OBSERVATION XIX
(Due à l’obligeance de M. le Professeur Guyot.) K... (Marie), 30 ans. — Entre à l'hôpital d’urgence le 1” janvier 1928, envoyée par son médecin, avec diagnostic d’appendicite aigué.
Antécédents héréditaires. — Rien à signaler. Mère bien portante. Père mort à 60 ans de bronchite chronique. Antécédents personnels. — La malade dit n’avoir jamais
été malade. Bien réglée, règles normales, mais s’accompagnant chaque fois de fortes douleurs, siégeant surtout dans la partie droite du bas ventre.
Veuve. Pas d'enfants. Pas de fausses couches.
Histoire de la maladie. — Le samedi 31 décembre, après dîner, vers 21 heures, la malade a été prise de violentes douleurs, sous forme de coliques, siégeant surtout dans la fosse iliaque droite. Pas de vomissements, mais nausées. La température n’a pas été prise. Pendant la nuit, les douleurs ont continué par intermittence. Le lendemain, la malade s’est levée, mais elle n’a pas pu travailler à cause des douleurs. Elle se recouche et un médecin appelé porte le diagnostic d’appendicite aiguë et conseille la rentrée d'urgence à l'hôpital.
Examen à l'entrée. — Malade d’aspect fatigué. Température, 37°8; Pouls, 100. La malade continue de souffrir. Contracture de l’abdomen surtout marquée à droite. Défense de la région de la fosse iliaque s’étendant vers la région lombaire. Douleur très vive au point de Mac-Burney. Le toucher rectal permet de sentir une masse dure et douloureuse, loin, en haut et à droite. La malade ne peut uriner à ce moment, mais elle a uriné deux heures avant.
Poumons. — Diminution du murmure vésiculaire dans toute l’étendue du poumon droit. Cœur et réflexes normaux.
On porte le diagnostic d’appendicite aiguë, probablement retro-cœcale, et on décide d’intervenir d’urgence.
Opération. — Anesthésie à l’éther. Incision de Jalaguier. Dès l’ouverture du ventre, le cæœcum apparaît, mais on ne voit pas l’appendice. On attire le cœcum en dehors et on découvre l’appendice, accolé à la face postérieure du cœcum, au sein d’un tissu cellulaire très enflammé. L’appendice présente, près de sa base, une dilatation en voie de sphacèle, Le méso est sectionné, après ligature. On enlève l’appendice au thermo-cautère. Enfouissement au fil de lin. Mise en place d’un petit Mickulicez à deux mèches et d’un drain numéro 6.
Le 5 janvier, on enlève le drain et on arrose les mèches à l’eau oxygénée.
Le 6 janvier, la malade fait une angine diphtérique.
Le 7, on enlève les mèches et, le lendemain, le sac. Mais, la suppuration continuant, on replace un drain le 9 janvier qu’on enlève le 14. À ce moment, la plaie est en bon état et l’état général de la malade est bon.
La malade sort le 29 janvier avec un bon état général et local.