ACCIDENTS ET INCIDENTS
Le tétraïode peut donner quelques troubles, surtout si le produit est ancien, si la dose est farte (ne pas dépasser 4 centigr. par kilo en intraveineuse), ou l'injection trop rapide, ou enfin si on n'a pas tenu compte des contreindications de la méthode.
Dans le quart des cas environ, on observe un malaise sénéral, avec lassitude, céphalée légère, parfois état vertigineux ou nauséeux.
Exceptionnellement, les phénomènes vont jusqu'aux
crampes épigastriques, avec vomissements, et diarrhée Île
ne
lendemain de l'absorption. Les chutes impressionnantes de la tension artérielle sont infiniment moins fréquentes qu'avec le tétrabrome (Gosser),
Enfin, la mort a été signalée : Dick et Victor-G.-H, WALLAcE (d'Edimbourg); cités par Garner et PRIEUR (Nouveau Traité de Médecine Roger-Widal-Teissier) citent un cas de mort par ictère grave, après ingestion de 5 grammes, chez une femme ictérique de 20 ans ; le cas de Dyas, plüs récent, concerne une mort rapide, à la seizième heure après l’ingestion, mais chez un homme
de 62 ans et qui avait une tension artérielle de 20:11.
CONTRE-INDIGATIONS
Ce sont, pour Frarkin et Buritz (1927) :
1°) Les cardiopathies mal compensées, surtout avec hypotension ;
2°) La maladie de Basepow ;
3°) Les états anémiques marqués ;
4°) La sténose du pylore ;
59) Les lésions hépatiques graves : cirrhoses avérées, ictères aigus fébriles, angiocholites ;
6°) Le diabète ;
7°) La néphrite chronique.
1°) On voit des calculs. — On a alors sur l'ombre vésiculaire soit une tache claire, unie (cholestérine), soit en cocarde (stratifications calciques), soit un aspect pom-
melé (calculs multiples), Outre ces images de calcu}s
STATS
«en négatif », l'ombre vésiculaire peut manquer de densité. LRE
C’est donc pour les calculs de cholestérine purs ou presque que la méthode a le plus d’intérêt.
2°) On ne voit pas d'ombre vésiculaire. — Cette absence d'ombre, qu’on n'’affirmera qu'après répétition de l’examenr, doit faire éliminer d’abord deux causes d'erreur : le défaut d’absorption intestinale (dans
. # e L4 e Le f l’absorption per os) et l'évacuation prématurée du cholé-
cyste.
S'il y a un ictère par rétention — où l'emploi du tétraïode est très discuté — l’absence d’opacification de
la vésicule peut correspondre à une obstruction calculeuse, haute, à une vésicule détruite par une vieille lithuase.
S'il n’y a pas d'’ictère, on pensera successivement à une lésion hépatique grave (insuffisance hépatique, cirrhose latente), à un obstacle sur le cystique, ou à une vésicule incapable-de concentrer le tétraïode : cholécyste
scléro-atrophique (contenant beaucoup de calculs et peu
de bile), vésicule à muqueuse détruite, et fistule bilio-
digestive.
3°) On voit une ombre vésiculaire. — L'ombre vésiculaire, dont la constatation est capitale et demande à être suivie dans ses modifications les heures suivantes, est plus où moins volumineuse, mais ses contours peuvent être irréguliers, traduisant alors une sténose localisée ou des adhérences.
Elle peut ne pas augmenter de taille après la huitième
heure, si ses parois sont sclérosées.
Enfin, elle diminue après le repas évacuateur, suivant la progression qu'a montrée Boynen : cette diminution commence 25 minutes après le repas gras (période de latence), l’image vésiculaire est réduite de moitié après les premiers trois quarts d'heure, et elle est réduite au dixième (évacuation dite complète) deux heures et demie après le repas. L'évacuation, toujours d'après BoypEN, est deux fois et demi plus rapide chez la femme que chez l’homme.
La cholécystographie permet un diagnostic correct dans environ 60 % des cas et même davantage. Mais les statistiques sont difficilement comparables en cette matière, et cette méthode ne permet pas actuellement de déceler les lésions légères de la vésicule (Gossær).
L'examen radiologique, outre les signes vésiculaires et les signes indirects de la lithiase, devra enfin toujours apprécier l’état du foie (volume, mobilité, ptose), du
sinus cesto-diaphragmatique et de la base droite.
TUBAGE GASTRIQUE
Il devrait être fait toutes les fois que la cholécystite lithiasique s'accompagne de troubles dyspeptiques, qui peuvent résister à l'intervention et demander un traitement particulier.
IL montre fréquemment de l’hypochlorhydrie. Pour DancscHar, l'acide chlorhydrique est diminué ou disparu dans 73 % des cas de lithiase, et augmenté dans 4,4 %.
Pour Daur-Iversen, il est diminué ou disparu dans 31 %
des cas.
EDG —
Mais l'estomac des biliaires peut présenter également de l'hyperchlorhydrie. Le tubage gastrique semble, ici, devoir céder le pas au tubage duodénal qui donnera des
indications plus directes sur la choléeystite lithiasique.
TUBAGE DUODÉNAL
Il relève davantage du spécialiste pour sa technique comme pour l'interprétation de ses résultats ; on l'évitera dans les lithiases douloùreuses ou infectées, où l'épreuve de Mes rzer-Lyon à pu déclancher de véritables crises de colique hépatique.
La sonde duodénale, dont ErxnorN à précisé l'emploi en 1909, ramène normalement du suc duodénal mélangé de bile, jaune chartreuse. Après injection dans la sonde de 50 em° de sulfate de magnésie (épreuve de MELTZER- Lyon), il y à à la fois relâchement du sphincter d'Oddi et contraction vésiculaire, donc flux de bile. On a proposé d’ailleurs de nombreux cholécystokinétiques : suifate de soude à 25 %, peptone de Witte à 5 ou 10 %, voire glucose à 60 %. On admet que la première bile donnée par ces épreuves, bile A, claire, jaune d’or, fluide, est d'origine cholédocienne :; que la bile B, plus foncée, plus visqueuse, brune, est d’origine vésiculaire : enfin, que la bile GC, fluide et claire, est d’origine hépatique, Il y à done normalement une bile sombre entre deux biles claires, Mais, pour bien des auteurs (Ernnonn notamment), la bile B est d’origine hépatique.
La bile B peut être épaisse, très sale, purée de pois, et
SR.) mere
augmentée (100 à 150 cm‘). L'examen y montrera une augmentation de la bile, des éléments cellulaires (polynucléaires) et des cristaux de cholestérine (calculins de Cuiray et BLuM), plus souvent de l’hypocholestérino: cholie (Cnirax). Cette hypocholestérinocholie est nette si son taux est de O0 gr. 75 au moins (au lieu de 1 gr. 75) et caractériserait les stades lithogènes de la lithiase.
Pour Êassé, ne Moon et Nepveux, il y aurait même diminution du pH dans la bile B, où il tomberait de pH 7 à pH 4,8 en cas d'infection vésiculaire (par augmentation des acides organiques liés au développement microbien).
Une épreuve de Mecrzen- Lion positive indique habituellement une vésicule normale, mais avec deux restrictions : il peut s'agir aussi d’une vésicule distendue (cholécystostomie de CarrAy) ou d’une vésicule de stase.
Mais la bile B peut manquer : l’absence de bile B, confirmée par plusieurs examens, et s’accompagnant d’une absence d'ombre vésiculaire après tétraïode, réalise le syndrome d'exclusion de la vésicule.
Enfin, une épreuve particulièrement douloureuse tra: duit habituellement des réactions inflammatoires périvé-
sieulaires importantes (OÙRY).