‹ Contribution à l'Étude Clinique des Kystes ParadentairesChapitre 25 sur 28 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Il n’y a qu'un traitement rationnel des kystes paradentaires, c’est le traitement chirurgical. Lui seul en effet met à l'abri des récidives et des fistulisations intarissables.

= Quant aux injections modificatrices, faites encore par certains dentistes, elles sont à rejeter: en effet, pour arriver à détruire, à momifier en quelque sorte, la membrane kystique, on a été amené à employer des caustiques plus ou moins violents, qui ne sont pas sans présenter un certain danger, car il est rare que l'on puisse déterminer exactement la topographie profonde de la poche. Nous avons en effet vu celle-ci envoyer des prolongements vers l'orbite, à travers le sinus et vers la fosse ptérygo-maxillaire.

On doit donc toujours recourir à l’ablation totale de la membrane kystique. Voilà comment procède M. P. |

Sebileau.

Anesthésie générale. — L’anesthésie générale sem-

blera exagérée à bien des praticiens. Et cependant si, après sa longue expérience et la quantité de kystes dentaires opérés par lui, notre maître s’est décidé à toujours l’employer, ce n'est pas sans raison. |

L’anesthésie locale en effet peut parfaitement suflire

dans certains cas, mais on ne peut jamais dire, avant

l'opération, si le cas est justiciable ou non de cette

anesthésie. +

En dehors de la question FRE il y à la question hémorragie. Malgré toutes les précautions prises, lesang peut toujours tomber dans la gorge, et, chez le malade éveillé, le passage du tampon monté est impraticable. NI faut bien se rendre compte que l'opération d’un kyste dentaire est bien souvent une opération délicate, et qu’elle nécessite pour le chirurgien toutes les facilités opératoires, qui lui sont indispensables pour une opération sur le sinus par exemple. AU

Le malade étant endormi, la tête légèrement en extension, la bouche maintenue peu ouverte par un ouvre-bouche bien fixé (celui de Doyen est le plus pratique), on place au fond du sillon gingivo-jugal du

côté où l’on opère, une mèche de gaze formant tam-

pon, qui absorbe le sang, à mesure de son écoulement,

et que l’on changera suivant les besoins, au cours de l'intervention.

Un aide écarte alors Les lèvres ou les joues, suivant

la position du kyste (antérieur ou postérieur), au moyen

de deux écarteurs de Farabeuf placés perpendiculairement l’un à l’autre. On obtient ainsi le maximum de

vision du champ opératoire.

bn

L’incision de la muqueuse se fera toujours dans le sillon gingivo-labial ou jugal, parallèle à ce sillon, et à la hauteur approximative des apex des dents : elle dépassera la tumeur en avant et en arrière.

On décolle ensuitè la muqueuse à la rugine courbe; 2

de facon à mettre à nu toute la région osseuse déformée. va « k

, Avec la spatule si l'os est très aminci et ‘perforé, à

la gouge et au maillet, s'il est résistant, on découvre

la poche kystique. Te À

Là, 2 cas peuvent se présenter : ou bien celle-ci est intacte, remplie par le liquide kystique, ou elle est ouverte. AR |

Si elle est intacte ou par trop volumineuse, il ya tout intérêt à en tenter l'extirpation sans la crever. On peut y parvenir en faisaut sauter à la gouge le rebord Er ‘alvéolaire externe, et en luxant par l'ouverture ainsi pratiquée la racine, qui détache le kyste de sa cavité osseuse. SE

s” Dans d’autres cas, si la dent par exemple est peu cariée, et susceptible d'être soignée, il sera préférable d’exciser la poche et de l’extirper ensuite de sa coque osseuse, soit entière, soit en parties.

Mais il est bien important de n’en laissér aucun fragment, aussi, à l’aide. des curettes, explorera-t-on toute la cavité, avec autant de minutie que lors d’une opération de sinusite: on doit avoir absolument un contact osseux très net, en tous les points.

Il est cependant des cas où l’ablation de la poche

met à nu une muqueuse qui doit être respectée.

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SON MALE C'est d’une part la muqueuse pituitaire que l’on se gardera bien de détruire, quand le kyste, arrivant au géatact des fosses nasales, l’aura respectée.

r 2:C'est la muqueuse du sinus, même refoulée, lorsqu elle est intacte. Mais si l’on s'aperçoit qu’elle est fongueuse, qu’elle suppure, en un mot, qu’il ya sinu-

site secondaire, il ne Jude pas hésiter à en pratiquer le curettage. 7 3° Enfin, c’est la muqueuse palatine, mise à nu dans les cas de kystes de l’incisive latérale, et dont l'ouverture pourrait amener une communication avec les fosses nasales, qu'il serait impossible de fermer ultérieure- “#0 ment. Nous en avons/ cité un cas très intéressant (Obs, IV, p. Ar): | ! Etnousinsisterons, à ce propos, sur ce point : quelle que soit la région où le kyste prédomine, il faut toujours en pratiquer l ablation par une ouverture vestibulaire. Jamais l’incision ne sera extérieure, c'est-à-dire intéressant les téguments, ou palatine.

Dans les cas où lon jugera possible de conserver Ja dent, on en pratiquera la résection apicale, entre l’insertion du kyste et le collet: de cette facon l’on se met à l'abri des récidives. Mais il ne faudra pas oublier de faire, dans ces cas, -obturer préalablement, ou ,le plus tôt possible après l'opération, le canal radiculaire, qui deviendrait, si l’on ne prenait cette précaution, un foyer d'infection dangereux . On place enfin une mèche à l’ektogan à l'intérieur de la cavité, si celle-ci est assez volumineuse., Dans le cas de très petits kystes, cela n’est pas indispensable.

de dite La mèche sera enlevée le lendemain de l’opérauon. Doit-on suturer la muqueuse ? Nous ne l’avons jamais

vu faire à notre maître, et les résultats obtenus sont si

satisfaisants qu’il ne semble pas nécessaire de changer le mode opératoire. ‘La large ouvérture permet des P 8 lavages antiseptiques après l'opération, et elle se 5 ; :

referme le plus souvent d’elle-même très facilement : parfois, dans les cas de grande ouverture sinusale, par le processus du rideau, d’autres fois, elle se comble

comme une mastoïde après sa trépanation, par une

sorte de bourgeonnement, tapissant peu à peu toute

la cavité osseuse.

Tel est le mode opératoire employé dans le service de Lariboisière. Il ne donne que de bons. résultats, et jamais nous n'avons vu se produire la moindre récidive ou la moindre fistulisation. |

Quant à l’esthétique faciale, elle n’est, de ce fait,

‘ jamais modifiée.

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