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KYSTES DÉVELOPPÉS AUX DÉPENS DES CANINES SUPÉRIEURES

Nous insisterons beaucoup moins sur les’ kystes développés aux dépens des canines supérieures, bien qu’ils soient les plus fréquents, avec ceux des prémolaires, parce que leur diagnostic s'impose le plus souvent, ces kystes revétant absolument la forme décrite par tous les auteurs. | | ;

La canine en effet, assez volumineuse, présente une racine qui saille presque toujours visiblement au niveau du vestibule, et que l’on peut sentir si l’on passe le doigt dans le sillon gingivo-labial.

Aussi, les kystes développés à l’apex de telles racines s’extérioriseront-ils très rapidement, amenant une déformation faciale très visible, puisqu’à la place de la fosse canine normale, c’est une tumeur qui la comble.

Nous avons trouvé 24 observations du service, de kystes développés aux dépens des canines supérieures.

Dans presque toutes, on lit que le malade vient consulter pour une déformation faciale qui lui déplait ou qui l’inquiète.

Cette déformation porte, au début tout au moins, sur la fosse canine. Le malade semble avoir une fluxion,

et l’on est tout étonné, lorsqu'on pratique la palpation,

de trouver qu'il s’agit d’une tumeur osseuse, et us les téguments ne participent nullement à sa formation.

Si l’on pratique le toucher gingivo-jugal, on trouve le sillon plus ou moins comblé par une tumeur dure, le plus souvent non douloureuse, s'étendant suivant les cas, plus ou moins loin de son point d'origine, et présentant toujours le phénomène bien connu de la crépitation parcheminée.

Parfois, existera une fistule, donnant issue à un liquide kystique ou purulent, et permettant l'examen au

stylet. |

Nous pourrons ainsi constater, qu’assez fréquemment, il y a communication entre la poche kystique et le sinus. |

Cette communication est cependant moins fréquente que dans les kystes des prémolaires, el ceci par suite ‘de la topographie même de la racine, dont l’apex est beaucoup plus éloigné du sinus que de la paroi vestibulaire. |

Enfin, notons la fréquence de la situation haute de la canine, pouvant amener des kystes anormaux, quant à leur siège. Nous en avons un cas très intéressant.

Voici deux des plus intéressantes observations de

notre collection.

Osservarion XVII (Service de M: P, SEBILEAU).

Mlle Lem... Victorine, 4o ans, femme de chambre, salle Winslow, lit n° r. Opérée le 15 avril par M. le Dr Sebileau. | Cette malade entre à Lariboisière pour tuméfaction sous-

orbitaire, légèrement douloureuse à la pression.

La malade, qui a toujours présenté une dentition défectueuse, dut subir l'extraction de toutes les dents du maxillaire supérieur, sauf celle de la canine droite.

Il y a 10 ans que l’on a fait les dernières extractions, et la malade porte une pièce dentaire depuis cette époque.

Il ya 6 mois, la malade fut prise, subitement, d'une véritable rage de dents au niveau du maxillaire supérieur édenté.

En même temps, apparition d’une fluxion volumineuse, qui rétrocèda en quelques jours, mais laissa, après elle, une tuméfaction très localisée pour laquelle la malade vient consulter.

C'est une petite tumeur, de la grosseur d'une noix, occupant la région de la fosse canine.

Elle est dure, et légèrement be à Ja pression, qui révèle la crépitation parcheminée..

OPÉRATION. — Anesthésie chloroformique.

Incision de la muqueuse dans le sillon gingivo-jugal. Rugination. Mince lamelle osseuse très facilement enlevée.

Le kyste incisé donne issue à un liquide brunâtre, renfermant de nombreuses paillettes de cholestérine.

En aucun point le doigt ne révèle la présence d'une racine pénétrant dans la cavité kystique. Aucune dent n’est incluse.

La poche est totalement et facilement extraite.

La cavité apparaît ensuite, remarquablement lisse, ne communiquant en aucun point avec la cavité du sinus.

Osservarion XVIII (Service de M. P. SEBILEAU).

M. Pil... Albert, 45 ans, fileur de laine, salle .Vieuxsens, lit n°4. Opéré le 11 août 1912 par M. le Dr Lemaître. F

Malade entrant dans le service pour un écoulement purulent intrabuccal.

Le début des accidents remonte à 2 ans. A cette époque, le malade, qui faisait de fréquentes fluxions au niveau de la canine supérieure droite, alla consulter un dentiste qui conseilla simplement des bains de bouche.

ie

Al

Fan bout de duilies temps, un écoulement de pus étant survenu, le dentiste se décida à extraire 3 dents, les 2 incisives et la canine supérieures droites. a L'écoulement ne cessa pas, et le dentiste, pensant sans doute à une sinusite; proposa au malade de faire une ouverture du * sinus par l'alvtole. Il perfora donc le fond de celle-ci, et durant 6 mois, dans la cavité qu'il pensait être le sinus, fit faire des injections d'eau oxgénée. : | v.

Alors se produisirent des MRC d'arrêt, puis GE reprise de la suppuration. ; A ce moment, le malade est adressé à Lariboisiere. On constate alors, au niveau de la canine absente, une petite fistule, donnant assez irrégulièrement du pus. ’ Le stylet est vite arrêté par de l’os dénudé, lorsqu'on explore le trajet. as

Pas de perforation du sinus. Il est du reste de transparence normale. à

OPÉRATION. — Anesthésie chloroformique.

Incision au niveau de la fosse canine. On découvre presque de suite une cavité dont on agrandit les bords, et l'on met ainsi à nu une large poche qui s'est clivé un chemin entre la voûte palatine intacte d’une part, la paroi externe de la fosse nasale droite et la paroi inférieure du sinus, complètement usée, d'autre part:

Mais, la muqueuse de celui-ci est intacte, et il n'y a aucune communication entre les deux cavités. : ù

La paroi kystique, épaisse et adhérente, est curettée.

Méche ektogan.

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