avons relevé 47 cas d’encéphalite coquelucheuse qui nous ont paru particulièrement démonstratifs.

De ces 47 cas,

12 se sont terminés par la guérison complète et

rapide, ?

10 ont évolué vers une guérison lente grevée de séquelles redoutables et persistantes consistant le plus souvent en de gros troubles psychiques,

25 enfin se sont terminés rapidement par la mort.

Ce petit tableau nous paraît résumer assez justement l’évolution des encéphalites coquelucheuses.

Guérison à peu près dans la moitié des cas. Mais, parmi les guérisons, plus de la moitié sont incomplètes et gardent des séquelles redoutables.

FORME MENINGO-ENCEPHALIQUE

Ce syndrome très rare au cours de la coqueluche, correspond à l’observation que nous avons rapportée au début de ce travail.

Ce qui caractérise essentiellement cette forme, c’est l’association au syndrome encéphalique d’une réaction méningée tout à fait caractéristique basée sur des modifications importantes du liquide céphalo-rachidien. La ponction lombaire a été faite dans 34 des 47 cas que nous avons retrouvés; 3 seulement présentent une telle réaction. Dans les 31 autres, le liquide céphalo-rachidien est complètement normal ou ne présente qu’une réaction insignifiante. Le tableau clinique réalisé peut être extrêmement polymorphe. Dans notre cas, il s’agissait d’une encéphalite convulsive s’accompagnant de céphalée, vomissements, constipation. Dans celui de DuBois et DAGNE- LIE, C’est une méningo-encéphalite non suppurée où les troubles encéphaliques se traduisent par des symptômes nerveux disséminés.

L'observation de Mile RioM se rapproche plus de la nôtre : là aussi c’est une forme convulsive comateuse.

Enfin, celle rapportée par E. MourRRUT dans sa thèse est également une forme convulsive avec coma.

Les modifications du liquide céphalo-rachidien sont beaucoup plus intéressantes et seules permettent d'affirmer l’existence d’une méningo-encéphalite.

Rappelons que chez notre malade, une première ponction lombaire retire un liquide clair s’écoulant en jet.

Il y avait 90 éléments à la cellule de Nageotte, se répartissant comme suit :

95 % de polynucléaires,

5 % de lymphocytes,

BUT, Fes

quelques giobules rouges.

Le taux d’albumine était de 1 gramme.

La glycorachie de 0 gr. 52.

En somme, essentiellement grosse polynucléose et augmentation de l’albumnie.

À un deuxième examen, il n’y avait plus que 22 éléments dont :

50 % de polynucléaires,

50 % de lymphocytes,

0 gr. 35 d’albumine.

C’est une réaction identique que nous trouvons dans le cas de DuBois et DAGNELIE. (Hyperglycorachie modérée, hyperalbuminose marquée, forte leucocytose et présence de polynucléaires).

Dans l’observation de Mille Rio, il s’agit au contraire d’une forte lymphocytose avec 1 gr. 50 d’albumine et 1 gramme de sucre.

Enfin, dans celle de MOURRUT, c’est une lymphocytose discrète (10 éléments par mm, 1 gr. 60 d’albumine et 0 gr. 71 de sucre).

En somme, sur ces trois cas, un seul ressemble au nôtre : c’est celui de DuBors et DAGNELIE. Dans les deux autres la réaction est lymphocytaire.

L'évolution est aussi variable pour ces méningo-encéphalites que pour les autres encéphalites de la coqueluche. Sur ces 4 cas, nous avons en effet, 2 morts rapides, une guérison avec séquelle (cas de Mile RIoM), une guérison complète (la nôtre).

Sur ce nombre restreint d'observations, on retrouve donc exactement le même pourcentage que pour les autres formes d’encéphalite coquelucheuse.

On doit donc réserver le terme de méningo-encéphalite aux cas ou à un tableau clinique par ailleurs très variable d’encéphalite, s’associe une réaction très nette du liquide céphalo-rachidien.

Cette réaction n’est nullement spécifique.

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