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plus pâle. Sa densité est diminuée, son alcalinité au-dessous de Ja normale » (1). Enfin dans la chlorose intense où l’œdème des téguments est fréquente, le professeur Hayem à montré que la guérison s’annonçait par une véritable crise urinaire coïncidant avec le relèvement du nombre des hématies. C’est une opinion analogue encore qu’exprime M. Labadie-Lagrave (2). D'autre part tous ces auteurs reconnaissent comme nous l’avons constaté que la coagulabilité est normale. Comme nous encore, M. Labadie-Lagrave insiste sur la petitesse et la fermeté du caillot après sa réaction complète. Nous verrons jusqu’à quel degré cette rétraction peut arriver. En ce qui concerne les cas présents, nous pouvons dire que cette réduction n’est pas très exagérée, et n’atteint jamais en particulier les proportions remarquablement restreintes des coagulums des syndromes cliniques qui simulent l’anémie pernicieuse progressive protopathique. Elle constitue donc un type intermédiaire entre ces derniers et les caillots normaux ou à peu près des anémies simples peu intenses que nous venons de voir : à ce titre, elle a donc une grande valeur diagnostique et pronostique et l’on pourrait jusqu’à un certain point, conclure du volume du caillet à l’intensité de l’anémie. Mais en réalité ce signe n’acquiert de valeur qu’autant qu'il se rencontre associé avec les phénomènes fournis par lexamen du sérum.
Il est remarquable en effet de constater la précocité du début de la transsudation et la rapidité avec laquelle elle s’accomplit. C'est, après 20 minutes (obs. 17), 25 minutes (obs. 15), 37 minutes (obs. 14), qu’elle commence. Elle est totalement effectuée 4 h. 5 minutes après la prise (obs. 17), 4 h. 1/4 (obs. 14), 1 h. 37 minutes (obs. 15). Nous verrons que cette rapidité peut être plus marquée encore. Mais, toutes choses égales d’ailleurs, nous croyons pouvoir affirmer que dans cette espèce d’anémie, la rapidité d'apparition du sérum a plus d'importance diagnostique que son abondance même. Lei encore son volume est intermédiaire
(1) Manuel de médecine, 1893, p. 493; Id. La chlorose, Bibl. Charcot-De-
bove, 1892, p. 99.
(2) Trailé des maladies du sang, 1893, p. 186.
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entre la petite quantité relative de liquide obtenue dans les cas
pathologiques légers et ceux des grandes anémies qu’il nous reste à voir.
A mesure que l’anémie progresse, la coloration jaune ambrée normale du sérum disparaît peu à peu, et ce liquide tend à prendre un aspect qui le rapproche de plus en plus de l’eau claire : « La pâleur du sérum est spéciale aux anémies » (Labadie-Lagrave, Luzet) (1). Dans les formes intenses mais non mortelles, comme celles que nous avons en vue en ce moment, la teinte caractéristique persiste dans une certaine mesure: elle est jaune pâle (obs. 14), jaune très pâle (obs. 15), très pâle à peine teintée de jaune (obs. 17). D’une façon générale le sérum est d’autant moins coloré qu'il est plus abondant, remarque qui concorde parfaitement avec les caractères que nous lui avons assignés précédemment. En même temps l'examen spectroscopique reste négatif. Dans le sérum normal, en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas mélanger par laspiration des hématies au liquide, il est exceptionnel qu’une petite proportion d’hémoglobine dissoute ne détermine pas l'apparition de la double raie de l’oxyhémoglobine ou de la raie unique de l’hémoglobine réduite de Stokes.Ordinairement dans le cours des anémies intenses il n’en est plus de même, et le spectre n’est pas modifié à moins de mélanges d’hématies (ob. 15). En particulier on n’y retrouve jamais de raie d’urobiline (obs. 14, 15:16, 17).
C’est une opinion généralement admise que « dans les états anémiques, quelle qu'en soit l’origine, l’alcalinité du sang s’abaisse au-dessous de la normale » (Drouin). Telle est la manière de voir de Renzi et Marotta, de Mya et Tassinari, de Græber, de Rumpf etc. Cependant Peiper (3), dans six cas d’anémies, n’a pas constaté une diminution constante du taux de l’alcalinité. Nous croyons que, d’une façon générale, l'opinion commune est la bonne. C’est ainsi
(4) Manuel de méd., Séméiol. du sang, 1893, p. 485. Kerscn, Variations de
l'hémoglob. dans l'an. paludéenne, Recueil de mém. de médecine, Paris, (2) L. c., p. 129.
(3) Cité par DrouIN, p. 130.