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Il s’est marié à son retour en France il y a 8 ans. Sa femme est morte -tuberculeuse après quatre ans de mariage. Il Va constamment soignée el u’a cessé de coucher auprès d’elle qu'aux derniers jours. Une petite fille aujourd’hui âgée de 8 ans est pâle et malingre. Quant à lui il n’a jamais toussé depuis el l’auscultation attentive de ses sommets ne révèle rien d’anormal.
Son métier de terrassier lui a valu quelques traumatismes dont le plus grave un éboulement dans une carrière lui à cassé le bras droit la jambe gauche et plusieurs côtes. Il a été retiré seul vivant de 9 ouvriers ensevelis. A noter encore pu coup de pied de cheval sur le crâne où se voit une cicatrice linéaire allant de l'oreille gauche au vertex.
Il y a 3 mois exactement, dit-il, il a eu un chancere avec lequel il a élé soigné à l'hôpital Saint-Louis où il n’a passé que huit jours. Le traitement a été uniquement local. C'est dire que la nature syphililique n’en était sans doute pas bien évidente. D'après ce qu’en dit le malade, il s’est peut-être agi d’un chancre mixte. Mais aujourd’hui, il n’y a aucun doute sur la réalité d’une infection syphilitique : le malade est porteur.d’une éruption généralisée très nette de papules et de macules déjà cuivrées pour la plupart, quelques-unes encore roses ; il existe aussi une adénopathie généralisée très prononcée, particulièment rétro-sterno-mastoïdienne ; on constate une légère alopécie en clairières et de l’angine érythémateuse.
Le matin du 8 novembre 1893, Tourn..., a ressenti en se réveillant une douleur dansle cou et la nuque, du côté gauche seulement, douleur continue, contusive, mais n’'empêchant pas
les mouvements de rotation de la tête.
Le lendemain, la douleur était beaucoup plus forte, plus pro-
Pacte EU
fonde, s’exaspérant par moments sous forme d'élancements et condamnant la Lête à l'immobilité. En même temps se montrait, sur l'étendue de la région douloureuse, ure rougeur diffuse avec sensation de chaleuret de cuisson qui avait attiré Pattention du malade.
Le surlendemain, 10 novembre, Tourn..., se rend à la consultation de l'hôpiial Saint-Louis d’où notre collègue Bodin, qui porte le diagnostic de zona, nous adresse le malade à Saint- Antoine.
Nous constatons, en effet, le 11, l'existence d’une éruption zostérienne discrèle occupant la région innervée par :
1° Le grand nerf occipi:al où sousoccipital d'Arnold (branche postérieure du 2° nerf cervical);
2° Les branches postérieures des 3e et 4° nerfs Cervicaux ;
3° Les branches auriculaire, mastoïdienne el sus-acromiale du pleæus cervical superficiel.
Du côté gauche, nous comptons : deux groupes de vésicules sur le cuir chevelu au-dessus de la ligne occipilale ; — deux autres groupes au-dessous de cette ligne ; — deux autres, dont un en placard de trois centimètres environ, à la partie postérieure du Cou ; d, un groupe sur l’apophyse mastoïde ; — une série de groupes assez pelils le long du slerno-mastoïdien ; — enfin deux groupes isolés, l’un au-devant du lobule de l'oreille, l’autre sur la partie la plus élevée de la fosse sus-épineuse.
Les vésicules sont pour la plupart avortées; quelques-unes seulement sont arrivées à la purulence et se dessèchent déjà. Elles reposent sur une base très surélevée. La rougeur est limitée à leur pourtour ; il n’y a pas de plaque érythémateuse dans
l'intervalle. Au premier abord et à une certaine distance, on
= 0 pourrait les confondre avec les éléments de l’éruplion syphili ique concomitante.
La douleur persiste assez forte, continue avec élancements paroxystiques, et irradiant jusqu’à la partie externe et supérieure du bras gauche, dans la région deltoïdienne. En haut et en arrière, elle est ressentie dans toute la partie du cuir chevelu qui recouvre la moitié gauche de l'occipital. Elle s’étend peu au devant de l'oreille, mais le conduit auditif externe. est aussi douloureux,
Nous constatons en même temps l'existence d’une paralysie faciale gauche totale, commencçante, avec légère déviation du nez du côté sain. Les symptômes en sont très nettement ceux de la paralysie faciale périphérique a frigore, avec une légère diminution de l’ouïe de ce côté.
Il n'y a aucune alléralion du goût, ni de sensation de sécheresse sur la moilié correspondante de la langue. Le voile du palais ne présente aucune modification et la luette n’est pas déviée. Aucun trouble sensilif de ce côté, Pas de troubles pupillaires.
Nous n'insistons pas sur la description de laparalysie faciale; elle ne présente dans ce cas aucune particularité.
Le malade raconte qu'hier, en sortant de la consultation de l'hôpital Saint-Louis, il a voulu fumer sa pipe, mais, qu’à son grand étonnement, il n’a pu la tenir du côté gauche de la bouche qu'en serrant fortement les dents; il ne pouvait pas fumer de ce côté. Gel accident l’inquièle beaucoup pour l’avenir et, joint aux douleurs que lui occasionne son zona, il se considère comme très malade.
Nous le soumellons sans relard au traitement spécifique,
frictions mercurielles et 4 grammes d’iodure de potassium.
CR Er Le zona a suivi sa marche ordinaire : au bout de quelques jours les vésicules étaient complètement desséchées, mais les douleurs ont persisté pendant tout le séjour du malade, quoique diminuant d'intensité peu à peu. à Toute éruption syphilitique disparaît également après la première quinzaine.
La paralysie faciale qui était complète le lendemain de l’entrée, est allée s’améliorant lentement. Il n’a été fait aucun traitement électrique. La guérison est complète le 13 janvier
1894, jour où le malade part pour Pasile de Vincennes.
OBSERVATION
Névrite du nerf saphène interne aux névromes et troubles trophiques.Guérison en six semaines (par M. Taradec (de Brest).
Le nommé L..…., voilier, 22 ans, se présente à l’hôpital de Brest avec une céphalée ;persistante résenptant des exacerbations nocturnes. L’attention est attirée aussitôt sur les organes génitaux. A travers un prépuce élongé en phimosis on sent deux chanceres indurès occupant la couronne du gland. Chaîne de ganglions sous-occipitaux., pleiade indolore de ganglions inguinaux, Lymphangite dorsale de la verge. La date du dernier coit remonte à quatre mois celle des accidents actuels est de un mois.
Quelques jours après son entrée L... se plaint de mal de gorge et de gêne dans la déglutition. L'examen montre une rougeur ronge diffuse d’une couleur rouge cerise caractéristi-
que avec plaque muqueuse pullacée sur l'amygdale gauche. À
EE qe ce moment apparait une éruption de papules siégeant surtout aux membres inférieurs dans. la tête quelques-uns formant tubercules par leur volume el leur induration. Elles sont cuivrées présentent une pelite rupule centrale très visible à la loupe et se desquament par érailles argentées et furfuracées comme dans le psoriasis.
Le 22 juillet on prescrit la liqueur de Van Swieten.
Le 6 août — Le malade accuse une petite douleur en dedans de la cuisse le long du saphène interne droit. Ce nerf exploré avec beaucoup de soins esktrouvé saillant tendu de ce côté comme une corde à violon ce qui est attribué à une augmentation de volume quelle que soit du reste la cause de cette élongation qu’elle siège dans le névrilème ou dans les éléments nerveux proprement dits.
En suivant le nerf à la cuisse on constate sur son parcours une série de petits renflements ovoïdes se déplaçant facilement dans le sens transversal mais non dans le sens longitudinal,
lls sont au nombre de 25 à 30 dans le parcours fémoral de 10 à 20 dans le trajet jambier, gros comme des grains de ‘millet dans la branche rotulienne et se perdant derrière le malléole interne, non douloureuse, sauf au tiers inféro-interne de la cuisse ou on trouve quelques renflements plus volumineux.
Du côté gauche, le saphène interne paraît normal ; mais on constate du côté du sciatique poplité interne une série de renfllements en chapelets très rapprochés les uns des autres et occupant le losange popelité. La sensibilité explorée sous ses trois modes, tact, douleur et température a été démontrée normale.
Le 7 août. — On voil apparaître une ligne pigmentée brune
dans le tiers inférieur de la cuisse correspondant mathémati-