‹ Contribution à l'étude clinique et thérapeutique de la perforation aiguë de l'ulcère duodénumChapitre 9 sur 23 · MEL CE RER · texte numérisé non relu

MEL CE RER

M. Bordas pense à occlusion intestinale et fait une piqûre de morphine.

M. Tesson, d'Angers, voit le malade, ce même soir, à onze heures.

Il pense également à occlusion intestinale, d’origine stercorale peut-être, et prescrit 30 gr. d’huile de ricin et un lavement huileux.

Le 1er septembre, je revois le malade avec M. Bordas. La nuit a été plus calme. Température : 37,9. Pouls : 406, bien frappé. Malade toujours abattu. Moral déplorable. Il souffre moins cependant. Un vomissement liquide dans la nuit. À rendu quelques gaz, pas de selle. Le ventre est météorisé, douloureux spontanément et à la pression surtout, à 3 travers de doigts à droite et au-dessus de l’ombilic. À ce niveau, le palper permet de sentir de l'empâtement dans la région soushépatique, empâtement non délimitable encore, mais qui deviendra net surtout les jours suivants.

Lavement huileux le soir, qui, dans la nuit,amène une selle noire copieuse.

Le soir même, je quittai Durtal et ne revis plus le malade que le jour de l’opération.

Le 6 septembre, le malade était amené à Angers, à la clinique de M. Tesson, où il était opéré le lendemain. Il présente alors une masse très douloureuse, du volume du poing, sous le rebord costal droit. Il est très affaibli, très amaigri.

Opération, le 7. Anesthésie au chloroforme. Laparatomie médiane susombilicale.

A droite, la région duodéno-pylorique est masquée par un bloc d’adhérences, qui l’unissent à la face inférieure du foie. Ces adhérences, présentant un caractère d’inflammation aiguë; sont prudemment respectées ; et on se contente, en réclinant gortement la lèvre gauche de l'incision pariétale,de faire une gastrojéjunostomie postérieure suivant le procédé de von Hacker, à une certaine distance du pylore immobilisé.

Le fonctionnement de l’anastomose s'établit normalement ; mais, une dizaine de jours après l'opération, on vit s’accuser

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Le

une voussure de la partie droite de l’épigastre, et bientôt s’ouvrir une collection séro-purulente dans l’incision opératoire, sans participation inflammatoire de la paroi.

L'écoulement qui suivit se réduisit bientôt à un liquide clair, d'odeur aigrelette, paraissant provenir de l'estomac, mais où ne parurent jamais ni débris alimentaires, ni bile, Cette fistule

dura ainsi plusieurs mois.

Bien que le diagnostic exact ne püt être fait d’une façon certaine, et que le diagnostic le plus probable qu’on pût faire de perforalion subaiguë de la région pylorique s'écarte quelque peu du sujet de ma thèse, j'ai rappelé cetteobservation : les symptômes du début furent d’une nelteté et d’une intensité qui me frappèrent ; c'est pourquoi je les ai cités dans le cours de ce

{ravail.

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