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CHAPITRE IT

Coagulabilité du sang. — Alcalinité du sérum.

A. Coagulabilité du sang. — Nous nous empressons de dire immédiatement que l’étude de la coagulabilité que nous allons entreprendre sera faite à un point de vue exclusivement clinique. Cette question du reste a été l’objet de nombreux travaux, On trouvera dans la thèse de Glénard (1) un historique complet de toutes les recherches antérieures aux siennes. Pour M. Glénard la coagulabilité n’est pas spontanée, mais l'agent provocateur exclusif est le contact avec un corps étranger (la palette). À peu près à la même époque, Oré étudiait l’influence des acides sur la coagulation du sang (2), et Mathieu et Urbain (3) attribuaient à la présence de Pacide carbonique la formation du caillot. Nous n’insisterons pas davantage sur ces travaux pas plus que sur la thèse d’Artus d’ordre exclusivement chimique. Nous y avons trouvé cependant cette phrase qui intéresse davantage le point de vue particulier en présence duquel nous nous sommes placé. « Une grande hémorrhagie en déterminant dans le sang une forte aspiration de lymphe, en augmentant la proportion des globules blancs, rend toujours le sang plus rapidement coagulable. Toutes les fois que par un processus quelconque la teneur du sang en globules blancs augmente, sa coagulation est accélérée. » M. Le Canu s’est borné à signaler que le sang malade peut se coaguler plus rapidement qu’à l’état normal ou rester indéfiniment liquide, ou encore laisser déposer une sorte de purée ressemblant à de la sanie (4). Plus récemment Vierordt

(1) Contribution à l'étude des causes de la coagulation spontanée du sang à son issue de l'organisme. Applicalion à la transfusion, Paris, 1875.

(2) C. R. Ac. des sciences, 8 novembre 1875.

(3) Causes el mécan. de la coag. du sang et des princip. mat. albumin.,

Paris, 1875 ; Id. C. R. Ac. des sciences, T4 et 28 février 1876. (4) Le Canu, Elude chimique sur le sang humain, Paris, 1837, p. 91.

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a pu étudier d’une façon complète le temps de la coagulation du sang à l'état de santé et de maladie (1).Son procédé est assez curieux pour que nous le décrivions: il reçoit le sang dans un tube capillaire, où se trouveun poil blanc bien dégraissé dans l’alcool et dans l’éther. Tant que lesang du tube reste liquide, le poilne se charge pas de matière colorante. La coagulation s'annonce par de petits grumeaux qui se déposent à sa surface. A l’état physiologique, les variations sont infinies : le temps nécessaire pour la prise en gelée diminue du lever au premier repas. Il se relève après le déjeuner pour s’abaisser de nouveau à l’heure du repas du soir. L'alcool retarderait la coagulation. Les hémorrhagies, l’état d’inanition accéléreraient au contraire le phénomène. A l’état pathologique, la prise en gelée est variable suivant la nature de la maladie. Lorsque celle-ci s'accompagne d'un trouble durable de la nutrition, la coagulation est accélérée. Elle est retardée à nouveau à mesure que la nutrition se relève (phtisiques, diabétiques, anémie splénique, ictère catarrhal, pneumoniques, fièvre typhoïde). Il serait faux que le sang des fiévreux se coagule tardivement et d’une façon incomplète. Nasse a étudié le phénomène de plus près encore. De 1 à 6” après la sortie du sang chez l’homme, une pellicule se forme à sa surface. Au bout de 2 à T’,ils’est produit en général une couche gélatineuse contre les parois du vase. C’est de 4 à 12° après son issue de l’organisme que la masse sanguine tout entière se prend en gelée, et de 7 à 16? que la coagulation devient définitive. Enfin chez la femme, elle devancerait de 1’ environ ce qui se passe chez l’homme. Polli admet que la formation du caillot s'opère en moyenne en 11 minutes quand le coagulum n’est pas couenneux et en 27 minutes dans le cas contraire. La marche est influencée par la forme du vase : elle est favorisée par un récipient allongé et retardée par un vase large (2). M. Danlos (3) se borne à signaler l'influence de l’oxyde de carbone qui accélère la coagulation et donne un caillot qui se

(1) H. Vigroror, Arch. der Heilkunde. Band XIX, p. 193, 187. (2) Cités par CarLer, art. ang, Dicl. Dech. p. 454-455, 1878. (3) Art. ang, Dict. Jaccoud, 1882.

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