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impotents ; la marche leur est devenue absolument impossible ; les parkinsonniens même avec un état de rigidité très prononcé marchent encore. La trépidation épileptoïde constante dans l’hémiplégie double n'existe jamais dans la paralysie agitante ; les réflexes très exagérés dans le premier cas, sont en général normaux dans le second, et souvent même paraissent diminués à cause de la difficulté qu’on éprouve à les mettre en évidence étant donnée la rigidité des muscles.
Le Parkinsonnien meut ses membres ; il ne peut souvent leur faire décrire qu’une petite excursion, mais les ordres de la volonté sont obéis, ce qui n’a plus lieu dans l’hémiplégie double.
Les troubles de la parole n’ont pas les mêmes caractères, et il faudrait une réelle inattention pour les confondre.
Enfin, il existe une différence profonde au point de vue de l'état des facultés intellectuelles.
Parapléqie spasmodique. — C'est une erreur qui a été commise assez fréquemment : M. Charcot rappelle que Bach (ob. X)
-« a été au début de son affection considéré par plusieurs médecins expérimentés, comme exemple d’une paralysie spasmodique relevant d’une affection spinale portant spécialement sur les faisceaux latéraux ; l'absence d’exagération des réflexes rotuliens et de trépidation épileptoïde, l'attitude générale du corps, le faciès, la tendance à la propulsion, sans parler des autres symptômes auraient pu suffire, s’ils avaient été remarqués, à éviter cette confusion ».
Il faudra donc toujours avoir son attention attirée de ce côté, et en face d’un malade qui présente de la rigidité des membres inférieurs, surtout s’ils sont en extension, comme cela avait lieu chez Bach, chercher attentivement s’il existe une des nombreuses causes capables de produire la paraplégie spasmodique. C'est ainsi qu’on ne s’exposera pas à laisser inaperçu un mal de Pott lombaire comme le fait s’est produit pour Est (obs. XIX).
On a fait quelquefois le diagnostic différentiel entre la maladie de Parkinson et le féfanos. M. Lacoste, dans sa thèse y consacre même un assez long paragraphe. J’ignore si la confusion à jamais
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été commise en clinique, mais il me semble que même dans le cas de tétanos subaigu ou chronique, elle ne pourrait être le résul tat que d'une observation tout à fait superficielle. Les seuls cas où cette idée eût pu venir à l'esprit sont ceux dans lesquels il y avait un renversementdu troncenarrièrecomme chez Beh.(obs. XII) et chez le malade de M. Bidon (obs. XIII) ou bien une extension exagérée de la tête comme chez la malade de Dutil (P. Dro., obs. XI).
Rhumatisme articulaire chronique.—M serait plus aisé de confondre le rhumatisme articulaire chronique progressif avec la maladie de Parkinson sans tremblement. Les deux affections présentent en effet dans une certaine mesure, diverses analogies, telles que : absence de tremblement, rétraction des muscles, attitudes vicieuses, déviations de la colonne vertébrale, déformation des mains. De plus, il y a une similitude étiologique ; les malades sont nombreux qui accusent dans leurs antécédents, soit des attaques de rhumatisme articulaire aigu, soit des douleurs vagues, mal définies, occupant certaines jointures, le rachis. On a même prononcé le mot de Forme rhumatismale de la paralysie agitante.
Dans le rhumatisme articulaire chronique, on constate des lé-
“sions articulaires: hydarthrose, épaississement de la synoviale, osctéoïdes, tandis que dans la maladie de Parkinson, même avec “des déformations très prononcées, les jointures restent indemnes.
Les rétractions musculaires et tendineuses qui accompagnent le rhumatisme chronique, ne ressemblent que vaguement aux déformations dues à la rigidité musculaire parkinsonnienne que l’on arrive à corriger presque complètement même dansle cas où elles sont très prononcées ; il n’y a là ni tuméfaction, ni raideur articulaire, ni bourrelets osseux, les craquements qu’on trouve dans le rhumatisme articulaire chronique manquent dans la maladie de Parkinson. Les atrophies musculaires si fréquentes à la suite des lésions chroniques des articulations, ne s’observent dans la maladie de Parkinson que quand elle remonte à une époque déjà éloignée, et il est bien rare qu'à ce moment le tremblement n'ait pas fait son apparition. Mais les deux affections peuvent évoluer si-
multanément sur un même sujet, et on peut, en général, dans ce cas, établir ce qui revient à l’une et à l’autre maladie.
Paralysie générale progressive. — Quand le tremblement existe dans la paralysie agitante, il est tellement différent du tremblement vibratoire de la paralysie générale qu'il n’est pas possible de les confondre ; mais, si, chezun individu ayant des antécédents héréditaires lourdement chargés, ayant fait lui-même des excès alcooliques, apparaissent des troubles de la motilité après un début par une attaque congestive ; si en même temps, on constate une certaine lenteur de la parole, un léger tremblement de la langue, un affaiblissement de la mémoire, une dépression générale, on est bien tenté de croire à l’existence d’une paralysie générale au début. Je dois avouer que ce fut mon impression en interrogeant Deb. (obs. VI) pourla première fois. Mais un examen plus complet permettait de s'assurer que sous le masque impassible dont les accès de rire et les crises de larmes ne faisaient pas varier Pexpression, l'intelligence était indemne ; que l'embarras de la parole était plus apparent que réel, les phrases usitées en pareille occasion pour éprouver:le malade étaient prononcées sans hésitation ni bredouillement. Tous les mouvements étaient lents et limités ; le malade en marche prenait l’attitude classique, la raideur s’exagérait alors. L'examen oculaire restait absolument négatif, et l’on était bientôt convaincu qu’il s'agissait d’une maladie de Parkinson sans tremblement.
Voici d’ailleurs l’histoire de ce malade.
OBSERvVATION VI (Personnelle).
Maladie de Parkinson (forme fruste), antécédents héréditaires très chargés ; attaque mal définie au début. Raideur généralisée el faiblesse plus marquée à gauche.
Pas de tremblement. à
Lenteur de la parole. Diminution de la mémoire, un peu d’affai-
| blissement intellectuel. Accès de rire el de larmes.
Deb..., 58 ans, menuisier, s’est présenté le 7 juin à la consultation de la Salpêtrière, où M. le professeur Charcot l’a montré comme un bel exemple de paralysie agitante sans tremblement.
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Antécédents héréditaires. — L'étude des antécédents héréditaires de ce malade les montre assez fortement chargés : son père mort à 66 ans, du charbon, après quelques jours de maladie, était colère, violent, buveur ; 3 oncles paternels étaient connus dans leur pays par leurs emportements et leurs excès de boisson, ils ont cependant atteint un âge avancé. Sa mère est morte encore jeune d’une tumeur, probablement ganglionnaire, au pli de l’aine ; un oncle maternel est mort aliéné, après avoir été interné pendant 3 ans; il paraît avoir présenté un délire ambitieux absolument incohérent, qui autorise à penser que c'était un paralytique général ; un autre oncle maternel s’est suicidé à 80 ans, à la suite d’ennuis de famille ; un troisième encore vivant, est buveur et emporté comme l’étaient les ? précédents. Le malade a une sœur qui est très nerveuse; une sœur morte à 40 ans de la variole avait toujours été nerveuse, 8 frères sont morts en bas-àge, l’aîné était infirme, un autre a été tué par accident, il ignore la cause de la mort du troisième.
Antécédents personnels. — Lui-même a eu des convulsions pendant son enfance, il ne sait pas s’il est resté paralysé à la suite de cette maladie, mais il a toujours senti son côté gauche plus faible. A 4 ou 5 ans, il a eu la variole. À 22 ans, il a contracté Les fièvres paludéennes, et a eu pendant plusieurs années des accès intermittents, jamais il n’a eu de rhumatismes. Pendant toute sa jeunesse, il a fait des excès de boisson. Il a toujours été emporté, se mettant en colère pour des motifs futiles. Sur 7 enfants qu’il a eu, 5 sont morts en bas-àge un seul à la suite de convulsions, les 2? survivants sont en bonne santé.
Histoire de la maladie. — Des renseignements fournis par sa famille, on peut conclure que le début de la maladie remonte à plus d’un an; on avait déjà remarqué la fixité du regard, et l’immobilité du visage; lui-même reconnait qu’il se fatiguait plus facilement, qu’il devenait lent, mais le travail était aussi parfait qu'autrefois. Il y a - 8 mois environ est survenu un incident aigu, à la suite duquel la maladie semble s’être accentuée rapidement. Il était occupé à son travail, quand il s’est senti pris d’une sorte d’étourdissement, sa vue se troublait, les objets ne tournaient pas, mais il en voyait plusieurs au lieu d’un, et n’en distinguait pas nettement les contours ; à ce moment, il fut obligé de suspendre son travail et de se coucher parce qu'il avait peur de tomber ; en même temps, il avait des bourdonnements dans les oreilles, il ne perdit pas connaissance et ne fit pas de chute; cet état dura 1/4 d'heure environ, après quoi il reprit son travail, bien que sa tête fût encore lourde. Toute la journée il se sentit un malaise, maïs l’étourdissement ne se reproduisit pas avec la même intensité. Il affirme que ce jour là, il n'avait fait aucun excès de boisson, mais depuis longtemps il s'était beaucoup fatigué à son travail. Depuis cette époque, les mêmes phénomènes sesont reproduits à diffé-