‹ Contribution à l'Étude Clinique des Kystes ParadentairesChapitre 16 sur 28 · SUPÉRIEURES · texte numérisé non relu

SUPÉRIEURES

Les kystes développés aux dépens des prémolaires supérieures sont de beaucoup les plus fréquents. Nous

en avons pu trouver dans le service 31 observations.

Nous ne les citerons certes pas toutes, étant donnée l’uniformité presque constante de cette classe de kystes.

Qu'il nous suffise de dire que c c'est à ce niveau que les communications avec le sinus sont les plus fréquentes: que ces kystes amènent parfois de telles déformations de la cavité sinusale, que celle-ci est pour ainsi dire virtuelle, et qu'au cours de l'opération, l’on en arrive à se demander si l’on a affaire au sinus ou à la cavité kystique. |

L'on peut du reste ici avoir le fameux kyste intrasinusien, également constaté aux dépens des dents de -6et 12 ans.

L’apex d’une prémolaire en effet, dans le cas de racine longue ou incurvée ou dans le cas de sinus“volumineux, peut se trouver immédiatement sous lamuqueuse sinusale, sans interposition d’os.

Un kyste venant à se développer à l'extrémité d’une telle racine sera donc, sans usure préalable, dans la cavité osseuse du sinus, mais sous la muqueuse de celui-ci. Il la déprimera facilement, semblant en quelque sorte substituer sa poche au revêtement muqueux du sinus. |

Aussi comprendra-t-on facilement que de tels kystes puissent venir percer dans la fosse nasale et ne serat-on pas autrement étonné de voir se produire un écoulement qui sans cette notion de kyste pourrait paraître extraordinaire.

.: Nous en avons constaté plusieurs cas. Comme sym-

ptèmes, nous aurons donc : ou une tumeur dans le sil-

| — 59 — ° { lon gingivo-jugal avec crépitation parcheminée, fistule, etc... où un écoulement nasal, pouvant faire penser à une sinusite s’il est purulent. AU Voici quelques observations qui nous semblent

résumer l’ensemble des cas les. plus fréquents.

DR TieN XIX (Service de M. i SemLrau).

M. Hans . Louis, 31 ans, journalier, pi Vieuxsens, lit n° 8. Opéré le 1° mars 1913, par M. le Dr Sebileau.

Le malade se présente à Lariboisière avec une tuméfaction volumineuse de la fâce, côté droit.

Trés mauvaise dentition qui est cause d'un état douloureux, pour ainsi dire permanent.

Cependant, il y a deux ans et demi, le malade fit une fluxion plus volumineuse que de coutume, et ce serait à la suite de cet

accident qu'apparut la tumeur actuelle.

Fait curieux : depuis qu'elle existe, Le douleurs ont disparu de ce côté. : | £ |

A première vue, on constate une déformation faciale énorme.

La tumeur, dont les bords longent l'orbite et la pyramide nasale, présente le volume d'une mandarine: le nez est dévié par elle, En bas, elle atteint la commissure labiale, en arrière et en haut, l’apophyse zygomatique. \ ”

La peau, tendue à sa surface, a gardé sa coloration normale, sa souplesse, et sa mobilité.

A l'ouverture de la bouche, on constate que toutes les dents sont plus on moins profondément cariées. AE

Du côté malade, les prémolaires et la dent de 6 ans ne présentent plus que leurs racines.

La tumeur occupe toute la région comprise entre la canine et la dent de 12 ans. Elle comble complètement le sillon gingivojugal, qu'il est impossible de déprimer.

On ne sent néanmoins pas de crépitation parcheminée : la

table externe de l'os est, en effet, complètement usée, et c’est à une collection extrêmement tendue que l’on a affaire.

P'Rionqu-côté. palatin. +

Une ponction exploratrice ramène un liquide citrin où surnagent des paillettes de cholestérine : nous avons tlonc bien là un kyste dentaire. +

Ce kyste atteint et refoule la paroi externe des fosses nasales. Il a dû pénétrer dans le sinus. De fait, la diaphanoscopie montre une clarté beaucoup plus grande de ce côté que du côté sain.

= OPÉRATION. — Anesthésie chloroformique.

Incision dans le sillon gingivo-jugal. La poche du kyste est tellement tendue qu'on ne cherche pas à l’énucléer, on l'incise : écoulement abondant de liquide kystique.

La cavité kystique montre à sa face interne l’apex de la r°° prémolaire, pénétrant d'environ un centimètre.

La racine de la 2° prémolaire a repoussé la paroi kystique sans la perforer.

L'on extrait lentement la racine, produisant une déchirure circulaire au point d'insertion.

Curettage de la cavité qui montre la cavité du sinus - mise à nu. |

OBSERVATION XX (Service de M. P. SeBiLEAU).

M. Ler... Georges, 28 ans, comptable, salle Vieuxsens, lit n° 5. Opéré le 17 juin 1913, par M. le Dr Rouget.

Le malade entre dans le service pour fistule gingivale ancienne: / | +

I ya environ deux ans, un dentiste fit successivement l'extraction des 1° et 2° prémolaires et de l'incisive latérale gauches.

Depuis ce temps persiste, par l'alvéole de la 2° prémolaire, un écoulement purulent. que. le malade tenta continuellement d'arrêter au moyen de lavages à l'eau-oxygénée, qu'il faisait luimême, avec une seringue, par le trajet fistuleux.

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Fait curieux: l’ eau injectée ressortait par l'alvéole de l'incisive latérale, et cela, bien que la canine fût en place.

Aucune déformation faciale.

A l'ouverture de‘la bouche, rien d'anormal au premier abord. Mais, si l'on exerce une pression sur la paroi alvéolaire externe, on fait sourdre du pus, mêlé de liquide filant, par les

alvéoles de la 1° prémolaire et de l’incisive latérale.

Cet écoulement provoqué ne peut l'être qu'un certain nombre de fois : il doit y avoir une poche assez longue à remplir.

Cette pression nous révèle en outre la crépitation parcheminée. Fs

Sinus lumineux.

OPÉRATION. — Anesthésie chloroformique.

Incision dans le sillon gingivo-jugal.

On trouve un os aminci creusé de deux cavités communiquant entre elles en arrière de la racine de la canine, laquelle est déjetée en avant: l'une de ces cavités est au niveau de l'incisive latérale, l'autre aû niveau de la prémolaire. |

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