‹ Contribution à l'étude clinique du sangChapitre 25 sur 35 · HEURE M · texte numérisé non relu

HEURE M

spectroscopique, pas de modifications du spectre. Pas de réaction de Gmelin. À contre-jour le sérum présente une légère opalescence qui au microscope ne laisse voir que des hématies peu nombreuses ; traité par l'éther, le sérum se prend en une gelée pâle et transparente.

Celle-ci examinée au microscope, est constituée par des hématies gonflées ; des globules du sang diffluents et larges et surtout une masse de petits cristaux sans forme nette, et réunis en amas:

Os. 35. — Amaurose tabétique et urémique. Mal de Bright. Urémie. Mort (Résumée). Caillot à peine rétractile (personnelle). — La nommée B... Marie, âgée de 42 ans, couturière, entre le 4 décembre 1896, salle Moïana, lit n° 10. Hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem. À 27 ans, scarlatine et fièvre typhoïde : la néphrite remonte problablement à cette époque. Un peu plus tard une pneumonie, et un phlegmon de laine gauche. Douleurs en ceinture depuis 4 ou 5 ans, En 1896 hystérectomie vaginale. Il y a 2 mois ; crise d’urémie soignée dans le service de M. Letulle. Le lendemain de son entrée, crise urémique, légère bouffissure de la face, œdème peu accentué des jambes. Pouls dur, tendu, 100 pulsations à la minute. Température. entre 380 et 38°3. Urines très albumineuses. Pas de signes ni de commémoratifs de syphilis, mais signe de Romberg, amaurose, signe de Westphal. A l'examen de l'œil : lésions associées de Brightisme et papille blanche tabétique : pupilles largement dilatées. Parésie de la corde vocale droite en position cadavérique. Plus tard, paralysie faciale droite, mouvements convulsifs dans les membres. Mort dans l’urémie. À l’autopsie cœur hypertrophié, reins petits et granuleux. Foie hypertrophié. Large hémorrhagie récente dans la capsule externe de l’hémisphère cérébral gauche intéressant le putamen: ventricule latéral rempli de sang. Moelle plus petite que normalement : altérations tabétiques. Hémorrhagie du 4° ventricule.

Examen du sérum, le 20 janvier 1897. — Sang provenant d’une saignée faite au moment de la mort à 9 h. 1/2 du matin. Sang très noir s’écoulant difficilement et goutte à goutte, à peine 50 grammes sont enlevés. Coagulation rapide en 5 minutes. Il en résulte un caillot mal étalé dans la palette. Ce caillot est noir avec des parties rouges. Après 4 heures 1/2 la quantité de sérum est très faible : une à deux gouttes. Mais ce sérum ambré est absolument transparent. Examiné dans une petite éprouvette : Réaction franchement alcaline. Pas de modifications du spectre. Pas de réaction de Gmelin.

OBs. 36. — Pleuro-pneumonie congestive gauche d’origine grippale. Caillot non rétractile (?) (Due à l’obligeance de M. le professenr Have et de notre collègue Gnira). — Le nommé T... Louis, âgé de 34 ans, journalier, entre le 10 mai 1897, salle Bazin, lit ne 7, hôpital Saint- Antoine, service de M. le professeur Hayem. Antécécents collatéraux de tuberculose. Lui-même a eu une affection thoracique pendant son en-

fance, des adénopathies cervicales, la rougeole, la fièvre typhoïde. Ethylisme léger. Traumatisme dans le côté gauche,en 1888 avec hémoptysies de sang noir. Début de la maladie par un fort frisson, un mauvais état général et des vomissements peut-être mélés de sang (?). Température 39°2. A l’auscultation souffle dans le côté gauche du thorax. Crachats rougeâtres et adhérents. Pas de sucre dans les urines mais de l’urobiline. Les jours suivants amélioration. Puis rechute durant 5 jours. Guérison le 5 juin.

Examens du sang, le 10 mai. — Sang provenant de 4 ventouses scarifées. Sang très visqueux, très épais, très foncé. S'écoule avec la plus grande difficulté. Quantité 5 à 6 centimètres cubes. Coagulation en 5 minutes. Après 1 heure apparition d’un sérum laqué. Sang recueilli par piqüre au doigt. S'écoule avec la même difficulté. On ne peut obtenir plus de #4 ou 5 gouttes de sang même en faisant la ligature de la saignée. Coagulation rapide en 4 ou 5 minutes. Au bout d’une heure production d’une goutte de sérum de coloration normale. Sang pur. Hématies groupées en longues piles circonscrivant de grands lacs communiquant plus ou moins entre eux. Dans ces lacs nombreux hématoblastes, parfois groupés en amas. Nombre de globules blancs manifestement augmenté. Au bout d’une 1/2 heure apparaissent quelques filaments de fibrine rayonnant autour des hématoblastes épineux. Le réticulum n'est pas visible sur toute la préparation. Il est très faible, limité, composé seulement de quelques fibrilles. Même aspect au bout d’une heure.

Ons. 37. — Tumeurs sarcomateuses multiples de la peau et des muscles. Généralisation à tous les grands appareils. Sarcomatose du poumon et du : cœur. Pleurésie et endocardite sarcomateuse. Infiltration néoplasique du diaphragme, de la rate et des reins. Début probable par le rein gauche. Absence presque totale de rétraction du caillot. Résorption du sérum (très résumée, personnelle). Le nommé R.., âgé de 45 ans, employé de commerce, entre le 22 février 1896, salle Bazin, lit n° 2, hôpital Saint- Antoine, service de M. le professeur Hayem. Homme d’une constitution robuste, sans grands antécédents ; ayant présenté un an avant son entrée à l’hôpital une faiblesse progressive avec diminution de l’appéiit et amaigrissement. Peu à peu se développent de petites tumeurs sur le cuir chevelu, au cou, sur le thorax et les membres sans aucune douleur, sans fièvre. Ces tumeurs s’'accompagnent d'engorgement des régions ganglionnaires des aines et des aisselles, de modifications dans le rythme respiratoire et de frottements àla base gauche. Pas de troubles cardiaques.Il meurt le 18 mars au milieu de phénomènes de torpeur. À lautopsie, on trouva indépendamment des tumeurs accessibles signalées dans l'observation clinique, un grand nombre de noyaux néoplasiques dans les muscles, les poumons, les plèvres, le cœur, lé péricarde, le péritoine et les reins. L'examen histologique montra qu'il s'agissait d'un sarcome fuso-cellulaire à petites cellules fasciculées.

CENOR

Examen du sérum, pratiqué le 40 mars 1896.— Sang pris à 2h. 20. Immédiatement coagulation en masse dans l’espace d’un 1/4 d'heure. Au bout d’une 1/2 heure apparition d'une faible quantité de sérum à la partie supérieure. Le sérum est incolore ou légèrement jaunâtre et surnage. Le 11 mars au matin, quantité de sérum très petite. Le caillot s’est pris en masse. Après 26 heures, la séparation ne s’est pas effectuée ; c’est à peine s’il existe quelques gouttes d’un sérum jaunâtre à la partie supérieure du caillot. Ce dernier volumineux, de forme cylindrique, présente 4 couches du haut en bas, une supérieure rouge sombre ; une deuxième de quelques millimètres d'épaisseur rosée ; une troisième exactement rouge et une quatrième rosée. On abandonne le caillot quelques jours à lui-même dans un endroit frais et clos. Le sérum est résorbé. Le caillot se compose de deux parties: une inférieure noire, une supérieure rose. La consistance du caillot est peu ferme. Il se dissout presque totalement dans l'eau.

Examen du sang pur dans la cellule à rigole. — Les globules rouges se mettent difficilement en piles de 5 à 6 éléments ayant peu de cohé-

- sion les uns avec les autres. On trouve cà et là une assez grande quantité de globules blancs. Hématoblastes assez rares. Pas de réticulum ni de pseudo-parasites. — Examen de sang sec (Fixation à l’acide osmique. Coloration à l’éosine et à l’hématoxyline). Les hématies ne présentent pas de différences de volume très grandes. On ne trouve pas de globules géants. Pas de poikilocytose. Pas de globules rouges à noyau. Le nombre des hématohblastes est peu considérable. Les hématies s’altèrent très difficilement et celles qui ne sont pas immédiatement fixées par l’acide osmique perdent leur hémoglobine et prennent un aspect crénelé. Le nombre des globules blancs n’est pas augmenté. |

Numérations, 25 février 1896. — N : 3. 782.000. —R : 1.173.045. — G : 0,31. — B : 6.200. — 5 mars 1896. — N : 2.697.000. — R : 1.773.045. — CE 00,6 Bb :105 10

OBs. 38. — Ictère grave chez une multipare en imminence de fausse couche. Absence presque complète de rétraction du caillot. Résorption du sérum (Résumée, personnelle). — La nommée M... Madeleine, âgée de

19 ans, repasseuse, entre le 21 février 1896, salle Vulpian, lit n° 18, hôpital Saint-Antoine, crèche de M. le professeur Hayem. Pas d'antécédents héréditaires ni collatéraux. Pas d’éthylisme. Pas de fièvres intermittentes. 1° couche en août 1891 suivie de métrorrhagie immédiate qui, après 7 mois, nécessite un curettage utérin. 2° couche en 1894 avec menace d'avortement à # mois comme conséquence d'insertion vicieuse du placenta. À 5 mois 1/2, métrorrhagie abondante durant 42 jours avec procidence du cordon et mort du fœtus. Infection puerpérale consécutive durant un mois. 3e fausse couche le 6 août 1895 à 7 mois 1/2 pour placenta prævia. Hémorrhagie abondante, infection légère avec phlegmatia de la jambe droite. Dernières règles le 21 décembre 1895 : début du travail le 18 février ; le 21, métrorrhagie. Entre

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à l'hôpital ce jour-là. Subictère des conjonctives. Urines très colorées sans réaction de Gmelin, mais avec une légère bande d’urobiline. Elles sont fortement albumineuses. Peu de signes au toucher utérin. Les jours suivants, vomissements, douleurs épigastriques. Langue saburrale. L’ictère se généralise. Le foie est assez gros. Ecchymoses purpuriques sur le cou, la face et la poitrine. Métrorrhagie. Souffle extra-cardiaque à l'artère pulmonaire. Rate volumineuse. Selles abondantes peut-être légèrement sanglantes. T. 396, tombe à 37° le jour de la mort. Mort dans une syncope le 26 février. — A l’autopsie, foie énorme, marbré, de teinte jaune roux. Pas de calculs. Kyste dermoïde de l'ovaire droit. Utérus renfermant un placenta. Rate hypertrophiée.

Examen du sérum, le 25 février 1896.— 3 centimètres cubes de sang noir ont été pris à 14 h. 1/2. Le sang se prend en masse à mesure qu’il tombe dans l’éprouvette. Après 24 heures, la masse tout entière s'est coagulée sans rétraction. Aspect général noirâtre analogue à de la gomme laque. C’est à peine si sur iles parties latérales du caillot on aperçoit par transparence une mince couche de sérum d’aspect laqué de coloration rouge vineux. Après 48 heures, le sérum formé tend à disparaître. La petite quantité qui subsiste s’est réfugiée sur l'une des faces. Sur la face opposée on n’en trouve que 2 ou 3 gouttes. Le caillot long de 2 centimètres sur 1 centimètre de large est cylindrique, de coloration noirâtre, de consistance molle. Le sérum est laqué. La petite quantité ne permet pas de rechercher la réaction de Gmelin ni sa réaction au papier de tournesol. Examen spectroscopique sans décantage : Effacement de la partie droite du spectre avec exagération de la coloration au niveau de la raie de l’urobiline. Le caillot abandonné à lui-même se dissout.

Os. 39. — Pleuro-pneumonie grippale double. Ethylisme. Caillot à peine rétractile. Résorption du sérum (Résumée, personnelle). — H.., âgé de 34 ans, entré le 146 mars 1896, salle Bazin, lit n° 17, hôpital Saint- Antoine, service de M. le professeur Hayem. Antécédents d'éthylisme. A son entrée, pleuro-pneumonie double d’origine grippale. Urines urobiliques légèrement albumineuses. Guérison.

Examens du sang.— Examen du sérum, le 18 mars 1896. — Le sang s'écoule avec assez de difficulté, se coagule rapidement. Il faut une demi-heure pour recueillir une demi-éprouvette de sang. Coloration noire. Coagulation immédiate. Caillot d’un rouge sombre surtout marqué à la partie inférieure. Séparation lente à se faire. Après 3 h. 1/2 apparition d'une très faible quantité de sérum (2 ou 3 gouttes) en un point latéral du caillot. Après 24 heures, pas de modifications. Il n’existe toujours qu’une très faible quantité de sérum fortement rosé sur une des faces du caillot. L'aspect de ce sérum est laqué. Le caillot fortement coloré dans son ensemble se divise en deux couches : une inférieure la plus étroite, de coloration rouge brun, une supérieure la plus étendue de coloration rouge sombre. Au bout de cinq jours le sérum a complè-

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tement disparu. Caillot d’un rouge sombre avec au milieu une bande noire qui le divise en 3 parties : une intermédiaire noire et deux rouges sombres séparées par la précédente.

Examen de sang pur, le 20 mars. — Hématies régulières réparties en ilots, mais surtout en piles accolées les unes aux autres. Quelques rares éléments en piles de 3 ou 4 sont intermédiaires. Entre elles, elles interceptent des lacs de dimensions variables. Nombre considérable de globules blancs entre les hématies ou dans les lacs. Amas hématoblastiques nombreux et de volume variable. De plus, de nombreux hématoblastes isolés se rencontrent dans toute la préparation. Très rapidement {en 5 minutes), les hématoblastes deviennent le centre d'un réticulum à grosses fibrilles, d’abord peu abondantes, mais de plus en plus nombreuses, circonscrivant des mailles serrées. En somme, sang à type phlegmasique franc.

Os. 40. — Pleuro-pneumonie gauche (résumée). Absence de rétraction du caillot (personnelle), — Homme de 38 ans, entré le 30 mars 1896, salle Behier, lit no 40, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem. À son entrée, T. 385. Pleuro-pneumonie gauche occupant la moitié du poumon. Guérison.

Examens du sang. — Examen de sang pur,le 14 avril 4896. — Quantité très grande de globules blancs. Hématies en îlots et en piles se rejoignant de facon à constituer des lacs de peu d’étendue. Amas d’hématoblastes dans les espaces plasmatiques. Très rapidement, en dix minutes, apparition d’un réticulum à grosses fibrilles et à mailles serrées (réticulum n° 1). En somme, réticulum phlegmasique franc.

Examen du sérum, le 14 avril. — Sang pris à 2 heures 1/4, s'écoule très difficilement étant extrêmement coagulable (se prend en masse sur les bords de la plaie). Le sang est rouge et l’on a à peine de quoi remplir le fond de l’éprouvette. Le lendemain, pas de séparation du sérum et du caillot. Le sang coagulé remplit le fond de l’éprouvette. Il est rouge et forme un caillot de 1 centimètre dans tous les sens.

Ogs.-41. — Pneumonie du sommet gauche chez un vieillard porteur d'un carcinome stomacal propagé au péritoine. Mort. Pas de rétraction du caillot. — Il s’agit d’une vieille femme entrée salle Moïana, lit

ne 6, pour un carcinome de l’estomac, faisant une grosse tumeur très accessible. Symptômes subjectifs légers. A Ja fin de janvier 1897, pneumonie du sommet gauche ayant entrainé la mort. A l’autopsie, pneumonie suppurée, néoplasme stomacal.

Examens du sérum. — Sang provenant de 6 ventouses scarifiées appliquées le 29 janvier à 41 heures du matin. Environ 40 grammes de sang ont élé retirés. Ils forment un caillot aplati. La coagulation s’est faite en 10 minutes environ : tout le sang ayant été recueilli dans une palette. Le caillot est rose. Après # heures, pas de séparation. Après 6 heures 1/2, pas de sérum. Il en est de même après 2x heures.

Ons. 42, — Pleurésie droite chez un bacillaire. Caillot non rétractile (personnelle). — Examen du sérum. — Sang provenant de 5 ventouses scarifiées, appliquées le 29 janvier à 11 heures du matin. 26 grammes de sang très noir ont été retirés. Ils se prennent rapidement en un caillot noir, irrégulier. Après 4 h. 1/2, pas de séparation. Après 7 heures, pas de sérum. Il en est de même après 24 heures.

Os. 43. — Fièvre typhoïde à la période de convalescence avec complications de phlébite et d’ostéopériostite double de lastragale. Quadruple examen de sérum. Caillot à peine rétractile à trois reprises (personnelle). — Jeune femine couchée au n° 1 de la salle Moiana, hôpital Saint-Antoine, convalescente d’une fièvre typhoïde et qui présenta une phlébite de la jambe gauche et de l'ostéopériostite limitée en un point large comme un franc sur l’astragale de chaque côté. Guérison. Les examens de sérum ont été pratiqués au cours de ces complications.

1° examen de sérum, le 29 novembre 1896. — Sang pris à 11 heures, s'écoule facilement, en 10 minutes une éprouvette pleine est prise. Coagulation immédiate. Caillot couleur gelée de groseille avec une bande noire intermédiaire. Pas de séparation après 3 heures d’attente. Pas de séparation après 24 heures. Même aspect du caillot. L’éprouvette est conservée telle qu’elle. Après 26 heures 2 ou 3 gouttes de sérum clair et transparent se montrent sur les parties latérales et supérieures du caillot. Après 30 heures, même aspect. Après 5 jours le sérum est résorbé. Quelques gouttes d’un sérum foncé et laqué se montrent encore sur les parties latérales du caillot pour disparaître bientôt. Le coagulum a conservé le même aspect. Le 5 décembre, le caillot qui a été abandonné à lui-même, ne s'est pas modifié. Il forme une masse sombre d’un rouge brun, franchement noir à sa partie supérieure. Il n’exhale aucune odeur. Au plus léger effort pour le retirer de l’éprouvette il s’effrite et se divise en fragments de divers calibres qui n’ont aucune tendance à se dissoudre dans l'eau.

2° examen, le 2! novembre 1896. — Sang pris à 11 h. 25, s'écoule facilement. En 1/4 d'heure 3/4 d’éprouvette sont pris. Coagulation très rapide : le temps de la prise. Caillot d’un rouge sombre uniforme. Apparition du sérum après 1 h. 1/2 d'attente. Il augmente peu à peu et après 7 heures la séparation est complètement effectuée. Sérum assez abondant, fortement ambré. Caillot rouge clair, rétracté au milieu de l’'éprouvette.

Examen après 24 heures. Caillot rouge sombre, mesurant 7 cent. 1/2 de long sur 1/2 de large. Il est cylindrique, de consistance élastique et ferme. Le sérum assez abondant est ambré, légèrement fluorescent. Réaction alcaline. Examen spectroscopique : raie de l’oxyhémoglobine. Pas d’autres modifications du spectre. Pas de réaction de Gmelin.

3° examen, le 4 décembre 1896.— Sang pris le 3 décembre à 6 heures moins 10. S'écoule difficilement : sang rouge, se coagulant facilement. Prise en 1/4 d'heure. Coagulation effectuée 5 minutes après la prise.

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Caillot rouge sombre, Sang abandonné à lui-même. Après 24 heures, à peine obtient-on quelques gouttes de sérum. L'éprouvette est placée dans un cristallisoir rempli d’eau glacée l'entourant dans toute sa hau-

teur. Après 4 jours, pas de modifications. Les quelques gouttes de sérum obtenues ont disparu.

4e examen, le 5 décembre .— Ce jour-là, 4 ventouses scarifiées furent appliquées à la malade qui se plaignait d'un point de côté ; une très petite quantitède sérum laqué fut obtenue.

Le 6 décembre une nouvelle application de ventouses scarifiées n’a pas entraîné de transsudation de sérum. Caillot non rétractile.

Examen du caillot du 4 décembre. — Examiné au 8e jour. Ce caillot était cylindrique : mesurant 3 centimètres de long sur 1 de large ; de coloration rouge brune, traversée de bandes noirâtres. Il n’était plus élastique, s’effritait, et tendait à se morceler sans se dissoudre, lorsqu'il était placé dans l’eau.

Examen de sang pur le 4 décembre. — Hématies régulières, très rosées, disposées en îlots et en petites piles séparées par des mers plasmatiques assez larges. Très peu d’hématoblastes. Très peu de leucocytes. Pas de réticulum. En somme sang normal. Réaction de Widal positive et très nette.

D. Quelques caractères du caillot irrétractile. — Les anciens observateurs avaient déjà remarqué les différences qui distinguent les deux variétés de coagulum. Le caillot irrétractile contraste « indépendamment de son excès de volume par sa forme plus régulièrement moulée sur celle du vase, par sa face supérieure plane et non déprimée; par sa couleur partout manifestement cruorique, avec une couche couenneuse d’épaisseur insignifiante et par sa consistance tellement faible qu'il se déchire au moindre effort. Enfin le caillot rétractile persiste pour ainsi dire indéfiniment à l’état solide. Dans le caillot mou, au contraire, le sang a une grande tendance à se liquéfier par suite d’une redissolution de la fibrine (1). » Lorsque l’on prend la précaution d'examiner le sang dans la petite éprouvette de l’hématimètre, ces caractères sont faciles à constater. Cependant la coloration du caillot n’est pas partout la même. Dans notre cas d’anémie pernicieuse progressive, il est resté uniformément rouge. Le plus souvent cependant, la division en plusieurs couches superposées est plus nette que

(4) Daxzos (loc. cit.).

partout ailleurs. En général, il existe deux zones inégales superposées (obs. 32, 33): une profonde, d’un rouge sombre, traversée de bandes noirâtres ; une superficielle, quelquefois la plus épaisse, de coloration rosée. L'ensemble peut être noir, traversé de bandes rouges. Tous ces caractères se rencontrent indifféremment sans que l’on puisse les attribuer à autre chose qu'à des phénomènes de réduction de l'oxygène du sang, variables avec chaque individu. La forme est cylindro-conique, ou franchement cylindrique dans le cas d’irrétractilité absolue.

Un caractère plus important est la mollesse et la diffluence du coagulum. « Le caillot reste infiltré de liquide à la façon d’une éponge humide non exprimée » (Hayem, €. À. Ac. des sciences). Cependant la résistance à la putréfaction persiste très longtemps. Nous n'avons vu que dans un seul cas rapporté plus haut, le caillot se dissoudre dans l’éprouvette où il avait été abandonné quelques jours à lui-même. Ailleurs la redissolution reste incomplète : une portion supérieure est liquide, de coloration rouge vineuse troublé, l'inférieure est solide. Nous attribuons ces résultats variables à l'intensité de la toxhémie et surtout à ce que nous prenions la précaution de recueillir le sang dans une éprouvette stérilisée et soigneusement bouchée. Du reste, on sait que les phénomènes de coagulation sont surtout caractéristiques dans les 24 premières heures et qu'après cette période, il faut toujours tenir compte d'éléments indifférents ou étrangers, tel qu'un début de corruption, qui peuvent en modifier la marche. Il est vrai qu'à peine en dehors du récipient, le caillot se dissolvait dans l’eau, en formant un magma épais dans les cas les plus intenses, ou se séparait en grumeaux plus ou moins volumineux bientôt dissous eux-mêmes. Très souvent enfin, la résorption du sérum précède manifestement le phénomène de la redissolution, comme M. Hayem (1) l’a déjà fait observer.

Cependant, il peut ne pas en être toujours ainsi. Le caillot, tout en ayant perdu sa fermeté et son élasticité normales présente par-

(1) Méd. Mod., 1897, p, 459.

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fois une sécheresse toute particulière (obs. 43, caillot du 3° examen). 3 Il n’en est pas plus solide, s’effrite, tend à se morceler de lui-même, mais les divers fragments n’ont aucune tendance à se dissoudre, et, placés dans l’eau conservent longtemps leur forme sans modification appréciable. Nous n’avons observé qu'un cas de ce genre et nous avons tenu à le faire connaître parce qu’il est en opposition avec toutes les idées reçues. Il nous à semblé aussi que les phénomènes de putréfaction étaient plus longs à se manifester en pareil cas, en raison même de cet état de sécheresse particulière.

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