‹ Contribution à l'étude clinique du sangChapitre 7 sur 35 · DURE · texte numérisé non relu

DURE

sépare plus promptement et mieux du sérum. Enfin on trouvera dans le livre du sang de M. Hayem les diverses études qu’il a faites sur le processus de coagulation du sang et ses modifications dans les maladies.

. Comme on le voit, la coagulabilité du sang est soumise à de nombreuses variations placées sous l'influence de causes diverses. Nous croyons cependant que l’on peut n'en pas tenir compte dans la pratique, et que, d’une façon générale, on obtiendra une estimation suffisante du temps de la coagulation pour en tirer des déductions cliniques. M. Hayem recommande de compter l'intervalle du temps écoulé depuis la prise de la première goutte de sang jusqu'au moment de la formation du caillot. Mais il faut nécessairement, pour obtenir des résultats précis, prendre toujours la même quantité de sang chez tous les malades. Il y a donc là une petite cause d’erreur que l’on peut éviter, croyons-nous, si l’on calcule le temps nécessaire à la prise en gelée définitive à partir du moment où le liquide est recueilli dans l’éprouvette. Ilest vrai que tous les sangs ne sont pas également coagulables, il suffit d’avoir examiné parallèlement l’état de la coagulation chez un anémique et chez un pneumonique pour s’en rendre compte. Au surplus, comme il est nécessaire de calculer, montre en main, la durée de la prise et de la formation du caillot, on ‘aura fait usage de l’un et de l’autre procédé.

Dans les 112 observations que nous avons réunies et dont plusieurs s’accompagnent d'examens multiples, nous avons trouvé comme chiffres extrêmes : de 4 à ? comme minimum de temps nécessaire à la formation de la gelée et 35 minutes comme maximum. Dans ce dernier cas, il s'agissait d’une saignée. Faut-il croire que la quantité de liquide a une importance sur le retard de l'apparition du caillot? Nous ne le pensons pas puisque toutes les parties de la masse sanguine sont soumises aux mêmes phénomènes physiologiques. Nous préférons cependant prendre pour terme extrême le chiffre de25”, calculé depuis la sortie de la première goutte de sang en dehors des vaisseaux. C’est également l’opinion de M. Hayem. « Normalement, la coagulation a lieu en 10 ou 20 minutes. » Nos

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résultats se répartissent comme il suit : Anémies simples de 7 à 45 minutes ; anémies intenses, moyenne 1/4 d'heure ; anémies graves de 5 à 10°; purpuras hémorrhagiques de 2à 20’; irrétractilité du caillot par infection sanguine de 5 à 30°; sérums urobiliques de 5 à 30"; ictères biliphéiques de 2 à 20° ; un cas d’ictère hémaphéique 1/4 d'heure ; affections profondes du foie (cirrhoses) de 5 à 34; un cas d’hémoglobinurie, 7° ; sérum laqué par infection, de 5 à 25’; grandes intoxications de 2 à 25° ; sérums lactescents de 2 à 28’.

Il existe donc en définitive, une grande variabilité dans le moment d'apparition du caillot suivant les diverses maladies et même chez les mêmes malades aux divers examens. On peut en conclure d’après ce que nous ont appris les recherches de Vierordt;-de Nasse et de Polli, que la coagulabilité du sang est conservée intégralement dans presque tous les états pathologiques. Nous ne connaissons en effet que l’hémophilie accidentelle au cours de laquelle le temps de coagulation subit un retard considérable. Dans ce cas, nous n'avons obtenu de caillot que 1/2 heure après la prise qui avait été longue et difficile. M. Hayem à vu la coagulation se faire attendre pendant 11 heures. Nous n'insisterons pas sur l’importance de cette remarque qui caractérise à elle seule tout un groupe morbide dont le diagnostic est parfois obscur. Partout ailleurs la coagulation reste normale, sauf dans les infections où nous avons trouvé une exagération de cette propriété qui est peut-être en rapport avec la difficulté de la prise du sang (1).

B. Alcalinité du sérum. — A l’état normal le sérum est alcalin. Cette propriété est soumise à de nombreuses variations dépendant des conditions physiologiques et pathologiques, Frantz Holfmann et Goethgens ont démontré que l’alcalinité persistait chez les carnivores, quel que soit le genre de nourriture auquel on les soumet. Mais ils ont pu la modifier chez des lapins herbivores en leur faisant absorber de petites quantités d'acide sulfurique. Bur-

(1) Ewau», Sur la transpirabilité du sang (Arch. für anat. el physiol. path. p. 208, 1877), avait déjà constaté que la vitesse d'écoulement du sang diminue dans les intoxications par l'acide carbonique, la nicotine, le chloral ou l’éther.

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