‹ Contribution à l'étude clinique des formes de la maladie de ParkinsonChapitre 14 sur 35 · DES SYMPTOMES FONDAMENTAUX · texte numérisé non relu

DES SYMPTOMES FONDAMENTAUX

A. — Tremblement.

1° Absence du tremblement. Hi

(Maladie de Parkinson sans tremblement. Forme fruste).

A partir du jour où la rigidité musculaire a été ee signalée comme un symptôme capital de la paralysie agitante, le tremblement a cessé d'occuper la place prépondérante, etila.été bientôt établi que la. maladie de Parkinson pouvait être constituée sans lui. ET

M. le Professeur Charcot avait déjà attiré l'attention sur ce point dans la première édition de ses leçons en 1875 : « Il est des-cas, rares à la vérité dans lesquels la rigidité musculaire est un symp: tôme des premiers temps, et réellement prédominant. J'ai observé récemment un exemple qui rentre dans cette catégorie. Le malade avait à peine remarqué le tremblement, d’ailleurs peu intense chez lui, et limité à une des mains. [l avait cependant à un haut degré déjà, l'attitude du corps et des, membres, la difficulté dans les mouvements, enfin, la démarche caractéristiques. Ces cas,sont exceptionnels ». & ques

M. Bourneville cite en note au même endroit, l'observation d’une malade de la Salpètrière présentant depuis quatre ans déjà tous les symptômes de la paralysie agitante, à l'exception du tremblement qui est à peu près nul et occupe seulement une main depuis quelques semaines. Il en signale en même temps deux autres : l'un dû à M. Charcot, remontant à 1872, l’autre observé par Go wers à l'hôpital des épileptiques et des paralytiques de Londres.

En tête de cette étude de la maladie de Parkinson sans tremblement, il est une date qu'il faut citer, le 19 novembre 1876. Ce jour-là, M. Charcot insista sur différents points de l’histoire de la paralysie agitante, en particulier sur ce fait, que le tremblement n’en constitue pas un symptôme nécessaire. « Il est en effet une forme de cette maladie, forme fruste par excellence, dans laquelle le tremblement est si léger qu’il passe inaperçu des malades, ou n'apparaît qu'au bout de trois ou quatre ans, ou même fait complètement défaut ». ;

Le nom de forme fruste de la maladie de Parkinson était créé, et M. Charcot s’en servait pour désigner les cas exempts de tremblement. C’est à peu près exclusivement dans ce sens qu'il a toujours été employé, bien qu’il puisse s'appliquer également aux autres formes incomplètes.

Depuis les premières constatations de M. Charcot établissant la possibilité d'observer et de reconnaître la maladie de Parkinson, sans tremblement, les exemples se sont multipliés. Dès 1876, deux nouveaux cas, observés à la Salpètrière, étaient publiés par M. Bourneville dansle Progrès médical : V’'un a trait à un homme de A7 ans, qui présentait tous les symptômes caractéristiques de de la maladie de Parkinson : lenteur de la marche, attitude générale; «il se tient, marche et s’assied tout d'une pièce, est-il dit dans l'observation, on le dirait empalé, soudé dans toutes ses articulations, le regard est fixe, les traits sans expression ». Le malade présentait une certaine tendance à la propulsion, un besoin incessant de se déplacer etc... A côté de ces symptômes bien pathognomoniques ne laissant aucun doute sur la nature de la maladie, c’est à peine s’il existe un léger tremblement circonscrit à la main gauche, de date bien récente en tout cas, puisque le malade ne s’en était même pas aperçu. L'autre observation, tout aussi probante, se rapporte à une femme de 50 ans, chez laquelle tous les symptômes principaux existaient, le tremblement excepté.

Lasègue avait déjà publié dansles Archives demédecine de 1876 un cas de paralysie avec rigidité musculaire, qui vraisemblablement n’est autre qu’un cas de maladie de Parkinson, sanstrem-

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