‹ Contribution à l'étude clinique des formes de la maladie de ParkinsonChapitre 26 sur 35 · AO · texte numérisé non relu

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primer des mouvements passifs, et quand on abandonnaït le membre à lui-même, il revenait à sa position habituelle avec de petites oscillations. Ce qui frappa l’entourage la première fois qu’on porta le malade sur un fauteuil, c’est qu'au lieu de prendre l'attitude qu'il avait depuis plusieurs années, il se mit dans une position tout à fait nouvelle pour lui, les membres inférieurs absolument accolés dans toute leur longueur étaient étendus dans tous leurs segments sauf au pied où les orteils étaient fléchis en griffe peu prononcée et qui faisaient avec la jambe un angle de 110° au lieu d’un angle droit ; le tronc continuait presque la direction des membres inférieurs, de sorte que le sujet glissait dans le fauteuil et ne touchait le dossier que par les épaules, la concavité antérieure de la colonne vertébrale était remplacée par une ligne droite ou plutôt par une légère ensellure lombaire. La partie supérieure du dos se recourbaïit encore en avant en produisant une voussure très appréciable des épaules, quant au cou il avait la même attitude que par le passé, toujours assez fléchi en avant pour que le menton vint presque au contact du sternum, les membres supérieurs étaient plus rapprochés du corps qu'auparavant.

La modification de l'attitude dans la station debout était identique à celle observée dans la position assise, le type de flexion a presque complètement disparu et se trouve remplacé par l’extension presque complète. Les membres inférieurs sont rapprochés et bien allongés, ni le genou ni la hanche ne sont fléchis, le tronc est aussi en extension forcée avec légère ensellure lombaire, par contre les épaules forment une voussure à convexité postérieure, le cou s'incline en avant et la tête surtout se fléchit comme avant la grippe ; cette position des épaules, de la tête et du cou est le seul vestige de type de flexion existant autrefois.

Quant aux membres supérieurs, on les voit pendre le long du corps, lavant-bras légèrement fléchi, mais ce qu’il y a de plus saiïllant dans cette attitude, ce n’est pas l’extension du tronc et des membres qui ressemblent au fond au type extension de M. Charcot, c’est l'inclinaison en arrière de tout le corps ; au lieu de se tenir verticalement, le malade se laisse aller.en arrièreet cette inclinaison postérieure est telle que le sujet ne peut à lui seul conserver l’équilibre. Il n’a pas de course rétrograde après son centre de gravité, il tombe tout d’une pièce comme ferait une poutre inclinée qu'on priverait tout à coup d'un de ses supports, aussi pour se tenir debout et pour marcher M. H.. a-t-il besoin d'être soutenu, alors il se tient de façon que la verticale abaïssée de l’articulation de l'épaule tombe environ à 30 centimètres en arrière du talon ; une fois qu’il est ainsi placé, il fait glisser ses pieds l’un à côté de l’autre, mais si peu que le pas n’est pas plus de la moitié de la longueur du pied, les deux pieds restent toujours en contact du sol sans jamais s’en détacher, ils se déplacent

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parallèlement presque sans angle d'ouverture, parfois les pieds se portent encore plus en dedans, celui qui est avancé empêche de placer le suivant. Impossibilité presque complète de monter ou de descendre un escalier.

Au mois de mai, l’inclinaison du corps en arrière est un peu moindre, la raideur paraît plus grande qu'avant la grippe, le tremblement s’est accru au bras gauche, les forces ont bien diminué, la parole est devenue si faible, si lente, si obscurément articulée qu’elle est presque inintelligible. La vue s’est beaucoup affaiblie, ce qui prive le malade de la dernière distraction qu’il pût prendre seul, la lecture. Le besoin de déplacement, même au lit, est toujours intense. Il existe en outre dans les talons d’atroces douleurs qui apparaissent seulement pendant le séjour au lit, et il n’est possible de les calmer un peu qu'en empêchant le talon de porter sur la couche.

L’attitude du malade de M. Bidon pendant la première phase de l'affection ne présente rien de spécial, mais ce changement radical dans l’habitus antérieur est, je crois, un fait unique.

L'extension existe à la fin au niveau du tronc et des membres ; le renversement du corps est au moins aussi prononcé que chez Beh. (ob. XII, p. 90), les membres sont en extension comme chez Bachère.M. Bidon attribue ce changement d’attitude au décubitus dorsal que le sujet a dù conserver pendant la durée de sa maladie aiguë ; cette hypothèse est sujette à contestation, car beaucoup de parkinsonniens impotents obligés de rester confinés au lit conservent cependant ce type de flexion.

J'ai eu l’occassion de suivre pendant 18 mois, une malade qui présente une attitude anormale de la tête, due à la rigidité des muscles du cou, et simulant un torticolis.

Get aspect exceptionnel, m’a paru digne de fixer l’attention ; malheureusement la photographie ne donne qu’une idée fort imparfaite de la torsion du cou, avec rotation de la tête :

OBsERVATION XIV (Recueillie avec mon ami MERGIER, préparateur à la Faculté).

Maladie de Parkinson unilatérale avec attitude anormale de la tête et du cou simulant un torticolis.

Mme O... Fanny, 30 ans, sans profession, s’est présentée à la consultation du mardi à la Salpêtrière, au mois d'avril 1891, étant at-

teinte d’un tremblement limité au côté gauche, remontant à quelques années déjà.

Antécédents héréditaires. — Son père et sa mère sont vivants et bien portants, sa grand'mère maternelle âgée de 91 ans, n’a jamais été malade. Tous les membres de sa famille jouissent d'une bonne santé, les renseignements qu’elle fournit ne permettent pas de penser qu'il y ait eu de maladies nerveuses.

Antécédents personnels. — La malade raconte qu'elle est née avant terme, et qu’elle a eu des convulsions deux fois au moment de la dentition ; à 9 ans, elle a eu une fracture de l’avant-bras gauche à sa partie moyenne, la consolidation s’est faite sans laisser de déformations. La menstruation s’est établie à 14 ans et a toujours été régulière.

Mariée à 19 ans, elle a eu l’année suivante un petit garçon qui est

mort à À an d’une méningite, lui a-t-on dit ; sa santé n'a jamais été aussi bonne depuis. A 22 ans, elle a eu un second enfant, qu’elle a élevé au sein, c’est une petite fille nerveuse mais d’une bonne santé. En 1887, elle a eu un troisième enfant, qui est également bien portant. Pendant qu'elle allaitait cet enfant, elle a eu au pouce gauche un panaris survenu à la suite d’une piqûre, elle en a souffert pendant 3 mois ; mais il a fini par guérir sans amener la chute de l’ongle. Au mois d'octobre 1890, elle fit sans cause connue, une fausse couche de 2 mois; 8 jours après, elle voulut commencer à se lever, mais à la suite de cette imprudence, elle eut une métrorrhagie abondante accompagnée de plusieurs syncopes ; des accidents puerpéraux se déclarèrent bientôt qui l’obligèrent à garder le lit pendant 3 mois. Il y a 9 ans, elle a vécu pendant 18 mois dans un logement humide. Histoire de la maladie. — Mme O..., raconte que sa maladie a débuté dans les premiers mois de 1890 à la suite d’une grande frayeur (son petit garcon âgé de 2? ans 1/2 faillit tomber par la fenêtre de la hauteur du deuxième étage), mais en la questionnant, on ne tarde pas à se convaincre qu’en réalité, elle était déjà souffrante bien avant cette époque ; dès l’année 1888, la main et le bras gauches étaient le siège d’une douleur sourde, de roideur et de faiblesse, qui augmentaient quand elle avait beaucoup travaillé. Presque en même temps, le pouce aurait commencé à présenter un tremblement très menu, qui n'a gagné le reste de la main que plus tard, en sorte qu’on est en droit de se demander, si le panaris qu’elle avait eu précisément au pouce gauche quelques mois plus tôt, n’aurait pas joué un rôle important dans le développement de la maladie. Quoi qu’ilen soit, son récit permet aussi de croire que la frayeur qu'elle accuse a été suivie d’une aggravalion assez brusque puisque c'est à ce moment que le tremblement a envahi l’avant-bras et le bras, pour se propager 3 mois après au membre inférieur du même côté. Ce tremblement a été en s’accentuant depuis lors et n’a pas cessé un seul instant, c’est à ce sujet que la malade est venue à la consultation.

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