‹ Contribution à l'étude clinique du sangChapitre 34 sur 35 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

‘Le sérum des brightiques, des diabétiques et des typhiques. — La prise en gelée du sérum.

— Le sérum des brightiques.

— Le sérum des diabétiques,

, — Le sérum des typhiques.

— La prise en gelée du sérum. Le signe de Garrod.

pesr

À. Le sérum des brightiques. — On s’est préoccupé depuis longtemps de l’état du sang dans les maladies des reins. Des nombreuses études entreprises à ce sujet, les unes ônt surtout été faites au point de vue des altérations chimiques. C’est ainsi que MM. Lécorché et Talamon (1) ont observé dans le mal de Bright les modificalions suivantes : diminution de la densité du sérum, de la quantité d’albumine, du nombre des globules rouges et de l’hémoglobine ; augmentation de la proportion d’eau et tendance à l'accroissement des autres matières organiques (urée, acide urique, etc.). D’autres observateurs ont noté scrupuleusement les phénomènes immédiats de la coagulation. D’après Freund (2) l'alcalinité du sang n'est pas modifiée, mais sa coagulabilité est dimi.nuée. À l’état normal, le sang coagule à 70 ou 74° ; dans le mal de Bright à 78 ou 82°. Le caillot obtenu est moins ferme et moins consistant. Enfin le; pouvoir de diffusibilité de l’hémoglobine serait exagéré. Pour Bogdanoff-Berezowski (3), dans les néphrites surtout chroniques, la coagulabilité du sang serait augmentée,

(1) Traité du mal de Bright, Paris, 1888.

(2) Etat du sang dans le mal de Bright. Wien. klin. Kundsch., 21 janvier

(3) Wraich, no 12, 1895,

Dire

Tel était l’état de la question, lorsqu’en 1896, MM. Widal et Sicard (1) firent connaître à la Société médicale des hôpitaux les résultats de leurs recherches sur le sérum des albuminuriques qu'ils trouvèrent fréquemment opalescent ou lactescent. Dans ces cas, cette physionomie spéciale serait due à la présence de granulations de nature albuminoïde, et rendrait grave le pronostic de l'affection. Nous renvoyons au travail de ces auteurs, à la thèse de Chenu et au mémoire de M. Castaigne (2) pour tout ce qui concerne l'historique et les détails de la question. Il résulte de l” étude des discussions auxquelles a donné. lieu la communication de MM. Widal et Sicard, que la lactescénce du sérum ne s observe pas forcément chez des albuminuriques, mais qu'on la rencontre | dans un grand nombre d’affections où les reins ne sont pas intéressés. M. Achard (3) a pu l'obtenir expérimentalement à la suite ‘d'infections microbiennes.-Il injecte dans les veines d’un lapin -5 gouttes de culture en bouillon de proteus : le sang recueilli aseptiquement fournit un sérum très lactescent et un caillot en partie décoloré. Les urines étaient albumineuses et à l’autopsie on trouva des lésions rénales. Mais il existe dans le mémoire de -M. Castaigne, un grand nombre de cas, où la lactescence du sérum se rencontrait sans albuminurie (fièvre typhoïde, pneumoniées, elc.) et cependant l'examen histologique lui avait montré -la présence des granulations brillantes sur lesquelles MM. Widal et Sicard ont particulièrement insisté. D'autre part, il a observé des néphrites aiguës, subaiguës et chroniques sans que le sérum ‘ait présenté l’opalescence caractéristique.

Nous avons été à même d'étudier un grand nombre de. sérums “provenant d’albuminuriques. Très souvent le liquide est resté franchement clair. Il faut savoir cependant qu'il est parfois nécessaire pour déceler une lactescence légère de faire un examen à contre-jour. Dans tous les cas, du reste, cette manœuvre exagère

(1) Soc. méd. des hôp., 6 novembre 1896, Lactesc. du sér. chez les album. (2) Caenu, Th. doct., Paris, 1897. Casrarene, Contrib, à l'étude du sérum lactescent. Arch. gén. de méd., juin 1897, p. 666-688. '

(3) Soc. méd. des hôp., 13 nov. 4896, p. 113. + : + . : ra,

la netteté du phénomène. Toutefois nous avons réuni quelques observations qui répondent absolument au ty pe décrit par MM.Widal et Sicard. Dans un de ces cas (obs. 100), la lactescence était due à deux causes : à des corpuscules de graisse, mais surtout à des granulations de divers volumes agitées de mouvements browniens. Deux de nos observations sont particulièrement intéressantes, parce que les malades avaient de l’ascite lactescente. Dans le premier cas, il s'agissait d’un artério-scléreux (obs. 101), auquel on avait fait des ponctions multiples, dont la dernière, d’aspect laiteux, fut pratiquée 7 jours avant la mort. Le liquide contenait un grand nombre de leucocytes. Nous n'avons malheureusement pas étudié l’état du sang du malade à ce moment. Le seul examen de sérum qui ait été fait remontait au mois de juin, c’està-dire à un moment où le liquide ascitique ne présentait pas de caractère spécial. Cependant il est possible de rencontrer des cas d’ascite laiteuse coïncidant avec un sérum normal. Récemment M. Apert a fait connaître un fait semblable, dans lequel l’opalescence était due à « une fine poussière entraînée par le liquide de l’ascite (1) ». Notre seconde observation concerne une fille de 8 ans, atteinte de néphrite parenchymateuse ancienne, et présentant un sérum et de l’ascite également lactescents. L'examen histologique montra une grande quantité de leucocytesen suspension, surtout dans le sérum. Le liquide ascitique, indépendamment des globules blancs plus rares, renfermait des masses granuleuses constituées par des granulations de forme indéterminée, immobiles, et qui pouvaient bien être des plaques phlegmasiques. Nous verrons plus loin comment se comportaient ces liquides en présence de certains réactifs.Quoi qu'il en soit, nous sommes loin des ascites laiteuses non chyleuses analogues à celle de M. Apert ; de celle dont M. Achard a fait connaître l’histoire, et où des granu- ‘lations fines, réfringentes, animées de mouvements browniens, non colorables par l’acide osmique et insolubles dans l'éther, na- ‘geaient dans un liquide stérile, fortement albumineux, coagulable

(1) AperT, Soc. anat., fév. 1897, p.187.

par la chaleur, contenant de la globuline et de la nucléo-albumine. Il n’y a rien non plus dans notre observation qui rappelle le cas publié par M. Lion (1), lequel a observé une ascite laiteuse dans le cours d’un cancer ovarien. L'examen au microscope montra qu'il s'agissait, non pas de granulations graisseuses, mais « de substances albuminoïdes analogues à de la caséine, rangées

parmi les glyco-protéides d’'Hammarsten, coïncidant avec de nombreux éléments cellulaires ». .

. Il est à remarquer que dans certaines de nos observations de sérum lactescent, le caillot était recouvert d’une mince couenne (obs. 98, 99, 112). Dans le premier’ cas, l’opalescence était due à la présence de granulations albuminoïdes, dans le second, à la grande quantité de leucocytes contenus dans le sang. Ces deux faits doivent être rapprochés des résultats expérimentaux obtenus par M. Achard. Partout ailleurs, le caillot a présenté un aspect normal. Peut-être pourrait-on tirer de cette remarque une conclusion pratique en rapport avec l'intensité du processus morbide. Dans deux de ces cas au moins, la lésion rénale était la consé-

quence d'une infection profonde par des toxines microbiennes

(proteus, bacille de Læffler). Chez les deux autres malades, l’état infectieux ne fait pas de doute. Y a-t-il là une simple coïncidence indifférente, ou faut-il, au contraire, admettre que cette physionomie spéciale du caillot est l’indice d’une altération profonde des reins, placée sous la dépendance d’une infection récente ou même encore en activité ? Nous ne saurions trancher la question. Mais il nous semble intéressant de la poser, nous réservant par des recher-

ches ultérieures, de résoudre définitivement ce petit problème,

Nous devons dire que l’on trouve dans la thèse de Chenu, une observation de sang laiteux publiée par Giovanni-Luigi-Zacca-

relli, dans laquelle la coloration caractéristique du caiilot est attribuée par son auteur à des matières graisseuses en suspension dans le sang. Mais chez ce malade encore, il y avait de la fièvre, ‘un mauvais état général, et bien que l’on ne puisse dire à quelle

(1) Arch. de méd. expérim., 1893, p. 826.

affection élait due la lactescence du sérum, il semble qu'il s'agisse d'une infection. En définitive, nous ne croyons pas notre ASE thèse inadmissible, mais ce n’est qu'une hypothèse.

Le sérum lactescent peut s'observer encore chez les brightiques à titre de phénomène physiologique, le sang se chargeant de particules graisseuses chez les individus soumis au régime lacté. M. Laborde (1) a vu au microscope les globules de graisse non seulement dans le sérum des nourrissons de chiens allaités, mais encore sur les globules rouges eux-mêmes, qui présentent un

aspect muriforme particulier. M. Hayem (2) a rappelé qu'on a souvent constaté la présence de globules graisseux dans le sang

des animaux allaités. Le sang des sujets soumis au régime lacté n’en présente qu'au bout de quelques jours. Il peut en être ainsi chez les albuminuriques. Notre observation 102 est un exemple

‘de sérum lactescent dû à la présence de la graisse dans le sang.

La malade était une nourrice. On sait qu'en outre Buchanan a

observé le sérum graisseux au cours des digestions. D’après cet

auteur, l'opalescence apparaît 2 heures après les repas, est très développée vers la 8e heure, et peut parfois être encore visible après un jeûne de 18 heures. Le diagnostic en est facile puisqu'il suffit de traiter le liquide par l’éther qui dissout la graisse et Le rend limpide. On peut encore faire un mélange d’éther et de sérum qui laisse déposer par évaporation une couche de graisse au fond

du verre de montre. En somme, à côté de cette variété physiologi-

que, on doit admettre chez les brightiques diverses catégories de sérum lactescent : une première serait due à la présence des granulations albuminoïdes, signalées par MM. Widal et Sicard ; par M. Hayem (3) qui les a observées. même chez des individus sains

où elles restaient peu abondantes; par M. Achard et par nous-

même. Une seconde, qui parait exceptionnelle, serait due à la présence dans le sang d'une exagération dans le nombre des glo-

bules blancs (obs. 112). La leucocythémie ne serait donc pas la

(1) Société de:biologie, 8 février 1819, p+ 9. | î i (2) Soc. biol., 34 janvier 1880, p. 50 et Gaz. méd.,.p: 136. 4 (3) Du sang, p. 113 et 389.

seule à donner lieu à cet aspect spécial du sérum (Danlos in Dict, Jacc., Gubler ét Regnault, in Dict. Dech., Labadie-Lagrave). C’est dans cette dernière variété que l’on peut observer un phénomène que nous étudierons plus loin, la prise en gelée du sérum sous l’influence de l’éther. Bien qu’elle ait été écartée par MM. Castaigne et Chenu, cette catégorie ne nous semble pas douteuse. Enfin il peut se rencontrer des formes mixtes dans lesquelles l’état laiteux est dû à la fois à la présence des matières grasses et des corpuscules albuminoïdes.

Os. 98. — Pseudo-rhumatisme infectieux. Néphrite aiguë infectieuse. Taches purpuriques. Sérum lactescent (due à l’obligeance de M. le professeur Haven et de notre collègue Guika, résumée). — La nommée D... Marie, âgée de 55 ans, canneuse, entre Je 8 février 1897, salle Moiana, lit n° 3, service de M. le professeur Hayem.

Pas d’antécédents notables. Début en novembre 1896 par de l’æœdème de tout le membre inférieur gauche avec douleurs vives dans toute cette région. À la fin de janvier 14897 œdème de la jambe droite avec excoriation. Dans les premiers jours de février, taches purpuriques autour des chevilles. Puis envahissement par l'œdème de la main droite et de l’avant-bras correspondant, et, du membre supérieur droit, le 6 février. À son entrée, œdème des paupières, œdème des membres signalé plus haut. Taches purpuriques. Rien de bien notable à l'appareil respiratoire. La rate est normale. Le foie est un peu volumineux. Rien au cœur. Urines : flots d’albumine (6,72 grammes par litre). Pas de réaction de Gmelin. Pas de pigments biliaires modifiés. Légère poussée fébrile 38°. À partir du 6 mars urines sanguinolentes. Légères épistaxis nocturnes surtout. Elle sort Le 12 mars sur sa demande,

Examen du sang, le 10 février. — Sérum: sang recueilli par piqûre au doigt (2 à 3 centimètres cubes). Coagulation très rapide. Le caillot au bout de 24 heures s'est complètement rétracté, n’adhère plus à l’éprouvette que par sa partie supérieure. Sérum opalescent et laqué. Examen spectroscopique, double raie de l’oxyhémoglobine, pas d’urobiline, pas de réaction de Gmelin.

‘41 février. Sang sec. — Globules rouges non altérés, non déformés, quelques éléments de petite taille. Les globules blancs ne paraissent pas nombreux. Hématoblastes assez nombreux.

8 mars (à l’occasion de l'hématurie). Sérum : sang recueilli par piqûre au doigt. S'écoule assez facilement, en 5 minutes l’éprouvette est pleine. Coagulation complète en 7 minutes. Au bout d’un quart d'heure, la partie supérieure du caillot se recouvre d’une très mince couenne blanchâtre. Au bout de 44 heures le caïllot s’est rétracté. Il a une forme assez franchement cylindrique et n’adhère à l'éprouvette (que

par sa partie supérieure creusée en cupule. Sérum opalescent un peu

trouble, très légèrement teinté en rose très clair, équivalent à peu près au 5° de la masse totale. Au bout de 48 heures le sérum n’a pas sensiblement augmenté de volume. Son aspect opalescent, opalin ne s’est pas accentué. Par contre il s’est teinté davantage et il ya une dissolution légère du caillot. Le 13 mars la dissolution s’accentue, le sérum est rose foncé, trouble, adultéré. Au spectroscope, raie assez foncée d'oxyhémoglobine. Pas d’urobiline. Pas de réaction de Gmelin. Le sérum est traité par l'éther. Après agitation l'éther reste aussi clair qu'auparavant ; il n’y a pas de graisse. Il est évident que l’opalescence doit être due à des matières albuminoïdes.

OBs. 99. — Mal de Bright. Néphrite interstitielle. Purpura symplomatique. Péricardite lerminaie. Mort. Sérum lactescent avec les caractères du sérum du sang anémique (Due à l’obligeance de M. Le professeur Haven et de notre collègue Gaika). — Le nommé M... âgé de 26 ans, comptable, entre le 8 avril 14897, salle Bazin, lit n° 14 bis, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem. Fièvre typhoïde à l’âge de 12 ans. Début de la maladie actuelle par des vomissements en janvier 1897. En avril œdème de la face et des membres inférieurs, dyspnée, épistaxis, céphalalgie. À son entrée, bouflissure de la face et des membres inférieurs, vomissements, œdème pulmonaire, bruit de galop qui disparaït les jours suivants. Urines rares, claires, mousseuses, très albumineuses. Le 13 avril poussée de taches purpuriques dans la fosse iliaque droite. Le 21 avril bruit de frottement précardique. Mort le 25 avril. À l’aulopsie foie et rate de volume exagéré, reins extrêmemement petits, granuleux. Hydrothorax, péricardite récente.

Examen du sang. — Numération, le 9 avril. — N: 2.109.000. — R: 4.773.045. — G : 0.84. — B: 9.655.

Examen du sérum, le 9 avril. — Saignée de 450 grammes. Le sang

s’écoule avec la plus grande facilité. En 2 ou à minutes la palette est pleine. La coagulation se fait au bout de 20 à 25 minutes. Jusqu'au moment où elle est complète, on voit se former progressivement, lentement, une mince couenne gris blanchâtre. Au bout de 1 heure le sérum commence à transsuder. Au bout de 18 heures : le caillot s'est remarquablement rétracté. Il forme un disque de la plus grande régularité qui nage dans un sérum franchement lactescent. La quantité de sérum comme dans les anémies intenses est à peu près 5 ou 6 fois le.volume du caillot.

Os. 100. — Examen du sérum d'un brightique artério-scléreux très albuminurique (Malade du service de M. le D’ Brissaup, hôpital Saint- Antoine). Sérum opalescent (personnelle). — Examen fait le 23 janvier 1897 : Sang provenant d’une saignée de 400 grammes, faite au malade à l’occasion d’une attaque d’urémie. Le caillot s'est rapidement formé

(on n’a pas relevé exactement le temps précis), est rouge. Il forme un

large gâteau occupant toute la largeur de Ja palette. Le temps de la séparation n’est pas noté. Quantité de sérum assez considérable environ 100 centimètres cubes. Examen fait sur 45 centimètres cubes de sérum datant de 5 jours. Sérum jaune ambré, fortement trouble dans toute la hauteur du liquide, très nettement opalescent à l'examen à contrejour. Le fond du tube à essai est recouvert d'une couche de globules rouges. Réaction fortement alcaline. Examen spectroscopique: raie très nette d’urobiline, Pas de réaction de Gmelin. Le trouble du sérum paraît constitué en partie par des matières grasses comme le montre V’examen d’une certaine quantité de ce liquide traité par l'éther: le sérum tend à s'éclaircir. L’éther et le sérum étant mélangés en parties égales et déposés dans un verre de montre, l’évaporation laisse après ‘elle une couche de graisse. Au microscope, granulations très nombreuses de divers volumes avec bon nombre de cristaux octaédriques. Les ‘granulations sont agitées de mouvements browniens.

Os. 1014: — Artério-sclérose généralisée. Néphrite ‘intertitielle. . Asystolie chronique. Ascite. Mort (résumée). Sérum transparent. Ascite lactescente (personnelle). — Le nommé B... François, âgé de 67 ans, memnuisier, entre le 8 juillet 1895, salle Bazin, lit n° 11 bis, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem. Pleurésie en 1894. A la suite, diminution des forces et incapacité de reprendre son travail. À son entrée, œdème des paupières et des membres inférieurs remontant jusqu'à la ceinture. Maux de tête, sensation de doigt mort, dyspnée, mouches volantes. Urines très peu abondantes mais très albumineuses, œdème pulmonaire. Rien de particulier au cœur. Subdélire nocturne. Ascite à partir du mois de décembre 1895, nécessi- ‘tant des ponctions multiples,retirant chaque fois 5 à 6 litres de liquide. À la suite de ces ponctions, légère amélioration qui dure peu. Dans: la nuit du 27 au 28 juin attaque d’urémie à la suite de laquelle on fait une saignée de 500 grammes. Les urines ne renferment que peu d’albumine et pas d'urobiline. Le 5 décembre ponction nouvelle qui ramène du liquide lactescent. Mort le 11 décembre. A lautopsie ‘hydrothorax de la plèvre droite avec liquide citrin. Cœur volumineux. Athérome cardiaque et aortique. Myocardite scléreuse. Poumons congestionnés et emphysémateux. Péritoine scléreux, foie muscade. ‘Reins petits et scléreux.

Examen du sérum, le 29 juin 1896. — Le sang ayant été tiré de la veine pendant la nuit, on ne peut suivre les phénomènes de coagulätion et de séparation. Le caiïllot obtenu est franchement noir avec reflets rougeâtres. Il se déchire assez facilement, et. présente un: ‘aspect granuleux sur la surface de déchirure. Après 30 heures, il Présente une certaine tendance à se dissoudre. La quantité de sérum

obtenue est de 120 grammes.La coloration en est rosée.la transparence à peu près parfaite. Réaction fortement alcaline. Examen spectroscopiqué: en couche épaisse, double raie de l’oxyhémoglobine. Raie

épaisse d'urobiline, Au delà assombrissement de la partie droite du spectre. En couche mince, la raie de l’urobiline est douteuse. En cou-

che, moyenne, elle reparaît. Pas de réaction de Gmelin. L’assombris-

sement est donc due à la présence des pigments biliaires modifiés. Examen du liquide ascilique lactescent retiré par la ponction, le 5 dé-

cembre. — Le liquide laissé au repos conserve presque éntièrement

son aspect lactescent. Au fond du verre, se dépose une couché de

sang assez abondante, A ce niveau aussi l’opalescence est plus mar-

quée. Au microscope : grand nombre de leucocytes. Pas de granñula:

tions. Une goutte de la partie toute inférieure contient un certain

nombre d’'hématies.

Ons. 102. — Infection puerpérale due à une plaie périnéale. Sérum

opalescent et anémique. Double examen de sérum (personnelle). — La.

nommée M..…., entre le 20 juillet 4897, service des accouchements de

M. le D: Doléris, à l'hôpital de la Pitié. Elle est entrée il y a un mois

dans le service de M. le professeur Jaccoud pour misère. Elle présen+ tait alors une légère quantité d’albumine dans les urines qui a disparu

complètement à son entrée à la Maternité. À ce moment facies jaunätre, état de maigreur, légère cachexie. Le travail dure 30 heures sans:

que la tête s'engage (léger rétrécissement du détroit moyen). Dilatation

manuelle application de forceps,périnéorraphie. Les jours suivants, lé-

gère élévation de température qui fait une courbe cyclique durant

41 jours. Puis amélioration et guérison définitive. Il n’y a jamais eu

d’albumine dans les urines pendant son séjour.

Examen du sérum, pratiqué le 26 juillet 1897.— Sang pris à 11 heures du matin. Ecoulement facile : éprouvette remplie en 5 minutes, Coloration rouge. Coagulation immédiate : le temps de la prise. Après

1/4 d'heure la séparation commence. Apparition d’un sérum clair sur

les parties latérales du caillot qui se rétracte uniformément au centre, La quantité de liquide augmente rapidement : le sérum est jaunâtre,

légèrement teinté de sang. La séparation marche rapidement et se

trouve effectuée en 2 heures. Le sérum en ce moment est encore trou-

ble mais il s’éclaircit par le repos : il est limpide après 7 heures.

-Examen après 24 heures : Caillot cylindrique, plus large à sa partie inférieure et excavé à cette extrémité. D’un brun noir dans les parties”

supérieures,rosé dans 1/3 supérieur. Longueur 4 centimètre sur { cen-

timètre de large. Elastique. Pas de tendance à se dissoudre. Le sérum : abondant remplit les 2/3 de l’éprouvette: 3 centimètres cubes. De couleur ambrée, transparent à la lumière directe, franchement opales-

cent à la lumière réfléchie. Quelques globules rouges sont tombés au

fond de l’éprouvette. Pas de modification du spectre. Réaction tres fai-

blement alcaline, Examen microscopique : quelques très rares globules :

rouges. Pas de granulation de Widal. Sous l'influence de l’éther il s'é- :

LENOBLE. de

claircit légèrement mais reste encore opalescentà . lumière réfléchie. Pas de réaction dé Gmelin. | : ; … Examen de sang pur. — Hématies Roliéest régulières, formant des’ ilots et des piles assez épaisses et séparées. Nombre de globules blancs nerparaît pas augmenté sensiblement. HER Do Rapidementse forme.un réticulum n° 2. | Numération. — Dans.le champ du microscope on voit guelijues globules à prolongements digitiformes animés de battements. N: 4.748. oo — R:41,662.229.:. — G: 0,36. — B : 10.040.

one de sang sec. — Fixation à l'acide osmique à 4 0/0. Double coloration : éosine-hématoxyline. Pas de modifications des hématies sauf quelques-unes en raquette. Globules blancs de la 2 variété. Grand nombre d’hématoblastes. ae

: 2e examen du sérum, le 10 août. — La malade est guérie. Sp pris’

à 41 heures 5 minutes. S’écoule facilement. Uné éprouvette est remplie en 5 minutes. Sang rouge, Coagulation après 40 minutes d'attente. Après 4/4 d'heure, apparition d’un sérum d’abord trouble ét d'aspect lactescent qui augmente rapidement d’abondance. La séparation est effectuée après 3 heures. Examen après 24 heures. — Caillot d’un rouge sombre, volumineux, cylindrique, creusé en cupule à son extrémité! supérieure, mesurant 2 centimètres de long sur 1 de large. De consistarice ferme et élastique. Sérum abondant, remplit les 2/3 de l’éprouvette, jaune ambré à la lumière directe et un peu trouble, nettement: opalescent à la lumière réfléchie. Au fond de l'éprouvette, dépôt assez

abondant de globules rouges. Réaction alcaline. Examen spectrosco-

pique.— Très légère raie d’oxyhémoglobine. Pas de réaction de Gme-

lin. Examen microscopique. — En goutte suspendue, pas autre chose:

que des hématies de volume variable et quelques leucocytes granuleux et légèrements diffluents. Eclaircissement sous l'influence de l’éther.

Os. 103. — Dilatation de l'estomac par sténose pylorique due à des phé-

nomènes de péritonite localisée. Tuberculose pulmonaire consécutive. Anémie du 2 degré. Sérum lactescent abondant (personnelle). — Homme de:

49 ans, couché au n° 12 de la salle Bazin, hôpital Saint-Antoine. Légèrement éthylique. Gastrite médicamenteuse. Actuellement : ventre météorisé, partout souple, ectasie gastrique, résidus alimentaires, ondes

gastriques. Vomissements sans caractères. Tuberculose au 1er degré :

* du sommet droit. Opéré par M. le D' Tuffier (gastro-entéro Re en Pas d’albumine dans les urines.

Examens du sang, le 6 janvier 1897. — Numération. —N : 3. 720. 000. — R:3.047.421. — G: 0,80. — B : 8.370.

Examen de sang pur. — Hématies en ilots épais et en piles assez lon: gues interceptant des lacs plasmatiques de moyenne étendue, Petit

nombre d'hématoblastes. Leucocÿtes ässez nombreux accumulés en :

certains points. Réticulum n° 2. Type phlegmasique atténué.

PU TR u

: Examen du sérum.— Sang pris à 4 heures moins 10. S'écoule faciment. En 3 minutes une éprouvette entière est prise. Coagulation immédiate en 3 minutes, Sang noir, caillot sombre. Séparation lente.

Après 1 heure, apparition d’une goutte de sérum sur les parties latérales du éaillot. Elle augmente lentement, est incomplète au bout de 3 heures, n’est effectuée qu'après 16 heures. Examen après 20 heures. — Caillot sombre, très allongé, mesure 3 centimètrès de long sur 1 c.

1/2 de large, ae ent cylindrique, rouge sombre avec des zones noires. Elastique mais avec déjà une certaine tendance à se dissoudre. Le sérum est assez abondant : 2 centimètres cubes. Trouble à Ja vision directe, lactescent à la lumière réfléchie. Réaction très alcaline. Examen spectroscopique. — Spectre normal. Pas de réaction de Gmelin.

- B. Le sérum des diabétiques. — Les modifications du sang chez les diabétiques ont été le point de départ d’études intéressantes. Certains auteurs comme Salomon (1) pensent que le glycogène est un élément fréquent, contenu peut-être normalement dans le sang, en particulier dans les globules blancs. Schenck (2) a émis l’hypothèse que le sucre est en simple dissolution dans le sérum. Livierato (3) a recherché la teneur en glycogène des individus sains ou malades. Dans le premier cas, le sang renfermerait peu de glycogène et seulement en dehors des globules. À l'état morbide, on en trouverait en abondance parce qu ‘il existe de l’hyperglycogénie hépatique. On en rencontrerait surtout au cours de la pneumonie et de la phtisie et cette augmentation serait parallèle avec l'accroissement du nombre des globules blancs. M. Dastre (4) a fait, par la méthode des pesées et par les décolorations, un grand nombre d'analyses du sucre contenu dans le sang. Enfin Kauffmann (5) s’est livré à une série de recherches qui lui ont permis d'émettre les conclusions suivantes : 1° la matière glycogène est un élément constitutif du sang normal ; 2° le sang des animaux rendus diabétiques par l’exlirpation du pan: créas, renferme une quantité de glycogène beaucoup plus considérable que celui des animaux sains. Mais toutes ces études avaient

4) Gagmicnesky, Archiv. für experim. path. und Pharmak., XXNIII, p. 272: (2) Arch. für gesammte physiol., XLVII, p. 621.

4) Arch. de physiol., III, 3, 1891. Ru ae 5) Soc. Biol., 1 mars 1895, 27 avril 1895, p, 316.

surtout été entreprises à un point de vue scientifique. On n’en pouvait tirer aucune conclusion pratique, lorsque Bremer (1) fit connaître une méthode essentiellement clinique dont nous allons parler, bien qu’elle ne se rattache qu'indirectement à notre sujel. Le sang des diabétiques coloré par la méthode d'Ehrlich (éosine et bleu de méthylène) se reconnaît immédiatement à la perte plus ou moins complète de l’éosinophilie des globules rouges et à la présence dans le plasma sanguin de granulations arrondies, réfractaires à toute coloration. La méthode de coloration de Gram convient pour mettre ces dernières en évidence. Elle fait aussi apparaître autour des noyaux des leucocytes une zone claire affectant fréquemment la forme d’un C. Il dit encore ailleurs que les hématies diabétiques aiment les couléurs basiques (bleu de. méthylène). Il recommande de faire un mélange d’une solution saturée d’éosine et d’une solution saturée de bleu de méthylène.

Îl obtient un précipité insoluble dans l’eau, qui est lavé, séché et:

repris jusqu'à saturation dans de l'alcool à 300. On peut ajouter un peu d'éosine et un peu de bleu. Deux lamelles, l'une de sang diabétique, l’autre de sang normal, fixées à l’étuve, sont plongées dans ce réactif pendant 5 minutes. Après lavage, le sang normal

présente une coloration violacée, le sang diabétique se colore en:

vert. Dans une séance récente à la Société de médecine interne de Berlin (2) le procédé de Bremer a été l'objet d’une discussion intéressante. Loewy l’a constaté 7 fois. Burghardt pense qu'on ne peut l’obtenir avec la glycosurie transitoire. Il aurait une grande importance en ce sens que le diagnostic d’un diabète méconnu

pourrait être fait à l'occasion d'un examen de sang entrepris pour:

tout autre sujet. Enfin, on pourrait se servir de la réaction de Williamson qui consiste à porter au bain-marie pendant 4 minutes à la température de l’ébullition un mélange de sang (20.cc.), d’eau (40 ce.), d’une solution de bleu de méthylène à 4 p. 6000

(4 ce.) et de lessive de potasse (40 cc.). La coloration bleue ferait

(1) Meth. pour diagnost. le diabète par l'examen du sang. Centralblatt für med. Wiss., 1894, p. 850. — In., New-York med., 1 mars 1896. (2) 4er novembre 1897. In Méd. mod. ,du 20 novembre, n° 93.

place à une teinte jaune. Disons pour finir que Goldberger et Weiss (1) ont observé dans le sang d’un certain nombre d'individus atteints de fractures, dans les opérations sur les os, dans les épanchements sanguins considérables, la présence de la matière glycogène circulant dans le plasma, sous forme de granulations parfois incorporées aux leucocytes polynucléés neutrophiles, et reconnaissables à la coloration spéciale que leur donne l’eau iodoiodurée. On la rencontre encore dans les suppurations étendues à marche rapide, dans les troubles respiratoires intenses (pneumonie, agonie), dans l’anémie aiguë, et dans la narcose chloroformique dans les 24 heures suivantes. Le glycogène ainsi misen liberté proviendrait des éléments figurés détruits au niveau du foyer morbide.

Nous avons recherché à deux reprises dans le sérum des diabétiques, la présence de ces granulations caractéristiques, sans les retrouver (obs. 104, 105). Dans le premier cas, le liquide transsudé extrêmement clair et limpide, mélangé à l’eau iodo-iodurée, renfermait des masses granuleuses dont les éléments isolés étaient informes ou représentaient des cristaux. Il en fut de même dans notre second cas. Celui-ci a toutefois moins de valeur, car nous n'avons pu examiner que le sang retiré après la mort des cavités du cœur et seulement 48 heures après la prise dans une pipette stérilisée. En outre, la réaction de Williamson recherchée avec le caillot trituré dans l’eau distillée, faute d’une quantité de sang suffisante n'a donné lieu qu’à une coloration d’un brun-sale au lieu de la teinte jaune que nous pensions apercevoir. Faut-il admettre que le glycogène est resté incorporé au caillot et n’a pas transsudé dans le sérum ? L'absence de la réaction caractéristique avec la liqueur dé Fehling semblerait lé prouver. Mais des prépa- | rations de sang sec, faites immédiatement après la prise du sang et colorées à la liqueur de Gram forte (couleur vin de Malaga) ne nous ont montré ni granulations, ni zones claires autour des noyaux. Seules les colorations à l’éosine (2 minutes), puis au bleu

(1) La val, diagn. de la réaction iodée du sang en chirurgie (Wien. lin, Wochensch., 1891, 24 juin, n° 25, p. 601,

de méthylène (3 minutes) ont été plus significatives, par la facilité avec laquelle ce dernier colorant se substituait presque entièrement à l'éosine. Il en résultait une teinte non pas verte mais 010: lette que nous n’avons jamais retrouvée ailleurs. Le sang du sujet de l'observation 104 renfermait en outre une grande quantité d'hématoblastes restés incolores et nous nous sommes demandé si ces corpuscules n'avaient pas été pris pour des granulations par Bremer et ses succésseurs. Le fait est possible puisque ayant la découverte de M. Hayem, une pareille méprise avait déjà, été faite. En définitive, ou bien nous nous trouvions en présence de glycosurie simple, ce qui n'est pas probable, ou bien la réaction de Bremer n’esl pas constante ; en particulier il est.bien probable que si le glycogène existe à l’état de granulations libres. dans. le plasma, il ne passe que difficilement:ou pas du tout dans lesérum. L'examen microscopique de ce liquide avant toute coloraration semble le prouver. Toutefois nous réservons notre opinion sans vouloir conclure, car nos recherches ont été faites sur'un nombre trop peu considérable de sujets et les affirmations de Bremer sont trop précises pour que ses observations soient abso: lument erronées.

Ons. 104. — Diabète sucré. Tuberculose pulmonaire. Sérum normal. Nôte clinique remise par notre collègue Lro (personnelle), — C..., âgé de 48 ans, malade du service de M. le D' Letulle, hôpital Boucicaut, et lique. Conseslioh pulmonaire en 1894 ; ictère infectieux en 1897. Gros foie, tuberculose pulmonaire du Vie gauche. 12 grammes de sucre dans les urines, pas d’albumine. Epistaxis, hémoptysies, ascite abondante constituée par un liquide citrin.

Examen du sang, le 19 janvier 1898.

‘Examen du sérum. — Sang pris à 41 h.5 du matin de couleur noire, s'écoule difficilement. En un quart d'heure 3/4 d’éprouvette sont prises (4 cent. .cubes), Goagulation effectuée 5 minutes après la prise. Caillot sombre. Début de la baron après 35 minutes. Marche régulière. Le témps qu’elle à demandé n’a pas été noté. .

: Examen après 26 heures : Sérum'jaune ambré avec léger reflet verdâtre assez abondant. Caillot rétracté au centre sauf à son extrémité inférieure et en un point correspondant à l'une des faces, où a coulé une goutte de sang. Deux gouttes de sérum clair et limpide sont mélangées avec 3 gouttes de liqueur de Gram contenant une petite pro-

ad à

portion de gomme arabique.. Au mièroscope une goutte de ce mélange laisse voir une grande quantité de granulations sans forme précise pour la plupart, dont d’autres sont nettement des cristaux d'iode. Le reste du sérum ‘examiné par-les procédés ordinaires ne ae rien de particulier. Réaction faiblement alcaline. +

.Le caillot est trituré dans de l’eau filtrée, mais en présence de la RUE de Fehling, le mélange chauffé ne donne pas la réaction caracféristique. “La réaction de Williamson recherchée avec ce nds nous dônne une coloration d’un brun sale.

. Examen du sang sec. — Fixation à l'acide osmique., Coloration :-évsine et bleu de méthylène. L'éosine (2 minutes) colore en rose les hématies, mais le bleu de méthylène (3 minutes) chasse l'éosine et les globules rouges prennent une coloration violacée. Les leucocytes (2° variété) ont mal pris le bleu de méthylène et leur noyau reste pâle. Grand nombre d’hématoblastes arrondis ou épineux, Incolores. Les colorations à l’éosine et hématoxyline diffèrent peu de ce que l on trouve à l’état normal. lei encore cependant les hématies ont une teinte violacée, mais plus légère que précédemment. Colorations avec l'eau iodo-iodurée forte : les préparations ne montrent rien de particulier. Pas de granulutions, pas de modifications des leucocytes.

OBs. 105. — Diabète sucré. Tuberculose pulmonaire. Coma diabétique. Mort (personneile). Note clinique remise par notre collègue GanDy. — M..., âgé de 29 ans, entré à l'hôpital Saint-Antoine, service de M. le D: Letulle: Signes de diabète depuis un an. Urines : 10 litres. Sucre 708 grammes par 24 heures, pas d'albumine. Le sucre diminue sous l'influence du traitement par l’antipyrine. 4er avril 4897 : urines 9 |. 500, urée 3,24 0/0, chlorures 4,36 0/0, glycose 555 grammes par 24 heures. Meurt le 9 janvier 1898 de coma diabétique.

Examen du sang. — Le sang a été pris après la mort dans le cœur, Ïl fournit un sérum laqué qui après 24 heures d’attente tend à prendre une teinte brune. Une goutte examinée au microscope laisse voir une grande quantité de globules rouges et de leucocytes, et un grand:nombre de granulations animées de légers mouvements transversaux. Une goutte colorée avec l’eau iodo-iodurée montre des hématies, des leucocytes granuleux et surtout un très grand, nombre de granulations sans forme précise qui paraissent être des débris de globules.

C. Le sérum des fièvres typhoïdes. — Il n'entre pas dans notre sujet d'étudier le sérum des typhiques au point de vue dé la réaction agglutinante de M. Widal. Cette question a été récemment mise au point dans l'excellente thèse de notre collègue et ami M. Bensaude (1). Nous avons entrepris, sous l'inspiration de

fr

(4) De l'agglutination des microbes, Th. Paris, 1897.

M. Hayem de rechercher si le chauffage du sérum de typhique à des températures progressivement croissantes, ne détruisait pas le pouvoir agglutinant de ce liquide. Ces recherches qui ont été faites sur le sang de trois femmes atteintes de dothiénentérie, nous ont montré que les températures de 590,63 et 65° n’amenaient aucune modification de la propriété agglutinante. Ces expériences ont été l’objet d'une communication de M. Hayem à la Société médicale des hôpitaux (1). Il nous a paru intéressant de les faire connaître plus complètement et nous les publions dans les observations 106, 407, 108. Ajoutons que du sérum typhique, recueilli aseptiquement, et conservé dans des tubes soigneusement bouchés, présente encore à l’heure actuelle ses caractères bactéricides avec la même énergie qu’au premier jour, surtout si l'on prend le soin de se servir de cultures jeunes de bacilles d’Eberth âgées de 24 heures.

Mais le caillot et le sérum des typhiques peuvent présenter des modifications intrinsèques intéressantes. Les phlébotomistes avaient déjà remarqué que le caillot peut être petit et peu consistant, et que c’étaient là des indices à peu près certains d’une diminution proportionnelle dans le nombre des globules. Le sang renfermerait aussi de l’hydrosulfate d’ammoniaque que Bonnet de Lyon regardait comme caractéristique d'une putréfaction au début. Au reste sa couleur et la rapidité avec laquelle il se putréfie donneraient raison à cette opinion (2). M. Labadie-Lagrave signale la coloration hémoglobinique du sérum dans certaines formes dites hémorrhagiques de la fièvre typhoïde (loc. cit. p.156). Ce sont là des caractères que nous connaissons déjà pour les avoir étudiés dans les anémies ou dans les infections. Nous n'y reviendrons pas. Il nous suffira d'ajouter que pour que de pareilles altérations se produisent, il est nécessaire que l’on se trouve en présence d’une toxémie déjà profonde, peut-être due à des associations de poisons. En dehors de ces remarques générales, nous nous sommes demandé si l’on ne pouvait, par la simple étude de

(1) Séance du 8 janvier 1897, p. 18. Voir aussi DAREMBERG, Loc, cit. (2) In thèse de LE Canu.

l'état du sang, distinguer la fièvre typhoïde des maladies qui peuvent simuler ses allures cliniques: la grippe, les endocardites infectieuses, etc. Nos recherches sont demeurées négatives, et l’on pourra se rendre compte par la lecture des observations 409, 110 et 111 que les seules différences obtenues dépéndent de l’intensité plus grande de l'infection (obs. 110). Le sérum et le caillot du sujet atteint de grippe, sont absolument identiques à ce qui existe chez le malade atteint de typhoïdette de l'observation 111 et seul le signe de Widal est significatif.

On sait que M. le professeur Hayem attribue à juste titre une grande valeur à l’étude du sang pur dans la cellule à rigole. En particulier, dans les cas de fièvre typhoïde dépourvue de toute complication inflammatoire, il signale comme caractéristiques de la maladie : l'absence de réticulum fibrineux et le petit nombre de leucocytes visibles dans le champ du microscope. En somme ce type se rapproche presque absolument de ce qui existe à l’état normal. Il est vrai que la moindre inflammation surajoutée modifie l'aspect de la préparation par l’apparition d’un réseau de fibrine appartenant à l'une des trois variétés décrites par M.Hayem, et par l'augmentation du nombre des globules blancs. Nous avons recherché si des modifications parallèles ne se produisaient pas dans les phénomènes de la transsudation. Il pouvait se faire que dans une fièvre typhoïde simple caractérisée par un sang pur normal, le caillot et le sérum fussent indifférents et que rien ne les distinguât de ce qui se passe chez un sujet sain. Au contraire, une infection surajoutée, tout en modifiant l'aspect du sang pur, pouvait donner naissance à des altérations spéciales, se traduisant par l’aspect caractéristique du sérum et du caillot des infections par exemple. Mais notre hypothèse ne s’est pas réalisée. Au contraire, dans l’observation 110 tant que la dothiénentérie est restée simple, et au plus fort de la maladie, l’état du sang à été celui des grandes infections (caillot peu rétractile, sérum laqué peu abondant, tendance à la redissolution) ; plus tard, lorsque la complication pulmonaire fit son apparition, annoncée par la leucocytose et la présence d’un réticulum n° 2, le sérum ne présen-

tait plus que les altérations banales du sang des anémiques. Ce fait nous paraît démonstratif. A notre avis, rien n'est préférable au signe de Widal quand il s’agit de diagnostiquer une fièvre typhoïde. Mais d'autre part les caractères du sang pur peuvent seuls indiquer si la maladie se complique ou non. A ce dernier titre, le signe de Hayem à une importance aussi grande que le phénomène de la coagulation, ils se complètent l'un et l'autre.

OBs. 106. — Vulpian ne 20. Nourrice atteinte de dothiénentérie, hôpital Saint-Antoine, crèche de M. le professeur Hayem. — Examen du sérum, le 9 décembre 1896 (sérum n° 1). — Prise du sang à 6 heures du soir. Ecoulement facile : en 5 minutes la petite éprouvette est remplie. Le sang est très fortement rouge. Coagulation en 5 minutes. La séparation est complètement effectuée après 15 heures. Sérum abondant occupant les parties latérales du caillot. Sa quantité est de 2 centimètres cubes. Il est clair et transparent. Le caillot d'un rouge sombre en haut, noir en bas, mesure 2 centimètres de haut, sur 1/2 centimètre de large. Il est élastique et ne présente pas de tendance à se dissoudre.Le sérum recueilli dans un tube stérilisé est porté progressivement au bain-marie à la température de 59° pendant 5 minutes. On laisse refroidir progressivement jusqu’à 35°. On fait comparativement : 1° un examen du sang pur par la méthode de M. Hayem ; 2° une réaction de Widal avec une goutte de sang frais pour 10 gouttes de culture pure de bacilles d’Eberth ; 3° une réaction de Widal avec le sérum porté à 590.

1° Examen de sang pur. — Hématies réparties en amas et en piles interceptant entre eux des lacs et des mers plasmatiques de calibre inégal. Quelques globules blancs se trouvent dans leur intervalle. Hématoblastes d’où partent quelques larges travées fibrineuses sans constituer un réticulum. 2 La réaction de Widal se produit nettement dans les conditions ordinaires. 3° Elle se produit nettement encore avec le sérum chauffé. Elle est presque immédiate (10 gouttes de culture pure, 1 grosse goutte de sérum chauffé). Cette expérience est à rapprocher de celle de MM.Achard etBensaude avec le lait d’une nourrice atteinte de fièvre typhoïde chauffé à 60e.

OBs. 107. — Fièvre typhoide chez une femme de 20 ans couchée au n° { de la salle Moïana. Sérum n° 2 (personnelle). — Examen du sérum, le 11 décembre 1896.— Sang pris à 10 heures du matin. S’écoule très facilement. Une éprouvette de 4 centimètres cubes est remplie en 5 minutes. Coagulation en quelques minutes. Caillot rouge foncé. Après 1 heure 1/2, la quantité de sérum est déjà assez abondante : le caillot se rétracte au centre. Séparation effectuée en 8 heures: quan-

tité de sérum : 1 centimètre cube 1/2. Caillot rouge, cylindrique, élastique. Le sérum est aspiré, décanté dans un tube stérile et porté au bain-marie à la T. de 63° pendant 4 minutes et oscillant autour de 60° pendant 10 minutes. On fait comparativement: 1e un examen de sang pur par la méthode de M. Hayem ; 2 une recherche de la réaction de Widal avec 1 goutte de sérum non chauffé et 10 gouttes d’une culture pure âgée de 24 heures; 3° la recherche de la réaction de Widal avec le sérum chauffé et ramené à la T. de 35° (1 goutte de sérum pour {0 de culture). |

1° Examen de sang pur. Hématies régulières très rosées, disposées en ilots et en petites piles séparées les unes des autres. Mers plasmatiques intermédiaires assez larges. Peu d’hématoblastes. Très peu de globules blancs. Pas de réticulum. 2° Avec le sérum frais la réaction est pour ainsi dire immédiate. Les amas de bacilles se montrent partout. On ne trouve plus que quelques rares bacilles libres après un temps variant de 4 à 2 minutes. Leur mobilité est très diminuée. 3: Avec le sérum porté à 630 l’action est aussi nette et aussi rapide. Tout ce qui vient d'être dit pour le sérum frais s’applique ici.

Os. 108. — Convalescente de fièvre typhoîde ayant débuté il y a 2 mois et ayant présenté plusieurs rechutes. Malade du service de M. le Dr Siredey, salle Andral, lit n° 15. Sérum n0 3. — Examen du sérum, le 12 décembre 1896. — Sang pris à 11 h. 1/2 du matin. Ecoulement facile : prise en 4 ou 5 minutes. Coagulation en 3 minutes. La séparation commence après une 1/2 heure. Elle est totalement effectuée en 6 heures, Le caillot cylindrique mesure 3 centimètres de long sur 1 centimètre de large. Il est élastique, fortement teinté de noir à sa partie inférieure, il n’a aucune tendance à se dissoudre. La quantité de sérum peut être évaluée à 2 centimètres cubes. Il est très pâle, mais les dernières portions se mélangent d’une petite quantité de sang. On fait : 4 un examen de sang pur; 2° une épreuve de Widal avec le sérum frais (1 pour 10); 3° une épreuve de Widal avec le sérum porté au bainmarie à la température de 65° pendant 4 minutes et refroidi progressivement à 35°.

4° Examen de sang pur. Hématies disposées en ilots peu compacts et en piles courtes interceptant des lacs plus ou moins larges dans lesquels on trouve des globules blancs en assez grande abondance ; des hématoblastes en grand nombre d’où partent des fibrilles assez épaisses qui forment un réticulum n° 2 incomplet. 2 Epreuve de Widal avec le sérum frais. Très rapidement en 1 ou 2 minutes on voit se former des amas, tandis que dans l'intervalle on trouve encore quelques bacilles dont la mobilité est très diminuée. L'épreuve a été faite dans les conditions ordinaires (4 goutte de sérum frais, 10 gouttes de culture). La culture est vieille de 48 heures mais à été conservée en dehors de l’étuve. 3° Epreuve de Widal avec le sérum chauffé. Mêmes

résultats rapides : formation de nombreux amas entre lesquels on voit encore des bacilles isolés ou réunis par 2 ou 3 et ayant perdu leur mobilité presque entièrement.

Os. 109. — Grippe avec état typhoïde prononcé. Sérum normal. Sang pur à type phlegmasique atténué (personnelle). — Homme de 40 ans, entré le 17 avril 1896 salle Bazin, lit n° 40, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem A son entrée, il présentait un aspect typhoïde des plus nets. Guérison lente, en 2 mois. Réaction de Widal

négative.

Examen du sang. — Examen du sang pur, le 21 août. — Hématies en ilots et en piles réuniés : lacs intermédiaires peu larges. Hématoblastes assez nombreux, isolés ou en amas. Nombre des leucocytes supérieur à la moyenne. Réticulum n° 2 lent à se produire.

Examen du sérum, le 21 août. — Sang pris à 3 heures, s'écoule assez difficilement. Durée de la prise 10 minutes. Quantité de sang un peu plus d'une demi-éprouvette. Coagulation assez rapide en 40 minutes. Caillot d’un rouge sombre uniforme. Le sang était rouge sombre. En 1/2 heure apparition d'un sérum clair sur les parties latérales du caillot.

Examen après 18 heures : Sérum tout à fait séparé, jaune clair, assez abondant, remplit le 4/3 de l’éprouvette. Caillot : cylindrique, mesure 1 centimètre de long sur 1/2 centimètre de large. Il est uniformément rouge. Consistance ferme et élastique. Sérum: à réaction alcaline. Examen spectroscopique : raie de l’oxyhémoglobine. Pas de raie d’urobiline. Pas de réaction de Gmelin. La réaction de Widal ne se produit pas avec 2 gouttes de sérum pour 10 gouttes de une pure même après 1/2 heure d’attente.

OBs. 110. — Fièvre typhoïde .au 18° jour de la maladie chez une nourrice. Phénomènes de tuberculisation des sommets. Double examen de sérum (personnelle). —:Femme de 35 ans, entrée le 29 juillet 14896 salle Vul-. pian, lit n° 20, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem. Cette femme, nourrice, présentait tous les symptômes classiques d’une fièvre typhoïde. Evolution normale de la maladie, guérison apparente, puis rechute ; sueurs profuses et phénomènes stéthoscopiques faisant poser le diagnostic de typhobacillose. Guérison.

. Examen du sang, le 31 juillet 4896.

Examen du sang pur dans la cellule: à rigole. — Hot etat réparties en.ilots et.en piles comme à l'état normal. Mers plasmatiques intermédiaires, Globules blancs très peu abondants. Très peu d’hématoblastes. Pas de réticulum. En somme sang normal.

Examen du sérum. — Sang pris à 3heures 1/2, s'écoule facilement. En 10.minutes, 2 centimètres cubes sont pris. Le sang est noir et forme un caillot sombre, uniformément teinté.en rouge noir. Séparation lenteà se produire. Au bout de 2 heures, très faible quantité de sérum Sur

les parties latérales du saTots ul est fortement mélangé de sang, mais s’éclaireit.

Examen après 24 heures : Caillot volumineux, cylindrique, mesure 3-centimèêtres de haut sur 1/2 de large. Coloration rouge avec de larges bandes noires par places. ConSistance élastique, mais il existe déjà une certaine tendance à se dissoudre. Sérum peu ‘abondant, lé 1/3 d'une éprouvette moyenne, Fortement coloré par la dissolution d’un certain nombre d'hématies, Réaction faiblement acide. Examen spectroscopique : double raie de l'oxyhémoglobine. Pas d' urobiline. Pas de réaction de Gmelin. Réaction de Widal. 1 . 22 août. À ce moment typho-bacillose très nette, Examens du sang,

Examen de sang pur, — Hématies régulières agglomérées en ilots et en piles réunies les unes aux autres et interceptant de petits lacs dans leur intervalle. Grand nombre de globules blancs. Très peu d’hématoblastes. Réticulum n°2 incomplet après 1/2 heure d’attente.

Examen du sérum. — Sang pris à à heures 20, S'écoule rapidement et facilement. Une éprouvette est remplie en 5 minutes. Sang rose ; coagulation immédiate en un caillot couleur gelée de groseille. La séparation assez lente met quelques heures avant de commencer. Elle est complète en 18 heures. Sérum jaune clair accumulé sur les parties latérales du caillot. Le caillot assez volumineux mesure 2 centimètres de long sur 1 centimètre de large. Coloration d'un rouge vif. Il est élas= tique et de consistance ferme. Le sérum jaune clair remplit le 1/3 inférieur de l’éprouvelte. Réaction alcaline. Pas de modifications du spectre. Pas de Gmelin. Signe de Widal: négatif avec 3 gouttes de sérum pour 10 gouttes de culture pure, même après 10 minutes, positif avec une goutte de sang frais pour 10 gouttes de culture pure.

Ogs. 114. — Dothiénentérie légére. affectant les allures de l'embarras gastrique fébrile (Typhoïdette). Sang pur normal (personnelle). — Homme de.21 ans, entré le 19 octobre 1896, salle Bazin, lit n° 19, hôpital Saint-Antoine, service de M. le professeur Hayem. À son entrée, fièvre légère : 388. Pas de stupeur. Légère douleur dans la fosse iliaque droite. Légère diarrhée, etc. Guérison rapide.

Examen du sang, le 19 octobre 1896.— Sang pur. Hématies réparties enilots et en piles courtes interceptant des lacs et des mers plasmatiques. Peu de globules blancs. Petit nombre d'hématoblastes. Après ‘20 heures d’attente pas de réticulum.

Examen du sérum. — Sang pris à 5 heures du soir. Coloration noire Ecoulement assez difficile, Se coagule pendant le temps de la prise (10 minutes) en un caillot uniformément noirâtre. La séparation com: mence au bout de 10 minutes sur les parties latérales et inférieures du caillot, Le sérum est jaunâtre. Elle est totalement effectuée en 3 h. 1/2. Examen après 20 heures. Caillot, cylindrique, rétracté au centre, mesure 1 cent. 1/2 de long sur 1/2 cent. de large, de coloration rouge

Eee avec des taches. brunes surtout abondantes; àJ'e extrémité: inférieure: JL ést dé consistance ferme et élastique. Le ne remplit la moitié, deita petite éprouvette. JL est d’un jaune. rosé-(mélange de aquelques: hématies). Réaction füiblement, alcaline, Examen spectroscopiques:. raie de l'ox; némoglobi ë, Pas d’ l'urobiline. ÿ Pas de 2e d ‘de. Gmelin. Réaction de w tidal, LES judemanl 0 obte

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de, Léther, il.se. prit en: une De de Er ee ia . nee montra: constituée parides hématies: gonflées, ‘des: éléments’ figurés du sang peu: réconnaissables, diffluents et lärges, et Surtout par ‘une masse de petits. crislaux.. sans, formes. précises, et réunis en amas. Notre deuxièmé sujet' était également une enfant de 8 ans atteinte de héphrite parenchymateuse ancienne. Ses antécédents pathologiques étaient chargés : elle avait été atteinte de scarlatine et d’angine diphtérique. Au moment de notre examen elle présentait de l’ascite lactescente. Le sérum était franchement opalescent. En goutte suspendue, il contenait une grande quantité de leucocytes. Le liquide ascitique dont l'aspect était celui d’une solution de lait fortement étendue, renfermait un assez grand nombre de globules blancs, mais surtout des granulations formant des masses rappelant les plaques phlegmasiques signalées dans certaines maladies. Traité par l’éther, le sérum s'était pris en une gelée rosée, tandis que le liquide ascitique ne présentait qu’à peine cetté particularité, restée douteuse du reste ; il devenait simplement siru: peux: : pre ER RENTE

Nous croyons avoir surpris dans ce dernier/cas la cause de ce phénomène. L’examen histologique de la gelée nous avait montré en effet un grand nombre de petites granulations immobiles qui n’existaient pas auparavant. En outre les éléments figurés avaient diminué de nombre. Une goutte d'éther passant par capillarité sous le couvre-objet, donnait aux globules rouges un aspect müri-

forme, tandis que les:globules blancs deyenaient:-diffluents; émettaient des prolongements, prenaient un aspect granuleux “et finalement disparaissaient pour faire place aux granulations, quireprésentaient Le terme extrême de leur,transformation. Les mêmes phénomènes atténués k semblent s'être produits dans le liquide ascitique. SE SEE PEER à ps PRE rie fé 5 : SO 4 Nous croyons donc devoir attribuer la prise en. gelée du Sérum, à la mise en liberté du protoplasma des globules blancs, lorsqu'ils existent en grande abondance dans le sang. Il s'agirait là. d'un phénomène physiologique qui peut acquérir.une: certaine signifi; cation pathologique, en ce sens qu'il indiquerait que la lactes; cence du sérum est la conséquence d'une leucocytose déjà considérable. Nous ne pouvons sans doute”émettre cette opinion.qu'à titre d'hypothèse, puisque nous n'avons fait la numération dans aucun des deux cas auxquels nous. faisons allusion. Toutefois nous basons notre interprétation sur les remarques suivantes ; dans la leucocythémie, le sang laissé en ‘repos: dans une :éprouyette à une température de 0°, se sépare spontanément..en trois couches surtout visibles sur du sang défibriné : une inférieure contenant des globules rouges ; une moyenne renfermant des leucocytes ; une superficielle formée par un sérum: trouble opalin, Bien que M. Labadie-Lagrave ne nous renseigne pas sur la nature de cette opalescence, nous croyons pouvoir l’attribuer à des leu: cocytes en suspension. Dans notre second cas l’examen d'une goutte de sérum nous a montré que la lactescence était unique: ment due à une grande quantité de globules blancs. Enfin l’éther paraît bien avoir une action destructive sur ces éléments, puisque dans nos examens microscopiques nous avons vu les hématies devenir simplement muriformes sous son influence, alors que les leucocytes subissaient une série d’altérations dont le dernier terme. était leur transformation en granulations grossières, n’aÿant'au-: cun des caractères attribués aux granulations graisseuses ou : albuminoïdes. i 1 4 Le signe de Garrod. — Nous terminerons cette étude des modifications morphologiques du caillot et du sérum sanguin par le.

se

procédé que Garrod à indiqué comme caractéristique de la recherche de l'acide urique dans le sang des goutteux (1).

‘Quelques centimètres cubes de sérum sont déposés dans un verre de montre et acidifiés avec quelques gouttes d’ acide acétique. Les proportions sont de 35 centigrammes d’acide acétique pour 3 gr. 5 de sérum. L’acide acétique sépare l'acide urique de ses combinaisons. On place dans le mélange quelques brins de fil détordu, et on laisse le tout sous cloche dans un endroit frais. Le sérum se prend en une masse gélatiniforme. Les fils sont retirés du sérum après 36 ou 40 heures ; placés sous le microscope ils se montrent hérissés de cristaux d'acide urique. Ce résultat positif ne s’observerait qu'avec le sang des goutteux.

Tels sont les phénomènes pathologiques qui résultent des altérations du liquide sanguin au cours des maladies et que nous nous sommes efforcé de faire connaître. Nous n’hésitons pas à répéter qu'il y a là un procédé d'investigation clinique des plus intéressants. Il est certain quil ÿ a encore beaucoup à faire dans cette voie, et que de nouvelles recherches amèneront la découverte de nouveaux symptômes. Les procédés sont à la portée de tous, l'étude des modifications du sérum et du caillot ne demande que de la patience et une minutieuse observation. Aussi nous asso- ‘cions-nous entièrement à l'opinion de notre maître lorsqu'il dit : « Je n’ai pas besoin d'insister davantage sur l'importance et la multiplicité des renseignements que je viens d'étudier avec vous, et qu'une technique aussi simple peut vous fournir. Les faits par-. lent d'eux-mêmes. Il ne s’agit pas de recherches de laboratoire, mais de procédés pratiques essentiellement cliniques. »

Os 112 = Néphrite parenchymateuse ancienne avec anasarque. généralisé, Ascile lactescente. Sérum laqué, lactescent par abondance des leucocytes. Prise du sérum en gelée sous l'influence de l'éther par destruction des globules blancs (personnelle) (Note clinique remise par M. Zanok). — S... Lucienne, âgée de 8 ans, entrée le 16 juillet 1897, salle Triae lit n° 4, hôpital Trousseau {service de M. le Dr Variot). Antécé- : dents : scarlatine probable. Diphtérie récente, anasarque depuis plus

à) Garon, La goulle. Trad. française. Paris, 1867. HAYEM, Méd. mod... 1897. RE

d'un an. Urines font défaut. Diarrhée continuelle.. Ascite lactescente. Etat général médiocre. I est à noter que les injections de sérum de Roux faites pendant l'attaque de diphtérie n’ont déterminé aucune complication malgré l’état des reins. ie Examen du sérum, le 6 août 1897. — Une Are nrou cette de sang à été rapidement prise en 2 ou. 3 minutes le matin. Coagulatron rapide. Séparation complète en 6 heures. Le sérum. ayant été conservé dans une salle chaude, il est rosé au fur et à mesure qu'il transsude (Température de la salle 24°). Examen après 20 heures : Caillot relativement volumineux, en forme de tronc de cône à base in: férieure, adhérant par l’une de ses faces aux parois de l’éprouvette ; de coloration rosée sauf au niveau de la partie adhérente qui est d'un noir sombre, blanc grisàtre à sa petite extrémité supérieure dans une étendue de 2 à 3 millimètres (couenne). Il mesure { centimètre à peu près dans tous les sens. Il est élastique et n'a aucune tendance à se: dissoudre. Sérum assez abondant, le 1/3 de l’éprouvette, opalescent à la lumière directe et plus encore à la lumière réfléchie, laqué par dissolution de l’hémogiobine. Réaction alcaline. Examen'spectroscopique : double raie de l’oxyhémoglobine. Pas de réaction de Gmelin: Examen microscopique: pas degranulations. Grande quantité de globules rouges, Mais surtout nombre considérable de globules blancs (en goutte suspendue). Traité par léther, il se prénd en une gelée rosée. Examinée au microscope : on aperçoit un grand nombre de petites granulalions immobiles. Les éléments figurés sont bien moins nombreux. Une des préparations précédentes (avant que le sérum ne soit traité par l’éther) examinée à nouveau ne montre pas ces granulations. Traitée par une goutte d’éther passant par capillarité au-dessous de la lamelle, les globules rouges deviennent muriformes, mais ne se résolvent pas en granulations, tandis que les globules blancs deviennent diffluents, émettent des prolongements, et présentent un aspect granuleux remarquable. Ils paraissent finalement disparaître pour faire place aux granulations précitées (2 gouttes d’éther sur une goutte de sérum après 2 heures 1/2 d'attente). La gelée rosée s'était produite en 10 minutes (2 parties d'éther pour une partie de sérum). Ce dernier a conservé RApest lactescent.

Examen du liquide d’ascite (note de M. Zadok). — Exaniné au microscope en goutte suspendue, le liquide laisse voir # ou 5 leucocgtes par champ du microscope. Le mélange avec partie égale d'éther devient légèrement sirupeux. Une certaine portion de ce liquide nous a été remise. Elle présente la coloration d’une solution de lait fortement étendue. Sa fluidité est extrême. Un mélange immédiat avec partie égale d’éther ne modifie pas cette fluidité, mais PAbtAten lui donne ce caractèré sirupeux signalé par M. Zadok. Abandonné à lui-même, il forme immédiatement 2 couches : une supérieure tenant en suspension des globules d'air, et d'aspect granuleux, unë inférieure transparente

mais opalescénté (le- tubé était bouché). Bientôt après Véther sürnage, Le tube est abändonné- à ‘di-même ouvert. L'éther s'évapore et laisse un ‘liquide peu épis, ‘dans lequel le microscope a de la peine à reconnaître des débris de globules blancs et un grand” LORRE de granu- Jations dé forme indéterminée, me

iEramên microscopique du liquide ascitique: 2} En goutte suspendue, le liquide présente un assez grand nombre de leucocytes. On aperçoit de’ plus des masses sombres de forme indéterminée. Coloréés par l'eau iodo-iodurée forte, ces masses sont constituées par des granulations sans forme précise, au centre desquelles on aperçoit un où plusieurs leucocytes. Certains de ces derniers sont granuleux (plaques phlégmaz siques?). PEAU, Analyses chimiques ai Dies de 1 ne 1897.

Réaction légèrement ‘alcaline, Aspect opalescent. Odeur nulle.

Densité, 40,085. Matières albumi-

noïdes, 2,28 par litre. Matières” grasses, 0,475. Extrait'sec à 100°.:

10,80. Résidu minéral, 7,20.

es semaines après.

Volume, 5 litres. Réaction je

‘gèrement dans Aspect opa- : Jescent. Densité, 100, CA Atbuini- ‘noïides, 1,80 par litre. Extrait sec,

11,80. Résidu minéral, 7,10. Matières grasses, 2,40. Mi sucre, ni

cholestérine.

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