‹ Contribution à l'étude clinique du sangChapitre 15 sur 35 · RAR ES · texte numérisé non relu

RAR ES

que dans notre observation 14 la réaction est légèrement acide . Cependant, dans deux autres cas (obs. 45 et 17) nous avons trouvé le sérum fortement alcalin. Nous ne voulons pas attacher à ces observations plus d'importance qu’elles n’en méritent. Mais on pourrait essayer d'expliquer ces faits, en apparence contradictoires, en émettant l’hypothèse qu’à côté de troubles purement hématopoiétiques, il s’est produit une destruction globulaire mettant en liberté des produits alcalins (4) dont le sérum serait pour ainsi dire sursaturé, quelle que puisse être du reste la cause de cette déglobulisation. En résumé, nous pouvons conclure : que toute anémie s'accompagne de modifications nettement définies du caillot et du. sérum dont la caractéristique est de s'accroître en raison même de

l'intensité des troubles de l’hématopoièse.

OBs. 14. — Cachexie palustre. Fièvres intermittentes. Anémie profonde chez un jeune soldat ayant fait la campagne de Madagascar (résumée). Sérum de sang anémique (personnelle). — H..., âgé de 22 ans, entre le 2 mars 1896, salle Bazin, lit n° 9, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem, a fait toute la campagne de Madagascar, a contracté les fièvres pour avoir remué la terre. Mis à la réforme. À son entrée, extrème pâleur, gros foie débordant de 3 à 4 travers de doigt, grosse rate, estomac dilaté (intoxication par la quinine : on lui a fait prendre 2 à 3 grammes de quinine par jour). Bronchite aiguë. De temps en temps poussées de fièvres intermittentes. Guérison. Part à Vincennes après un séjour d'environ deux mois à l’hôpital.

Examen du sang. — Numérations, le 7 mars 1896. — N : 1.612.000. —R:2.216.306. —.G : 1.3. — B : 12.160. Le 27 mars. — N : 341.000. —R:2.216.306. — G: 0.65. — B : 5.270.

Examens de sang pur, le 7 mars. — Pas de pseudo-parasites. Globules rouges déformés et inégaux de volume se rassemblant en amas, mais on ne trouve pas de piles franches et la cohésion des hématies est peu marquée. Le nombre des globules blancs est très supérieur à la normale. Ees hématoblastes sont rares. Pas de réticulum.

Le 27. — Hématües régulières, se rassemblent facilement en ilots et en piles. Espaces plasmatiques intermédiaires formant des mers et des lacs. Nombre des globules blancs encore assez abondant. Nombre des hématoblastes considérable en amas ou isolés au milieu des espaces. Pas de réticulum.

Le 31. — A l’occasion d’un accès de fièvre. Même aspect général que

(1) Le contenu des globules sains est en effet plus alcalin que le plasma (V: Drounx, p. 31 et 130).

ES) En

précédemment. Quelques globules rouges animés de mouvements affectent la forme de pseudo-parasites. Pas d'hématozoaires de Laveran. Examen du sérum, le 16 mars 4896. — Sang pris à 5 h. 4/2. Prise et coagulation en 1/4 d'heure. Le sang se coagule à mesure qu'il s'écoule. À ce moment il forme une masse d’un rouge sombre uniforme qui remplit la moitié inférieure de l'éprouvette. La séparation s'annonce bientôt sur les faces latérales du caillot où la coloration moins intense fait place à une sorte de transparence. Après 37 minutes, apparition du sérum transparent, jaune clair, sur les parties latérales, en mince couche. La séparation est presque entièrement effectuée en { h. 1/4. Le caillot se rétracte de plus en plus au centre et surnage. Examen après 37 heures : Sérum jaune pâle occupant la face inférieure et les parties latérales du caillot qui surnage. Celui-ci est cylindrique, mesure 1 centimètre de. long sur 1/2 centimètre de large. Coloration rouge uniforme. Consistance ferme et élastique. Sérum abondant. Réaction légèrement acide, Examen spectroscopique : Raie de l’oxy-hémoglobine. Pas de raie d’urobiline. Pas de pigments biliaires. Pas de réaction de Gmelin.

Ogs. 15. — Coliques saturnines. Sérum très abondant et très pâle (personnelle). — Il s'agit d’un peintre en bâtiments ayant déjà eu des coliques de plomb, entré dans le service de M. le professeur Hayem au mois d'avril 4896 et couché au n° 17 de la salle Bazin. Hôpital Saint- Antoine. — Examen du sérum, le 29 avril 1896. — Sang pris à 2h. 20. Prise très rapide, le sang s'écoule facilement. Sa coloration est d’un rouge franc. Coagulation très rapide, le temps de la prise. Caïllot couleur gelée de groseille uniforme. La séparation commence en 25 minutes, sur les parties latérales du caillot. Elle est effectuée après 95 minutes. Le sérum est très abondant, le caillot très petit, est rétracté au centre.

Examen après 24 heures : Caillof rouge sombre sauf dans les parties inférieures où il est plus sombre et noirâtre. Il flotte à la surface du liquide retenu par son extrémité supérieure plus large aux parois de Péprouvette. Hauteur 1 centimètre de long sur 1/2 centimètre de large. Consistance élastique et ferme. Le sérum remplit les 3/4 de l’éprouvette, il est très fluide et d’un jaune très pâle. Rétraction fortement alcaline. Examen spectroscopique : pas de modifications du spectre, pas de réaction de Gmelin.

Ogs. 16. — Anémie saturnine avec néoplasie stomacale (résumée). Scrum trés abondant et très pâle. Sérum de sang anémique (personnelle). — Le nommé . . . . . âgé de 59 ans, imprimeur sur papiers peints,

entre le 28 février 1896, salle Bazin, lit n° 18, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem. Depuis 18 ans, manie les couleurs (chromate de plomb, vert de Schweinfürth, sels d’arsenic qui ont laissé à sa peau une coloration verdâtre). Coliques de plomb en 1888. Choléra en 1892, dont il reste très anémié. Grippe en 189%. En même

en

temps, phénomènes dyspeptiques graves : dégoût de la viande, vomis

sements. Entré le 4 janvier 1896 chez M. Brissaud et de là chez M. Hayem. À son entrée, homme assez corpulent, extrêmement faible, profondément anémique, avec des signes évidents d'intoxication saturnine, avec exagératiou de la quantité des urines et traces d'albumine. Liquide gastrique noirâtre. Rénitence abdominale au niveau de l’estomac. Amélioration légère, puis cachexie et mort dans les derniers jours de juillet. A l'autopsie : néoplasie stomacale de la petite courbure.

Examen du sang. — Numération le 17 février. — N : 2.728.000. — R: 886.500. — G : 0.32. — B: 15.500, le 2 mars. — N: 1.705.000. -— R : 704.890. — (x : 0.41. — B : 17.650.

Examen de sang pur. — Sang d’anémie intense : pas de tendance à former des piles. Présence de pseudo-parasites. Grand nombre de globules blancs.

Examen de sang sec coloré. — Globules rouges très inégaux. Grand nombre de petites hématies. Hématoblastes peu nombreux. Globules blancs abondants : variété 2 domine. Présence de globules rouges à noyaux.

Examen du sérum, le 5 mars 1896. — Ecoulement facile du sang. Coagulation rapide. Séparation d’une grande quantité de sérum.

Examen après 24 heures : Caillot rose pâle, élastique, sérum très abondant, remplit la presque totalité de l’éprouvette. Réaction légèrement alcaline. Examen spectroscopique : renferme des fraces d’hémoglobine. Pas d’urobiline. Pas de réaction de Gmelin.

O8s. 17. — Infection puerpérale (résumée). Sérum très abondant et pâle des anémiques (personnelle). — II s’agit d’une femme entrée au n° 3 de la salle Vulpian pour infection puerpérale ; faiblesse extrême, température élevée. Elle présente des phénomènes de péritonite localisée au petit bassin. Guérison.

L'examen du sérum et la numération sont l'indice d’une anémie intense. Examen du sang, Le 29 avril 4896. — Numération.— N : 3.025 ,000- — R:1.846.920. — G : 0,61. — B : 5.376.

Examen du sérum. — Sang très liquide, s'écoule très facilement. Une demi-éprouvette est prise en dix minutes. Coagulation rapide, le temps de prendre le sang. Caillot d'un rouge sombre uniforme. Sang pris à 3 heures moins 5./En 20 minutes, apparition d'un sérum clair sur les parties latérales du coagulum. Séparation complètement effectuée 4 heure 5 après la prise : une très grande quantité de sérum existe sur les parties latérales du caillot, rétracté au milieu de l’éprouvette sous la forme d’un tronc de cône à base supérieure. Ce sérum est très pâle.

Examen après 24 heures. — Le caiïllot présente 1 centimètre de haut sur 1/2 de large. Il est uniformément rouge sauf à sa partie inférieure plus sombre. Il surnage. Consistance élastique et ferme. Le sérum remplit les 2/3 de la grande éprouvette. Il est très pâle, à peine teinté de jaune, devient légèrement rosé par le mélange d’un peu d’hémoglobine.

Réaction fortement alcaline. Examen spectroscopique : très légère raie d'hémoglobine. Pas d’urobiline. Pas de réaction de Gmelin.

Nous ne pouvons aborder l'étude des anémies symptomatiques graves sans dire un mot des anémies posthémorrhagiques. D'une façon générale, les caractères du caillot et du sérum rappellent absolument ceux que nous venons de passer en revue. Mais un signe différentiel absolu est la difficulté que l’on éprouve à se procurer du sang (obs. 18). Le professeur Hayem attribue cette difficulté à l’état de vacuité des vaisseaux. Dans cet état d’anémie aiguë ad vacuum, « il faut exercer des frictions énergiques sur la peau, empêcher la circulation en retour par la ligature du bras pour obtenir quelques gouttes de sang (1) ». Les cas analogues au nôtre publiés dans le livre de M. Hayem (2) sont malheureusement dépourvus d'examen du sérum. Cependant on trouve noté dans l’observation 7 (p. 841) que « le sang est pâle, grisätre, d'aspect lymphatique ». Dans l’observation 9 « le sérum sanguin est normal » (p. 847). Malgré l'absence de contrôle que nous aurions été heureux de trouver dans l’œuvre de notre maître, nous nous croyons autorisé à conclure que l’anémie posthémorrhagique se caractérise . essentiellement par la difficulté que l’on éprouve à se procurer du sang, mais qu'en dehors de cette remarque, la séméiologie du sérum et du caillot est absolument identique à celle des anémies intenses ».

OBs. 18. — Anémie intense par gastrorrhaqie chez une chiorotique pr'ésentant un ulcère d'estomac latent probable. Phlegmatia alba dolens (résumée). Sérum pâle et abondant, caillot très rétractile (personnelle), —

La nommée L... Marie, âgée de 19 ans, domestique, entre le 7 décembre 1896, salle Moïana, lit n° 17, hôpital Saint-Antoine, service de M. le

professeur Hayem. — Chlorotique de bonne heure. N'a jamais souf-

fert de l'estomac. Pas d’éthylisme. Abondante hématémèse le 197 décembre au moment de ses règles (1/3 de cuvette de sang). 2e hématémèse le 3 décembre ; une 3° le 5 décembre, Mélæna. A son entrée, malade exsangue. Pouls à 120-150, très faible. T. 3803. Symptômes subjectifs des grandes hémorrhagies. Pas de signes respiratoires. Le ventre n'est pas douloureux. Foie, rate de volume normal, Pas de symptômes d’hystérie. Peu à peu rétablissement complet jusqu’au

(4) Hayem, Méd. mod., 1897, p. 451.

(2) Hayem, Du sang, 1889, p. 829-847.

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11 janvier 1897 où sa température monte à 39°. Signes d’une phlegmatia alba dolens du membre inférieur droit jusqu'au 22 janvier. À partir de ce moment la convalescence marche régulièrement et la malade sort guérie Le 20 février.

Examen du sang, le 7 décembre 1896. Examen de sang pur. — Sang d'anémie intense. Hématies régulières disposées en piles courtes de 8 à 10 éléments très peu colorés. Elles interceptent entre elles des mers plasmatiques étroites dans l’intérieur desquelles on ne trouve qu'une faible proportion de leucocytes mais un assez grand nombre d’hématoblastes isolés ou en amas. Quelques globules rouges à allures de pseudoparasites. Pas de réticulum.

Examen du sérum. — Sang pris à 2 heures. Durée de la prise 20 minutes, sang très pâle, s'écoule difficilement, on est obligé de pratiquer deux piqûres pour recueillir 1/2 éprouvette. Coagulation très rapide à la sortie des vaisseaux. Le caillot est couleur gelée de groseille. La séparation apparaît sur les parties latérales et inférieures du caillot en 20 minutes. Elle est totalement effectuée en 4 heures.

Examen immédiat. — Caïillot rose, de très petites dimensions, mesure 4 centimètre de long sur 1/2 de large. Il est élastique, de consistance ferme. Le sérum est peu abondant (1/2 centim. cube), jaune, se mélangeant d’une petite quantité de sang par l'aspiration et devenant rose clair. Réaction alcaline. Examen spectroscopique : Raie de l’oxyhémoglobine. Pas d’urobiline. Pas de réaction de Gmelin.

Numérations successives, le 7 décembre, — N: 1.054.000. — R: 633.230. — G : 0.60. — B : 9.300. Le 21 décembre. — N: 1.798.000. —R: 997.337 — G: 0.55. — B: 7.130. Le 28 décembre: —"N:

2.225.000. — R: 934.000. — G: 0.45. — H : 334.000. — B : 6.200. Le 8 janvier 1897. — N : 2.263.000. — R : 886.522.— G : 0.40. — B : 7.400. — Le 16 janvier 1897. — N: 2.015.000. — R: 831.145. — G: 0.40. — B: 6.510. Le 19 février 1897. — N: 3.479.750. — R : 2.216.306. — G: 0.64. — B : 5.081.

Exumen de sang pur, le 16 janvier. — Le sang est encore celui d’une anémie intense avec quelques pseudo-parasites appartenant à la 4re variété. Réticulum ne 3.

Examen de sang sec, Je 16 janvier. — Poikilocytose. Quelques globules géants sans noyaux. Leucocytes de la 2° variété (Eosine-hématoxyline). 19 février. — Poikylocytose. Un grand nombre de globules nains avec nombreux globules intermédiaires entre ces derniers et les hématies normales. Hématoblastes nombreux. Peu de globules blancs.

B. Anémies symptomatiques graves à forme d’anémie pernicieuse progressive. — Pendant longtemps on a confondu sous le terme général vague d’anémie progressive (1), une

(1) Lépine, Anémies progressives. Rev. critique. Rev. mens. de méd. el de chir., fév. 1816.

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entité bien définie PANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE dite improprement PROTOPATHIQUE, et une catégorie {rès spéciale de troubles hématopoiétiques désignés sous le nom d’anémies pernicieuses progressives dentéropathiques. Ces dernières doivent être rangées dans le cadre des anémies intenses, où il faut leur réserver une place à part, eu égard à leurs allures toujours graves etsouvent mortelles. Nous allons essayer de fixer rapidement leurs principaux caracières cliniques et hématiques. C’est Eichhorst, en 1878, qui le premier les sépara nettement de l’anémie pernicieuse progressive. Mais il appartenait au professeur Hayem de démontrer leur absolue différence par les signes tirés de l’examen du sérum et du caillot (1). Elles sont toujours dues à une cause bien définie : pseudoleucémie Iymphogène (Fede, Pepper, Cohnheim), présence dans Pintestin de parasites : botriocéphalus latus (Reyher), ankylostome duodénal (maladie du Saint-Gothard) ; anémie des tropiques ; entérites chroniques ; mais surtout les grossesses répétées (2) (Gusserow) chez des femmes mal nourries, en proie à une misère physiologique intense ; l’alimentation insuffisante, les fatigues excessives.

La chlorose se retrouve parfois dans les antécédents morbides. -Ces sortes d’affections se rencontrent surtout chez les adultes, mais on a pu les observer chez des enfants (3). Leur marche lente se fait par épisodes successifs. On peut toujours y constater des lésions organiques plus ou moins profondes (gros foie, grosse rate, corps fibreux, elc.) ; mais surtout, l’état général reste relativement satisfaisant, sans asthénie, sans adynamie, sans subdélire (4) ; enfin la guérison est possible. Tels sont, esquissés à grands traits, les symptômes les plus marquants que l’on retrouvera à la lecture de nos observations. Insistons maintenant sur les caractères tirés de

lexamen du sérum et du caillot qui reproduisent fidèlement et en

(1) Haven, Lee. clin, de l'hôp. Saint-Antoine, 1891.

(2) Barur, Etude sur l'an. grave d’or. puerp. Th. Paris, 1819.

(3) ExGez, Arch. für pathol. Anat., CXXXV. L'auteur n’a pas fait d'examen du sérum.

(4) Hayem, Dur. Sacy, p. 164.

PANEE T

l’exagérant, ce que nous connaissons déjà des anémies intenses. Le sang est rose pâle, sa fluidité extrême, son écoulement très rapide. Le début de la transsudation est presque immédiat : 10 minutes (obs. 49, 22), 48 et 20 minutes (obs. 20, 21), elle est le plus souvent effectuée dans un temps très court, 35 minutes (obs. 19), 4 h. 10 minutes (obs. 21). Elle exige au plus 3 heures pour être parachevée (obs. 20). Le sérum, toujours très abondant, remplit la presque totalité de l’éprouvette, même à l'exclusion du caillot. En dehors de la présence de pigments étrangers, sa coloration est très pâle et sa transparence parfaite ; son analogie avec l’eau claire est presque absolue. Sa réaction est alcaline parfois franchement, ailleurs faiblement. L'examen spectroscopique est le plus souvent négatif. La présence dans les observations 20 et 21 d’urobiline ou de pigments biliaires modifiés est due à des altérations hépatiques secondaires : fréquentes au cours des infections puerpérales, celles-ci ont une nouvelle valeur séméiologique, puisqu'elles donnent des renseignements précieux sur l’état du foie. C’est là du reste une question que nous nous réservons de traiter dans un autre chapitre. De son côté, le caillot présente quelques caractères très significatifs : après la coagulation, sa coloration très spéciale est analogue à celle de la gelée de groseille pâle. La transsudation effectuée, il se réduit à un mince et court cylindre, flottant à la surface du liquide, très ferme et très élastique, de coloration rouge dans les parties immergées, plus large et rosé à son extrémité supérieure. Ce contraste entre l’extréme réduction du caillot et la grande abondance du liquide est caractéristique de l'intensité des troubles hématopotétiques et pathognomonique des anémies du 4° degré.

En résumant les données que nous venons d’acquérir, nous conclurons que les anémies symptomatiques graves de l’adulte peuvent être schématisées dans le tableau suivant :

1° Päleur et fluidité extrême du sang ;

20 Teinte spéciale du coagulum ;

3° Marche rapide et abondance de la transsudation ;

4° Petitesse caractéristique du caillot.

Ici encore le temps de la coagulation reste normal.

EPST

Os. 19. — Anémie grave de l'adulte à forme d'anémie pernicieuse progressive. Mort (résumée). Sérum très abondant (personnelle). — Homme de 23 ans, entré le 3 août 1896, salle Bazin, lit n° 2, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem. Sans autres antécédents qu'un peu d'éthylisme et quelques excès de bicyclette, il eut à plusieurs

reprises des vomissements sanguins avec melæna. À son entrée, pâleur

extrême, grande faiblesse, face et rate de volume normal, estomac dilaté, légères douleurs abdominales. T. 38, Bientôt, vomissements très abondants avec mélange des partieules de sang. Mort à la fiu d'août. Autopsie très incomplète. Rien dans les organes examinés. Mais on a négligé d'ouvrir l’æsophage et le duodénum.

Examen du sang. — Numérations, le 3 août 1896.— N : 1.767.000. —

KR : 554.076. — G : 0,31. — B : 4.340. — Le 15 août. — N: 1.426.000. —

Examen du sang pur dans la cellule à rigole. — Hématies régulières, disposées en piles courtes de 10 ou 15 éléments ou séparées les unes des autres. Globules blancs peu abondants, amassés en certains points de la préparation. Petites mers plasmatiques intermédiaires. Hématoblastes en amas ou isolés dans toute l'étendue de la préparation. Pas de pseudo-parasites. Réticulum n° 2,

Examen du sérum. — Sang pris à 2 heures 1/4. Il est très fluide e d’un rose pâle. En 5 minutes, 1/2 éprouvette est prise. Le sang s’écoule facilement. Coagulation presque immédiate. Il en résulte un caillot rosé, analogue par sa couleur à de la gelée de groseille pâle. Très rapidement, en 10 minutes, une goutte de sérum clair apparaît à la partie supérieure du caillot. Il augmente rapidement et devient abondant en 20 minutes, tandis que le caillot se rétracte sur une face de l’éprouvette. Après 35 minutes, quantité très abondante de sérum, tandis que le coagulum de plus en plus rétracté occupe la partie centrale du récipient ; il n’adhère que par un point à la paroi. La séparation est achevée.

Examen après 26 heures : caillot flotte à la surface. Isolé, il se compose de 2 parties : une inférieure, cylindrique, rouge foncé, une supérieure, rosée, aplatie. Il mesure 1/2 centimètre dans tous les sens. Il est élastique et de consistance ferme. Le sérum très abondant, remplit la moitié de l’éprouvette. La coloration est d’un jaune clair. Réaction fortement alcaline. Examen spectroscopique : très légère raie d’oxyhémoglobine, pas d’urobiline, pas de réaction de Gmelin. En somme, sérum d’une anémie intense.

OBs. 20. — Anémie de la grossesse affectant les allures de l’anémie pernicieuse progressive (résumée). Sérum abondant avec réaction légère des pigments biliaires (personnelle). — Femme âgée de 24 ans, ménagère, entrée le 16 octobre 1896, salle Moïana, lit n° #, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayeim. Réglée à 16 ans, assez mal (ménorrhagies). # grossesses, la dernière il y a un an, A la fin, diarrhée abon-

Hot peus

dante, Accouchement à 7 mois 1/2 qui s’est passé normalement. Actuellement teinte cireuse, amaigrissement, ventre ballonné, foie gros (par hypertrophie et ptose) mobile. Rate normale. Artères souples, pouls petit, mou, dépressible : 76. Cœur normal. Souffle doux à la base, local. Conjonctives légèrement jaunâtres. Gencives et muqueuses très décolorées. Urines peu abondantes, 800 cent. cubes, rien de particulier. Léger état fébrile. T. autour de 38° pendant quelques jours. Hypopepsie. Légères hémorrhagies rétiniennes. Reste 2 mois dans le service, s'améliore et se colore, sort guérie, le foie toujours un peu gros par

ptose.

Examens du sang. — Numérations, le 5 novembre. — N : 620.000. — R: 805.929. — G:1,2.—B : 4.340.— Le 12 novembre. — N : 1.209.000. -- R:1.424.768 — G:1,1. — B: 4.650. — Le 23 décembre. — N:

Examens de sang pur, le 4 novembre. — Présence de pseudo-parasites. Hématies de volume inégal de coloration pâle, réparties en très petits ilots et en piles courtes de 4 à 5 éléments. Mers plasmatiques peu larges. Globules blancs peu nombreux. Très peu d’hématoblastes. Le 13 novembre. — Les hématies ont tendance à se réunir en îlots et en piles plus longues que dans le précédent examen. La coloration des hématies est elle-même plus accentuée : un grand nombre sont d'un rose doré. Mers plasmatiques intermédiaires assez larges. Leucocytes peu abondants. Nombre des hématoblastes bien supérieur au premier examen, quelques-uns en amas. Pas de réticulum. Encore quelques pseudo-parasites. — Le 23 décembre, le sang a repris presque entièrement les caractères du sang normal. Les hématies se forment en îlots et en piles maintenant colorées, interceptant des lacs et des mers plasmatiques dans lesquelles on trouve encore une grande proportion d’hématoblastes et un certain nombre de globules blancs.

Examen de sang sec, le 7 novembre (Fixation à l’acide osmique à 1 0/0. Coloration à l’eau iodo-iodurée forte).—.Hématies de volume divers. Quelques globules géants dans la préparation. Globules rouges à noyaux assez abondants (5à6 par préparation) et très nets. Très peu d’hématoblastes. Avec la double coloration (éosine et bleu de méthylène) on constate de plus qu’il existe un'certain nombre de globules blancs éosinophiles.

Examen du sérum, le 4 novembre. — Sang pris à 3 heures, rose clair, très fluide. S’écoule facilement. La coagulation se produit après la prise effectuée. Caillot d'un rose clair analogue à de la gelée de groseille. En 18 minutes, apparition du sérum sur les parties inférieures du caillot au fond de l’éprouvette. Le sérum augmente rapidement : il est jaunâtre avec un reflet vert. 3 heures après, séparation totalement effectuée. Sérum très abondant, caillot central très petit de couleur rosée.

Examen après 18 heures. — Le caillot petit mesure 2 centimètres de long sur 1/2 de large. Il est renflé en massue à son extrémité supérieure.

Noir dans ses 2/3 inférieurs. La tête en est rose clair. Sa consistance est très élastique. Sa tendance à se dissoudre nulle. Le sérum très abondant, remplit la presque totalité de l’éprouvette. Il est transparent, jaune clair, avec un reflet verdàtre. Examen spectroscopique : pas d’autres modifications qu'un léger assombrissement de la partie droite du spectre avec exagération au niveau de la raie de l’urobiline. Réaction aJcaline. Très légère réaction de Gmelin qui reste douteuse.

Os. 21. — Anémie symptomatique consécutive à la grossesse et affectant les allures de l'anémie pernicieuse progressive protopathique. Pas de troubles nerveux. Pas d'altérations médullaires (résumée). Sérum de sang profondément anémique. Réaction des pigments biliaires légère. Raie de l'urobiline (personnelle).— La nommée P... Marie, âgée de 38 ans, entre le 18 mai 1897, salle Vulpian, lit n° 19, hôpital St-Antoine, service de M. le professeur Hayem, 8 couches successives, a perdu assez de sang à la dernière. Comme conséquence pâleur extrême, affaiblissement croissant. Mort dans le coma dix jours après son entrée à l’hôpital. Altérations assez marquées des divers organes à l’autopsie. Mais pas de lésions histologiques des centres nerveux.

Examens du sang pratiqués le 19 mai 1896. — Numération, — N : 620.000. — R : 524.913. — G : 0,84. — B ; 7.130.

Examen de sang pur dans la cellule à rigole. — Pseudo-parasites en assez grande abondance, Les hématies présentent des variations de forme considérables -et des différences notables au point de vue de leur volume. Les hématies n’ont aucune tendance à se mettre en iïlots, mais elles forment de petites piles, de 3, 4 éléments. Nombre de globules blancs assez peu considérables. Hématoblastes assez rares, isolés, ou en amas, pas de réticulum.

Examen de sang sec. — Nombre assez considérable de globules rouges à noyau. Poikilocytose. Globules rouges géants (Color. à l’éosine et à l'hématoxyline).

Examen du sérum. — Sang pris à 5 h. 10, très pâle et très liquide ; il s'écoule facilement. En cinq minutes on remplit une petite éprouvette de 4 centimètres cubes. Coagulation très rapide effectuée en 5 minutes. Après 20 minutes, apparition du sérum ; très rapidement il se forme sur les parties latérales du caillot qui se rétracte. La coloration en est jaunâtre. 4 h. 10 après la prise, quantité de sérum extrêmement abondante tandis que le caillot très mince et de plus en plus rétracté se réfugie au centre de l’éprouvette. Le caillot est rosé, cylindrique ; le sérum jaune citrin. Le lendemain matin 16 heures après la prise le sérum a encore augmenté et se maintient sans autre modification. Le caillot est réduit à un miuce cylindre de1 centimètre delong surnageant au-dessus du liquide et rattaché à la surface de celui-ci par une sorte de base plus large plan. concave adhérente aux bords de l'éprouvette. Sa coloration est d’un rouge clair, uniforme, sa solubilité nulle, sa consistance élastique. Le caillot enlevé, le sérum très abondant remplit

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