‹ Contribution À L'Étude Clinique Des Névrites Et Des PolynévritesChapitre 8 sur 14 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

S 1. — Etiologie.

S 2. — Symptômes et Diagnostic.

S 3. — Traitement.

S 1. — L’étiologie des névrites périphériques, accidents relativement rares au cours d’une syphilis secondaire, est encore bien vaque, grâce aux petits nombre d’observations qu’on en possède.

Quoiqu’on ait dit qué l’âge prédisposait à la syphilis nerveuse, il ne nous est pas apparu qu’on doive pour le genre de maladies qui nous occupe faire entrer sérieusement en ligne ce facteur : les malades sont au contraire presque tous jeunes.

Le sexe est peut-être une cause soit de généralisation soit de localisation, Cette dernière forme serait presque l'apanage de la femme, l’homme étant surtout atteint par les polynévrites sans qu’on puisse dans aucun cas trouver la cause occasionnelle.

L'hérédité nerveuse la misère et la déchéance physiolo-

giques qu’on pourrait s'attendre à voir Jouer un rôle dans

Lan l’étiologie des névrites ont au contraire presque toujours été eliminées.

Il ne reste donc comme facteur essentiel que la syphilis et son obscur processus dans notre organisme. Evidemment les causes extérieures, les intoxications professionnelles peuvent chez les syphilitiques soumis à ces traumatismes, à ces intoxications, faire appel à des lésions nerveuses. Mais, il ne s’en suivra pas forcément que ces névrites seront syphilitiques et c’est affaire aux cliniciens

à rendre à la syphilis ce qui lui appartient.

S 2. — Complexe et variable est la symptomatologie des névrites syphilitiques à la période secondaire. Non seulement elle dépend de l’extension et de la gravité de la lésion nerveuse, mais aussi de sonsiège, de sa loéalisation et de la fonction du nerf lésé. Sensitifs, moteurs, mixtes ou trophiques, les nerfs donneront lieu à une symptomatologie variée, ayant de nombreuses nuances dans le degré de participation de chaque modalité fonctionnelle du Système nerveux.

Au reste, les symptômes des névrites syphilitiques diffèrent peu de ceux des névrites de cause interne. Cest une constatation de la loi connue en neuropathologie que la nature de l'affection n’a aucune influence sur la qualité des symptômes mais, que c’est son siège, sa localisation qui décide de tout.

Le début des névrites syphilitiques est généralement moins brusque que dans les autres névrites. La alé s'installe d’une manière insidieuse, les douleurs sont sour-

des ; ce sont des fourmillements, des picotements, des

AT

sensations désagréables d’engourdissement qui peu à peu

augmentent et se précisent en se localisant,.

De plus, tous les syphilologues ont insisté avec raison sur la propriété qu’a la vérole d’occasionner des douleurs pendant la nuit ou bien des souffrances continues avéc exacerbation, nocturnes, de telle façon que la répétition d’un phénomène douloureux pendant la nuit lorque le malade est couché dans son lit serait un caractère spéctal de là syphilis. Mais on sait que de vulgaires névralgies peuvent avoir de [a tendance à exaspérations nocturnes et bien des névrites syphilitiques parmi celles dont nous avons rapporté l’histoire ont fait souffrir ceux quien étaient atteints autant la nuit que le jour. Sans négliger ce symptome il ne faut cepentlant pas lui accorder une valeur absolue. 2

: C’est surtout par l’étude, par l’examen attentif du malade etparla réunion d'éléments apportant chacun leur instruction personnelle, que l’on parvient à remonter jusqu’à l'origine de la maladie. Où le médecin puisera-t4l ces preuves?

Dans les antécédents tout d'abord, dans les symptômes

concomitants de la diathèse ; parfois dans la forme et les

caractères mêmes des phénomènes nerveux ; souvent aussi

dans la comparaison du fait qu’il a sous les yeux avec ceux

qui existent dans la science, ou qu'ila rencontrés dans sa pratique personnelle et enfin dans les résultats du traiteinént,

En effet, les antécédents peuvent démontrer que le malade à eu ou à la syphilis; en tous cas ils servent gé-

néralement à éliminer toutes les autres causes externes

ou internes pouvant donner lieu à des névrites. Mais si le résultat positif des renseignements anamnastiques a une grande valeur,on n’est jamais assez circonspect pour tirer des conclusions de résultats négatifs. Parfois le malade veut cacher au médecin qu'il a eu la vércle, d’autre fois il ne sait pas qu'il a été infecté. Que de syphils. ignorées |

L’examen objectif donnera des renseignements beaucoup plus précis. La surface cutanée, les muqueuses examinées avec un soin méticuleux, arriveront parfois à faire reconnaître l’existence d’une syphilis chez des gens qui ne se soupçonnaient même pas atteints de cette maladie. On étudiera dans leurs plus petits détails les troubles de la motilité, de la sensibilité, les troubles trophiques, en mettant en usage les moyens variés mis à la disposition de l’explorateur par l’expérimentation et par la science. C’est ainsi que l’on fera toujours l'examen de la contractilité électrique. Et malgré tout cela, malgré la sagacité personnelle du clinicien, que de fois la névrite passera inaperçue, ne sera même pas cherchée parce que l’observateur n'aura pas dans lesprit de fait auquel il puisse comparer célui qu'il a sous les yeux. N'est-ce pas un peu à celte ignorance que nous devons d’avoir le petit nombre d'exemples de névrites qu’on trouve dans la science.

Enfin, certaines particularités dans la marche de la ma- ladie et dans le groupement des symptômes viendront apporter un élément de plus à la certitude du diagnostic. IL est à supposer que les éléments anatomiques des pro= duits syphilitiques sont peu solides, puisque dans la ma jo-

rité des cas nous les avons vu rétrograder sous l’in-

fluence du traitement : d’autre part ils se reproduisent facilement. Les symptômes qui en dérivent, seront donc rationnellement, eux aussi, passagers, transitoires et sujets à des variations diverses.

Les faits viennent à l’appui de cette hypothèse et si comme l’a fait justement remarquer le professeur Fournier à propos de la syphilis nerveuse tertiaire : cette maladie est protéiforme : elle l’est tout autant à la période secondaire. De plus, la polymorphie qui existe pour la syphilis cutanée se retrouve aussi dans les manifestations nerveuses de la diathèse se produisant sur plusieurs régions, amenant à la fois des troubles de la sensibilité, de la motilité et aussi des troubles trophiques dont l’ensemble pourra peut-être, dans l’avenir, constituer une sorte de nervo-tabès secondaire. Les observations de MM. Spillmann et Sorrentino nous semblent assez concluantes sur ce point.

L'efficacité du traitement spécifique lorsqu'il aura été

institué, sera, quoique venant un peu tard, lélément le

plus sûr du diagnostic.

A propos de ce traitement, on songera toujours que le

mercure peut par lui-même créer des névrites (1). Or les

1. Au congrès de médecine interne tenu à Bordeaux en 1895. MM. Spillmann et Etienne présentèrent trois observations de névrites avec douleurs dans les membres, atrophie musculaire et parésie, dans l’hydrargyrisme. Leyden avait observé déjà plusieurs cas de genre.

On sait aussi que les ouvriers des mines de mercures d’Almaden - sont parfois atteints de paralysies persistantes.

On est même arrivé à reproduire cine tiénent la névrite

Ménétrel GB)

Dre syphilitiques soumis au traitement sont exposés à tous les accidents de l’hydrargyrisme ; mais l’amélioration des névrites par le traitement mercuriel permettra d’éliminer cette intoxication, qu’il était bon de signaler ici. *

$S 3. — Du reste au traitement mercuriel qu’il est d’usage de faire actnellement, on fera bien d’adjoindre liodure de potassium à la dose de 2 à 4 grammes par jour.

L’électricité ayant de plus une action simulante sur les muscles on lemploiera utilement. On peut se servir des courants faradiques et galvaniques alternativement et consécutivement. Il est seulement essentiel d'employer

des courants faibles mais prolongés.

mercurielle chez le lapin. « Les troubles sensitifs difficiles à constater existaient néanmoins, les troubles moteurs étaient très nets de même que les troubles trophiques qui se présentaient sous la forme d'une chute des poils et d’ulcération de la place plantaire des deux pieds (Heller, 1897).

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