OBSERVATION I
(Greindenberg, in Wratch. n°0 40, St. Péter. 1888) (Un cas de paralysie agitante hystérique).
Jeune soldat de 21 ans, dont la tête présentait les anomalies suivantes : la moitié gauche de la face est plus grande que la droite et paraît abaissée, de sorte que toute la face est comme attirée de droite à gauche, l'oreille droite est plus grande et insérée plus haut que la gauche.
Aupremier coup d’œil,on est frappé par l'attitude étrange de ce malade. Tête légèrement inclinée en avant et à droite, tronc aussi incliné en avant, bras appliqués sur l'abdomen. Dans la partie supérieure du corps, surtout dans les extrémités supérieures, et principalement dans la droite, on remarque un tremblement continuel, uniforme, assez rapide. Certains groupes de muscles, et même quelques muscles isolés du cou et du tronc sont animés du même tremblement. Dans latête, le tremblement est plus lent que dans les extrémités. Quand les mains sont séparées l’une de l’autre, elles prennent l'attitude suivante : les quatre derniers doigts sont fortement serrés les uns contre les autres et légèrement fléchis, tandis que le pouce est en opposition comme dans l’action d'écrire. Les muscles affectés sont durs et rigides, le mouvement d'extension dans le coude, surtout dans le droit, ne peut être effectué qu'avec effort. La force musculaire des mains est très affaiblie. Le tremblement augmente pendant les mouvements spontanés, il disparaît complètement pendant le sommeil.
Dans les extrémités inférieures, il n’y a ni tremblement, ni rigidité musculaire, ni contracture.
Démarche lourde, lente, mais assez assurée.
Quand il est assis, il ne peut se relever que difficilement, et pour ainsi dire en plusieurs temps.
Anesthésie complète de toute la surface du corps, intéressant également la peau et toutes les muqueuses. Réflexes rotuliens normaux.
Réflexes cutanés augmentés.
Excitabilité électrique des muscles normale ; excitabilité mécanique augmentée.
Phénomènes vaso-moteurs de l’autographie très marqués.
Sens de l’odorat complètement aboli, goût affaibli, ainsi que la vue du côté gauche. j
La maladie existe depuis environ un an, elle est apparue sous linfluence d’une grande frayeur. En analysant les symptômes présentés par ce malade, M. Greindenberg conclut qu’ils ne peuvent être expliqués que par l’existence simultanée de la paralysie agitante et de l’hystérie ; en effet, le tremblement caractéristique de la tête, du tronc et des extrémités, la rigidité des muscles, la sensation de chaleur
LA e
dans tout le corps, tous ces phénomènes appartiennent à la maladie de Parkinson. L’étiologie est aussi en accord avec ce diagnostic, le jeune âge du sujet n’est pas une raison pour faire rejeter l'hypothèse de paralysie agitante; mais en dehors de la paralysie agitante,on est obligé d'admettre l’existence de l’hystérie, à cause de l’anesthésie sensitive et sensorielle. On est donc en droit d’admettre chez ce malade, une paralysie agitante hystérique, autrement dit la coexistence de l’hystérie et de la maladie de Parkinson.
Il n’y a pas en effet de raison de nier à priori la coexistence des deux maladies, mais il n’est pas habituel de voir la maladie de Parkinson procéder aussi vite dans son envahissement ; et en présence des stigmates hystériques, n’est-il pas plus prudent d'admettre que les autres symptômes relèvent de la même cause.