‹ Contribution à l'Étude Clinique des Procidences du CordonChapitre 23 sur 31 · Interventions par voie basse · texte numérisé non relu

Interventions par voie basse

Pour qu’elles soient possibles, le bassin étant naturellement normal, ou tout au moins limite et praticable sans danger, il faut d’abord une dilatation complète.

a) Pour obtenir une telle dilatation, la thérapeutique dispose de divers moyens, dont les plus simples sont, en premier lieu, de laisser agir la nature; ceci n’est valable

que pour les dilatations déjà avancées, ou pour celles qui marchent vite, avec un fœtus en excellent état et un cordon bien protégé (cas de procubitus).

En second lieu, on pourrait s’aider de la morphine, de la spasmalgine ou du chloroforme dont l’usage et les efféts nous sont familiers. La poche des eaux, intacte, sera d’un excellent pronostic, là aussi. Ces médicaments soulageront le cordon, en diminuant le tonus utérin, permettront d’arriver à dilatation complète s’il n’y a pas souffrance fœtale ou d’attendre que l’on soit en milieu obstétrical pour réaliser l'intervention qui s'impose.

Dans d’autres cas, il faudra s'adresser à des procédés de dilatation artificielle qui pourront s'avérer plus ou moins pénibles et plus ou moins efficaces. La dilatation digitale pourrait à cet effet être employée seule ou concurremment avec d’autres procédés.

La rachianesthésie, par exemple, qui a malheureusement l'inconvénient d'augmenter considérablement le tonus utérin et par conséquent d'augmenter la compression du cordon.

Les extraits de post-hypophyse pourraient être employés seuls, ou mieux, avec l’adjonction de chloro-kélène.

Enfin, la méthode de HENRIET pourra être tentée et donner de bons résultats, mais inconstants, il est vrai.

Nous n'avons encore que peu d'observations de concidences ayant usé de ces méthodes modernes de dilatation artificielle pour pouvoir donner des chiffres valables.

Mais n’oublions pas ce que nous avons dit plus haut, savoir que la dilatation est un élément très aggravant du pronostic; la mortalité fœtale est de 50 % lorsque l’on a recours à elle avant d'appliquer les techniques d’extraction rapide.

Toutefois, sans vouloir aller jusqu’à la dilatation complète, une dilatation artificielle permettra de faire une version séparée, en cas de présentation du sommet ou de l'épaule.

b) Quant à l'expulsion du fœtus, il est des cas où la femme sera à même de l’opérer en quelques poussées, soit naturellement, soit à la suite d’un chloro-kélène-hypophyse, par exemple, ou d’un peu d’hypophyse seulement.

Mais, parfois, il faudra procéder à l’extraction de l’enfant et, dans ce cas, on pourra user du forceps ou de la version par manœuvres internes, suivant les cas. Le forceps est dangereux car il est traumatisant et risque d’augmenter la compression du cordon, que celui-ci se trouve entre la tête et la cuiller ou entre la cuiller et le bassin. Rappelons que son emploi a donné une mortalité fœtale de 48 %.

La version pourra être effectuée isolément pour son propre compte, ou comme temps préparatoire à une grande extraction. C’est encore une méthode traumatisante pour l’enfant et pour la mère, et qui a donné 30 % de mortalité fœtale.

Citons enfin la césarienne vaginale dont l’usage est de plus en plus restreint.

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