EXAMENS DE LABORATOIRE
Ces examens destinés à confirmer l’origine lithiasique du syndrome vésiculaire, où À étudier les fonctions
hépatiques, porteront surtout sur le sang,
==, DB 1% 1° Examens de sang
a) LE TEMPS DE SAIGNEMENT
Le temps de saignement (méthode de DucxE); qui se recherche par la piqûre du lobule de l'oreille, est normalement de ? à 3% minutes. Quoique ce soit un procédé grossier, sa simplicité et sa rapidité le font employer couramment : ce temps de saignement est augmenté
‘dans l'insuffisance hépatique.
b) LE TEMPS DE COAGULATION
On le recherche soit avec quelques gouttes sur une lame, soit mieux avec quelques centimètres cubes dans une éprouvette. Il est normalement d'environ 10 minutes. S'il dépasse 12 minutes, il faut faire une transfusion et refaire l’examen le lendemain. (Ch. Maxo).
La rétraction du caillot se fait normalement en demi-
heure à une heure.
c) LA FORMULE SANGUINE La formule sanguine normale est de 5.000.000 hématies et 7.000 globules blancs. Elle aura de l'intérêt si le malade a présenté des hémorragies — elle montre alors le degré de l’anémie et permettra de mesurer son amélioration par les transfusions — et si on veut connaître la leucocytose, avant de discuter une vaccination pré-
opératoire (L. Bazy).
d) DosAGEs DANS LE sANG Ils seront effectués à jeun.
1° La cholestérinémie. — Chez l'individu normal, elle
est de 1 gr. 50 environ ; chez le lithiasique, elle est tou-
jours augmentée (2 à 3 grammes) pour CHAurrArD et GriGauT. Elle est d’ailleurs augmentée dans certaines conditions physiologiques ou pathologiques que nous avons déjà vues, mais manque presque toujours dans les affections du carrefour qui peuvent simuler la cholécystite lithiasique.
Pour Perir-Duraicis et MESTREzAT (1), la valeur de. l’hypercholestérinémie est minime : elle ne se voit que dans 28 % des lithiases vésiculaires en dehors de périodes de crises, et dans 50 % des lithiases compliquées d’obstacle cholédocien, alors qu'on la trouve dans 25 % des cholécystites non calculeuses et dans 18 % des affections abdominales non biliaires. |
2° Les pigments biliaires. — C’est la bilirubine que l’on dosera. On peut employer la méthode classique de Van DEN BERGH.: FiessiNGER et WALTHER proposent une méthode relativement simple de dosage par le calcul de l'indice biliaire plasmatique. Cet indice, qui est surtout : dû à la bilirubinémie, serait de 1,5 à 2 chez le sujet sain, en comparant à la solution étalon. Il s'élève dans les insuffisances hépatiques légères ; à 5 ou 6 commence le subiectère, et à 12 l’ictère est net.
Il faut tenir compte, dans cette appréciation, de l’influence du repos sur la cholémie (N. FressiNGer et WarHer) : la cholémie, deux, trois jours après l’entrée, à
baissé souvent presque de la moitié.
3° L'urée sanguine. — L'individu normal, à un
régime mixte, a une azotémie de 0,25 à 0,35 par*litre,
() Clinique chirurgicale de la Salpêtrière, tome I, chapitre IV.
EN
un azote total sanguin de 0,25, ét son rapport asotémiqué oscille aux environs de 50 %,.
On soupçonnera l'atteinte hépatique si, malgré le régime hypoazoté, l’azotémie reste à 0,45 ou au-dessus, si l'azote total augmente à 0,30 et au-dessus, parfois jusqu'à 1 gr. 10 (LaBBé et NEePvEUx), et si le rapport azotémique s’abaisse et atteint de 57 à 15 %.
Mais il faudra, dans ces troubles du métabolisme azoté, faire la part des lésions rénales, souvent associées,
4° Les hydrates de carbone. — La glycémie est norma: lement de 0 gr. 80 à 1 gr. 20, et peut augmenter en cas de cirrhose. |
5° Rétention des colorants. — Nous ne citerons que Îles
deux épreuves les plus fréquemment employées :
a) L'ÉPREUVE DU ROSE BENGALE
Ellé à été étudiée en France par N. Fiessivéer et H. Ware. L'épreuve est pratiquée chez un malade à jeun et qui, pendant la durée dé l'expérience, restera à l'abri dé la lumière solaire. On fait une première prise de sang et, par la même aiguille, on injecte du rose bengule dilué à raison de 1 milligr. 5 par kilo (pratiquement L ém° de la solution du commerce pat 10 kilos). On fait une deuxième prise de sang trois quarts d'heure après. La rétention ést normalement faible, inférieure à 3. Mais on peut voir des taux moyens (de 3 à 6), forts (de 6 à 9),
voire au-dessus, si la fonction chromagogue du foie est touchée,
NT ee
b) L'épreuve pe Von BERGMANN-ELiorT
(ou de l’hyperbilirubinémie artificielle)
Elle consiste à prendre du sang et à injecter 0 gr. 07 de bilirwbine, puis à reprendre du sang à divers intervalles. Normalement, on trouve une augmentation de 100°% à la troisième minute. Cette augmentation n'est plus que de 25 % à la troisième heure et de 10 à 25 % à la quatrième heure ; un taux supérieur indique une
insuffisance de la fonction chromagogue.
c) UN WASSERMANN Un Wassermann positif contre-indique, en effet, la rachianesthésie. On sait d’ailleurs que sa valeur peut être
discutée s’il y a ictère.
2° Examens d’urines
a) ALBUMINURIE
La présence d'albumine contre-indique lemploi ulté-
rieur de sérum salé.
b) GLYCoSURIE
La présence de sucre dans les urines, spontanée ou provoquée (après ingestion de 150 gr. de glucose en solution), s'ils coexistent avec une lithiase ancienne et un foie gras, sont un argument en faveur d’une insuffisance hépatique. Mais leur constatation devra toujours faire
rechercher aussi les corps cétogènes.