UN
Fig. 9. — Tremblement de la main droite.
A. Période de repos. — B. Mouvement volontaire.
ments sont cependant très limités, les reliefs musculaires sont moins marqués que du côté opposé. Le tremblement reste toujours limité à la main, il consiste en mouvements peu étendus de flexion et d’extension des doigts, et surtout en mouvements de flexion, d’extension et de latéralité du poignet droit, son amplitude n’est jamais considérable, l'observation directe, de même que l’enregistrement à l’aide du polygraphe de Marey permettent de reconnaître qu’il présente les caractères généralement attribués au tremblement de la maladie de Parkinson, le nombre des oscillations est d'environ 41/2 par seconde, il existe au repos, la main tombant naturellement sur le côté du tronc ou reposant sur la cuisse ; son amplitude augmente beaucoup quand la malade est émotionnée ; elle diminue au point de donner une ligne
presque droite à l'inscription quand la malade fait un mouvement BÉCHET 18
volontaire, quand par exemple, elle porte un verre à sa bouche; il n'est jamais influencé par la station debout ou la position assise, mais il est beaucoup moins marqué au lit et cesse complètement pendant le sommeil pour recommencer dès le réveil.
Mais ce qu'on constate de plus remarquable au niveau de la main droite, c’est un amaigrissement considérable, joint à une attitude tout à fait particulière, s’éloignant des différents types de déformation qu'on décrit dans la paralysie agitante. Quand la malade se tient debout, elle laisse tomber sa main qui est en pronation forcée, la face palmaire regardant directement en arrière ; quand elle est assise, elle la fait reposer toujours en pronation sur la cuisse droite ; la face dorsale de la main est amaigrie, les espaces inter-osseux forment des sillons très accentués, les phalanges des 4 derniers doigts sont en hyperextension sur le métacarpe et un peu déviées vers le bord cubital, la phalangine et la phalangette fléchies donnent à la main un aspect de griffe, le pouce reste parallèle à l’index ; si on considère la face palmaire, on remarque un aplatissement notable de l’éminence thénar; en somme l'attitude de la main ressemble beaucoup à celle d’un malade atteint d’atrophie musculaire progressive.
M. R. Vigouroux a bien voulu rechercher comment se comportaient les muscles sous l'influence des excitations électriques, voilà quels résultats il a obtenu : « Les muscles de la main réagissent normalement à l'exception du deuxième interosseux et du court abducteur du pouce pour lesquels on trouve la réaction de dégénérescence complète, à savoir : absence de réaction à l'excitation faradique ; et à l’excitation galvanique grande diminution, on obtient une légère contraction seulement avec l’anode. Pour les autres ‘muscles de l’éminence thénar, on trouve une diminution de la contractibilité aux courants galvanique et faradique, mais la contraction reste toujours plus forte avec le katode qu'avec l’anode, par conséquent, pas de réaction de dégénérescence. Les autres muscles du membre supérieur ne présentent rien de particulier, il y à un certain degré d’atrophie du moignon de l’épaule, mais partout les réactions sont normales. La jambe droite est raide et se fatigue beaucoup plus que la gauche, la malade accuse au niveau de la cuisse une sensation de pesanteur et de douleur mal limitée ; on éprouve une certaine résistance quand on cherche à faire mouvoir les différents segments du membre, il n’y a pas d'atrophie appréciable au membre inférieur. Depuis deux mois, le pied droit est agité d’un tremblement peu intense quand la malade est assise, Les orteils sont en extension forcée presque renversés sur le dos du pied, Le réflexe rotulien est très faible à droite.
Quand Mme Di... veut quitter son siège pour se mettre en marche, elle se soulève péniblement, en prenant point d'appui sur ses genoux, elle marche en fléchissant un peu le genou droit et en trainant le pied,
‘dont la pointe se détache à peine du sol, le pas est plus petit qu’autrefois. Elle soutient ordinairement la main droite avec la gauche, sinon elle la laisse tombante la face palmaire tournée en arrière ; l’aspect de la malade quand elle est en mouvement rappelle plutôt celui d'une hémiplégique.
Le côté gauche est resté absolument indemne.
La sensibilité dans ses différents modes est intacte des deux côtés. Dynamomètre : M. D. = 17. — M. G. = 25.
L’examen des yeux pratiqué par M. Parinaud à deux reprises différentes est resté négatif.
Il y a parfois un peu de gêne de la déglutition en particulier pour les liquides.
Mme Di... est plus émotive qu'autrefois, elle a souvent des crises de larmes qu’elle ne peut empêcher, par instants, elle est dans un état d'angoisse très pénible, néanmoins, son intelligence reste intacte.
Je reste persuadé que Mme Di... n’est pas une parkinsonnienne
comme on l’avait cru au premier abord, mais je me sens fortement embarrassé pour formuler un diagnostic. Il paraît bien probable que, à la suite de la chute sur l’épaule, elle a eu une monoplégie hystérique, le début trois jours après l'accident est bien pour le faire penser, et le traitement institué par M. Letulle permet de croire que tel fut son diagnostic. Tant que le tremblement est resté limité au membre supérieur on aurait encore pu croire à un tremblement hystérique ; bien qu’il n’y eût pas d’anesthésie. Mais l’envahissement progressif du membre inférieur, la raideur, l'expression de la physionomie étaient plus en rapport avec la paralysie agitante ; ce qui ne s'accorde ni avec l’une ni avec l’autre de ces hypothèses c’est l'existence de l’atrophie musculaire, avec réaction de dégénérescence.
20 Formes atypiques par leur mode d’envahissement.
De même que les différentes variétés de la maladie de Parkinson hémiplégique, ces formes ne constituent qu’une période transitoire de l’affection, et finissent tôt ou tard par rentrer dans le type commun, elles ne présentent un réel intérêt que si on a occasion de procéder à l’examen du malade à une époque rapprochée du début, ou bien si elles se prolongent, ce qui a lieu rarement : elles
peuvent comme les autres exister avec ou sans tremblement. Il n’y a donc pas lieu de décrire des formes #onoplégiques, paraplégiques, croisées etc.…..; mais il importe de savoir qu’il y a des cas à début paraplégique, à début croisé, à début par les membres supérieurs, etc.
Les observations qui suivent sont des exemples de cet ordre, et quelques-unes d’entre elles présentent en outre des particularités qu'il était intéressant de signaler.
Il faut seulement rappeler à propos des cas à début paraplégique, qu'ils peuvent, si l’on n’y prend garde, en imposer pour une véritable paraplégie spasmodique.
A. — Début par les membres supérieurs.
OBSERVATION XXI (Personnelle).
Maladie de Parkinson (Forme fruste). — Début par les membres supérieurs. — Raideur généralisée, plus marquée à droite. — Propulsion,rélropulsion, latéropulsion. — Tremblement à peine marqué, limilé à la main droite. — Douleurs rhumatoïdes au début.
Ch... Clément, 60 ans, serrurier, est venu à la consultation du mardi le 31 mai 1892.
Antécédents hérédilaires. — Père mort à 64 ans par accident. Mère morte à 76 ans, avait eu dix ans auparavant une attaque suivie d’hémiplégie gauche.
Un frère et une sœur en bonne santé.
Il ne paraît pas y avoir de maladies nerveuses dans la famille,
Antécédents personnels. — Il a toujours été d’une bonne santé ; pas d'accidents nerveux, pas de douleurs articulaires. Il n’est ni alcoolique, ni syphilitique. ;
Histoire de la maladie. — La cause invoquée par Ch... pour expliquer l’invasion de la maladie est l’habitation dans un rez-de-chaussée humide en 1890. Les premiers symptômes ont été relevés en avril 1891 ; jusqu’à cette époque, il n'avait éprouvé aucune gène dans son travail assez rude à la forge, et n'avait pas souffert des brusques changements de température auxquels l’exposait sa profession de serrurier. Le début fut insidieux ; il commença par éprouver une douleur sourde dans l'épaule gauche avec difficulté et limitation des mouvements, en particulier pour l’abduction et l'élévation. Il paraît qu'à cette époque, il y avait quelques craquements articulaires ; l'épaule droite était également un peu douloureuse ; un médecin con-
sulté fit faire des applications de pointes de feu sur le moignon de l’épaule gauche, et prescrivit à l’intérieur de l’iodure de potassium.
Vers le mois d'octobre, Ch... commença à ressentir de la gêne dans la main droite, qui était plus raide, plus lourde, plus maladroite que la gauche, il lui semblait aussi qu'elle était toujours froide, il avait du mal à fléchir complètement les doigts. Il avait dû déjà renoncer antérieurement à son travail à cause de la gêne qu’il éprouvait dans les épaules. Dès les premiers temps, il avait ressenti quelques douleurs le long de la colonne vertébrale, cela passait, dit-il, comme un courant électrique, durant quelques minutes chaque fois et se reproduisait à trois ou quatre reprises dans la journée, ces sensations douloureuses n'ont pas persisté, il n’y a plus qu’un sentiment de faiblesse à la région lombaire.
Au commencement de l’année présente, il a éprouvé une sorte de lassitude et de pesanteur continuelles dans les membres inférieurs, simultanément et avec une égale intensité des deux côtés, quand il marchait, les genoux fléchissaient. Au mois de mars, il a remarqué que s’il ne se surveillait pas, il avait tendance à faire de petits pas, il marchait penché en avant comme s’il allait tomber, le pied droit trainant un peu plus.
Etat actuel (juin 189%). Malade assis et au repos. — La tête n’est pas penchée en avant, ni latéralement, elle a son attitude normale, mais les muscles du cou un peu rigides et tendus, en rendent les mou- . vements lents et pénibles. La face est immobile, présente peu de rides, elle est symétrique, les yeux sont fixes et brillants, la bouche n'est pas déviée, la langue ne tremble pas.
Les épaules légèrement voûtées sont placées sur le même plan horizontal, il n'y a pas de déviation du rachis. Le membre supérieur droit tombe le long du tronc, le coude demi-fléchi en reste éloigné de quelques centimètres, l’avant-bras ét la main dans une attitude intermédiaire à la pronation et à la supination, la main un peu fléchie sur l’avant-bras, les doigts en demi-flexion, le pouce en adduction n’arrivant pas au contact de l’index. Le membre supérieur gauche est dans une position analogue. Le malade veut-il se servir de sa main droite, par exemple prendre un verre pour le porter à sa bouche, le mouvement est exécuté avec une extrême lenteur sans tremblement appréciable ; cherche-t-il à exécuter le même mouvement plus rapidement ou à faire un effort, aussitôt on voit la main et l’avant-bras animés de petites oscillations lentes qui n’augmentent pas en arrivant vers le but: le bras gauche se meut avec un peu plus de rapidité et de souplesse, mème pendant l'effort, il ne tremble pas. Pour prendre un objet quelconque, son couteau, par exemple, dans la main droite, il est obligé de s’aider de la main gauche pour le mettre en placé, de mème pour le lâcher, il a une certaine peine, le pouce ne se sépare pas de l'index dès que le mouvement est commandé et la main
reste au-dessous de l'objet qu'elle abandonne ; en résumé un tremblement très léger se manifeste uniquement pendant l'effort et reste localisé à la main droite.
Les muscles des membres supérieurs ne paraissent pas atrophiés, et cependant la force musculaire n’est guère développée et peu en rapport avec celle d’un ouvrier habitué à manœuvrer de lourdes pièces, mais la diminution qu’elle a pu subir s’est fait sentir des deux côtés, car la main droite quoique plus atteinte indique au dynamomètre de pression un chiffre plus fort que la gauche. M. D. = 31. M. G. = 28.
Le membre inférieur droit a de tout temps été plus faible que le gauche par suite d’une ancienne fracture de jambe vicieusement consolidée ; les jambes ont tendance à se placer en extension quand le malade est assis, leurs mouvements sont lents etempreïints d’une certaine raideur, les mouvements provoqués eux-mêmes sont difficiles, à cause de la rigidité dont on ne triomphe qu'en déployant une force assez grande.
Les réflexes tendineux sont normaux, ils paraissent un peu plus faibles à droite, ce qui peut tenir à la difficulté apportée par la raideur.
Malade debout. — Ch... se lève facilement de son siège à condition de prendre un peu d’élan et de s’arc-bouter sur les mains. L’aspect figé est beaucoup plus marqué que dans la position assise, la tête est à peine inclinée, le bras tombe presque directement et reste allongé.
Malade en marche. — Il marche un peu penché en avant, les épaules voûtées, les bras fixes le long du tronc; il avance à pelits pas, les genoux demi-fléchis, les pieds quittant à peine le sol, surtout le droit, quand il se surveille, il arrive à faire des pas beaucoup plus grands, il redresse alors le corps, croise ses bras, et marche droit et raïde comme s’il était empalé, maïs bientôt la cadence du pas se précipite, et la propulsion est très nette; il éprouve une extrême difficulté à changer de direction ; quand il s’agit de faire volte face, il y parvient bien plus difficilement s’il veut faire un demi-tour à droite que s’il le fait à gauche ; ce mouvement est toujours si pénible que pour peu que l’espace soit restreint il préfère marcher à reculons, mais dans cette nouvelle allure, il ne tarde pas à aller trop vite et risque de tomber à la renverse. IL y a en outre un peu de latéropulsion, Ch... éprouve continuellement le besoin d’être en mouvement, la nuit il dort mal et change à chaque instant de position.
Il n’a pas de sensation de chaleur, maïs il transpire plus qu'avant d’être malade.
On ne constate pas de troubles trophiques.
La sensibilité paraît normale et est égale des deux côtés.
La parole est lente et monotone, mais sans bredouillement. La déglutition des liquides est un peu gênée depuis quelques mois.
L'écriture est régulière, les lettres bien formées mais avec des ondulations caractéristiques.
Pas de troubles digestifs.
Un peu d’athérome. Pas de lésion du cœur ni des poumons. Pouls 72-78.
Les facultés intellectuelles sont intactes.
Du côté des organes des sens, on note un affaiblissement de l’ouie datant de quelques années.
L'examen oculaire a élé pratiqué par le docteur Kœnig : pas de rétrécissement du champ visuel, pas de dyschromatopsie.
Vision normale après correction avec un verre convexe de + 2 D.
Un peu de fixité du regard. Les mouvements des yeux sont normaux.
La pupille droite réagit bien à la lumière, la pupille gauche réagit mal. Quand on excite celle-ci, la pupille droite se contracte bien, tandis que le réflexe consensuel de la pupille gauche n'existe pas : toutes deux réagissent bien à l’accommodation. La convergence est défectueuse. Pas de lésion du fond de l'œil.
En résumé début par les membres supérieurs et non par leurs extrémités, mais par le moignon de l'épaule. Y a-t-il eu réellement des altérations articulaires au début ? Maintenant que l’envahissement des membres inférieurs est effectué, Ch. offre un exemple de maladie de Parkinson généralisée sans tremblement.
Comme chez plusieurs autres il y a du défaut de la convergence.
B.— Moitié supérieure du corps. — Membres et tête.
OBsERVATION XXII (Benvenuti Messeroti in Rasseona di scienze Mediche, 1889. Traduit de l'Italien par mon ami le D' Tondi).
Tremblement de la moilié supérieure du corps survenu sans émotion ni traumatisme, existant surlout dans la station debout, diminuant ou cessant dans la marche, la station assise, les mouvements volontaires. — Période derecrudescence el d'amélioration — Attitude de la tête et du tronc.
Guerzoni Fiorenza, âgée de 66 ans, journalière.
Antécédents héréditaires. — Rien de remarquable dans ses ascendants ou ses collatéraux.
Anlécédents personnels. — Dans l'enfance, elle a eu la gourme, depuis l’âge de 11 ans, elle est sujette à des céphalalgies revenant à intervalles variables et s’accompagnant quelquefois de fièvre. Réglée
à 44 ans, toujours régulièrement. Ménopause à 82 ans, un an après son mariage, dont elle n’a pas eu d'enfant. Elle n'a jamais demeuré dans une habitation humide et n’a jamais eu de souci ni d'émotions violentes. ,
Histoire de la maladie. — La maladie actuelle remonte au mois de février 1887. Un matin étant agenouillée dans l’église, elle sentit tout d'un coup ses forces l’abandonner, et elle serait tombée, si elle n'avait pu se retenir, mais elle ne perdit pas connaissance ; une demiheure après, elle put regagner son domicile, lentement, mais sans aucun aide, elle garda le lit pendant trois jours, au bout desquels s'étant levée, elle s’aperçut que ses bras tremblaient d’une façon uniforme, de même que la moitié supérieure du tronc, et cela seulement quand elle se tenait debout sans marcher; venait-elle à faire quelques pas ou à s’asseoir, le tremblement cessait pour apparaître de nouveau quand elle prenait la station verticale. Ce tremblement conserva le même caractère jusqu'en juin 1887, à cette époque, il augmenta brusquement, il ne cessait plus dans la position assise, il agitait de secousses violentes les bras et la tête. Pendant la marche, le tremblement diminuait un peu sans disparaître complètement. La malade dit qu’alors pour ne pas en être trop incommodée, elle était obligée de manger en marchant. A la fin de 1887, le phénomène avait encore augmenté et ne cessait plus, même quand la malade était couchée, le sommeil était presque impossible. Cette augmentation du tremblement disparut dans la seconde moitié de mars 1888, époque où l’état redevint le même que pendant les premières semaines de la maladie, bien qu'aucun traitement n’eût été institué.
La malade entra à la clinique du professeur Galvagni, le 31 mars 1888 : pendant son séjour dans le service, elle eut à plusieurs reprises des vertiges et des accès dyspnéiques qui l’obligeaient à rester assise dans son lit pendant une ou deux heures ; on a observé plusieurs périodes de recrudescence et de rémission dans le tremblement. Pendant les recrudescences le tremblement était plus accentué qu'à l’ordinaire dans la station debout et ne disparaissait pas quand on faisait asseoir ou marcher la malade. Pendant les périodes de rémission au contraire, le tremblement disparaissait tout à fait dans ces conditions ; lorsqu'elle était au lit nous avons toujours vérifié l’absence de tremblement, sauf un jour où il y avait une recrudescence, On remarquait de plus de temps à autre l'apparition d’un léger degré de contracture durant quelques heures, tantôt limitée aux membres inférieurs, tantôt généralisée au corps entier, contractures qui rendaient les mouvements moins faciles.
Examen objectif. — La malade est dans son lit, en décubitus dorsal, les membres inférieurs étendus, et les supérieurs croisés sur la poitrine, elle est d’une taille moyenne, son squelette est régulièrement
Mae x
constitué, muscles flasques, peau flétrie et sèche, tête régulière, la
langue peut être tirée hors de la bouche, mais ne peut guère être maintenue dans cette position et pendant le temps qu’elle y reste, elle présente du tremblement. Thorax médiocrement développé, respiration abdominale, choc de la pointe du cœur dans le 4° espace un peu en dedans du mamelon. Membres supérieurs et inférieurs normaux.
Quand on presse sur le rachis, on trouve trois points quelque peu douloureux, le premier au niveau de la quatrième dorsale, le second au niveau de la douzième, le dernier à l’union de la cinquième lombaire et de la première sacrée : Rien au niveau du cœur, un peu d’athérome des artères périphériques.
Pouls 80. Température normale.
Au dynamomètre M. D. —= 24. — M. G. = 25.
La sensibilité dans tous ses modes est normale.
Pas de troubles de l’excitabilité musculaire au courant galvanique, le courant faradique provoque une contraction exagérée, tant aux membres supérieurs qu'aux inférieurs, mais surtout dans le membre inférieur droit.
Réflexes plantaires et rotuliens normaux.
Goût et odorat normaux. Ouïe diminuée, surtout à gauche. Les mouvements des paupières et de l’orbiculaire se font physiologiquement, réflexes pupillaires normaux. A l’examen opthalmoscopique, un peu de pàleur de la papille.
Quand la femme s’assied, le tronc est un peu plié en avant, la tête courbée sur la poitrine, les bras fléchis, les mains immobiles et en flexion, appuyant l’une près de l’autre sur le ventre.
En dehors des périodes de recrudescence, la malade ne tremble pas quand elle est assise (les tracés 4, 2 et 3 publiés avec l'observation en font foi). Quand elle est debout, elleest prise par un tremblement égal en intensité des deux côtés, dans la partie supérieure du tronc, les membres supérieurs et la tête; c’est un tremblement rythmique de petite amplitude avec six oscillations par seconde, ayant les mêmes caractères dans le tronc et les membres supérieurs ; à la tête les mouvements oscillatoires sont plus amples et moins réguliers. Le tremblement cesse complètement quand la femme fait quelque mouvement volontaire, même les mouvements délicats (boire, porter une cuiller à la bouche).
Quand on la fait marcher, le tremblement disparaît, et elle peut progresser rapidement ou lentement à volonté, elle se dirige franchement en ligne droite vers le but indiqué, ayant d’ailleurs toujours la tête et les épaules un peu courhées ; si pendant qu’elle esten marche, on lui ordonne de revenir sur ses pas, on voit se produire une secousse de tremblement au moment où le poids du corps appuie sur un seul
membre, il n’y a absolument pas de phénomène de propulsion, de rétropulsion ou de latéropulsion.
Il n'existe pas de rigidité de la face, ni du cou, ni des membres.
En résumé, dit M. Messerotti, après avoir énuméré les différentes affections qu'il faut distinguer de la maladie de Parkinson, les enseignements que l’on peut tirer de cette observation sont les suivants :
10 Le tremblement de la paralysie agitante peut commencer subitement, sans être causé par une émotion violente, ou aucune secousse de quelque nature soit elle ;
20 Il peut être précédé par un trouble général consistant dans une lipothymie incomplète suivie d’une perte des forces durable ;
3° Il peut être rémittent, et cesser complétement quand la malade
s'assied ou marche,
M. Messerotti affirme qu'il s’agit bien d'une maladie de Parkinson, s’il est dans le vrai ; ilfaut reconnaître qu’elle se présente avec des allures tout à fait spéciales, non seulement par sa localisation à la moitié supérieure du corps, mais par le mode de début et les rémissions dans le tremblement.
C. — Début par les membres inférieurs. — Maladie de Parkinson paraplégique.
OBsERvVATION XXIII. — (M. Mesnard, chef de clinique à Bordeaux, in Gaz. sc. med. de Bordeaux, 1888).
Maladie de Parkinson ayant débuté par les membres inférieurs. — Envahissement tardif des membres supérieurs.
L... Jean, 59 ans, laveur de cale aux quais de Bordeaux, ne paraît pas avoir d’antécédents héréditaires, n’a jamais eu la syphilis, n’était pas buveur.
Il y. a deux ans et demi, il à été pris d’une faiblesse dans les deux jambes, sans y éprouver la moindre douleur. À ce moment le cou est devenu raide et douloureux, à droite et en arrière à la région du trapèze, surtout la nuit à la chaleur du lit.
Six mois après est survenu un tremblement continu, pendant le repos seulement, au gros orteil droit; peu après le même tremblement mais moins fort est survenu dans celui du pied gauche, puis les pieds ont tremblé ainsi jusqu’au cou-de-pied, mais le tremblement était modéré. Il tremble beaucoup moins quand, étant assis, il allonge ses jambes.
Les mains n’ont été prises q@'un an plus tard, le tremblement a
débuté par la main droite, et n’a été appréciable à la main gauche que quatre à cinq mois après.
Fatigue continuelle dans les deux membres inférieurs et au membre supérieur droit.
Sensation de chaleur, surtout aux jambes qu'il ne peut tenir couvertes dans le lit.
Le nombre des secousses est d'environ 140 par minute.
Le tremblement des pieds et des mains cesse pendant les mouvements intentionnels.
Un peu de tremblement de la langue. Bégaiement très marqué, qui ne date que de l'époque où le malade a commencé à trembler des jambes.
Mémoire et facultés intellectuelles intactes.
Faciès immobile comme un masque. Pas de nystagmus. Attitude soudée.
Propulsion et surtout rétropulsion marquées.
Force musculaire conservée aux quatre membres.
Réflexes tendineux normaux.
Sensibilité normale.
Ge mode d’envahissement par les deux membres inférieurs est assez rare ; un de mes malades Dub. (obs. IX) à vu sa maladie commencer par un membre inférieur, mais chez lui, l'affection a suivi une marche normale et a envahi le membre supérieur du même côté.
M. Charcot parlait récemment d’un malade de sa clientèle chez qui les troubles occupaient les membres inférieurs, le cou et la tête, les membres supérieurs étaient indemnes.
D. — Mode de début croisé.
OgsenvarTion XXIV (due à M. le Dr Paul Berbez). — Obs. XXI de la th. de Blocq... Obs. VIII de la th. de Lacoste (résumée).
Maladie de Parkinson sans tremblement. — Raideurs limitées au moignon de l'épaule gauche, à la partie latérale gauche du cou et à la jambe droite.
Homme, 72, ans, sans antécédents héréditaires. Santé excellente - jusqu’en 1886. Quelques douleurs rhumatoïdes dans les muscles du dos, des épaules, dans les muscles intercostaux.
En 1886, zona du plexus cervical, accompagné de douleurs vives
pendant 2 mois. En même temps, douleur très violente dans l’articulation de l'épaule dont les mouvements sont gênés, un peu d’atrophie musculaire du moignon de l’épaule. Quelques semaines après, raideurs des muscles de l'épaule gauche, gagnant bientôt la moitié gauche du cou et la jambe droite, cet envahissement demanda seulement un mois.
M. le professeur Charcot vit le malade chez lui en mai 1887, et malgré l'absence de tremblement porta le diagnostic de maladie de Parkinson. Attitude, fixité de la tête et des yeux, éclat maladif du regard, aspect empalé de tout le corps, flexion du tronc en avant, flexion des mains, raideur de la jambe droite.
Cette raideur qui immobilise l’épaule gauche et empêche le malade de lever le bras, s'étend à la moitié gauche du cou seulement. Les muscles raidis, malgré leur atrophie, ont une consistance ligneuse, ils sont presque inexcitables et ne présentent pas dans leur masse de contractions fibrillaires.
Liberté absolue des mouvements de l’avant-bras sur le bras. Mollesse des muscles sains.
Réflexes normaux.
Le membre inférieur droit est pris de la même façon, raideur des muscles qui immobilisent les uns sur les autres les différents segments du membre.
Consistance dure des grands muscles de la cuisse et des muscles du mollet. Pied fixé ne peut être fléchi ou étendu qu’en déployant une force considérable.
Pas de tremblement.
Cette observation présente un double intérêt en raison de l'absence complète de tremblement, et surtout à cause de la distribution particulière de la rigidité occupant l’épaule gauche, et le membre inférieur droit ; c’est comme exemple de forme croisée que j’ai tenu à la reproduire ici.