‹ Contribution à l'Étude Clinique des Kystes ParadentairesChapitre 14 sur 28 · LATÉRALES SUPÉRIEURES · texte numérisé non relu

LATÉRALES SUPÉRIEURES

Les kystes développés aux dépens des incisives latérales feront ici l'objet d'une étude beaucoup plus approfondie, parce qu’ils peuvent être mis dans une classe toute spéciale, et que, s’ils revêtent souvent une forme identique à celle des incisives centrales (fig. 1, p. 28), ils présentent par contre, également très souvent, une anomalie d'évolution absolumentcaractéristique,àsavoir leur fusée vers la voûte palatine.

La formation d’une collection persistante au niveau du palais, et à la partie antérieure de celui-ci, est un fait extrèmement fréquent, et bien connu des dentistes, qui ont vu échouer à cette occasion tous les traitements réussissant ailleurs, et qui ont été frappés par l’incurabilité, pour ainsi dire décevante, de cette lésion.

Si parfois, en effet, une telle collection se forme

| | PRES | avec tous les symptômes habituels de la périostite banale d’origine dentaire, si, dans ces cas, l’incision de l’abcès sous-muqueux, la désinfection ou l'extraction de l'incisive latérale infectée, amènent une cessation rapide des accidents, bien souvent, au contraire, c’est par une lente évolution, indolore, passant même inaperçue, que la tuméfaction palatine se crée.

Le malade vient consulter au bout d’un temps plus ou moins long, pour une petite grosseur, siégeant en arrière des incisives, d’un côté de la ligne médiane; c’est le contact de la langue plus ou moins gênée par la déformation de la cuvette palatine qui attira l’attention du malade de ce côté.

Cette tuméfaction, pour qui en a vu un certain nombre, revêt toujours la même forme, et les moulages que nous avons pu en prendre, et dont nous donnons un exemple (fig. 2) en font foi.

Voici comment elle se présente. Nettement unilatérale, elle s'arrête exactement sur la ligne médiane, et ne la dépasse jamais.

Elle s’étend en longueur, tout le long de cette ligne, jusqu’à une distance plus ou moins grande du palais purement muqueux.

En largeur, elle diminue à mesure qu’elle s’éloigne du collet des incisives centrale et latérale.

A ce niveau, en effet, la tuméfaction couvre l'aire comprise entre la canine et le bord médian de l’incisive centrale.

A la hauteur de la i ou 2° prémolaire, le bord

externe de la tuméfaction se rapproche suivant un trajet

oblique du bord interne et médian avec lequel il finit par se confondre.

En épaisseur (on le constate par rapport au côté sain), le point culminant se trouve à environ un centimètre en arrière du cajlet des incisives.

Fi. 2. — Dessin, d’après un moulage, de tuméfaction palatine persistante, due à un kÿste de l'incisive latérale supérieure gauche. On peut y constater la déformation de la cuvette palatine, absolument caractéristique, et qui est semblable à celle de tous les moulages que nous possédons,

La muqueuse palatine qui recouvre cette tuméfaction ne présente aucun changement de coloration : les papilles sont conservées, absolument intactes, ce qui semble au premier abord un peu surprenant, étant donnée parfois l'importance de fa tuméfaction.

Enfin, on ne constate Le plus souvent aucune fistule, permettant à la collection de se vider. Dans tous les cas que nous avons pu voir, au contraire, les incisions faites au niveau du palais se cicatrisent très vite, et il

ane faut les renouveler fréquemment, car, aussitôt la plaie refermée, la collection se reforme.

La palpation de ces tuméfactions donne une sensation absolument spéciale.

Le doigt, géné par le contact des papilles, perçoit bien l'existence d’une tumeur, mais on ne peut comparer ce qu'il fait constater, ni à la fluctuation, ni à la rénitence, ni à la crépitation parcheminée. de

Il semble en effet quela fibro-muqueuse est pour ainsi dire trop longue pour la surface osseuse qu’elle a à recouvrir etqu'on ne peut l’amener,tout au moins en son point le plus saillant, au contact avec la voûte palatine.

Quant à la douleur perçue à la palpation, elle est excessivement variable.

Absolument nulle dans bien des cas, elle peut être

au contraire très marquée, mais elle n’a pas son siège

au point de contact, ce qui est capital, mais, par propa- :

gation, au niveau de l’incisive latérale, cause du mal.

Cette douleur n'existe, du reste, que dans les cas où la collection, suppurée, revêt un caractère hyperseptique assez rare

Dans les cas non douloureux,, la pression sur la tumeur donne au malade la sensation d’un resserrement des dents antérieures.

Si nous avons commencé l'étude des kystes développés aux dépens des incisives latérales, par une description aussi détaillée de la tuméfaction palatine, c’est qu'il nous semble que tout l'intérêt de cette classe repose en elle, et que sa nature a été jusqu'ici le plus

souvent méconnue.

td

Cela ne veut pas dire qu’elle soit un symptôme constant du kyste de l’incisive latérale, maïs, sur 20 observations recueillies dans les annales du service, nous en trouvons 8 qui font mention de lésion palatine, et sur 8 observations, personnelles, 5, vérifiées par l'opération, présentent le symptôme qui nous intéresse en ce moment. ,

Il semble donc que nous devons y attacher une grande importance clinique, d'autant plus que l’incisive latérale est la seule dent à présenter un kyste à prédominance palatine : jamais une incisive centrale, une canine ou une prémolaire ne présentent pareils symptômes.

Tout au plus un kyste, développé aux dépens de la racine palatine d’une grosse molaire, pourra-t-il parfois amener des modifications de la voûte palatine.

Aussi, l’existence de ce nouveau signe de kyste de l’incisive latérale attira-t-elle notre attention d’une facon toute spéciale sur cette dent.

Et nous avons remarqué ceci : l’incisive latérale est la dent qui présente le plus d’anomalie, au point de vue des variétés de son éruption, de sa forme et de la forme de sa racine.

Cette dent, qui peut totalement manquer; présente souvent l'aspect d’une incisive de lait: petite, implantée de façon vicieuse, elle présente très fréquemment une antéversion ou une latéroversion marquées.

Sa racine a de fréquentes courbures, et nous en avons extrait de totalement déjetées en arrière.

Enfin, c’est une dent qui se carie avec la plus grande

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es

facilité : caries latérales, qui prennent rapidement une

grande extension.

Et nous nous sommes demandés pourquoi cette dent semblait avoir une véritable place à à part dans la bouche.

L'examen et l’étude détaillée de l'état dentaire de plusieurs enfants ou adultes, porteurs de’ becs-delièvres, nous ont amené à penser que Le développement de la face pouvait entrer en cause dans ces anomalies de l’incisive latérale et de son kyste. |

Examinons en “effet un enfant, atteint de bec-delièvre double, ce qui, schématiquement, représente un stade embryonnaire qui n’a pas évolué.

Nous voyons, sur les deux intermaxillaires internes soudés l’un à l’autre, les deux incisives centrales; puis, les deux scissures latérales, et enfin, l’intermaxillaire externe, porteur de l’incisive latérale.

L’incisive latérale, appelée par certains précanine, borde donc la lèvre externe de la fissure. C’est de beaucoup le cas le plus fréquent, puisque sur 100 Cas, M. Broca le trouve 72 fois, et sur 20 cas, M. Kirmisson, 14 fois.

Mais ce n’est pas tout: l’incisive latérale estimplantée, suivant la théorie d’Albrecht, sur le bourgeon nasal externe, devenu ultérieurement l’osintermaxillaireexterne.

Cette dent est donc, pour ainsi dire, isolée du reste du maxillaire, par deux scissures embryonnaires : l’une, qui persiste Le plus souvent dans le bec-de-lièvre, entre l'intermaxillaire interne et l'intermaxillaire

externe, l’autre, entre ce dernier, et le maxillaire supé-

rieur proprement dit.

Ne peut-on dès lors penser que toutes les |anoma-

lies que nous avons décrites se rattachent à une faiblesse congénitale de cet os d'implantation de la dent qui nous occupe, et quitoujours, dans les cas de becsde-lièvre, est, soit déviée, soit plus ou moins anormale, soit même manquante. |

Cette hypothèse que nous espérons pouvoir vérifier ultérieurement par des examens et des préparations d’un grand nombre de maxillaires, nous paraît dès à présent plausible, et c'est pourquoi nous n'avons pas hésité à lui donner ici la place qu’elle nous semble devoir mériter. ; |

Quant aux autres signes de kystes de l’incisive latérale, ils sont les mêmes que ceux de l’incisive centrale ; et l’on verra par les observations suivantes, lafréquence extrême de lésions nasales, Mais ici, c’est plutôt la paroi externe que le plancher, qui se trouve refoulée. On l’aperçoit qui bombe, plus ou moins, dans langle externe de la narine, au-dessous du cornet inférieur, dont elle se rapproche parfois jusqu’à contact. M. Sebileau nous a décrit maintes fois, dans le service, ce signe très intéressant, insistant sur sa valeur au point de vue diagnostic, et nous montrant quelles erreurs pouvait amener l'ignorance de ce symptôme. M. Lemaitre, du reste, nous signale plusieurs cas de “kystes, diagnostiqués par lui à la seule vue de ce refoulement ; il n'avait nullement inquiété les malades qui en étaient porteurs, et consultaiént pour une toute autre chose (fig. 1, p. 28).

Voici maintenant les observations les plus intéres-

santes que nous avons pu recueillir.

NE

Don IV (Service de M. P. SEBILEAU).

M. L... François, 38 ans, chauffeur d'autobus, salle Vieuxsens, lit n° 7. Opéré le 12 mars 1913 par le M. le Dr Sebileau.

Malade âgé de 38 ans, entre avec une tuméfaction palatine persistante, et un écoulement purulent par fistule siégeant en avant de l’alvéole de l'incisive latérale supérieure droite.

Le malade s’est présenté 1l y a 5 jours à la consultation, non parce qu'il souffrait, mais ennuyé de l'existence de la tuméfaction et de l'écoulement. Sd

Il y a un an, à peu près, l'incisive latérale droite, cariée depuis longtemps déjà, se fragmenta au point qu'il n’en resta plus que la racine, encore en place.

En même temps s'établissait, et cela, sans aucune douleur, une tuméfaction palatine, molle, fluctuante, qui prit peu à peu de l'extension.

Quant à l'écoulement par fistule, il n'existe que depuis une quinzaine de jours, et s'est produit, sans aucune douleur.

État général parfait.

L'aspect de la face n'est nullement modifié. Pas le moindre gonflement de la joue : pas de rougeur.

A l'ouverture de la bouche on remarque deux choses :

1° Une luméfaction palatine, s'étendant du collet des incisives et de la canine supérieures droites, ne dépassant pas la ligne médiane, et diminuant de largeur et d'épaisseur à mesure qu'elle s'éloigne du collet des dents. ;

La muqueuse a gardé sa coloration normale. La palpation révèle une fluctuation un peu spéciale : il y a en effet sensation de liquide, mais ce liquide ne remplit pas le vide laissé par le décollement de la muqueuse qui se laisse déprimer facilement.

Déprimée, elle revient sur elle-même, dès que cesse le contact du doigt, donnant absolument l'impression d'une pomme de terre dite « pomme soufflée ».

Aer)

Cette palpation, même pépins ne permet pas de sentir de crépitation parcheminée. \

Absolument indolore, du reste, elle provoque un \ écoulement abondant par la fistule antérieure, écoulement d'un pus jaunûtre, filant et sanieux.

2° La fistule, siégeant en avant de l'alvéole de l'incisive latérale, mais, relativement basse, c'est-à-dire qu'elle ne semble pas devoir siéger à ce qui serait l’apex normal d'une incisive latérale. Elle serait à peu près en face de son milieu.

Le pus en sort avec abondance, au moindre contact de la muqueuse palatine. Le stylet, introduit par la fistule, bute immédiatement contre la racine.

Du côté des fosses nasales, le plancher semble légèrement soulevé. Pas d'écoulement visible par les fosses nasales, bien que le malade en accuse un qui se produirait de temps en temps.

À l'éclairage, les sinus sont clairs.

OrérarioN. — Anesthésie chloroformique. --

Incision de la poche palatine au bistouri.

Écoulement d'une assez grande quantité de pus. On trouve, à l'examen au stylet, une perforation de la voûte palatine, aboutissant dans l'alvéole de l'incisive latérale dont on fait l'extraction.

La sonde cannelée, introduite par la fistule antérieure, ressort au niveau de la perforation palatine, qui permet l'introduction de la pulpe d'un doigt dans une sorte de petite cavité arrondie, purement osseuse, et de laquelle on ne peut détacher aucune membrane.

Un nouvel examen au stylet montre également l’axistence d'une perforation-du plancher de la fosse nasale correspondante,

Suites opératoires parfaites: mais il persiste au niveau de l'ancienne tuméfaction palatine, un orifice communiquant avec les fosses nasales. ’

‘ La phonation est rendue difficile. Les liquides ressortent par le nez, aussi, le malade rentre-t-1l à nouveau dans le service le 14 avril suivant.

Le 19 avril, on tente la fermeture de l'orifice : avivement de tout le pourtour de la cavité, deux incisions latérales, suivies du décollement de la fibro-muqueuse, et réunion sur la Jigne médiane au fil d'argent. :

Les fils sont enlevés au bout de 8 jours. Il persiste une petite fistule, qui, espère-t-on, se fermera. Il n’en est rien, au contraire : une désunion se produit, ramenant l'orifice à la dimension d’uné pièce de un franc.

Étant donnée la situation très antérieure, 1 dificulté d'un nouveau rapprochement, on conseille au malade le port d'un appareil prothétique. Cet appareil, en vulcanite, obture parfat tement l'orifice : il supporte du reste les dents manquantes, et, en particulier, l’incisive extraite. | |

Osservarion V (Service de M. P. Sesireau).

Mme Her... Louise, 45 ans, domestique, salle Winslow, lit n° 2. Opérée le 21 janvier 1913 par M. le Dr Rouget.

Cette malade entre à l'hôpital avec une tuméfaction palatine située en arrière d'une racine cariée, de l'incisive latérale supé- rieure gauche, et respiration nasale pénible, du même côté.

La malade, bien que présentant un état dentaire fort défectueux, ne souffrait nullement depuis longtemps déjà, quand, aux environs de Noël dernier, elle fut prise d’une sorte d’agacement au niveau du massif incisif, et de douleurs assez vives pour la contraindre à garder le lit.

A ce moment se produisit un œdème CL LR de la joue, s'étendant jusqu'à la paupière, et faisant proéminer la lèvre supérieure gauche sur l'inférieure.

En même temps se serait formée la tuméfaction palatine. Un médecin consulté fit faire des bains de bouche à l'eau oxygénée, puis incisa la tuméfaction palatine sous anesthésie locale au chlorure d'éthyle. Il serait sorti du pus et du sang en assez grande abondance. La malade fut soulagée, mais vint néanmoins, sur le conseil de son médecin, consulter M. Sebileau.

L'œdème de la joue a complètement Hs A l'ouverture de la bouche, on remarque :

1° Absence des couronnes des 2 incisives latérales supérieures dont il reste les racines.

2° Racine cariée de la 1°° prémolaire gauche. La canine, du côté malade, est intacte. %

Du côté du palais, tuméfaction, partant du rebord gingival, et s'étendant, en arrière, jusqu'à environ 4 centimètres du collet des dents.

La muqueuse est très ædématiée à la partie toute postérieure de la tuméfaction.

L'incision, faite il y a quelques jours, est refermée.

Au toucher, on sent, au niveau de la voûte, une crépitation parcheminée qui indique l'usure du palais osseux.

En avant, au-dessus du rebord alvéolaire, pas de crépitation. |

Du côté des fosses nasaies, soulèvement du plancher du côté gauche. Il y aurait eu épistaxis abondante il y a 3 semaines.

OPÉRATION. — Incision dans le sillon, extraction des racines, curettage de la cavité.

Osservarion VI (Service de M. P. SeiLeau).

Observation d'un de nos jeunes parents, étudiant, admis aimablement dans le service par M. le Dr Sebileau, et opéré par lui le 20 décembre 1913.

M. Du... Charles, 19 ans, étudiant, entre dans le service, porteur d'une tuméfaction siégeant au niveau du palais, immédiatement en arrière de l'incisive latérale droite. .

I y a 5 ans environ, l'incisive incriminée présenta un changement de coloration, qui aboutit peu à go à une teinte bleutée, et cela, sans aucune douleur.

Au mois de Juillet dernier, les douleurs firent leur apparition. Des pointes de feu, pratiquées par un dentiste, en province, les firent disparaître.

Rex

Au mois d'octobre, nouvelle crise, plus forte. Le dentiste fait une pointe de feu profonde à la paroi antérieure, ouvrant ainsi lalvéole de l'incisive latérale. Beaucoup de pus sortit à ce.moment, et une fistule persista. À l'ouverture de la bouche, on est tout d'abord frappé par la teinte noirâtre de la dent (incisive latérale supérieure droite).

Existence d'une fistule à la paroi alvéolaire antérieure.

La palpation permet de sentir une tuméfaction, de la grosseur d'une noix, saillante au niveau de la paroi alvéolaire antérieure, et aussi de la voûte palatine. |

Crépitation parcheminée très nette, surtout en avant.

Un stylet, introduit dans la fistule, file assez loin en arrière, * mais il ne semble pas qu'on pénètre dans le sinus.

L'éclairage ne montre du reste aucune opacité.

OPÉRATION. — Anesthésie chloroformique. à

Incision courbe dont la partie la plus basse arrive au collet de l'incisive incriminée.

On dénude l'os, qui apparaît tellement aminci, qu'il s’enlève, sous le simple effort de la rugine.

On fait basculer l’incisive latérale dénudée en avant.

La poche du kyste vient très facilement, sauf une partie adventice fuyant derrière la canine. Mèche ektogan. Guérison parfaite. |

Osservarion VII (Service de M. P, SesisEAU).

M. Mo... Henri, 4o ans, cuisinier, opéré le 3 mars 1914, par M. le Dr Sebileau.

Le malade est admis dans le service le 20 février 1914, porteur d’une tuméfaction palatine persistante.

État général parfait.

Il y a deux ans, à peu près, le malade, qui ne souffrait nullement, sentit, avecla langue, une tuméfaction siégeant au palais, en arrière des dents antérieures. De temps à autre, légère fluxion à la joue, mais rien de bien grave.

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I y a un mois et demi, apparition de douleurs plus vives qui. lorcent le malade à consulter un dentiste.

Celui-ci, remarquant la tuméfaction palatine, fit immédiatement l'extraction de l'incisive latérale supérieure gauche, et incisa la tuméfaction palatine qui donna issue à une assez grande quantité de pus. Puis, diagnostiquant un kyste dentaire, il adresse le malade à M. Sebileau.

A l'examen de la bouche, nous remarquons la tuméfaction : palatine, très saillante, s'étendant à gauche de la ligne médiane, dans toute l’aire comprise entre elle et la canine.

La muqueuse, un peu déplissée, ne présente pas de fistule : l'incision faite par le dentiste, il y a quelques jours, s'est refermée.

A la palpation, on trouve cette sensation très particulière du décollement fibro-muqueux.

Dans le sillon gingivo-labial, la tumeur saille également: la palpation y révèle la crépitation parcheminée très nette, elle provoque l'issue d’un liquide purulent et sanieux par l'alvéole de l’incisive latérale extraite.

= Enfin, on trouve du côté du nez, un soulèvement du plancher de la fosse nasale gauche, et si l'on fait pénétrer un stylet par l'alvéole, on peut arriver à soulever visiblement la muqueuse pituitaire. |

OPÉRATION. — Anesthésie chloroformique.

Incision dans le sillon gingivo-Jugal. On tombe dans une cavité kystique très volumineuse, à poche épaisse, détruite en certains points, et remplie de pus et d’une matière caséeuse nauséabonde. ,

La racine de l’incisive centrale fait également issue dans la cavité kystique. On sectionne cette racine au ras de la paroi osseuse.

L'os est détruit en avant, presque complètement. En arrière, destruction allant jusqu'à la perforation en un point de la voûte palatine. En haut, usure du plancher des fosses nasales, mais, intégrité de la muqueuse.

Latéralement, le kyste dépasse la ligne médiane, occupant toute la région comprise entre les deux canines, sans mettre d'autre dent à nu que l'incisive centrale gauche.

Mèche ektogan. Guérison parfaite.

Osservarion VIII (Service de M. P. SerirEau).

M. Fa... Eugène, 30 ans, emballeur, salle Vieuxsens, lit n° 4. Opéré le 11 septembre 1912, par M. le Dr Lemaiître.

Le malade vient consulter à Lariboisière sur le conseil de son dentiste, qui a diagnostiqué un kyste dentaire à évolution palatine.

I yaunan, à peu près, le malade, à la suite d'une fluxion dentaire, fit extraire l’incisive latérale supérieure droite qui était profondément cariée.

A la suite de l'extraction, disparition des phénomèmes inflammatoires, cicatrisation normale de l’alvéole.

Le malade voulut alors se faire poser des dents, et alla consulter un dentiste qui fut frappé par l'existence d’une tumeur siégeant au niveau de la voûte palatine, en arrière de l'alvéole de l'incisive latérale extraite.

Il crut à un œdème simple, pratiqua des pointes de feu, mais sans résultat. Il rechercha alors s'il n’était pas resté un fragment de racine, mais n’en trouva pas.

11 conclut alors à l'existence d’un kyste, et adresse le Halde à Lariboisière.

A l'examen, pas de déformation faciale. A l'ouverture de la bouche, on trouve un état dentaire défectueux, surtout à la mâchoire supérieure.

On constate, à la place de l'incisive latérale droite extraite, l'orifice créé par une pointe de feu profonde, pratiquée récemment. Tout autour de cet orifice, se trouve une tumeur, de la grosseur d'une noix, dont une moitié apparaîtrait à la paroi alvéolaire antérieure, et l’autre moitié au niveau de la voûte palatine. |

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La crépitation parcheminée est très nette en avant: le -__ plancher de la fosse nasale est soulevé.

Le stylet, introduit dansle trajet alvéolaire, montre l'existence d'une cavité, sans communication avec le sinus. \OPÉRATION. — Anesthésie chloroformique. Incision HitRonE ‘Le kyste est facilement énucléé.

En dehors de ces observations recueillies par nous dans le service, nous en avons trouvé plusieurs dans la collection des années précédentes, qui font égale-

ment mention des lésions palatines quinous intéressent.

O8sERvaTION IX (Service de M. P. SeBiLEAU).

:M. Du... Philibert, 47 ans, apprêteur, salle Woillez, lit n° 5. Opéré en septembre 1905 par M. le Dr Sebileau. ; Histoire très longue, de fistules nasale et palatine d'origine dentaire, qui laisse planer un doute sur le diagnostic de kyste,

|. mais où l'incisive latérale est nettement incriminée.

OsservaTiON X (Service de M. P. SesiLeau).

Mme Grun... Blanche, 20 ans, couturière, salle Davaine, lit n° 6. Opérée le 29 septembre 1906 par MM. les Drs Sebileau et

Lemaître.

Kyste évoluant depuis 3 ans, avec tuméfaction de la joue droite et de la voûte palatine du même côté. £

Au bout d’un an, apparition de phénomènes inflammatoires.

Fistule entre la canine et l'incisive latérale. Communication avec le sinus.

OPÉRATION. — La muqueuse incisée, on trouve une paroi osseuse très mince : celle-ci est largement détruite, et la paroi du kyste apparaît alors.

Avec une spatule, on la décolle, mais elle se crève et il se

produit une issue de pus.

‘Une incision de chaque côté de l'incisive latérale permet de détacher la dent et un peu de l’alvéole, avec le kyste y adhérant.

L'exploration de la cavité montre, en haut et en dedans, le plancher des fosses nasales qui est soulevé par le kyste.

En haut et en dehors, le plancher du sinus est lui aussi refoulé, considérablement aminci. |

La cavité sinusale est presque virtuelle.

Mèche ektogan.

Osservarion XI (Service de M. P. SEBILEAU).

Mme Bou... Albertine, 36 ans, ménagère, salle Davaine, lit n° 9. Opérée le 25 octobre 1907 par M. le Dr Sebileau. : La malade vient consulter pour une tuméfaction palatine persistante.

Cette tumeur a débuté, il y a deux ans, par une petite surélévation indolore, et dont la malade ne se serait jamais aperçue, n'était la gêne de la langue qu'elle provoque. . Depuis 8 mois surtout la tumeur a pris de l'extension, soulevant la lèvre supérieure. 6

Examen : Sur la voûte palatine, on aperçoit une tuméfaction de la grosseur d’une petite noisette.

La muqueuse n’est pas modifiée. Le SEE gingivo-labial est en partie comblé, la lèvre et même l'aile du nez du côté droit sont légèrement soulevées.

A la palpation, on sent une certaine résistance avec fluctuation très nette, donnant l'impression d’une production kystique.

Pas de phénomènes inflammatoires.

OPÉRATION. — Incision gingivale. Mise à nu d’une kystique de la grosseur d'une noix. On cherche à la décoller, mais elle crève par le bas, laissant échapper des masses de cholestérine.

On dissèque alors la poche autant qu'on le peut.

Extraction des racines de l'incisive latérale et de la canine. Un stylet passant par les 2 alvéoles pénètre dans le kyste.

NU CSD

Ê [ Curettage de la cavité qui revêt la forme d'une sphère osseuse volumineuse.

Mèche ektogan.

Osservarion XII (Service de M. P. SesiLEAU).

M. Fr... Gustave, 38 ans, domestique, salle Woillez, lit n° 8 bis. Opéré le 15 octobre 1906 par M. le Dr Sebileau. Kyste de l'incisive latérale supérieure gauche évoluant depuis

4 à 5 ans.

Il repousse la paroi du sinus sans la perforer. La muqueuse

palatine est rouge et légèrement tuméfiée.

Mais les lésions nasales sont aussi extrêmement fréquentes dans les kystes développés aux dépens de

l’incisive latérale.

En voici une de nos observations les plus intéres-

santes :

OgservarioN XIII (Service de M. P. Seirrau).

Mlle Lebr... Julienne, 26 ans, couturière. Opérée le 23 mars 1912 par M. le Dr Sebileau.

La malade entre à l'hôpital avec une gêne respiratoire nasale très marquée, du côté droit.

Depuis 4 ans, la malade a l'impression d'une tumeur obstruant plus ou moins la narine du côté droit. Elle mouche très fréquemment, paraît-il, un pus abondant et fétide.

Le 30 décembre dernier, elle vit M. le Dr Misebuilte: qui, en présence d'une tuméfaction obstruant l'entrée de la fosse nasale droite, fit une ponction exploratrice qui donna issue à du pus. ‘

3 jours après, violentes douleurs de tête, et apparition d’une tuméfaction dans la fosse canine.

Incision donnant issue à du sang et à du pus.

menté. On admet la malade dans le service.

ARS à Le lendemain, malgré l’incision, la tuméfaction a encore aug-

Application de compresses humides et chaudes: ht de. bouche fréquents. En une quinzaine de jours, l'abcès a complètement disparu. , à .

La malade sort de l'hôpital, mais suit une angine qui la force à garder le lit une douzaine de ; Jours. à

Après ce laps de temps, elle revient cosIer, toujours pour gène respiratoire nasale.

On constate en effet l'existence d'une tuméfaction assez molle obstruant presque complètement la narine droite. * Dans le sillon gingivo-labial, en cherchant bien, on peut arriver à sentir la tuméfaction. Mais, pas de Ron parche- : mineerete en

En résumé, tumeur, surtout nasale, qui cependant paraît bien être un kyste dentaire infecté, développé aux dépens de l'incisive latérale droite, non cariée. :

OpÉRaATION. — Anesthésie chloroformique.

Incision de la muqueuse dans le sillon gingivo-labial, audessus des 2 incisives droites.

. Rugination qui permet de tomber sur une poche tendue,

épaisse, que l’on décolle par en bas.

On cherche en vain une fistule osseuse POI ee sur une racine dénudée. L'os lui-même du maxillaire supérieur est recouvert d’un périoste sain.

On continue le décollement du kyste qui est enlevé en un.

seul bloc.

Méëthe dans la cavité kystique et dans la fosse nasale.

Onsenvarion XIV (Service de M. P. SeriLeauU).

M. Tho.. Henri, 27 ans, employé de commerce, salle Vieuxsens, lit n° 3. Opéré le 1* avril 1911, par M. le Dr Sebileau.

Malade entrant à l'hôpital pour une suppuration d'origine dentaire datant de 7 ans.

ND ee

A cette époque, extraction de la dent de 6 ans. Depuis ce temps, histoire très vague d’un écoulement purulent qui aurait

débuté 2 ans après, sans douleur, sans tumeur apparente, et par une fistule que le malade ne peut localiser : tout ce qu'il peut affirmer, c'est qu'il sentait sourdre dans la pouces ‘un liquide jaune et tachant le mouchoir.

A l'examen de la bouche, absence de l'incisive latérale supérieure gauche, etexistence, à sa place, d'une fistule étroite, filant très haut, vers le sinus.

C'est par cette fistule que s'écoule actuellement le pus.’

Par suite de l'absence de l’incisive latérale, les couronnes de l’incisive centrale et de la canine convergent l'une vers l’autre.

La palpation ne révèle aucune modification osseuse.

OPÉRATION. — Anesthésie chloroformique. ES

Incision dans le sillon gingivo-labial gauche. Rugination de la muqueuse. Trépanation de la paroi osseuse très mince. On tombe sur la poche kystique qui s ouvre, donnant issue à un pus extrêmement fétide. Trépanation de l'alvéole de l'incisive latérale gauche dans laquelle on trouve la racine, adhérente à la poche kystique.

Le plancher de la fosse nasale gauche est refoulé, mais non détruit. |

La paroi inférieure du sinus maxillaire est également intacte, mais presque accolée par refoulement à sa paroi supérieure.

Mèche ektogan.

e e Osservarion XV (Service de M. P. SEBILEAU).

Mme Tar... Marie, 39 ans, salle Riolan, lit no 5. Opérée le 4 décembre 1912, par M. le Dr Lemaître.

Kyste de l'incisive latérale supérieure gauche, évoluant depuis un an. À perforé le plancher de la fosse nasale.

Une canine anormale se trouvait placée à côté du kyste

LÉ . 4 f On peut également avoir au niveau des incisives latérales, des kystes à prédominance antérieure: en. voici une observation.

OBsERvATION AA Gares de M. P. SEBILEAU).

Mile Gué... Marthe, 18 ans, crémière. Opérée le 5 juillet 1913, par ] M. ke Dr Sebileau. | La malade entre dans le service pour tuméfaction siégeant dans le sillon gingivo-labial supérieur gauche. y a 6 mois environ, la malade fut prise d'une violente rage de dents, suivie d'un œdème considérable de la face. Fe Un dentiste fait l'extraction de l'incisive centrale supérieure gauche.

À la suite de cette crise, la malade remarque la Adarate pour laquelle elle vient consulter. < Cette tumeur, d'abord fort petite, a grossi suffisamment pour amener une déformation assez visible de la face. En effet, du côté gauche, la fosse canine semble comblée, et l'aile du nez est légèrement tirée en dehors. Les téguments ont gardé leur mobilité et leur coloration normales.

A l'ouverture de la bouche, la canine et l'incisive latérale supérieures gauches apparaissent, profondément cariées. C'est immédiatement au-dessus de ces 2 dents que siège la tuméfaction. NS La muqueuse présente une coloration il. Pas de fistule.

La palpation montre une sorte de boursouflure de l'os, de la grosseur d'une noix, environ. Crépitation parchéminée très nette.

Du côté du nez, le cornet inférieur semble être repoussé vers la cloison, mais il n'y a pas de soulèvement du plancher.

OPÉRATION. — Kyste banal.

ST ES Nous pourrions encore citer 7 observations de kystes développés aux dépens’ de l’incisive latérale : mais elles ne sont que les reproductions des types déjà cités, aussi passons-nous à la dent suivante, la canine supérieure. | )

FN

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