‹ Contribution à l'étude clinique du sangChapitre 23 sur 35 · ANSE · texte numérisé non relu

ANSE

ration à l’éosine et à l’hématoxyline. Hématies de très variable volume et de formes très différentes. Il existe une poikilocytose très manifeste, quelques globules rouges, géants, se montrent dans la préparation : certains présentent des prolongements digitiformes. Quelques globules rouges très déformés (allongés et très longs, ou présentant des prolongements variables), représentent des pseudo-parasites, immobilisés dans leurs formes au moment de l’étalement. Il existe des globules rouges à noyau (5 ou 6 dans chaque préparation). Le nombre des hématoblastes est très limité. Le nombre des leucocytes est assez considérable : la variété n° 4 est la plus faible en nombre, la variété 2 est en grande quantité. Enfin, on rencontre quelques globules blancs de la variété 3.

2°examen du sérum, le 25 juillet 1897.— Sang recueilli par piqüre au doigt, s'écoule très facilement. Coagulation lente 1/2 heure environ. Le caillot est bien rétractile. Au bout de 12 heures, il s'est formé une quantité de sérum, égale à peu près au 1/4 de la masse totale. Aucun pigment anormal. Sang sec. — Indique une amélioration évidente de l'état du sang. Peu d'altérations globulaires. Hématoblastes nombreux. Les préparations étalées par notre collègue Ghika et colorées par nous (éosine et hématoxyline) nous ont montré le 9 août 1897, une augmentation notable dans le nombre des hématoblastes, répondant à une véritable crise et l'absence complète, malgré nos recherches de globules rouges nucléés. L’examen a été fait sur deux préparations.

c) LES PURPURAS CACHECTIQUES ET INFECTIEUX. — Les modifications dela coagulation sont ici très variables. Tantôt (obs. 31), on se trouve en présence d’un type rappelant absolument celui que nous venons de voir (irrétractilité transitoire, transsudation de plus en plus abondante). Ou bien (obs. 32), il y a une diminution dans le volume du liquide exsudé. [l se peut qu’alors, les phénomènes présentent de nouveaux caractères sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir (sérum laqué, redissolution partielle du caillot, résorption du sérum). Enfin la transsudation peut encore se faire comme à l’état normal, mais le sérum présente des altérations spectroscopiques et chimiques en rapport avec les lésions observées pendant la vie. On voit donc qu'il ne s’agit plus ici de phénomènes aussi constants et significatifs que ceux que jusqu’à présent nous avons observés. Jusqu'à un certain point nos résultats paraissent en contradiction (2 fois sur 3) avec les conclusions de Bensaude. « Les recherches dans toutes les variétés de purpura sans

grandes hémorrhagies (purpuratoxique, purpura nerveux, purpura

Sn pars

rhumatoïde ordinaire, purpura des cachectiques) sont demeurées absolument négatives. » Mais l’on remarquera que chez les deux malades où nous avons obtenu un résultat positif (absence partielle de rétraction du caillot) nous trouvons noté à l’examen du sang pur, que le nombre des hématoblastes était extrêmement restreint. On est en droit de croire qu’il y à eu connexité entre ces phénomènes, et que la cachexie au cours de laquelle le purpura s’est produit, ne s’est accompagnée de troubles évolutifs dans la transsudation que parce qu’elle avait un effet direct sur la production ou l’évolution des hématoblastes par suite peut-être de son intensité. En d’autres termes, certains purpuras cachectiques se rapprochent jusqu’à un certain point, en ce qui concerne leur pathogénie, des purpuras hémorragiques, et établissent une transition entre ces derniers et les toxémies où l’irrétractilité du caiïllot contraste avec la présence des hématoblastes. Ainsi se trouvent expliquées les apparentes contradictions entre nos exemples et ceux de Bensaude (1). Mais le plus souvent les purpuras infectieux évoluent sans grand retentissement sur les phénomènes objectifs de la coagulation ; c’est ce qui nous explique l’absence de rétractilité du caillot observée par Apert dans sa thèse (2), et par Denys (3) et le véritable caractère de l’observation publiée par M. Hayem en 1876 à la Société de Biologie (4). Par contre, la conclusion que nous avons essayé de tirer de l’absence de rétractilité du caillot dans le purpura hémorrhagica perd de sa rigueur, puisque le phénomène peut se rencontrer au cours de maladies étrangères où le purpura ne se montre qu’à titre de syndrome,

Ors. 31. — Tuberculosé pulmonaire. Purpura cachectique. Hémoptysies légères. Caillot sanguin non rétractile au début (due à l'obligeance de M. le professeur Haye et de notre collègue Gnika (Résumée). — Le nommé

(1) Les mêmes réserves sont faites par M. Hayem à propos de la communication de M. Millard à la Société médicale des hôpitaux (12 février 1897, p. 229). Voir ce cas et les critiques du professeur Hayem résumées dans notre observation 29.

(2) Purpura, sa pathogénie, etc. Paris, 1897, p. 43-44.

(3) Loc. cil., p. 461.

(4) Du sang. p. 964.

EN" 2e

M... Pierre, âgé de 50 ans, facteur d’orgues, entre le 18 janvier 1897, salle Bazin, lit n° 5. Rhumatisme en 1873 mais pas d’autres maladies. Jamais de purpura ni d'hémorrhagie, mais saignait abondamment à la moindre piqûre. Tousse depuis trois mois, dyspnée depuis lors. A son entrée, léger œdème des malléoles. Craquements humides et râles sous-crépitants au sommet droit, petite caverne du sommet gauche. Au cœur, irrégularités transmises au pouls. Taches de purpura le 25 janvier, et pour la première fois expectoration sanglante. Le 29 janvier,nouvelles poussées de taches purpuriques avec crachats sanglants plus abondants. Le 7 février, nouvelles taches au point d’application de la teinture d’iode. Le 12 février, nouvelle poussée. Le 27 février, il part pour Vincennes.

Examens du sang. — 1°" examen du sérum, le 5 février. — Sang recueilli par piqûre au doigt. Coagulation un peu lente. En 2 ou 3 minutes le sang commence à se prendre en masse. Au bout de 24 heures le sang coagulé n’a laissé transsuder aucune goutte de sérum. Il en est de méme au bout de 36 heures, de 48 heures, et de 60 heures.

2e examen du sérum, le 10 février. — Sang recueilli par piqûre au doigt. Quantité, 4 centimètres cubes environ. Coagulation assez rapide en quelques minutes. Au bout de 24 heures, le caillot ne s’est rétracté en cupule qu'à sa partie toute supérieure. Dans cette cupule on ne trouve qu'une goutte de sérum. Au bout de 36 heures, la rétraction du caillot n’a pas sensiblement augmenté et la quantité de sérum est sensiblement la même.

Sang sec. — Les préparations de sang sec fixées à l’acide osmique ne montrent que fort peu d’altérations des globules rouges. Ils ont leur forme normale. Tout au plus note-t-on des globules nains en quantité minime. Les globules blancs sont nombreux. Par contre on est frappé du nombre excessivement restreint des hémaloblastes. Ces éléments sont fort peu nombreux, de dimensions variables, un peu crénelés.

Numération, le 12 février. — N: 3.844.000. — R: 2.659.566. — G : 0,69. — B : 19.977.

Sang pur. — Les globules rouges forment des piles très étendues se groupant en amas Circonscrivant des lacs larges, irréguliers. Il n'y a pas d'ilots siégeant au milieu des mers. En moins d’une demi-minute on voit apparaître un réticulum fibrineux, visible dans tous les lacs. Ces filaments rayonnent au loin des hématoblastes qui s’altèrent très vite, on peut distinguer facilement des filaments de 1°" et de 2° ordre au bout de dix minutes. Leurs mailles sont larges (réticulum n° 3). Ce qui frappe au premier coup d'œil jeté sur la préparation, c’est l’abondance des globules blancs. Il n’y à presque pas de lacs, où on n’en voit au moins un, et dans certains il y en a jusqu’à 3 et 4. La viscosité des globules rouges est à peu près normale. Une pression sur la lamelle dissocie les piles au bout de 20 minutes environ.

3e examen de sérum, le 17 février. — Sang recueilli par piqûre au

noue

doigt, s'écoule avec la plus grande facilité. En 2 ou 3 minutes, l'éprouvette est remplie. Coagulation assez rapide en masse, au bout de 3 à % minutes. Au bout de i heure 1/2 environ, le caillot laisse transsuder sur les bords un peu de sérum. Au bout de 5 heures, la quantité de sérum produite équivaut au 1/3 du volume du caillot. Ge dernier a pris une forme biconique en sablier. Franchement rétracté, il est de coloration rouge foncé. Le sérum est très clair, très limpide. Au bout de 24 heures, la rétraction a encore augmenté. Elle est beaucoup plus accentuée à la partie supérieure qu’à la partie inférieure, de telle sorte que le caillot a la forme d’un cône allongé à base inférieure, dont le sommet serait surmonté d’une petite cupule. Ge sommet est de coloration très pâle. Ce mode de coagulation semble dû à ce que le sang ne s’est pas coagulé instantanément, de telle sorte que les globules rouges ont pu tomber au fond de l’éprouvette et les blancs, rester à la partie supérieure. C'est là où les blancs ont resté que la coagulation et la rétraction ont atteint leur maximum.

Ogs. 32. — Cachexie palustre avec taches purpuriques chez un jeune soldat ayant fait la campagne de Madagascar (résumée). Sérum laqué par redissolution du caillot. Résorption du sérum (personnelle). — Jeune homme de 24 ans, retour de Madagascar, entré le 2 mars 1896, salle Lazin, lit n° 11, hôpital St-Antoine, service de M. le professeur Hayem. Pas d'antécédents notables. À contracté les fièvres pendant la dernière campagne, en remuant les terres, a pris par jour de 2 à 3 grammes de sulfate de quinine. À son entrée, pâleur extrême, ventre météorisé, foie descendant au-dessous de lombilic, rate occupant une grande partie de l'abdomen. Légère circulation supplémentaire. Absence d’hypertrophie ganglionnaire. Purpura des membres inférieurs. Frottement aux deux sommets. Le malade quitte le service après un très court séjour.

Examen du sang. — Numération, le 1 mars 1896.— N : 1.488.000.— R: 1.773.048. — G : 1,2. — B : 7.130.

Examen de sang pur dans la cellule à rigole. — Pas de pseudo-parasites. Les hématies forment des piles et des amas peu épais séparés par des mers plasmatiques larges. Nombre de globules blancs assez abondant. Il n'existe que très peu d’hématoblastes. Pas de réticulum après une 1/2 heure d'attente,

1°" examen du sérum, le 10 mars 1896. — Sang recueilli le 8 mars à 2 heures : prise d’une demi-éprouvette. Très rapidement le caillot se rétracte (après une 1/2 heure) et un sérum, légèrement coloré en rose, surnage. Après 30 heures, le caillot se dissout en partie, l’ensemble forme une masse noirâtre dont la partie inférieure est formée par un caillot noir, occupant le fond de l’éprouvette, et la partie supérieure par le sérum liquide et le caillot dissous.

2° examen, le 12 mars.— Sang pris à 2 heures de l’après-midi. Coagulation en 20 minutes (le temps de le recueillir). Presque en même

en Le.

temps, rétraction du caillot et apparition d’une très petite quantité de sérum transparent sur les parties latérales et supérieures de léprouvette. Séparation effectuée en 19 heures.

Examen 26 heures après la prise.— Quantité de sérum très peu considérable : quelques gouttes seulement accumulées dans les points précédemment indiqués. Le caillot occupe toute la hauteur de l’éprouvette. Sa forme est cylindro-conique, irrégulière, avec une petite extrémité supérieure. Il se divise en 2 portions: une inférieure, de coloration rouge sombre occupant toute la largeur de l'éprouvette ; une supérieure, les 2/3 de la masse totale, de coloration rosée. Quantité de sérum trop minime pour un examen. Abandonné à lui-même, le sérum disparait bientôt et l'éprouvette renferme une sorte de gelée divisée en 3 portions : une inférieure, rouge clair ; une moyenne, rouge sombre presque noir, la plus épaisse ; une supérieure, également rouge clair. Consistance ferme et élastique (après quelques jours et placé dans un endroit frais et à l’abri de toute évaporation). 4

O8s. 33. — Gros foie infectieux. Endocardite mitrale. Grosse rate. Absence d’'hypertrophie ganglionnaire et de leucémie. Poussées successives de purpura cachectique, symétriquement disposées sur les membres. Subictère. Pleurésie hémorrhagique. Mort. Caillot rétractile (personnelle) (résumée). — Femme de #1 ans, entrée le 4 mai 1897, hôpital de la Pitié, salle Cruveilhier,lit n° 5, service de M. le D: Thibierge. Pas d’antécédents très importants. Apparition lente de la maladie. A son entrée, absence de fièvre, teinte subictérique, léger œdème des membres inférieurs, souffle systolique à la pointe: Urines très foncées acajou, albumineuses, pas de pigments biliaires. Au microscope, présence d'un, certain nombre d’hématies. Foie douloureux, très hypertrophié, 13 centi- : mètres. Grosse rate. Poussées de purpura sur les membres supérieurs et inférieurs. OEdème, cachexie ; mort. À l’autopsie, gros foie congestionné, jaune verdâtre : endocardite mitrale avec poussées récentes sur un fond ancien.

Examen du sang. — Numération faite à l'entrée de la malade par M. Ravaud, interne du service (15 mai). — N : 3.530.000. — B. 7.000. Examen du sérum. — Pour examen bactériologique. Recueilli

dans un tube à essai stérilisé, le sang donne une grande quantité de sérum.

Examens du sang (personnels). — Examen de sang pur, le 3 août 1897. — Hématies régulières, mais de volume différent, disposées en amas et en piles réunies les unes aux autres et interceptant des lacs peu larges. Pseudo-parasites de Ja {re variété. Nombre de globules blancs peu considérable. Hématoblastes rares. Après une 1/2 heure, pas de réticulum. — Examens de sang sec (Fix. acide osmique à 4 0/0. Color. éosine-hématoxyline). Hématies régulières de forme, mais de volume différent. Quelques très rares globules géants. Globules blancs de la

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