‹ Contribution à l'étude clinique des laryngites rubéoliquesChapitre 17 sur 26 · LS · texte numérisé non relu

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de la trachée et dans les bronches, on constate simplement la rougeur beaucoup moindre de la muqueuse, sans tuméfaction, ni perte de substance.

Poumons. — A l'extérieur, les deux lobes supérieurs et le lobe inférieur du poumon droit offrent une teinte pâle, décolorée, sur laquelle tranchent quelques plaques bleuâtres, ardoisées ; le lobe inférieur du poumon gauche est d’une couleur rouge, foncée, uniforme sur sa face postérieure. Le lobe supérieur d poumon droit contient dans son épaisseur et en arrière, un noyau d'hépatisation rouge et le lobe inférieur des noyaux disséminés ; les deux crépitent encore par places.

Dans le lobe inférieur du poumon gauche, broncho-pneumonie lobulaire au deuxième degré, généralisée, des trois quarts inférieurs en arrière ; dans une épaisseur notable et à ce niveau il n’y a plus de crépitation. Il existe un emphysème assez considérable des bords libres des poumons, surtout des lobes supérieurs eten avant.

OBsERVATION IT. — (Empruntée dans la thèse de doctorat de 1868 par BLANCKAERT.)

Rougeole compliquée de laryngite grave, de pleurésie double, mais surtout qauche, de broncho-peumonie gauche. — Mort.

L... François, âgé de deux ans et demi, entre le 11 février à l'hôpital des Enfants malades, dans le service de M. Roger. Il était très rachitique et avait de la diarrhée. On le soignait pour ces deux maladies, lorsque le 1* mars apparut une rougeole qui ne fut bien apparente que le lendemain et fut très bien caractérisée. Le 3 mars, au soir, la fièvre restant très intense, alors qu’elle aurait dù diminuer, le petit malade est pris d’une toux très rauque. sourde, incessante, quoique la gorge n'offre ni fausses membranes, ni rougeur.

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Le 4, tous ces symptômes restant les mêmes, surviennent dans l’après-midi plusieurs accès de suffocation, et deux le soir. On prescrit un vomitif qui ne produit aucun effet.

Le 5, l'état s'aggrave ; l'enfant, très abattu, a päli beaucoup. Le pouls bat 164 ; la température rectale est de 39°, la respiration est de 44. Il n°y a pas d'accès de suffocation. La toux, avec les caractères indiqués précédemment, est moins fréquente et la voix éteinte ; l’inspiration est gènée, bruyante, mais sans sifflement laryngo-trachéal. A l’auscultation, on n'entend pas le murmure vésiculaire, qui est couvert par les bruits laryngiens. La respiration est abdominale et s’accompagne de tirage.

Le 6, le petit malade ne tousse plus que par intervalles assez éloignés ; mais la figure prend une teinte ecchymotique et l’abattement ne fait qu'augmenter. La dyspnée s’est encore accrue, et s'accompagne d’une respiration abdominale avec tirage comme hier. Pouls 152 ; 44 inspirations. La chaleur a diminué ; même état ailleurs.

Le 7, l’aggravation continue manifestement : la voix est toujours éteinte, la cyanose se prononce davantage à la figure et aux extrémités. L'enfant respire la bouche ouverte et souffre d’une dyspnée à chaque instant croissante, dénotée par l'anxiété et le caractère de la respiration qui est abdominale et s'accompagne de tirage plus accusé aujourd’hui qu'hier.

La toux de plus en plus rare présente les mêmes caractères, mais plus voilés, et l’on entend à distance le bruit que fait l’air en traversant le larynx. La soif est vive. Le pouls bat 142, la température des extrémités s'abaisse.

Le 8, le petit malade est mort le matin à une heure.

Acropsie. — Le lendemain, trente heures après la mort. Larynx. — La face inférieure de l'épiglotte est le siège d’une

injection très vive qui tranche avec la pàleur du reste de la muqueuse laryngée, d’ailleurs ferme et épaissie. Cet épaississement

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est très marqué aux cordes vocales qui semblent comme hypertrophiées. Sur la muqueuse de la trachée, il existe de nombreuses ecchymoses très apparentes.

Plèvres. — Pleurésie des deux côtés ; à droite, au sommet et avec adhérence et injection ; les deux lobes sont réunis par des fausses membranes qui empèchent de les séparer ; à gauche, dans toute l’étendue, et il y a à la fois des adhérences plus nombreuses, plus fermes, et une injection plus vive. Pas de liquide.

Poumons. — Teinte ardoisée de tout le lobe inférieur du poumon gauche, qui est le siège, surtout à la base, d'une forte congestion et d’une broncho-pneumonie lobulaire, généralisée au deuxième degré. On trouve les mêmes lésions à la languette (pneumonie marginale). Le lobe supérieur gauche et le poumon droit tout entier sont simplement congestionnés.

Analysons un peu le contenu de ces deux observations et voyons si les symptômes qui se sont montrés étaient assez nets pour dire qu'il s'agissait dans le premier cas d’une laryngite pseudo-membraneuse et dans le second d’une laryngite rubéolique grave. Retraçons pour cela les caractères principaux d’une laryngite pseudo-membraneuse secondaire.

Tout d’abord, on peut dire que le croup secondaire de la rougeole est assez fréquent, plus fréquent que celui de la scarlatine. Aussi Trousseau avait-il raison de dire que « la scarlatine n'aime pas le larynx » bien que la diphthérie ne soit pas rare chez les scarlatineux.

La toux est le premier indice ; petite et légère au début, elle ne tarde pas à revenir par quintestrès courtes : les jours suivants elle prend un timbre sourd et voilé et s'éteint complètement comme la voix. À mesure que le croup fait des

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