‹ Contribution à l'étude clinique des formes de la maladie de ParkinsonChapitre 24 sur 35 · OÙ · texte numérisé non relu

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M. Beh... s’assied très rarement ; quand il le fait, il se laisse tomber tout d’une pièce sur son‘siège, dans cette position, ses membres inférieurs allongés ne touchent le sol que par le talon, les pieds ne tremblent pas. Le séjour au lit lui est également pénible; jusqu’à l’année dernière, il dormait assez bien, maintenant son sommeil est mauvais malgré les nombreux médicaments dont il fait usage pour le provoquer. Le décubitus dorsal est le seul possible; pendant le sommeil, le tremblement disparaît complètement, il recommence dès le réveil, c’est le moment le plus mauvais de la journée, le malade accuse un état d'angoisse extrême, d’appréhension, il lui semble qu’il va mourir, cet état persiste jusqu'à ce qu'il ait pris un peu de mouvement ; à cause de la raideur des muscles il lui est impossible de s’habiller seul. Aussitôt debout M. B... commence à marcher ; toute la journée il est en mouvement, il arrive ainsi à fatiguer sa femme et ses trois filles qui se relayent pour l’accompagner, sans que lui-même au bout de la journée se trouve plus las, c’est au contraire dans la soirée qu'il se trouve le moins mal, tant au point de vue de la raideur et du tremblement que de son état moral ; cependant depuis une ou deux semaines, la marche devient plus pénible, elle est rendue douloureuse par la flexion exagérée des orteils sous la plante du pied gauche, la tendance à tomber en avant et surtout en arrière, s’est également accrue en ces derniers temps.

Les réflexes tendineux sont normaux. Il n’y a pas de troubles de la sensibilité, pas de sensation de chaleur.

La parole est lente, traînante, les sons émis ont un timbre sourd tout à fait particulier, mais les mots, même les plus difficiles sont bien articulés, jamais il n’y a de bredouillement. M. B... a continué à plaider jusqu’à son retour en France ; malgré le dire contradictoire de sa famille, il prétend que la parole n’est pas plus lente qu’autrefois, mais seulement moins distincte, du reste si l’élocution estmoins aisée, les paroles ne sont pas cherchées et il dicte avec facilité, procédé auquel il a recours surtout depuis qu’il est gêné pour écrire, C’est ainsi qu’il a pu malgré sa maladie, continuer à s’occuper d’affaires. Malgré ses idées tristes et son masque indifférent, l'intelligence paraît intacte et l’activité cérébrale conservée, le raisonnement ne laisse rien à désirer, pourtant il ne faut pas oublier qu’à certains moments, il est obsédé par des idées de suicide contre lesquelles il a beaucoup de peine à lutter, il dit que sa famille va abandonner, qu'on ne veut plus s'occuper de lui, qu’il est à charge à tout le monde, etc.

Les fonctions organiques s'exécutent assez bien ; appétit médiocre, pas de gêne de la déglutition, digestions faciles ; constipation opiniâtre avec ténesme et épreintes douloureuses quand il va à la selle. Les muscles de la paroi abdominale durs, tendus, semblent participer à la rigidité du système musculaire en général.

Rien à noter du côté des voies urinaires.

Rien au cœur ni à la poitrine.

L'état de M. Beh.. ne s'était pas sensiblement modifié quand il a quitté Paris le 9 juin pour retourner à St-Pierre-Miquelon.

En somme ce qu’il y a de plus remarquable dans le cas de M. Beh. c’est son attitude, les muscles extenseurs du tronc en Gtat de rigidité ont une action prédominante et produisent le renversement du corps en arrière ; on se demande comment le malade peut rester en équilibre.

Au membre supérieur gauche c’est également qui domine, avec: une raideur extrème.

Pendant ce temps, la tête reste fortement fléchie et attirée en avant.

La déformation de la main est encore accusée par l’amaigrissement extrème.

Il est intéressant de rapprocher de l’histoire de M. Beh. ; l’observation suivante rapportée par M. Bidon de Marseille.

OBsERvVATION XIII (M. le D: Brpon de Marseille in Revue de médecine, 1891.

Maladie de Parkinson chez un homme de 50 ans. Disparition du tremblement pendant quelques années, prédominance de la rigidité. — Altitude classique de la paralysie agitante, transformée après une malàdie aiguë. æ

M. H... appartient à une famille où malgré une enquête minutieuse on n’a pu trouver aucune tare pathologique.

. Antécédents personnels. — Pas de maladie avant l'affection actuelle;

il a toujours mené une vie calme et régulière. A la tête d’une importante maison de commerce, il a travaillé d’une façon continue maïs modérée, sans complication d’affaires, n'a été surmené en aucune manière.

Il y a cinq ans environ, il perdit sa femme et en conçut un violent chagrin ; dès ce moment et quoi qu’il n’eût que 50 ans, il s’aperçut qu'ilrestait physiquement au-dessous de lui-même, il n’y avait encore qu'un état de malaise vague par tout le corps ; quelques mois après, il tomba d’une petite échelle, se releva aussitôt et n’eut aucune lésion, mais ses parents accourus constatèrent dès ce moment qu’il tremblait du membre supérieur droit; bientôt il eut des tiraillements dans les membres, un peu plus prononcés du côté gauche; les membres

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